À propos d’un serial rapist
Harvey Weinstein né en 1952
publié le jeudi 12 mars 2020

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Abla 2020 (12 mars 2020)

JPEG - 232.7 ko

 


Jeudi 12 mars 2020

 

À New York, hier, 11 mars 2020, le serial rapist Harvey Weinstein, 68 ans le 19 mars 2020, a écopé de 23 ans de taule. Ça lui a fait un coup, et on l’a transféré de la prison de Rikers Island à l’hôpital Bellevue, où on l’aide à digérer la sentence. Il va être extradé en Californie, où il devrait bénéficier de quelques années supplémentaires, histoire d’arrondir le nombre.

JPEG - 222.4 ko

 

Délit depuis 1810, crime depuis décembre 1980, - mais la plupart des affaires de viol continuent à être examinées dans les tribunaux correctionnels et pas aux Assises, qui sont trop "encombrées" -, le viol érigé en mode de vie, comme dans le cas de H.W., ressemble à un crime contre l’humanité et devrait être traité comme tel, imprescriptible. La justice des hommes est étrange, avec ses châtiments qui quantifient, tant bien que mal, des faits déjà difficiles à seulement qualifier, mais bon, 23 c’est bien.

La notion de "présomption d’innocence" des Déclarations des droits de l’Homme (1789 et 1948) est un progrès, et il est juste de la rappeler en un temps où les réseaux sociaux débordent de toutes parts les encadrements nécessaires aux sociétés.
Mais il ne faut jamais oublier que le Droit ne doit pas être divinisé, et que les lois peuvent être injustes ou mal appliquées. Dans ce cas, elles ne sont jamais amendées que sous la pression de la rue (dont les réseaux sociaux ne sont qu’une extension).

JPEG - 170.5 ko

 

JPEG - 191.2 ko

 

Si la loi est injuste, il faut changer la loi, ce n’est pas nouveau.
Et ceci est particulièrement visible dans l’histoire des femmes.
Nous nous rallions au mot d’ordre des femmes argentines à propos de l’avortement : Que sea ley !


 

La notion de "culture du viol" des féministes radicales américaines, quant à elle, s’est progressivement imposée depuis les années 1970, elle est désormais facile à comprendre par tout le monde, grâce la nouvelle vague des femmes qui se répand dans le monde depuis 3 ans.
Elle ne s’oppose pas à la présomption d’innocence, il s’agit de deux territoires complémentaires.


 

Bonnes lectures :

* Georges Vigarello, Histoire du viol (16e -20e siècles), Paris, Éditions du Seuil, 1998.

JPEG - 77.3 ko

 

* Jean-Yves Le Naour & Catherine Valenti, Et le viol devint un crime, éditions Vendemiaire, 2014.

JPEG - 310.9 ko

 



Revue Jeune Cinéma - Contacts