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Semaine télé du 3 au 9 août 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 3 août 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

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©Guillaume Herbaut.
À Urakami, quartier nord de Nagasaki, entre les deux usines d’armements appartenant à Mitsubishi, le 9 août 1945, vers 11 h du matin, explose Fat Man, la seconde bombe atomique.

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 3 août 2019

 

20.40 : Petit paysan de Hubert Charuel (2017), OCS Max
Le succès-surprise de l’année 2017 : plus de 500 000 entrées pour un film sans vedettes (Swann Arlaud et Sara Giraudeau, très bons, mais pas encore des têtes d’affiche), autour d’un éleveur qui se débrouille pour que son troupeau, atteint de la vache folle, ne soit pas abattu. Est-ce l’aspect documentaire, la crédibilité des faits montrés, l’angoisse de la menace sanitaire ? En tout cas, l’intérêt du public était justifié pour ce César du premier film.

20.50 : Southland Tales de Richard Kelly (2006), Premier
La programmation est sans doute prévue pour accompagner la sortie du neuvième Fast and Furious, avec Dwayne Johnson, qui tient ici le rôle principal. Malgré sa sélection en compétition à Cannes, le film de Kelly, qui avait frappé fort avec son précédent Donnie Darko (2001), n’est jamais sorti dans les salles françaises, pour des raisons inconnues - Sarah Michelle Gellar, Justin Timberlake et Christophe Lambert sont pourtant au générique. Très inspiré de Philip K. Dick, avec des préoccupations écologiques, il ne mérite pas l’oubli dans lequel il est tombé (ainsi que son réalisateur d’ailleurs).

23.05 : Miracle Mile de Steve De Jarnatt (1988), TCM
Très efficace petit film catastrophe, ou plutôt pré-catastrophe, puisque tout se passe avant l’arrivée annoncée de missiles nucléaires sur Los Angeles. L’efficacité est due à la durée resserrée (85 mn), au tournage sur place (le Miracle Mile est un quartier de LA), aux acteurs peu connus (les amateurs des films de Ford et de Walsh des années 40 y retrouveront John Agar). Après deux films prometteurs (Cherry 2000 en 1987), De Jarnatt n’a tourné que des séries TV.

 

Dimanche 4 août 2019

 

20.50 : V pour Vendetta de James McTeigue (2006), Frisson
Certes passé il y a exactement deux ans, le 4 août 20197. Mais le plaisir de retrouver le masque devenu iconique grâce aux Anonymous est toujours réel - et comme il n’y a guère d’autres films de pur cinoche ce soir.

20.50 : Versailles Rive-Gauche de Bruno Podalydès (1992), Famiz
Première occurrence du nom des frères P. sur un générique, Bruno derrière la caméra, Denis devant et tous les deux à l’écriture. Les 45 mn du film représentent son meilleur atout : dans ses huit longs métrages, le réalisateur s’est toujours un peu éparpillé - tous dépassent et parfois largement les 100 mn, et la distance est souvent trop longue. Ici, le scénario est cousu au petit point et l’enchaînement comique digne des grands burlesques anciens. Le premier volet de la trilogie versaillaise - Versailles-Chantiers (1998) puis Versailles Rive-Droite (2008) - est de loin le meilleur.

22.15 : More de Barbet Schroeder (1969), OCS City
C’est sans doute le seul titre de Schroeder qui n’ait pas encore été programmé, avec peut-être Maîtresse (1975) qu’on ne se souvient pas avoir revu sur le câble. Son importance historique est indéniable : premier film de l’auteur, première apparition des hippies dans un film français, première bande sonore du Pink Floyd (qui a beaucoup fait pour l’accueil du film), première célébration d’Ibiza. À part ça, on avait trouvé More passablement imbuvable à l’époque, profitant péniblement du mouvement en cours. Cinquante ans plus tard, on peut le visiter comme un objet patrimonial daté.

