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Bologne 2015 au jour le jour
Brèves
publié le dimanche 12 juillet 2015

Samedi 27 juin 2015

À Bologne, Il cinema ritrovato, 29e édition, ça commence aujourd’hui, avec, comme d’habitude, un programme étourdissant pendant une semaine.

Nous hésitons entre deux "affiches" :

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Tout le festival 2015 est dédié à Peter von Bagh, qui nous a quittés en septembre 2014, et la séance inaugurale s’appelle : I 1000 occhi del Dr Von Bagh.

Il fut directeur artistique du festival il Cinema Ritrovato pendant 13 ans, et avec Gianluca Farinelli, ils formaient un duo hors pair.

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Mais il était aussi un documentariste exceptionnel, un essayiste de la race de Chris Marker, Agnès Varda, ou le Terence Davies de Of Time and The City, ainsi qu’un écrivain prolixe : son œuvre deviendra un corpus de témoignages incontournable pour les historiens de la Finlande.
Il existe peu de choses sur lui en français, et Jeune Cinéma va lui consacrer, à la rentrée, un numéro spécial.

Donc notre premier rendez-vous, c’est à la Cineteca, à l’Auditorium, à 16h15.

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Mais, le mieux est d’être là, dès 15h, pour voir le téléfilm, inédit, Les Mains sales (Likaiset kädet) (1989) de Aki Kaurismaki, une adaptation de Sartre.
Aki était l’ami de toujours de Peter.


Dimanche 28 juin 2015

À Bologne, Il cinema ritrovato, en 2015, fête les 120 ans de la Gaumont.
Et aussi, comme chaque année, un centenaire : en l’occurrence, l’année 1915.

C’est l’année de naissance, entre autres, de Orson Welles et Ingrid Bergman.

Même si vous n’y êtes pas, faites votre marché.

Notre premier choix pour aujourd’hui, ce dimanche, c’est :

* Dans la section Ritrovati e Restaurati : Varieté 
(Der Eid des Stephan Huller) (1925) de Ewald André Dupont. Accompagnement musical de Antonio Coppola.

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* Muisteja, le dernier film de Peter von Bagh.

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* Les courts métrages de Leo Mc Carey, au Cinema Jolly, à 18.30.
Comme on sait bien que tout le monde ne peut pas être à Bologne en même temps, on vous guide vers ces merveilles.

* Crazy Like a Fox (1926) ;


 

* From Soup to Nuts avec Laurel et Hardy (1928)
 

* Pass the Gravy (1928)
 

Sinon, on va découvrir, tout au long de la semaine, Ingrid dans ses films pré-hollywoodiens, quand elle avait encore les joues rondes : Bergman : Gli esordi.

* Par exemple aujourd’hui : Munkbrogreven de Edvin Adolphson et Sigurd Wallén (1934).

Naturellement pleins feux aussi sur Orson Welles avec ce soir :

* À 21.45, sur la Piazza Maggiore : Le Troisième Homme (1949), avec un hors d’œuvre inconnu : Unseen Lollo (1958) un portrait de Gina Lollobrigida par Welles.

Mais, ce soir, on peut préférer Francesca Bertini.

Et, au lieu de remonter vers la piazza Maggiore, rester à la Cineteca pour une soirée plus privée avec la projection ("Proiezione con lanterna a carbone") de Assunta Spina de Gustavo Serena (1915), avec l’accompagnement musical de Guido Sodo et François Laurent (musique et chansons napolitaines traditionnelles).

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Assunta Spina est un des plus grands chefs-d’œuvre du muet : en décors réels, de nombreux acteurs non-professionnels, des vues spectaculaires de Naples au début des années 1900.
Bertini a pu en dire avec fierté : Le "néoréalisme ? Je l’ai inventé".


Lundi 29 juin 2015

À Bologne :

* Le Bergman du jour (Ingrid Bergman. Gli esordi) : Intermezzo (1936)

* Le Castellani du jour : Due soldi di speranza (Deux Sous d’espoir) (Palme d’or à Cannes 1952, ex-aequo avec le Othello de Welles.

