home > Au fil du temps > Salut les câblés ! > Salut les câblés ! (2018) > Semaine télé du 19 au 25 mai 2018
Semaine télé du 19 au 25 mai 2018
Salut les câblés !
publié le samedi 19 mai 2018
JPEG - 290.2 ko

 

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 19 mai 2018

 

20.40 : La Taupe d’Alfred Alfredson (2011), OCS Choc
C’est samedi, jour sans. Alors… Pas vraiment une nouveauté (dernier passage le 8 décembre 2017), mais c’est toujours mieux que la reprise de Da Vinci Code sur OCS Max.

20.40 : Le Mystère de la section 8 de Victor Saville (1937), OCS Géant
Également passé le 8 décembre 2017. Note du jour : "Saville a beaucoup tourné et souvent bien (I Was a Spy, Tonight and Every Night). L’époque, inquiète, a vu se multiplier les films d’espionnage, tant en France qu’en Angleterre. Conrad Veidt est un Allemand trouble, comme il le sera bien d’autres fois (chez Powell dans L’Espion noir) et Vivien Leigh n’en est encore qu’à ses débuts (mais elle promettait)."

20.45 : La Maison sous les arbres de René Clément (1971), Classic
C’est loin d’être le meilleur film de son auteur et on ne peut pas dire que l’utilisation d’acteurs américains (Frank Langella, Faye Dunaway) ait été une pleine réussite. Mais il s’agit d’un film qui ne passe que très rarement, comme la plupart des derniers réalisés par Clément, et c’est plus intéressant de découvrir un titre neuf que de revoir, sur les chaînes voisines Jackie Brown, Quand j’étais chanteur ou Le Roi Arthur, tous archi connus.

20.45 : Un faux mouvement de Carl Franklin (1992), TCM
Le premier film (enfin, le premier qui nous soit parvenu, car il avait tourné quelques films indépendants auparavant) d’un réalisateur qui a signé ensuite quelques bons polars (Le Diable en robe bleue, 1995) avant d’être embarqué dans les séries TV (et non des moindres : House of Cards, par ex.). Inédit sur le câble.

21.00 : Naked de Mike Leigh (1992), Sundance TV
On a vérifié : aucune trace d’un passage sur le câble. C’est donc le film de la soirée, un des premiers qui marquent le retour à la pellicule de Leigh, après sa longue période de télévision (par ailleurs excellente, comme le prouvent les quelques coffrets DVD qui rassemblent la quinzaine de titres tournés entre 1973 et 1984). C’est du gluant, dans un Londres sordide, avec un David Thelis qui n’a jamais fait mieux depuis. Mémorable.

22.30 : Drop Zone de John Badham (1995), Paramount Channel
Pas vraiment le plus grand film de son auteur non plus. (cf. + haut) Mais le film est inédit (ce qui n’est pas le cas de toutes les autres propositions du bouquet), avec Wesley Snipes et Gary Busey, deux acteurs que l’on aime bien, et un film de Badham recèle toujours des moments forts. Et, de toutes façons, ça vaut mieux que de revoir pour la cinquième fois les deux Gus Van Sant d’OCS City, Last Days et Elephant, ou Un singe en hiver sur Géants.

02.30 : Lèvres de sang de Jean Rollin (1974), Action
Parmi les trois Rollin qui passent chaque soir à pas d’heure, c’est un des moins fréquemment montrés (guère plus d’une douzaine de fois en quatre ans).

 

Dimanche 20 mai 2018

 

20.40 : Timbuktu d’Abderrahmane Sissako (2014), OCS City
Passé sur Arte il y a 361 jours. On peut donc le revoir avec le même intérêt, la situation dans la région n’ayant guère évolué, sinon dans le mauvais sens. Les djihadistes sont toujours au Mali, les exactions persistent et l’amour y est toujours aussi interdit.

20.45 : Soirée Emir Kusturica sur la chaîne Club
On se doit de le noter, puisque le cinéaste jouit d’une vaste réputation. Mais La vie est un miracle (2004) à 20.45, comme le suivant, quoique dans une moindre mesure, Arizona Dream (1993) à 23.15, sont des films qui nous ont toujours fatigué les yeux et les oreilles - au même titre que le reste de son œuvre après Papa est en voyage d’affaires (1985). Le premier titre cité est inédit sur les chaînes.

