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Mocky, Jean-Pierre (1929-2019) (e) I
Rencontre avec Luce Vigo-Sand (1971)
publié le mercredi 4 mai 2022

Monologue d’un solitaire
Autour de L’Albatros
Jeune Cinéma n°58, novembre 1971

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Au mois de juillet 1971, Jean-Pierre Mocky semblait assez tendu. Les difficultés auxquelles il se heurtait pour trouver une sortie de L’Albatros, certaines réactions de professionnels en projections privées, sa position de "solitaire" dans le cinéma français, tout cela explique sans doute cette espèce de long monologue, qui avait été à peine coupé de quelques questions, une sorte de défense passionnée et un peu agressive d’une attitude parfois mal comprise.

L.V.S.


II y a des gens qui n’aiment pas du tout mon dernier film. Parce qu’ils me connaissaient comme auteur de comédies satiriques. Solo les a tellement surpris qu’ils sont restés fascinés à la fois par le film et surtout par le changement de style. Mais ils ont oublié que mes premiers films étaient dramatiques. J’ai fait l’adaptation, le scénario, la production et la co-mise en scène du film de Georges Franju, La Tête contre les murs (1959). Les Dragueurs (1959), Un Couple (1960), Les Vierges (1963) étaient également des films dramatiques.
Mais le dernier film dramatique que j’ai fait n’a pas marché - La Grande Frousse (1964), que j’ai rebaptisé La Cité de l’indicible peur et que je vais maintenant ressortir, adaptée d’un très beau roman fantastisque de Jean Ray. C’est le seul de mes films qui ait été mutilé par les producteurs. J’ai perdu énormément de l’argent que j’avais gagné auparavant. Alors je me suis spécialisé dans les comédies dites très commerciales.

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La Grande Lessive (!), film "commercial"
 

La Grande Lessive a fait 2 millions 500 mille spectateurs, c’est-à-dire que 7 % environ des Français l’ont vu. C’est un film qui arrive à la 8e place au même titre que Le Livre de la Jungle ou La Grande Vadrouille. Ce n’est pourtant pas un film conventionnel, bien que commercial, c’est un film contre la télévision, contre l’objet de consommation par excellence. Un film donc qui attaque quelque chose d’une manière ironique comme je l’ai fait dans tous mes autres films. Malgré son côté corrosif et frondeur La Grande Lessive a connu un grand succès populaire. C’est dire que la masse populaire du public - ce que le producteur appelle "le grand public" - n’est absolument pas insensible à l’ironie et à une certaine forme d’intellectualisme. Dans le film, il y a Roland Dubillard (qui jouait une "tante"), Michael Lonsdale, René-Jacques Chauffard, des comédiens qui ne sont pas populaires. Ils jouent des pièces polonaises et russes que monte Laurent Terzieff, ou des pièces de Eugène Ionesco. J’avais donc là des personnages insolites, par rapport aux comédies habituelles, à l’idée qu’on s’en fait avec Darry Cowl ou d’autres. C’étaient des personnages qui avaient leur existence.

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Bourvil
 

Il y avait aussi Bourvil, (1) mais dans un emploi de professeur de latin, parlant latin - et avec un costume "mao". Pas du tout habillé en ouvrier peintre. Pas ridicule, comme d’habitude. Bourvil était un être très intelligent. Presque un intellectuel. Bien que ce fût un paysan, il était plus intellectuel que certains intellectuels. On lui faisait jouer l’homo vulgaris bête et stupide, parce qu’il n’avait pas un physique aux traits réguliers, mais il était tout à fait capable de jouer des rôles comme Alec Guiness ou Spencer Tracy. C’est ce que je me suis mis dans la tête après l’avoir vu dans La Traversée de Paris où il avait un rôle merveilleux, et dans lequel il se montrait parfait et très émouvant. C’est toujours comme cela que je l’ai utilisé et ainsi nous avons eu cette grande amitié l’un pour l’autre. Mais, aux yeux des gens, le fait que Bourvil ait été dans la distribution signifiait que c’était un gros film commercial et qu’il ne fallait pas en parler. J’ai eu beaucoup de mal, même dans des revues spécialisées comme la vôtre, Jeune Cinéma, ou Les Cahiers du Cinéma, ou Cinéma 71, à faire accepter Bourvil comme un acteur normal. Ce qu’il y a de terrible en France, c’est cette espèce de catalogue. En Amérique, un acteur peut passer d’un rôle dramatique à un rôle comique : tout le monde trouve ça normal.