Notre premier choix pour ce lundi :

* 12 dicembre (1972) de Pier Paolo Pasolini (non crédité) et Giovanni Bonfanti.

Et Peter von Bagh forever :

D’abord à 14h30, salle Scorsese :

* Päivä karl marxin haudalla (Un jour sur la tombe de Karl Marx) (1983)

* Kohtaaminen (La Rencontre) (1992)

* Faaraoiden maa (La Terre des Pharaons) (1988)

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Puis, ce soir, à 21h45, sur la piazza Maggiore : Peter forever avec son film sur le chanteur Olavi Virta (1972).

Après le portrait mélancolique du chanteur de tango Olavi Virta (1926-1972) qui fit battre tous les cœurs finlandais durant des années très dures, il y a ce que Peter von Bagh et Gianluca Farinelli avaient prévu : une rigolade généralisée et irrépressible avec trois Laurel et Hardy de Leo Mc Carey, accompagnés en musique géniale par Maud Nelissen et le groupe The Sprockets.

* You’re Dam Tootin’ (1928)

* Big Business (1929)

* Liberty (1929)

Comme tout le monde ne peut pas être à Bologne, on décide d’en faire profiter les copains et on vous branche sur "la liberté" (mais vous n’aurez pas l’humour des Sprockets).
Liberty pourrait être cité dans The Celluloid Closet de Rob Epstein et Jeffrey Friedman (1996), tellement il est suggestif : Laurel et Hardy, un vrai couple.


 

Sinon Peter est entré en BD - donc dans la légende - grâce à Naiel Ibarrola (2015).

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Mardi 30 juin 2015

À Bologne, tout est tentant, mais l’ubiquité est impossible.

Aujourd’hui, nous vous recommandons :

* Visita ou Memórias e Confissões de Manoel de Oliveira (1982), film autobiographique à sortie posthume (ciné Arlequin).

* Et pour ceux qui ne le connaissent pas, sur la piazza Maggiore ce soir, La Ligne rouge de Terrence Malick (1988), avec repli à l’Arlequin en cas de mauvais temps.

Mais nous, nous choisissons la section "Paradis des cinéphiles".
On n’a pas toujours l’air, comme ça, mais on préfère nettement le paradis aux deux autres terrains de jeu de l’Occident chrétien, purgatoire et enfer.

* Le Dernier été 1944 (Viimeinen Kesa 1944) de Peter von Bagh (1992) (salle Scorsese).

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* Le reste du temps, nous serons salle Mastroianni pour nous gorger de muets.

Et ce soir, on restera à la Cineteca, sur la piazzetta Pier Paolo Pasolini pour voir :

* La Princesse aux clowns de André Hugon (1924), suivi de quelques courts métrages de Gaston Velle : La Ruche merveilleuse (1905), Un drame dans les airs (1904), Petit Jules Verne (1907), plus El iris fantastico (1912) de Segundo de Chomon. Un programme de "derrière les fagots", avec accompagnement au piano de Donald Susin.


Mercredi 1er juillet 2015

À Bologne, pour ceux qui suivent la Bergman, il y a : Die vier Gesellen (Les Quatre compagnons), de Carl Froelich (1938) et, évidemment, ce soir, sur la piazza Maggiore, Casablanca de Michael Curtiz (1942).
On croit toujours que tout le monde l’a vu 20 fois, ce film mythique.
Erreur manifeste.
Quelques uns ne l’ont vu que 10 fois.
Et il y a tous ceux-zet-celles qui ne l’ont jamais vu, car les nouvelles générations émergent tous les 20 ans (et, accessoirement, nous poussent dans la tombe, d’ailleurs).

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Sinon, notre choix d’aujourd’hui :

* Occupation permanente de la salle Mastroianni et sa programmation des muets. Ceci pour poursuivre l’enthousiasme inattendu pour la projection d’hier soir, piazetta Pasolini, de La Princesse aux clowns de André Hugon (1924), dont une lecture politique pointue est possible aujourd’hui. Après enquête, il semble que, parmi les cinéphiles les plus érudits (à part une exception que nous ne nommerons pas pour ne pas le faire rougir), Hugon et ses 89 films, soit inconnu au bataillon. Même s’il n’était pas "un auteur", il serait astucieux de le faire resurgir.