20.55 : Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy (1956), Arte
Ce n’est pas vraiment le meilleur film de son auteur. Mais il présente plusieurs intérêts : d’abord Gina Lollobrigida, ravissante en Esmeralda ; ensuite, il s’agit d’un des derniers dialogues de Jacques Prévert pour le cinéma (il dialoguera ensuite les téléfilms de son frère Pierre) ; enfin, c’est une des rares occasions (cinq en tout) de voir Boris Vian faire l’acteur - ici, le rôle du cardinal de Paris, ce qui a dû beaucoup l’amuser, lui qui venait de démontrer pataphysiquement la preuve mathématique de l’existence de Dieu.

21.00 : Prick Up Your Ears de Stephen Frears (1987), Sundance TV
Dernier passage : 15 avril 2016. Après le Mike Leigh de derrière les fagots d’hier soir, un autre grand cru de son collègue Frears. Les couples homosexuels étaient encore, il y a trente ans, une rareté sur les écrans. Mais les qualités du film n’étaient pas que transgressives, d’où sa traversée des époques sans perte d’intérêt.

00.15 : Le Mariage de Chiffon de Claude Autant-Lara (1942), Famiz
La récente biographie du réalisateur, due à Jean-Pierre Bleys, est sans doute la raison de cette programmation, que l’on jugera déplorablement tardive, eu égard à la qualité du film, qui aurait mérité mieux - mais un "vieux" film en noir & blanc sur une chaîne autre que Classic est déjà un événement. C’est le premier de la tétralogie avec Odette Joyeux, qui produira d’autres chefs-d’œuvre. Le roman de Gyp, monument de désuétude, est joliment transformé par Jean Aurenche et René Wheeler, les scénaristes, en portrait de femme en révolte contre les pesanteurs de la Belle Époque. On attend les autres, Lettres d’amour et Douce.

00.20 : Scipion l’Africain de Carmine Gallone (1937), France 3
Dans ses curiosités italiennes, Brion a choisi cette épopée antique, réalisée en manière de justification de l’invasion de l’Éthiopie par les troupes italiennes qui venait d’avoir lieu. Comme Gallone, vieux routier du muet, n’était pas manchot, le film est visible, avec les précautions d’usage.

00.20 : Léviathan d’Andréi Zviaguintsev (2014), OCS City
Décidément, les grands films de ce soir sont réservés aux insomniaques. On ne présente plus l’auteur ni le film, vu plusieurs fois depuis 2016. À quand Faute d’amour, son dernier chef-d’œuvre ?

 

Lundi 21 mai 2018

 

20.40 : Soirée famille sur OCS Max
On ne connaît pas Les Bêtises d’Alice & Rose Philippon (2015), dans lequel Jérémie Elkaïm cherche sa mère biologique, ce qui ne nous passionnerait pas a priori s’il n’était accompagné de Sara Giraudeau. À découvrir.
Éventuellement comme le film suivant, Retour chez ma mère de Éric Lavaine (2016) à 22.20, dans lequel Alexandra Lamy revient vivre chez sa môman, Josiane Balasko. On n’est pas chez Welles, mais c’est comme ça.

20.40 : Soirée redite sur OCS Géants
Quatre mois après les avoir programmés, la chaîne reprend les deux films d’Yves Robert, Un éléphant, ça trompe énormément (1976), suivi de Nous irons tous au paradis (1977). On le signale simplement pour s’étonner d’un tel manque d’inventivité.

20.45 : Colonia de Florian Gallenberger (2015), Club
Pas vu. Mais le sujet, le début de la dictature Pinochet au Chili, a rarement été abordé par des réalisateurs européens et l’argument - les efforts d’Emma Watson pour faire sortir d’un camp son ami Daniel Brühl - nous paraît suffisamment intéressant pour que le film soit noté.

20.45 : R.A.S. d’Yves Boisset (1973), Classic
Après des années d’un silence assourdissant sur la guerre d’Algérie - mais la censure était une réalité bien française -, deux films sortirent, à un an d’écart, celui de René Vautier d’abord, Avoir 20 ans dans les Aurès (1972) et celui-ci. Boisset était plus fonceur que Vautier (qui, lui, avait "fait" l’Algérie et des deux côtés, après avoir déserté et rejoint l’ALN) et il aborda tous les sujets de front - insoumission, torture (une séquence fut coupée) -, ce qui valut au film de déclencher quelques réactions d’extrême droite.

20.50 : The Belle Starr Story de Piero Cristofani & Lina Wertmüller (1968), Action
C’est une VF - on est sur Action. On ne connaît pas le film, mais on ne savait pas que 1) LW avait tourné un western (signé à l’époque Nathan Winch et George Brown), 2) que Charles Dumont avait musiqué des films italiens, 3) qu’Elsa Martinelli avait incarné Belle Starr, après Gene Tierney et Jane Russell. Tout un programme.