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Je suis pour le film populaire, c’est-à-dire le film populaire intelligent - puisqu’il y a la même proportion de gens intelligents dans chaque classe, la même proportion de cons aussi. Mais les producteurs disent qu’à partir du moment où il s’agit d’un ouvrier, d’un paysan ou d’un petit fonctionnaire, c’est un con, donc qu’il faut lui faire des gros trucs pour le faire rire bêtement. Alors c’est pour cela que, chaque fois, j’ai débattu d’un problème, du couple dans Un couple, puis, dans Les Dragueurs, de la recherche de la femme idéale, dans Snobs, de l’arrivisme, dans Un drôle de paroissien, de la stupidité des rites de l’église, de cet usage des troncs dans les églises, puisqu’il faut payer pour aller prier, sinon on à l’impression de voler l’église, d’être indésirable.
Avec La Grande Lessive (!), j’ai donc fait un film contre la télévision. L’Étalon, c’était contre les maris infidèles, pour les femmes fidèles. Solo, c’était contre les gens du gouvernement qui se comportent d’une manière, à mon avis, ignoble.

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Politisation, dépolitisation
 

Solo a surpris d’autant plus que je jouais dedans. Mais j’ai joué avec tous les gens de gauche en Italie, à tel point qu’en rentrant en France, j’ai été "scié". J’en ai souffert pendant trois ans, personne ne m’engageait, j’étais un type qui avait une position politique de militant d’extrême-gauche. Parce que j’avais joué dans Gli sbandati, un film antifasciste de Francesco Maselli. (2)
J’ai décidé alors d’être apolitique parce que je me suis rendu compte qu’un cinéaste politisé, qui fait de la propagande pour un parti quel qu’il soit - de gauche ou de droite - est un type qui restreint son audience et convainc uniquement des gens convaincus. Comme le film de Joris Ivens que j’aime beaucoup, Le Peuple et ses fusils (3). Un film uniquement de propagande ne passe pas, ou alors il faut le faire pour des meetings politiques, pour exprimer en images des plans politiques. J’avais choisi de faire le film antifasciste de Francesco Maselli parce que c’était un très beau sujet, mais à mon retour en France - en 1953-1954 une période difficile pour les gens d’extrême-gauche - je me suis dépolitisé dans la mesure où je me suis dit "Si je continue...". Je n’avais absolument aucun appui et beaucoup de mal à travailler.

À ma façon je suis un homme libre et, je crois, juste. Mais à partir du moment où n’ayant pas de relations, pas d’argent personnel, je continuais à traiter ouvertement de ce genre de sujets, on m’aurait carrément, à un certain moment, coupé les vivres, et je serais resté au chômage. Je me suis dit que je serais beaucoup plus utile en exprimant toujours des idées fortes, le plus objectivement possible, sans participer, sans adhérer à aucun parti précis. Moi, mon parti précis c’est justement de faire éclater la vérité partout, de foutre les pieds dans le plat.

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Solo ou la repolitisation
 

Avec Solo, j’ai traité des jeunes gens parce que je sais ce qu’est un jeune homme. J’ai pris des garçons de 16-17 ans, pas encore politisés. Pas des anarchistes mais des gens appartenant à tous les milieux et essayant de réagir contre la saloperie qu’ils voient autour d’eux. La seule manière qu’ils trouvent pour réagir, c’est une manière violente. Parce qu’ils constatent que les gens ne font rien, absolument rien. Personne ne faisait quoi que ce soit après les événements de Mai. Six mois après, on est retombé exactement comme avant, avec la police, etc. Dans Solo, les jeunes gens disent "Les gens sont en week-end, ils s’en foutent." Peu à peu, maintenant, le gouvernement se venge. Il ne s’en est pas vengé le mois d’après parce que ça risquait d’être très dangereux. Mais il le fait maintenant, et je le sens, moi, Mocky, parce que je suis de nouveau politisé sans le vouloir. J’ai voulu me dépolitiser, redevenir complètement libre d’expression, sans alller ni dans un sens ni dans un autre. Et malgré moi, à cause du durcissement du régime actuel, depuis Solo et L’Albatros, je suis de nouveau considéré comme un extrémiste.