* À 14h30, les débuts du jeune Peter von Bagh comme réalisateur, une fiction et un court métrage un peu loufoque : Kreivi (Le Comte) (1971), précédé de Pockpicket - Recollections of a Helsinki Bourgeois Youth (1968) de Peter von Bagh et Pertti Maisala (salle Scorsese).

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* À 16h45, le testament politique de Peter von Bagh avec Sosialismi (2014), introduit par Bernard Eisenschitz.

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Et puis, on travaille un peu quand même avec trois leçons de cinéma à l’Auditorium :

* À 15h00 : Il futuro della pellicula, table ronde avec Gabe Klinger, Pietro Marcello, Jonathan Nossiter, Alexanre Payne, Renato Berta, Christian Richter, Éric Le Roy, Grover Crisp, Jose Manuel Costa, Michael Pogorzelski, Nicola Mazzanti, Gianlca Farinelli, Rachael Stoelje.

* À 17h15 : Rencontre avec Isabella Rosselini.

* À 18h30 : Rencontre avec Jacques Rancière.


Jeudi 2 juillet 2015

À Bologne, c’est giovedi. En avant-popos, un petit coup d’œil à San Petronio, sur la piazza Maggiore.
La réfection de San Petronio est finie, et c’est la première fois, depuis 2010, que nous revoyons la basilique, débarrassée de ses échafaudages et aussi belle que dans sa folle jeunesse.

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Et en prime, voici le dos sublime, tout couturé de San Petronio :

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Au programme, en vrac : Les Vampires épisode 8 "Le Maître de la foudre", Ingrid (par elle-même et par Isabella Rossellini et Stig Bjorkman), quelques Leo McCarey, Pather Panchali de Satyajit Ray (1955) en version restaurée (ce qui fera plaisir aux vieux cinéphiles génération des 60’), Big Ben : Ben Webster in Europe de Johan van der Keuken (1967), le projet Keaton sur la piazza Maggiore, etc. Vous n’avez qu’à regarder le programme, après tout, y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui fassent le boulot.

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Quoiqu’il en soit, voici notre sélection :

* Le matin, les muets de chez Mastrioanni. "Nous autres, complétistes… etc." dit le boss, alors, même quand ils sont faibles, ils ne peuvent être exclus de la filmo. La majorité du temps, ça vaut le coup.

* À 14h30 : Notre Peter von Bagh quotidien : Edvin Laine (2006), un portrait du cinéaste finlandais (1905-1989).
Avec une introduction de Timo Malmi, le directeur du Festival du Soleil de Minuit, qui présente le livre de PVB, Sodankylä ikuisesti (WSOY, Helsinki, 2010 ; Éditions Rosebud, 2014). Sala Scorsese.

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* À 18h : Dans la section Documenti e documentari, tout sur Ella Maillart (1903-1997), que vous ne connaissez sans doute pas, avec Ella Maillart Double Journey de Antonio Bigini et Mariann Lewinsky Sträuli.

Les voyageurs et les explorateurs mâles ont droit à des places, des rues, des chapitres, des livres entiers.
Les voyageuses ont droit à quelques ouvrages confidentiels, et deux ou trois têtes d’affiche au mieux, connues de quelques uns-unes (Alexandra David-Neel et Isabelle Eberhardt, et puis c’est à peu près tout).
Il faut dire qu’elles sont moins nombreuses. Mais tellement plus "méritantes" !

Ella Maillart, de Genève, sportive émérite, elle, s’est fait l’Asie centrale et orientale. Avec Peter Fleming en 1935, ce qu’elle raconte dans Oasis interdites.

À propos de femmes et de voyages, on vous renvoie de nouveau au Quai Branly


Vendredi 3 juillet 2015

À tout seigneur, tout honneur II, on poursuit par Bologne.