22.20 : Stonewall de Roland Emmerich (2015), Émotion
En 2019, on fête le cinquantième anniversaire des émeutes de Stonewall, le 28 juin 1969, quand, au Stonewall Inn, une boîte gay de Greenwich Village, tenue par la mafia, il y a eu la descente de police de trop. Le film de Roland Emmerich, cinéaste engagé gay et écologiste habitué du Box Office, n’est pas son meilleur, et ce ft un échec commercial. Mais, à travers l’histoire de l’arrivée à New York d’un jeune provincial juste au milieu de ces jours agités, il donne une bonne idée de ce qu’étaient les consciences de ces années-là, avant que la minorité ne se constitue en communauté.

22.25 : Salt de Philip Noyce (2010), OCS Max
Pas vu. Mais ce qu’on connaît du cinéaste australien, sans être génial, est très plaisant, Dead Calm (1989), entre autres. Alors, pourquoi pas celui-ci ? Angelina Jolie est souvent un peu monocorde et Liev Schreiber doit en avoir assez de jouer les méchants, mais Chiwetel Ejiofor est toujours excellent.

 

Lundi 5 août 2019

 

20.40 : Paris au mois d’août de Pierre Granier-Deferre (1965), OCS Géants
Moment idéal pour programmer ce titre. PGD n’était pas encore le grand adaptateur de Simenon qui a fait sa juste notoriété et ses premiers films étaient des productions à faible budget, fort intéressantes - Les Aventures de Salavin (1962). Après Paul Vialar, Georges Duhamel, Albert Simonin, c’est René Fallet qui fournit le sujet de cette aventure immobile, dans le Paris vide de l’été, entre un vendeur à la Samar et un mannequin anglais de passage. Ce n’est presque rien et c’est remarquable, grâce à Aznavour, toujours parfait dans ses rôles de petit homme pathétique, et Susan Hampshire, qu’on n’avait vue à l’époque que dans La Force des ténèbres de Karel Resiz (1964). Le Paris de 1965 vaut toujours le détour.

20.50 : Masks d’Andreas Marschall (2011), Frisson
L’inconnu du soir. La chaîne l’indique comme un téléfilm, mais IMDB comme une production normale, sélectionnée dans plusieurs festivals fantastiques. Le cinéma horrifique allemand récent est un territoire de découvertes - on ne trouve pas d’exemples passés à notre portée. Premier long d’un réalisateur qui a tourné quarante courts. Si c’est une déception, on patientera jusqu’à 22.35, pour revoir, sur la même chaîne, Entretien avec un vampire de Neil Jordan (1994), du solide.

22.30 : Angle mort de Nabil Ben Yadir (2017), Premier
L’inconnu du soir (bis). Un inédit parfait, car sorti seulement en Belgique, son pays de production, et jamais en DVD. Ben Yadir est le réalisateur de La Marche (2013), sur l’historique marche des "potes" de 1983, beau projet mal abouti. Peut-être ce polar anversois est-il plus réussi ? À vérifier.

 

Mardi 6 août 2019

 

20.40 : RAS sur OCS, sinon revoir Lola de Jacques Demy (1960) à 22.05, dont on parvient toujours à tirer quelque chose, même après quinze visions.

20.40 : Quand la Terre s’entrouvrira d’Andrew Marton (1965), Paramount Channel
Déjà passé il y aura bientôt trois ans. Simplement pour vérifier comment on entrevoyait la fin du monde il y a plus de cinquante ans ; plus besoin d’explosion atomique pour y arriver, il suffit d’attendre que ça vienne tout seul.

20.50 : Sales gosses de Frédéric Quiring (2017), Premier
Soirée jeune sur Ciné+, avec deux premiers films.
D’abord une comédie à la française, sur un sujet habile - un moniteur de colonie de vacances découvre que les gamins prévus sont des retraités - et qui a fait le plein de spectateurs (+ de 650 000). Il faut reconnaître qu’avec Jacques Boudet, Carmen Maura, Tanya Lopert, Liliane Rovere, Albert Delpy et Michèle Moretti, le gang des vieux est sympathique.

20.50 : Les Étoiles restantes de Loïc Paillard (2016), Émotion
Second film de débutant de la soirée. L’inverse du précédent : maladie, amour déçu, pas d’acteurs connus, une inspiration intime. On aurait souhaité aimer plus le film, mais il méritait mieux que ses 8583 entrées.