2.30 : Les Saisons de Jacques Perrin & Jacques Cluzaud (2015), Famiz
On aime bien les documentaires de Perrin, toujours un peu lyriques, mais qui garantissent du spectacle à se remplir les yeux, quelle que soit la matière qu’il aborde. On peut se laisser emporter.

 

Mardi 22 mai 2018

 

20.40 : Life : origine inconnue de Daniel Espinosa (2017), OCS Choc
Pas vu. Mais le réalisateur, un Suédois comme son nom ne l’indique pas, avait tourné quelques films notables il y a une dizaine d’années, découverts au festival de Mannheim. Quoique récupéré par les studios américains, il a sans doute gardé quelques traces de son talent. À vérifier. Avec Jake Gyllenhaal, qu’on reverra bientôt dans Wildlife de Paul Dano.

20.40 : Le Gentleman d’Epsom de Gilles Grangier (1962), OCS Géants
La redécouverte de Grangier se limite pour l’instant à ses grands films des années 50. Mais ce sera bientôt le tour de la décennie suivante. Ce soir, du bon cinéma populaire, avec un Gabin pas encore trop figé dans ses grimaces et un de Funès encore supportable. Dialogue d’Audiard.

20.45 : Florence Foster Jenkins de Stephen Frears (2016), Émotion
Inédit. Xavier Giannoli nous a déjà raconté, en la francisant, l’histoire de cette richissime New-yorkaise qui voulait absolument être cantatrice bien qu’étant dépourvue de toute qualité pour l’exercice. Ici, Frears revient aux origines, avec plus de talent et de crédibilité que le cinéaste français.

20.45 : Été 93 de Carla Simon (2017), Club
Un premier film et d’une réalisatrice espagnole, ça ne se refuse pas. Une enfant affronte le deuil de ses parents. Tout est dans la manière. Lala Artigas n’est pas tout à fait Ana Torent dans L’Esprit de la ruche, mais elle promet.

20.45 : Sanglantes confessions d’Ulu Grosbard (1981), TCM
Premier film de ce cinéaste jamais programmé sur le câble - il a pourtant signé plusieurs films intéressants dont Who Is Harry Kellerman and Why Is He Saying Those Terrible Things About Me ? (1971), avec Dustin Hoffman. Ici, ce sont Robert De Niro et Robert Duvall qui se confrontent, un prêtre et un policier, le goupillon et le gun.

20.50 : Seven Swords de Tsui Hark (2005), Action
En VF, hélas, mais le dialogue n’a que peu à voir avec Derrida et Bourdieu. Du Tsui Hark, c’est-à-dire plein les yeux.

22.20 : Paris la Blanche de Lidia Terki (2017), Club
La chronologie des médias aidant, on voit arriver sur le câble des films sortis en 2017, encore tièdes. Après le premier film espagnol de 20.30, un premier film franco-kabyle : une vieille femme quitte le bled pour venir chercher à Paris son mari, parti y travailler depuis cinquante ans. Surprise, les choses ont changé… Petit film, mais juste et émouvant.

 

Mercredi 23 mai 2018

 

20.40 : Après la tempête de Hirokazu Kore-Eda (2016), OCS City
L’antépénultième film de l’auteur, qui tourne à grande vitesse. The Third Murder (2017) vient de sortir sur les écrans et son magnifique Une affaire de famille vient de nous éblouir à Cannes. Celui-ci est un cran en-dessous, mais se place déjà à une hauteur que bien des réalisateurs aimeraient atteindre.

20.45 : Tarzan de David Yates (2016), Premier
La dernière en date des aventures de Tarzan, 98 ans après la première (à revoir à Bologne en juin). Celle-là, on ne la connaît pas, mais elle ne peut pas être pire que certaines. Yates est passé de Harry Potter à la jungle, sans trop de mal sans doute.

20.45 : Nos souvenirs de Gus Van Sant (2015), Émotion
Pour mémoire, car le film est raté, malgré Matthew McConnaughey et Ken Watanabe. Pour vérifier que même les grands cinéastes ont leurs instants de faiblesse.

20.45 : Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville (1970), Classic
Comme il s’agit du seul titre français du soir, on le note, malgré ses divers passages, pour respecter les melvilliens, mais bof.

21.00 : A Master Builder de Jonathan Demme (2013), Sundance Channel
Passé il y a plus de deux ans (6 janvier 2016). Adaptation d’Ibsen (Solness le constructeur), avec les deux complices de My Dinner with Andre de Louis Malle (1981), Wallace Shawn et Andre Gregory. Décidément, Demme était un grand cinéaste.

