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Trains étroitement surveillés (1966)
de Jiri Menzel
publié le dimanche 9 novembre 2014

par Lucien Logette
Jeune Cinéma en ligne directe

Sélection officielle hors compétition au Festival de Cannes 1967
Oscar 1968 du meilleur film étranger

Sorties les mercredis 22 novembre 1967 et 12 novembre 2014

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Trains étroitement surveillés (1966) est le premier long métrage de Jiri Menzel, et c’est un coup de maître. En complément de son succès international, il décroche l’Oscar du meilleur film étranger, juste un an après Jan Kadar & Elmer Klos pour Le Miroir aux alouettes, double consécration pour le cinéma tchèque. (1)

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Jiri Menzel a su transcrire très exactement l’univers particulier de Bohumil Hrabal, à la fois comique, grinçant et dramatique. Le film est, en réalité, un drame, drame d’amour et de mort qui se termine tragiquement. Mais avant l’épilogue, Menzel aura donné une tonalité comique à la peinture de tout le petit monde qui peuple la minuscule gare du village de Bohême où se croisent trains de civils et trains de soldats allemands (nous sommes en 1944).

Plus que le dénouement, ce sont les portraits qui demeurent, des portraits pleins d’un humour un peu gris.
D’abord, le jeune héros, qui, sous son bel uniforme tout neuf d’assistant sous-chef de gare, découvre les tourments d’une sexualité adolescente et les difficultés pour assurer l’acte qui le transformera en adulte.

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Et puis, il y a tous les autres : le sous-chef, obsédé par les femmes qui traversent le paysage et qui crève les canapés sous lui ; le chef, amoureux de ses pigeons et qui rêve de devenir inspecteur ; le responsable nazi, enfin, qui vient prêcher régulièrement l’engagement pour l’Europe nouvelle.

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Tous croqués, avec une patte digne de Hrabal, dans leur petitesse et leurs gentils ridicules, mais capables de faire sauter si nécessaire un train de munitions.
La bureaucratie y est dénoncée, mais de façon mouchetée, et le renvoi du récit à l’occupation allemande démine tout problème avec la censure.
Ce qui ne sera pas toujours le cas.

Lucien Logette
Jeune Cinéma en ligne directe (mercredi 12 novembre 2014)

1. Trains étroitement surveillés  : Oscar du meilleur film étranger aux Oscars 1968 ; Grand prix du Festival international du film de Mannheim-Heidelberg en 1966.
Le Miroir aux alouettes (Obchod na korze) de Ján Kadár & Elmar Klos (1965) : Oscar du meilleur film étranger aux Oscars 1966.


Trains étroitement surveillés (Ostře sledované vlaky). Réal : Jiří Menzel ; sc : J.M. & Bohumil Hrabal, d’après son roman homonyme sorti en 1964 ;
Int : Václav Neckář, Josef Somr, Vlastimil Brodský, Jitka Bendová, Libuše Havelková, Květa Fialová, Jan Pech (Tchécoslovaquie, 1966, 92 min).


Jiří Menzel dans Jeune Cinéma :

* Jeune Cinéma n°139, décembre 1981, spécial Jiri Menzel.

* Et les critiques des films : Trains étroitement surveillés, JC n°26 (novembre 1967) ; Petites perles au fond de l’eau, JC n°32 (septembre 1968) ; Monsieur Foerster est mort, JC n°137 (septembre 1981) ; Blonde émoustillante, JC n°138 (novembre 1981) et n°193 (février 1989) ; Mon cher petit village, JC n°178 (mai 1987) et n°181 (mai 1987) et n° 182 (juillet 1987) ; JC n°201 (mai 1990) ; JC n°221 (avril 1993) ; Les Aventures d’Ivan Tchonkine, JC n°230 (janvier 1995) et JC n°319-320 (octobre 2008) ; Moi qui ai servi le Roi d’Angleterre, JC n°308-309 (printemps 2007).



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