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Semaine télé du 29 septembre au 5 octobre 2018
Salut les câblés !
publié le samedi 29 septembre 2018
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©Alan Dunn-2000

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 29 septembre 2018

 

20.35 : Park de Sofia Exharou (2016), Sundance TV
Le jeune cinéma féminin grec n’est pas une denrée très fréquente sur nos rives. Le film et sa réalisatrice nous sont inconnus, mais c’est une bonne raison, justement, pour les découvrir. D’autant que la programmation à la même heure du bouquet OCS, si elle est bonne, n’apporte rien de neuf : Dalton Trumbo de Roach (2015) sur OCS Max ; La Veuve noire de Rafelson (1986) sur Géants.

20.45 : Les Légions de Cléopâtre de Vittorio Cottafavi (1959), Classic
Le grand Vittorio n’est pas un oublié du câble, puisqu’on peut y voir assez régulièrement Les Cent Cavaliers ou Messaline. Mais ces légions-là sont inédites sur les bouquets. Samedi soir, c’est cinoche - d’ailleurs les programmes alentours de Ciné+ sont des redites - et c’est bien rafraîchissant de retrouver Georges Marchal et Linda Cristal, Cléopâtre pas ridicule et qui en vaut largement certaines (Claudette Colbert chez DeMille, par exemple).

22.40 : Si je t’aime, prends garde à toi de Jeanne Labrune (1998), Émotion
Labrune est moins bien servie que Cottafavi : seulement deux titres passés depuis quatre ans, Ça ira mieux demain et récemment, C’est le bouquet ! Quitte à se répéter, elle n’est pas la Lubitsch française, mais ses essais de comédie personnelle sont tout à fait plaisants, comme on a pu le revérifier avec le second film cité plus haut. Ce soir, feu Daniel Duval et Nathalie Baye - et on n’est pas dans la comédie, mais dans le drame poisseux, comme l’indique le titre.

23.05 : La Vérité sur Jack de Barry Levinson (2010), OCS City
Note du 9 octobre 2017 : "Téléfilm inédit en salles, mais pas sur le câble (passé en décembre 2011). Pacino, médecin militant pour le droit de mourir dans la dignité, est remarquable. Levinson a dû chercher appui auprès de la chaîne HBO pour monter ce sujet encore trop brûlant à l’époque pour le cinéma US."

01.20 : Paterno de Barry Levinson (2018), OCS City
Pour ceux qui n’ont pas profité de ce remarquable téléfilm le 9 juillet 2018 et qui auront le courage de veiller.

 

Dimanche 30 septembre 2018

 

20.40 : Frances Ha de Noah Baumbach (2012), OCS City
Pas vraiment une découverte - dernier passage le 2 mai 2016. Mais Greta Gerwig est si touchante et Adam Driver aussi (presque autant que dans Paterson de Jarmusch) qu’on ne s’en est pas encore lassé.

20.40 : Spartacus de Stanley Kubrick (160), OCS Géants
On a toujours un peu de mal à faire entrer dans le film dans la thématique kubrickienne. Il est vrai qu’il s’agit d’une commande, ou plutôt d’une film pris en route, puisqu’il avait été commencé par Anthony Mann. Que du beau monde côté scénario : un roman de Howard Fast adapté par Dalton Trumbo, alors blacklisté et qui signa d’abord sous pseudo (Sam Jackson) avant d’être crédité au générique final (merci, Kirk Douglas). Le film est superbe, un peu trop grand pour un écran domestique, mais il faut faire avec.

20.40 : Où sont passés les Morgan ? de Marc Lawrence (2009), OCS Max
Ne pas confondre Marc et Francis, le réalisateur de The Hunger Game. Marc travaille plus dans la comédie, et parfois avec justesse, comme ici. Si on a un peu de mal à s’habituer à Sarah Jessica Parker, Hugh Grant demeure un de nos préférés.

20.45 : C’est le grand désert côté découvertes sur Ciné+. Pas un seul film qui ne soit passé et repassé, le comble étant atteint par Classic qui reprend le programme Anthony Mann de la quinzaine dernière, en inversant l’ordre : d’abord Marché de brutes, ensuite La Brigade du suicide. Heureusement qu’il s’agit de deux titres excellents (cf. note du 16 septembre 2018), mais ce n’est pas une raison. Et Premier qui refourgue les deux OSS 117 de Michel Hazanavicius, qui colonisent la chaîne depuis deux semaines ! Même le porno s’essouffle : Club présente pour la troisième fois en quinze jours Joséphine bonne à tout faire de Hans Billian (1978), dont le faible intérêt a été épuisé en un coup.