22.35 : Notre petite sœur de Hirokazu Kore-Eda (2015), OCS City
Passé le 6 novembre 2017, mais puisque la soirée est consacrée à HKE, profitons-en jusqu’au bout. D’autant que le film est superbe. Note du moment : "L’avant-dernier film de l’auteur (ce qui n’est plus juste aujourd’hui) et, pour l’instant, peut-être son plus beau, au moins son plus émouvant : la fratrie (on n’ose pas écrire "la sororie") des trois sœurs et demie est magnifiquement décrite, sans une fausse note, sans une séquence inutile."

 

Jeudi 24 mai 2018

 

20.40 : Winchester 73 d’Anthony Mann (1950), Paramount Channel
Pas une découverte, mais la soirée étant particulièrement triste côté nouveauté sur tous les bouquets, on peut apprécier cet hommage au grand Mann, toujours agréable à revoir, même lorsqu’on le connaît dans les coins. James Stewart, évidemment, et Shelley Winters.

20.45 : À mon âge, je me cache encore pour fumer de Rayhana Obermeyer (2016), Club
Enfin sur le câble ! Un huis clos dans un hammam, entièrement interprété par des femmes (les mâles hurlent à la porte). Une coupe très bien caractérisée de la société algérienne, avec plusieurs portraits de femmes remarquables (les portraits et les femmes), opprimées, révoltées, résignées ou complices du pouvoir masculin. Le film n’a pas eu le succès qu’il méritait : il ne s’agit pas seulement de réclamer des films faits par des femmes, il faudrait également les regarder.

20.45 : Les Distractions de Jacques Dupont (1960), Classic
Un des films les moins connus de Belmondo, avec raison, car il n’est pas vraiment mémorable. Intéressant cependant pour saisir la mentalité de le droite dure au moment de la guerre d’Algérie, le réalisateur ne faisant pas mystère de ses positions. Au moins, on y croise Alexandra Stewart.

22.25 : Les Affameurs d’Anthony Mann (1952), Paramount Channel
Suite de la visite dans les chefs-d’œuvre des westerns des années 50. Toujours Stewart, avec cette fois-ci Julie Adams, bien oubliée. Mais avec Arthur Kennedy, qu’on n’oublie pas.

21.00 : The Last Seduction de John Dahl (1993), Sundance TV
Pas passé depuis le 29 mars 2017. Revoir Linda Fiorentino (il semble qu’elle n’ait rien tourné depuis quinze ans) est toujours un plaisir. Quant à John Dahl, il s’est replié sur les séries TV (bonnes, d’ailleurs, True Blood ou Breaking Bad).
C’est tout ? Oui.

 

Vendredi 25 mai 2018

 

20.40 : Un homme très recherché d’Anton Corbijn (2014), OCS Max
Note du 27 octobre 2016 : "Sa biographie d’Ian Curtis, Control, venant après une quarantaine de clips, aurait pu le limiter aux films musicaux. Il y a échappé, d’abord avec The American, puis avec ce bon thriller d’après John Le Carré (adapté d’une génération à l’autre depuis 50 ans). À noter l’interprétation remarquable de Philip Seymour Hoffman (son avant-dernier film), Willem Dafoe et Robin Wright."

20.40 : Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques de Michel Audiard (1970), OCS Géants
Après avoir été vilipendé de son vivant par la critique, Audiard a connu une réhabilitation, peut-être excessive. Il n’empêche que ses quelques films ne sont pas négligeables. Ici, les amateurs d’Ed McBain auront du mal à reconnaître son roman Le Paumé (d’ailleurs signé Evan Hunter, son vrai nom), mais le délire est suffisamment architecturé pour réjouir le spectateur.

20.45 : Vera Drake de Mike Leigh (2004), Club
Le film décrocha le Lion d’or à Venise, mais s’il évite le sentimentalisme dans cette histoire d’avorteuse clandestine dans l’Angleterre des années 50, Leigh n’échappe pas au misérabilisme, comme parfois dans quelques autres titres. Cela dit, la performance d’Imelda Staunton est remarquable, et son prix d’interprétation à la Mostra mérité.

20.45 : À cause, à cause d’une femme de Michel Deville (1963), Classic
C’est une période presque miraculeuse pour Deville, accumulant les comédies sur les pointes, L’Appartement des filles ou Adorable menteuse. Ce soir, Mylène Demongeot, Juliette Meyniel, Odile Versois, Marie Laforêt - un régal.

22.45 : Comme une image d’Agnès Jaoui (2004), Club
Inédit sur le câble. Le deuxième film de l’actrice-cinéaste et qui demeure peut-être son meilleur, avec Le Goût des autres. Bacri, toujours, mais aussi Marilou Berry, qui faisait ses débuts.



Revue Jeune Cinéma - Contacts