23.00 : Un homme intègre de Mohammad Rasoulof (2017), Club
Prix de la section Un Certain Regard à Cannes 2017, et pas uniquement parce que son auteur est un opposant au régime iranien, mais parce que le film est superbe. Sa dénonciation de la corruption ambiante était assurément justifiée, puisque le cinéaste vient d’être condamné (le 23 juillet 2019) à un an de prison pour propagande antigouvernementale. Panahi + Rasoulof : décidément, les mollahs sont attaqués de toute part.

 

Mercredi 7 août 2019

 

20.40 : RAS (bis) sur OCS, qui se contente de recycler ses programmes des mois et semaines récentes.

20.50 : Good Time de Benny & Josh Safdie (2017), Premier
Les frères bénéficient d’une réputation blindée. Tant mieux pour eux, mais ce n’est pas sa sélection officielle à Cannes qui donnera à ce film plus de saveur. Les tribulations nocturnes de Robert Pattinson et de Benny Safdie (son frère) dans les bas-fonds de New York sont épuisantes et faiblement inventives. Mais les Cahiers du cinéma l’ont classé septième film de 2017, alors respect.

20.50 : Ôtez-moi d’un doute de Carine Tardieu (2017), Émotion
Pour dire vrai, on attendait plus de l’auteure, après La Tête de maman (2007) et Du vent dans mes mollets (2012). Est-ce d’avoir choisi le cadre plus rigide de la comédie straight, plutôt que les variations personnelles précédentes, mais le charme opère moins, malgré Cécile de France.

22.30 : Le Passeur de Philip Noyce (2014), Premier
Encore un inédit de Noyce, c’est sa semaine. Cette fois, anticipation au programme, ce qui lui réussit peut-être un peu moins que le thriller. Mais avec Jeff Bridges et Meryl Streep, pourquoi bouder son plaisir ?

 

Jeudi 8 août 2019

 

20.40 : Les Fantômes du passé d’Oskar Thor Axelsson (2017), OCS Choc
Pas vu, mais tout film islandais est regardable a priori, comme les polars de même nationalité. Ensuite, on fait le tri - mais il n’y a pas souvent de déchets. Film d’horreur, psychiatre, maison hantée, etc.

20.50 : Une bouteille à la mer de Luis Mandoki (1999), Émotion
À ne pas confondre avec le film du même titre, signé Thierry Binisti, passé le 30 mars 2017. Ici, ni Agathe Bonitzer ni Mahmoud Shalaby, mais Robin Wright et Kevin Costner. Les deux acteurs sont d’ailleurs le grand agrément du film, car le propos est plutôt de l’ordre du chabadabada.

20.50 : Pour mémoire et parce qu’il est rare d’avoir ainsi une enfilade de chefs-d’œuvre, soirée John Cassavetes sur Classic.
Avec, dans l’ordre : Opening Night (1978), suivi de Meurtre d’un bookmaker chinois (1976) à 23.05, qu’on peut considérer comme le plus extraordinaire formellement de toute la filmographie du maître. La nuit se poursuit avec Une femme sous influence (1974) à 00.50, dont on peut aisément se dispenser et, après un souper bienvenu, on attaquera Shadows (1959), premier éblouissement signé Cassavetes.

 

Vendredi 9 août 2019

 

20.40 : Toro de Kike Maillo (2016), OCS Choc
Apparemment, inédit en France. Malgré son titre, ce ne semble pas être un film sur la corrida, mais un polar dont le héros se nomme Toro. Donc, pas d’exotisme ni habit de lumière à los cincos de la tarde. Le réalisateur nous est inconnu, on ne demande qu’à être surpris.

21.00 : The Raid de Gareth Evans (2011), Action
La chaîne a, depuis quelque temps, choisi d’offrir des versions sous-titrées des films étrangers. L’idée est excellente ; il est dommage que sur notre récepteur, l’obtention des sous-titres se fasse au détriment du son, qui disparaît complètement. On serait curieux de savoir s’il en est de même sur les spectateurs d’Action - à moins que nous ne fussions les seuls.



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