22.05 : Another Year de Mike Leigh (2010), OCS City
Si l’on a choisi ce titre parmi ceux de la deuxième partie de soirée sur OCS, c’est parce que c’est celui qui n’est pas passé depuis longtemps, contrairement à Café Society de Woody Allen (2016) sur Max à 22.25 et Suburra de Stefano Sollima (2015) sur Choc à 22.50, et parce qu’il s’agit d’un des films les plus réussis de l’auteur.

00.15 : Lola Montès de Max Ophuls (1956), France 3
On ne sait pas dans quel cadre Brion a choisi de présenter le film d’Ophuls, mais tout est question de version. On l’a vu avec cinq ou six durées différentes, des couleurs variées, un montage renouvelé. Type achevé de chef-d’œuvre à redécouvrir, comme Loulou ou Trois pages d’un journal, car jamais les mêmes.

 

Lundi 1er octobre 2018

 

20.35 : Dreamcatcher de Kim Longinotto (2015)
Doc pas vu, mais les autres films de la cinéaste, militante contre l’oppression faite aux femmes dans divers pays et divers milieux, lui offrent un préjugé favorable. Ici, les prostituées adolescentes de Chicago. À découvrir.

20.40 : Une femme qui s’affiche de George Cukor (1953), OCS Géants
Judy Holliday, on la trouvait peu supportable, malgré son Oscar pour Comment l’esprit vient aux femmes (1950). Ni Cukor, ni Robson, ni Quine ne parvinrent à faire passer son physique de ménagère vintage et sa voix haut perchée. Seul Minnelli la transfigura dans Un numéro du tonnerre, son dernier film (1960). Mais on ne demande pas mieux que de revoir ce film, critique amusante de la publicité des années 50.

20.45 : De nouveau une soirée ron-ron pour Ciné+. Le choix est cornélien entre Brice 3 de James Huth (2016) sur Premier, encore pire que les deux précédents, Le Dernier Exorcisme de Daniel Stamm (2010) sur Frisson qu’on pense constamment avoir déjà vu sous un autre titre, Au secours j’ai rétréci ma prof de Sven Unterwaldt (2015) sur Famiz, sans commentaires, La Fille inconnue des Dardenne (2016) sur Club, qui passe pour la sixième fois en deux semaines, et Destination Gobi de Robert Wise (1953) sur Classic, intéressant mais déjà passé trois fois en quatre ans. On ne choisit pas.

22.00 : Même paysage désolé en seconde partie sur Ciné+ : les increvables Petits Mouchoirs de Guillaume Canet (2010 sur Premier à 22.15, (Rec) de Jaume Balaguera & Paco Piaza (2007) sur Frisson à 22.10, revu il y a peu, Reviens-moi de Joe Wright (2007) sur Émotion à 22.25, programmé aussi souvent que le film des Dardenne, Les Bidochon de Serge Korber (1996) sur Famiz à 22.20, indéfendable et La Bataille des Ardennes de Ken Annakin (1965) sur Classic à 22.10, assurément le seul titre regardable.

00.20 : Born to Love de Paul L. Stein (1931), TCM
Enfin ! L’intégrale (on continue à emprunter le terme, même s’il ne convient pas, les intégrales TCM étant des rétrospectives morcelées) d’octobre 2018 est consacrée à Constance Bennett, vedette véritable des années 20 (huit titres pour la seule année 1925) et 30, et bien oubliée aujourd’hui, excepté de quelques admirateurs fidèles. Si l’on se souvient bien, Louise Brooks en parle dans ses mémoires comme d’une compagne de soirée pas mal libérée. À part ses comédies des années 30, Topper ou Madame et son clochard, on connaît mal le reste. Et on commence par un film d’un cinéaste dont on n’a vu que trois des 70 titres, dont celui-ci, avec Joel McCrea. Film pré-code, où l’on peut avoir un enfant hors mariage - quelle époque !

 

Mardi 2 octobre 2018

 

20.40 : Funny People de Judd Apatow (2009), OCS City
Si l’on supporte Adam Sandler, l’acteur, et Apatow, le réalisateur, on appréciera. Dans le cas contraire, mieux vaut regarder la fin de la saison 2 de The Handmaid’s Tale sur OCS Max ou Laura sur Géants.

20.40 : Laura d’Otto Preminger (1944), OCS Géants
Chef-d’œuvre programmé deux fois en quatre ans ! Même en le connaissant dans les coins, on est toujours saisi par l’apparition de Gene Tierney, 45 minutes après le générique. Et plus que Dana Andrews, privé sans grand relief, on préfère Clifton Webb, méchant grandiose. Mais le roman de Vera Caspary n’est pas rien.

