Pesaro 2004
Intégrale Taviani
publié le samedi 31 janvier 2015

Pesaro, juin 2004, 40e édition

par Andrée Tournès
Jeune Cinéma n°291 octobre 2004

La Mostra 2004 s’est déroulée sous le double signe de la fête et du deuil.

Quarante ans d’existence, et un projet tenu envers et contre tous les "nuisibles", comme disait Prévert. Restriction oblige, on a rogné un jour, mais l’hospitalité reste généreuse, et sont maintenues toutes les sections traditionnelles.

Il y avait les deux rétrospectives d’auteurs, Lucian Pintilie, un ami des premiers jours, et Arnaud Desplechin
Pour les cinématographies nationales : le Mexique et l’avant-garde autrichienne.

Par-ci par-là, quelques surprises, un hommage à André S. Labarthe, et une poignée de quelques documentaires récents et anciens.

Le deuil, c’est la mort de Lino Micchichè. (1934-2004)
L’an dernier, il avait encore animé, quoique déjà malade, l’hommage à Ermanno Olmi, à sa manière, rapide, agressive, intelligente.

Jeune Cinéma, comme toujours, a suivi l’événement spécial italien.
Après Gassman, Monicelli, Olmi, c’est l’intégrale des frères Taviani qui fut présentée.
Bruno Torri, après une brève définition de leur parcours, sous le signe de "la diversité et de la cohérence, laissa la parole à une dizaine d’acteurs et techniciens qu’il avait invités, et ce fut un feu d’artifice émouvant et drôle.

Greta Scacchi, l’Edna de Good Morning, Babylone, Omero Antonutti, Lello Arena, l’assassin brutal de Tu ridi, Saverio Marconi, le berger de Padre padrone, la productrice de Film tre, Lina Nerli Taviani la costumière, Roberto Perpignani le monteur, tous évoquèrent et le plaisir et le côté difficile de leur travail.

Et c’est dans le rire et la joie que furent évoqués les morts.

Micchiché bien sûr, mais aussi Giugliani G. De Negri, le producteur, qui renfloua L’Homme à brûler, et tint à bout de bras l’Agerfilm jusqu’à Padre padrone, Valentino Orsini, le "grand gros frère aîné" des Taviani.

Perpignani, leur monteur pendant trente-sept ans, fut bref : "Des cinéastes intelligents et sensibles… Parler de notre vie commune exigerait des mois… L’acquit définitif, regarder au-delà".

Andrée Tournès
Jeune Cinéma n°291 octobre 2004

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