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À propos de Solo, certains m’ont traité de fasciste, d’autres d’hypergauchiste. C’est parce que je suis objectif que me revendiquent de tous les côtés ceux qui veulent agir. C’est la qualité ou le défaut du film. C’est un grave danger, je le sais. Mais alors à ce compte-là, je n’ai qu’à balancer dans un sens et ça devient un objet de propagande. Et cela, je ne le veux pas. Je veux dénoncer des scandales. Par exemple le scandale de l’immobilier ou celui des quêtes. Un de les prochains sujets, ce sera justement le scandale des quêtes. Que devient l’argent que l’on donne pour la lutte contre le cancer, pour la Croix-Rouge, pour les médicaments des Biaffrais ? Est-ce qu’on touche la TVA, est-ce qu’il y a des pharmaciens qui s’en mettent plein les poches, est-ce que quelqu’un fait une énorme marge bénéficaire ? Je ne sais pas comment ça se passe parce que je ne me suis pas encore penché sur le problème.

Mais revenons à Solo.
Mon personnage dans le film est un type qui voulait faire la révolution, comme Ernest Hemingway en Espagne contres les fascistes. Mais c’est un Hemingway qui a basculé parce qu’il n’a pas pu faire la révolution tout seul. Il tombe alors sur ce petit groupe qui a ce courage extraordinaire de lutter, à cinq, à 17 ans. Ce qui les dégoûte, c’est, en fait, très égoïste. Ce n’est peut-être pas suffisamment indiqué dans le film. Mais il faudrait revenir à la censure. Quand j’ai conçu et fait Solo, il n’était pas question de dire tout à mot ouvert. Ce qui révoltait ces jeunes, c’était que leurs futures femmes - des petites filles sans défense et sans argent - se fassent trombiner par de vieux satyres qui se servaient de leur pouvoir, de leur Légion d’honneur, de leur poste important pour goûter les plaisirs défendus. Puis ils renvoyaient aux jeunes des filles flétries en quelque sorte pour qu’ils les épousent et qu’ils deviennent de braves petits Français. Moi, je la dépucèle et toi, tu l’épouses et tu lui fais des enfants. Le film démarre donc sur des partouzards et une des premières répliques du film, dite par un policier qui regarde une fille sur un brancard : "18 ans, déjà flétrie".

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On comprend bien les choix de ces jeunes, ce n’est pas de détruire l’Ambasade américaine, ni soviétique, ni chinoise. Ils ne détruisent pas non plus le Président de la République. Ils détruisent quelque chose de précis, des partouzards. Et après, ils continuent dans ce sens, parce que c’est ce qui les a le plus touchés, ce dont ils sont victimes ou témoins. Ces gens prétendent interdire aux jeunes ceci ou cela, ils les envoient en maison de correction parce qu’ils se sont tapé une fille, alors qu’il font la même chose sous le couvert de la Légion d’honneur ou de leur fonction d’État. C’est cela Solo, et mon personnage est un type perdu, désespéré, mais quand même un peu Arsène Lupin, un personnage un peu léger. Pour son frère, il va retrouver l’espèce de soif de révolution qu’il avait eue vingt ans avant, mais très amoindrie. Il a vieilli, il se sacrifie pour ces gosses, mais c’est un personnage récupéré à la fin, parce qu’il est déjà pourri.

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L’Albatros
 

Tandis que le personnage que j’incarne dans L’Albatros, il est pur au départ. Il vit seul, ne participe à rien, car il s’est retiré volontairement du merdier. Un jour il se balade dans la rue, il est pris dans une manifestation. On le tabasse en disant : "Tu as fait quelque chose", et, à ce moment, il réagit car il ne se sent absolument pas coupable. Et il tue. En état de légitime défense. Il est incarcéré, en prison, et il s’échappe grâce à la complicité d’un avocat. C’est un sujet très dur, ça ne s’est pas vu souvent un avocat qui se mouille au point d’aider son client à passer la frontière. Le scénario, qui est romanesque, fait rencontrer à "l’Albatros" une fille politisée par son père, homme politique dans le mauvais sens du terme, avec tous les défauts que ça comporte, et très peu des qualités. Cette fille devient alors l’enjeu de la lutte électorale de deux bonshommes. Elle ne connaît de la politique que ce que son père lui montre ou lui laisse deviner. Il est bien évident qu’il ne lui a jamais dit toutes les combines qu’il faisait mais simplement "Je veux la gloire de la France". Exactement ce qu’il dit aux gens.