20.45 : Superman de Richard Donner (1978), Famiz
Curieusement inédit sur le câble. Même si l’on a un faible pour la suite, parce qu’elle est signée Richard Lester, le numéro 1 de la série ne manque pas d’allure. Christopher Reeve est un Clark Kent très crédible, Margot Kidder une Lois Lane bien mignonne, le prologue avec Brando sur la planète Krypton est bidonnant. On a beau dire, Superman, c’était tout de même le meilleur.

20.45 : Le Gaucher d’Arthur Penn (1958), Classic
Note du 28 octobre 2015 : "Faudrait-il changer le titre, puisque l’on sait, grâce au Journal de Old Gringo, que Billy the Kid était droitier (la seule photo connue est un daguerréotype, qui inverse les éléments représentés) ? En attendant, profitons de ce portrait de l’adolescent tueur, même s’il est plus conforme à la légende qu’aux faits. Le film nous fit découvrir Arthur Penn, qui n’a ensuite jamais cessé de nous ravir."

20.45 : Soirée Eastwood sur TCM
Mais où les programmateurs vont-ils chercher tout ça ? Cinq films à la suite avec l’inspecteur Harry, au secours…

22.05 : China Girl d’Henry Hathaway (1942), OCS Géants
Un film de Hathaway que TCM n’a pas repris dans son "intégrale" de septembre 2018. C’était l’époque où, à cause de Shangai Gesture, Gene Tierney ne tenait plus que des rôles de sang-mêlée. Elle est parfaite, comme elle le fut toujours. Titre français : La Pagode en flammes…

 

Mercredi 3 octobre 2018

 

20.40 : Le Fils de Saul de Laszlo Nemes (2015), OCS Choc
Passé il n’y a pas si longtemps (22 février 2018), mais le film supporte sans problèmes plusieurs visions. Et on attend le second film de Nemes, Sunset, aussi étonnant. Le reste des propositions du bouquet OCS est sans découverte (Spider-Man, Rivière sans retour, Coup de chaud, Desierto, L’Ange et le mauvais garçon, tous programmés ces derniers mois).

20.45 : L’Homme du peuple d’Andrzej Wajda (2013), Club
Seul titre inédit de la soirée sur Ciné+. Dans la série des "hommes" (de fer, de marbre) du réalisateur, ce n’est pas le film que l’on préfère. Peut-être à cause de l’ambiguïté du personnage traité, Lech Walesa, qui, après avoir éveillé tant d’espoirs, est loin de les avoir concrétisés. Et qu’un biopic fait du vivant de son sujet coince toujours un peu. Mais le film a de la tenue - jusqu’au bout, Wajda est resté égal (voir son ultime Powodiki).

20.55 : Phoenix de Christian Petzold (2014), Arte
À partir d’un vieux roman d’Hubert Monteilhet, Le Retour des cendres, Petzold traite un "grand" sujet - l’après-Auschwitz, la culpabilité, la trahison - comme un film noir. Nina Hoss est éblouissante, comme dans tous les films du cinéaste (Yella, Barbara, etc.).

22.10 : Jacky au royaume des filles de Riad Sattouf (2014), Premier
Pour mémoire et parce que c’est un inédit sur les chaînes, mais ce n’est pas très convaincant, cette histoire de matriarcat régnant où les hommes portent le voile. On comprend les intentions de Sattouf, mais le cinéma est parfois plus difficile à maîtriser que la bande dessinée.

01.05 : The Common Law de Paul L. Stein (1931), TCM
Deuxième film de Constance Bennett également tourné par Paul Stein, comme celui d’avant-hier. Toujours la RKO (donc le style maison), toujours avec Joel McCrea (mais John Farrow a collaboré au scénario), toujours intéressant, d’après notre souvenir.

 

Jeudi 4 octobre 2018

 

20.40 : L’Homme de la sierra de Sidney J. Furie (1966), Paramount Channel
Un seul passage, le 10 décembre 2014. Brando était encore en pleine forme, Sidney Furie était au mieux de sa manière (toujours un peu tordue, comme dans Ipcress File) et s’était bien adapté au western.

20.40 : Soirée séries sur OCS (Nu, Here and Now, Strike Back, The Deuce, Westworld), au choix de ceux qui les suivent.

20.45 : Avec un bel ensemble, tous les films offerts à cette heure (sauf un) sur Ciné+ ont été vus et revus depuis le mois de juin 2018 : Irréprochable de Sébastien Marnier, (2016) sur Premier, Conan le barbare de John Milius (1982) sur Frisson, Démolition de Jean-Marc Vallée (2015), Un petit boulot de Pascal Chaumeil (2016) sur Club. Et rebelote pour la suite de la soirée, où l’on baigne dans les reprises.