D’abord un petit souvenir d’hier, jeudi 2 juillet 2015, sur la piazza Maggiore, avec Isabella Rosselini et Gianluca Farinelli, juste avant Casablanca  :

 

Et puis, ce vendredi, un programme chargé de souvenirs : Buster Keaton, Rocco et ses frères, Jeanne Dielman, Europa 51’

Nous, nous surveillons la remise des prix du DVD.

Et puis, nous persévérons dans l’exploration de l’œuvre de Peter von Bagh, et aujourd’hui, c’est du lourd, avec, comme chaque jour, à 14h30 : Mies Varjossa (L’Homme de l’ombre) (1994).

En 1991, les archives soviétiques (ex-URSS et pays de l’Est), ont été ouvertes et mises à la disposition des chercheurs.
Peter von Bagh, historien hyper concerné, s’est empressé d’aller y voir de plus près sur un personnage controversé et inctournable de l’histoire de la Finlande : Otto Wille Kuusinen (1881-1964).

Mies Varjossa, réalisé pour la télévision, est en trois parties :

* I - Kommunistin kuolema (La Mort du communisme).

* II - Suomen kansantasavallan presidentti (Le Président de la "République démocratique finlandaise")

* III - Mikä on ei pysy (Qu’est-ce qui est éternel ?)

La Finlande est une terre ravagée par les convoitises et donc les guerres.
Mais, entre la Guerre civile, la Guerre d’hiver ou la Guerre de continuation, les Finlandais, sous leurs airs sévères, ont toujours ri et chanté.

Sur le Net, on a trouvé une petite comédie appartenant aux Archives nationales finlandaises sur la Guerre d’hiver, qui correspond à la période : Otto-Wille ja Teuvan Tiltu.

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Et le vrai Otto Wille Kuusinen :

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* Et enfin la surprise du chef, une gâterie inespérée en fin de journée : L’Île enchantée de Henri Roussel (1927).

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Henri Roussel (1875-1946) n’est connu que par quelques cinéphiles très attentifs, et généralement négligé par les autres. Acteur de cinéma et de théâtre, réalisateur de plus de 25 films muets et parlants, peut-être pas un auteur, bref, pour l’instant, il est peu exhumé.

Pour L’Île enchantée, en tout cas, impossible de bouder son plaisir : décors naturels (entre Ardèche et Corse), acteurs beaux et modernes, conscience de classe et passions contrariées, romanesque à la Colomba (Mérimée), le tout accompagné par le génial Gabriel Thibaudeau au piano, on se régale comme à 16 ans.


Samedi 4 juillet 2015

À Bologne, ce matin, on avait comme projet l’intégrale des Vampires de Feuillade (9h-18h45). Les feuilletons, c’est bien, des RV réguliers, des compagnons de voyage.
Mais toute la série d’un coup, c’est encore mieux, immersion totale et retrait de la réalité.
Sauf qu’il ne faut pas rater le début, et donc il faut se réveiller tôt. Traverser Bologne le matin, quand il fait encore frais, c’est pourtant délicieux. Ce sera pour une autre fois.

* À notre programme du jour (Mais il y a tant de choix à Bologne, qu’on peut ne pas se croiser pendant toute la semaine) :

* Les leçons de cinéma, celle de Chantal Akerman, et celle de Caterina d’Amico sur Rocco et ses frères.

* le Peter von Bagh du jour : Sinitaivas - Matka muistojen maisemaan (Ciel bleu - Voyage au pays de la mémoire) (1978), un hommage à la culture populaire et à l’amour du tango.

* Et ce soir, le "gran finale", qui se fait en deux lieux :

Au Teatro Comunale, à 20h30, avec Rapsodia satanica (1915-1917) : un feu d’artifice d’images du muet, où préraphaélites, symbolistes, décadents et Art Nouveau, en couleurs d’origine, se mêleront à la partition musicale de Pietro Mascagni, sous la direction de Timothy Brock avec l’orchestre du Teatro Comunale di Bologna.

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Sur la piazza Maggiore, à 21h45, avec 2001, Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968), devenu classique incontournable, sur lequel tout a été dit et discuté, mais qui n’a pas fini d’en épater certains.

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