Oui, ce sont tous les politiciens que j’accuse là-dedans, et c’est pour cela que je ne les ai pas situés. C’est le premier film en France réalisé là-dessus. On a bien fait, en France, des films politiques, mais jamais des films sur la politique, c’est-à-dire sur des élections et la police. Dans Solo la police était vraiment telle que la voyaient les jeunes, dégueulasse - sauf Christian Duvaleix. Dans L’Albatros, la police est ramenée à sa véritable fonction, c’est un outil de personnages politiques. Il s’agit de politique et non de répression. Il s’agit de faire passer un candidat plutôt qu’un autre, de sauvegarder des élections. L’inspecteur est antipathique parce que c’est un policier, mais il reste assez neutre, il n’en fait pas trop, moins que dans un film de propagande. Il n’est pas actif, il obéit aux ordres. Pour donner de la force au film, il me fallait faire ainsi. Sinon, si j’avais appuyé encore une fois sur la police, comme je l’ai fait dans mes films comiques, où je l’ai ridiculisée, les politiciens seraient passés à l’arrière-plan. Cela aurait encore été un film sur la police, comme le Condé (4), par exemple. Il me fallait mettre au premier plan les intrigues de bonshommes. Comme ce secrétaire général qui, pendant la scène du monument aux morts, dit : "J’ai un dossier contre vous". Ce sont des phrases qu’on a lues dans les journaux, mais au cinéma on n’a jamais montré des politiciens en train de dévoiler leurs affaires et de faire carrément du chantage. Chacun a un dossier sur quelqu’un d’autre. Ma force c’est que personne n’a de dossier sur moi. Si j’étais, par exemple, homosexuel déclaré, et que l’on m’ait trouvé un jour dans un endroit où je n’aurais pas dû être, il me serait impossible de faire ce genre de films. De plus, vous comprenez, je suis entièrement indépendant.

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Si je n’avais pas joué, de toutes façons, l’acteur qui aurait joué aurait été moi. J’aurais pris un autre homme jeune qui aurait porté exactement le même message que celui que je peux porter, non, ce ne sont pas des messages mais des idées. Et dans un film ce sont toujours les personnages principaux qui portent des idées. Un jour, je serai peut-être amené à jouer un personnage qui soit le contraire de ce que je suis. Le porte-parole sera alors, une jeune fille ou un petit garcon de 12 ans, ou un vieillard. Le porte-parole d’un metteur en scène, c’est le rôle principal.

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Actuellement les hommes jeunes sont difficiles a trouver, iI y en a peu. J’aurais pu donner le rôle de L’Albatros à Alain Delon, mais il est marqué, par des tas de films. II a un genre, c’est une grande vedette. C’est déjà du cinéma. Tandis que moi, je suis presque le personnage dans ma vie. C’est vrai que j’ai la nostalgie de la pureté. Dans tous les sens. À partir du moment ou un type est sincère. Si je lutte ce n’est pas pour la pureté au sens pur, pour la jeune fille pucelle ou le bon petit jeune homme qui aide les vieilles dames à traverser, ça n’a pas d’importance, c’est de la bonne éducation. La pureté c’est vraiment être convaincu de ce que I’on fait. Je suis plutôt contre l’hypocrisie que pour la pureté réelle. Les gens vraiment trop purs sont emmerdants, ils n’ont pas de caractère. Ce qu’il faut leur demander, c’est d’avoir une ligne d’honnêteté intellectuelle et morale. Nous avons, en concurrence des films américains, de gros films français et nous avons besoin de bien faire. Plus une idée est originale, plus elle doit être montrée le plus parfaitement possible. Dans un mélo comme Love Story, on peut se permettre des longueurs, des plans pas très beaux, etc. L’histoire en elle-même attire déjà tellement de monde que ce n’est même pas la peine de la soigner, sur le plan commercial, pour obtenir le rendement voulu. Mais dans un film ou l’idée est déjà très particulière, il est indispensable de soigner le plus possible la technique, pour rendre le produit valable aux yeux des techniciens et des exploitants. IIs seraient trop contents de ne pas le passer, sous le prétexte que la qualité technique n’est pas bonne.