20.45 : Les Dames du bois de Boulogne de Robert Bresson (1945), Classic
Seul film inédit du bouquet, des fois qu’il reste un spectateur qui ne connaisse pas ce classique des classiques. Diderot était un excellent scénariste, hors du temps - la preuve, Emmanuel Mouret a eu recours à ses services pour Mademoiselle de Joncquières. La sècheresse bressonienne ne culminait pas encore, il faudra attendre le Journal d’un curé de campagne, et on sentait encore battre le cœur des personnages.

22.20 : Sumuru, la cité des hommes de Jesus Franco (1969), Club
Encore un titre de Franco inconnu de nos souvenirs. De toutes façons, il ne peut pas être pire que la deux centaine d’autres. Et on est curieux de vérifier ce que George Sanders était venu faire dans cette galère.

00.30 : Lady with a Past d’Edward H. Griffith (1932), TCM
Une découverte. Constance Bennett y incarne, paraît-il, une jeune fille (prénommée Venice !) intelligente et qui aime la lecture, ce qui suffit à en éloigner les hommes. On connaît mal les acteurs qui l’entourent, Ben Lyon et David Manners. Production RKO pré-code, donc a priori intéressante, même si le réalisateur (frère de David Wark) n’a pas souvent côtoyé les sommets.

 

Vendredi 5 octobre 2018

 

20.35 : Carancho de Pablo Trapero (2010), Sundance TV
Sélectionné à Cannes (Un Certain Regard) en 2010, le film est sorti l’année suivante sans éveiller de grands échos. Et c’est dommage car c’est du bon Trapero, ce qui est presque un pléonasme. De toutes façons, avec Ricardo Darin et Martina Gusman dans les principaux rôles, l’avocat marron et l’urgentiste borderline, il n’est pas question de ne pas le revoir.

20.40 : Soirée Mélanie Laurent sur OCS Max
Parmi les trois Mélanie, Laurent, Thierry et Doutey, c’est elle qui a le plus de cordes à son arc, en assurant à la fois les rôles et la réalisation (sans tourner dans ses propres films). Disons qu’on la préfère cependant comme actrice, même si ses œuvres ne déméritent pas. Elle a cassé la baraque avec Demain (co Cyril Dion, 2015), mais Plonger (2017) à 20.40 n’est pas très enthousiasmant. Respire (2014) à 22.20 est plus réussi, grâce aux deux jeunes filles, Joséphine Japy et Lou de Laâge.

20.40 : Le Casse de Henri Verneuil (1971), OCS Géants
Puisque Verneuil est en voie de canonisation, on peut essayer de revoir ses grosses productions des années 70, lorsque Belmondo caracolait encore. Cinq décennies en cave ont-elles permis au film de se bonifier ?

20.45 : La Vie moderne de Laurence Ferreira Barbosa (2000), Club
Comme il s’agit d’un premier passage, on ne va pas chipoter. Mais pas sûr que la cinéaste ait su maîtriser parfaitement ses trois histoires entrecroisées. Car il y a du beau monde, comme souvent chez LFB - Isabelle Huppert, Lolita Chammah (son premier vrai rôle), Frédéric Pierrot et même le réalisateur Robert Kramer, pour son ultime apparition.

20.45 : L’Éducation amoureuse de Valentin de Jean L’Hôte (1976), Classic
Le film n’a jamais connu de reprise depuis sa sortie, il y a belle lurette. Ce fut une des seules tentatives vers le cinéma (outre La Communale, 1965) d’un grand réalisateur de télévision, fort oublié désormais.On aurait jadis aimé aimer plus son film, parce que L’Hôte était sympathique, que Paul Meurisse y était très bien, que Bernard Menez était alors dans sa meilleure période, entre Rozier et Thomas, et qu’il y avait France Lambiotte, qui nous avait bouleversés dans La Femme de Jean de Yannick Bellon, (1974) avant de recommencer dans Repérages de Michel Soutter (1977). Redécouverte nécessaire.

00.00 : What Price Hollywood ? de George Cukor (1932), TCM
Un des premiers grands succès de Cukor, avant Les Invités de 8 heures l’année suivante. Constance Bennett est une gold-digger qui attrape sa chance lorsqu’un réalisateur s’intéresse à elle. Malgré ses manques, elle réussira. C’est un des premiers parlants sur Hollywood vu de l’intérieur. L’astuce est d’avoir fait interpréter le réalisateur par un véritable cinéaste, Lowell Sherman, longtemps à la fois acteur et metteur en scène.

00.35 : Les Bas de soie noire de Claude Bernard-Aubert (1982), Club
Comme le film n’a pas cessé de passer depuis quelques semaines, on a fini par en capter quelques joyeux morceaux. La signature n’est pas CBA, mais Burd Tranbaree, son pseudo pour les nombreux films porno, soft et hard, qu’il aligna pendant plusieurs années. Cette fois-ci, on est dans le soft, un peu tristoune, et on a du mal à retrouver l’auteur des Tripes au soleil…



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