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Taviani, Vittorio (1929-2018)
Brève
publié le lundi 16 avril 2018

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Louise Wimmer 2018 (lundi 16 avril 2018)

Cf. aussi Entretien avec les frères Taviani.

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Lundi 16 avril 2018

 

Vittorio Taviani (1929-2018) est mort hier, dimanche 15 avril 2018.

En 2004, dans son numéro anniversaire Quarante ans !, Jeune Cinéma avait mis Paolo et Vittorio en couverture, et leur avait offert un dossier, à l’occasion de la rétrospective du Festival de Pesaro, en juin 2004.

Lucien Logette, titrait Paolo & Vittorio Taviani. Encore et toujours…

"Ce n’est pas par hasard, ou par désir de se démarquer en privilégiant des auteurs moins rassembleurs que Fellini ou Pasolini, que Jeune Cinéma, depuis le n° 71 (juin 1973), a offert si souvent sa couverture aux frères Taviani.
Mais tout simplement parce qu’il s’agit de réalisateurs selon nos désirs, chez qui l’adéquation si rare entre le cœur et l’esprit semble aller de soi. Nous ne pouvons qu’approuver des deux mains ce qu’écrit René Prédal, quelques pages plus avant : [ils] ’matérialisent parfaitement tous les espoirs mis dès la fin des années 60 dans un grand cinéma de gauche où la perfection esthétique le dispute à la finesse politique’.

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Trente-huit ans après l’entrée de Un homme à brûler au catalogue de la Fédération Jean-Vigo, leur consacrer le quart de ce numéro historique était bien la moindre des choses. Car il y a toujours à reprendre chez les Taviani : évoquer leur collaboration avec Joris Ivens, aborder Les Hors-la-loi du mariage (le seul de leurs films jamais traité jusqu’ici), revenir sur une première vision trop rapide du Pré, ou les interroger sur leur travail récent ; leurs deux dernières œuvres, produites par la RAI et uniquement présentées en France à la télévision (La San Felice en mai 2004), leur ont apporté dix fois plus de spectateurs que leurs quinze titres précédents, mais n’ont pas eu droit, par leur statut un peu honteux de téléfilms, aux colonnes des revues. Il était important de vérifier comment cette nouvelle pratique s’inscrivait dans la continuité de leur trajet, en attendant d’autres développements."


 

Dans 40 ans de couvertures de Jeune Cinéma, René Prédal faisait remarquer la préférence des la revue pour le cinéma italien qui ne s’était jamais démentie même dans les périodes qui semblaient plus creuses aux autres médias, et, dans ce cadre, le record absolu pour les frères Taviani, avec six Unes.

C’était un temps, ces années 1960 et 1970, et jusqu’aux premières années 1980, où le cinéma politique était italien, et où celui des Taviani en était le plus fécond. Ils étaient fusionnels comme des jumeaux - Vittorio, c’est celui qui portait la casquette -, indissociables au point que le wikipedia français s’est montré incapable de les isoler (contrairement à IMDB moins paresseux).

Nous les avons tant aimés, les deux frères, depuis Un homme à brûler (Un uomo da bruciare, 1962), et la grande émotion de Saint-Michel avait un coq (San Michele aveva un gallo, 1971).


 

 

Et jusqu’aux derniers films, cette extrême beauté des Contes italiens (Maraviglioso Boccaccio, 2015).

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Avec, parmi tous les autres images, dans Kaos (1984), cette terrifiante partie de foot, ce souvenir de "chair de poule", dont Karl Kraus disait qu’en art, c’était le seul critère.

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Chaque fois qu’un artiste meurt, avec lui meurt une époque.

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