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Le film a eu beaucoup d’avatars. Par exemple je dépendais du ministère de la Guerre pour avoir les autorisations de tourner dans une prison. Lorsque le service de Monsieur Michel Debré a appris que je voulais tourner dans une prison, on m’a foutu des bâtons dans les roues partout. Le préfet du Val-de-Marne - j’avais trouvé un décor là-bas - a refusé que je tourne. Une série de personnages a essayé de me freiner, par une espèce de solidarité, parce qu’ils sentaient que je faisais quelque chose contre certains d’entre eux.
C’est une censure qui ne s’avoue pas, car, naturellement, ils viennent d’autoriser mon film, mais j’ai toutes les peines du monde à le sortir. J’y arrive justement parce qu’il est considéré comme bon par les exploitants, et que, pour eux, l’attrait de I’argent, ou tout au moins l’attrait. d’avoir un film valable, est très important. Je ne dis pas que j’ai fait un film parfait techniquement, il a des imperfections. Mais certaines qualités de la technique rendent le produit valable aux yeux de ceux qui le passent.
L’Albatros sort dans un circuit indépendant. Ce n’est peut-être pas le premier film sur lequel les gens se précipiteront, mais ce n’est pas le 103e. Aptrès le succès de Solo, il est automatique qu’il ait la même clientèle. Sur le potentiel de Solo, ce film est une affaire pour les distributeurs et exploitants. S’ils ne le prennent pas c’est que, psychologiquement, il y a une raison. Ils ressortent J’irai cracher sur vos tombes, (5) des vieux films, du matériel ancien, alors qu’ils ont des films nouveaux valables. C’est que le contenu ne leur plait pas. Les censeurs sont tenus a une certaine législation, il existe une liberté d’expression officielle. Mais une fois qu’on vous donne le visa de censure, il y a la censure des exploitants, terrible et qui s’étend souvent au Quartier Latin... On arrive souvent, alors, à une espèce d’auto-censure, bien pire que la censure elle-même.

Propos recueillis par Luce Vigo-Sand
Jeune Cinéma n°58, novembre 1971

* Cf. aussi "Jean-Pierre Mocky et la profession", Jeune Cinéma n°102, avril 1977

1. Bourvil (1917-1970) a joué dans quatre films de Jean-Pierre Mocky : Un drôle de paroissien (1963), La Grande Frousse aka La Cité de l’indicible peur (1964), La Grande Lessive (!) (1968), L’Étalon (1970). Il devait jouer dans L’Albatros, mais il est décédé d’un cancer en septembre 1970.

2. Les Égarés (Gli sbandati) de Francesco Maselli (1955), avec Lucia Bosè et Isa Miranda, se passe en Italie, l’été 1943, alors que Mussolini est destitué, que les Allemands envahissent le pays et que le chaos règne dans le pays.

3. Le Peuple et ses fusils de Joris Ivens & Jean-Pierre Sergent (1968).

4. Un Condé de Yves Boisset (1970).

4. J’irai cracher sur vos tombes de Michel Gast (1959), adaptation du roman de Boris Vian.

* On trouve les films de Jean-Pierre Mocky, réédités en blu-ray, chez ESC Distribution.


* Solo. Réal : Jean-Pierre Mocky ; sc : J.P.M. & Alain Moury ; ph : Marcel Weiss ; mont : Marguerite Renoir & Sophie Tatischeff ; mu : Georges Moustaki ; déc : Jacques Flamand & Françoise Hardy. Int : Jean-Pierre Mocky, Anne Deleuze, Denis Le Guillou, René-Jacques Chauffard, Marcel Pérès, Henri Poirier, Christian Duvaleix, Dominique Zardi (France, 1970, 83 mn).

* L’Albatros. Réal : Jean-Pierre Mocky ; sc : J.P.M., Claude Veillot & Raphaël Delpard ; ph : Marcel Weiss ; mont : Marie-Louise Barberot, Françoise Merville, Annie Baronnet &Martine Baraqué ; dial : Claude Veillot ; mu : Léo Ferré ; déc : Jacques Flament, Jacques Dor. Int : Jean-Pierre Mocky, Marion Game, André Le Gall, Paul Muller, René-Jacques Chauffard, Francis Terzian, Jean-Marie Richier, Marcel Pérès, Michel Delahaye, Dominique Zardi (France, 1971, 92 mn).



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