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Semaine télé du 14 au 20 novembre 2015
Salut les câblés !
publié le samedi 14 novembre 2015

Samedi 14 novembre 2015

20.40 : L’Affaire Pélican d’Alan J. Pakula (1993), OCS Choc
L’auteur s’enfonce doucement dans le purgatoire. Moins chaleureux que Pollack, moins dur que Peckinpah, il n’est pourtant pas que le réalisateur de Klute ou de À cause d’un assassinat. La preuve, ce thriller, avec Denzel Washington et Julia Roberts, qui porte allègrement ses vingt-deux ans d’âge.

20.40 : La Mort de Mario Ricci de Claude Goretta (1983), OCS Géants
Un journaliste, un savant, une Suisse en proie aux affaires (c’est à ne pas croire). Un exercice superbe de Gian Maria Volontè, prix d’interprétation à Cannes - mais pour lequel de ses rôles il ne l’aurait pas mérité ?

20.45 : Charlotte Gray de Gillian Armstrong (2001), Émotion
Sous ses aspects classiques d’histoire de la Résistance française, le film offre à Cate Blanchett un rôle remarquable - celle-ci n’avait pas alors le renom d’aujourd’hui, ce qui explique pourquoi le film est resté inédit et n’a connu qu’une sortie DVD, en 2009.

20.45 : Notre pain quotidien de King Vidor (1934), Classic
Entre un mélo campagnard (Stranger’s Return) et un film sudiste (So Red the Rose), King Vidor a réalisé un des plus beaux films sur la Dépression, à la gloire des coopératives agricoles, emporté par un souffle lyrique quasiment soviétique. La dernière séquence, celle de l’arrivée de l’eau, est un moment anthologique.

00.30 : Le Monde de Suzy Wong de Richard Quine (1960), Paramount Channel
Ce n’est pas le plus grand film de Quine - comment dépasser Liaisons secrètes, tourné juste avant ? -, mais on ne le voit pas souvent apparaître. L’amour entre William Holden et Nancy Kwan est inoubliable. Pour les amateurs, à mettre sur le même rayon que La Colline de l’adieu d’Henry King.

Dimanche 15 novembre 2015

20.40 : À cause d’un assassinat d’Alan J. Pakula (1974), Paramount Channel
On évoquait hier le triste sort de Pakula, le voilà sorti des limbes avec deux de ses meilleurs films : après L’Affaire Pélican, voir ce thriller sans bavure, tourné vingt ans plus tôt, qui prouve que Warren Beatty était parfois un grand acteur.

20.40 : Le Quatrième Protocole de John Mackenzie (1987), OCS Géants
Dans le sous-genre "films de politique-catastrophe", celui-ci tient sa bonne place. Des méchants Russes, des bons Occidentaux, une menace nucléaire, ce n’est pas Fail Safe, mais c’est pas mal du tout - merci à Michael Caine et Pierce Brosnan.

20.45 : La Grande Bouffe de Marco Ferreri (1973), Club
Les anciens se souviennent du drame national que constitua la sélection du film à Cannes - la France quasi déshonorée. Les esprits chagrins n’y virent que mauvais goût et provocation pornographique ; on sait aujourd’hui que c’est un film extrêmement sérieux et triste, puisqu’il ne parle que de la mort.

22.10 : Le Doulos de Jean-Pierre Melville (1962), Classic
Quoiqu’en en dise, Melville n’a pas toujours travaillé dans le génie et quelques-uns de ses titres les plus célèbres ont pris un sacré coup de vieux. Pas tous, heureusement, et particulièrement ceux faits avec des bouts de ficelle, tels Bob le flambeur ou Deux hommes dans Manhattan, qui tiennent bien mieux que ses films tardifs. Ce Doulos, ou la paire Belmondo-Reggiani fonctionne parfaitement.

00.15 : Le Bigame de Luciano Emmer (1956), France 3
Patrick Brion s’attaque ce mois-ci au cinéma italien, ce dont on ne peut que le féliciter, d’autant qu’il abandonne les maestri pour promouvoir des cinéastes moins connus : Blasetti la semaine dernière, Emmer cette fois-ci. Comédie, certes, mais le sujet était, en Italie, dramatique. Avec Marcello et Vittorio, bien sûr, mais aussi Franca Valeri.

Lundi 16 novembre 2015

20.40 : If… de Lindsay Anderson (1968), Paramount Channel
La bombe que représentait ce film en 68 est-elle encore active ? On n’a jamais vérifié si la puissance de ce brûlot était à la hauteur du souvenir. Excellente occasion d’y revenir.

22.00 : The Rainbow de Ken Russell (1989), Sundance Channel
Russell a tant tourné qu’on n’a pas suivi toutes ses évolutions. En 1989, il n’était plus autant à la mode que quinze ans plus tôt, et ce titre est resté inédit ici. Alors, un regard s’impose, surtout à cause de Glenda Jackson.

22.10 : Away We Go de Sam Mendes (2009), Club
Mendes n’était pas encore l’orchestrateur (excellent, par ailleurs) des galipettes jamesbondiennes. D’où ce road-movie tout en douceur, fort agréable, avec des acteurs inconnus (de nous), John Krasinski et Maya Rudolph.

22.40 : Jacques Perrin, un homme accompli d’Emmanuel Barnault & Jean A. Gili (2014), Classic
On peut éviter le film précédent sur la chaîne, Le Crabe-tambour, tout frémissant de valeurs majuscules, l’honneur, le courage, le devoir, la patrie, parfait exemple de l’univers nostalgique, chambrées et culottes de peau, de Pierre Schoendorffer. Mais Jacques Perrin vaut mieux que ça, comme le montre ce documentaire fort réussi, qui met en perspective presque soixante ans de carrière sans bavures.

Mardi 17 novembre 2015

20.40 : Une nuit de Philippe Lefebvre (2012), OCS Choc
On connaît surtout l’auteur pour ses bons téléfilms. Mais on ne s’attendait pas à un polar aussi juste, sans complaisances à la Marchal. Rien de très original - mais comment faire désormais, après la multitude de films et de séries de commissariats ? Sara Forestier y est remarquable.

20.45 : Pieds nus sur les limaces de Fabienne Berthaud (2010), Club
Le film n’a pas eu le succès qu’il aurait dû recevoir. C’est pourtant une très jolie chose, une rare réinvention de l’univers d’une adolescente décalée - le terme est faible. Ce n’est pas de la poésie chichiteuse à la petite semaine, fabriquée pour l’occasion. Ludivine Sagnier y incarne son plus beau personnage.

C’est tout ? Eh oui, c’est tout.
Sauf si on veut revoir Casino, Million Dollar Baby, King Kong, L’Homme des hautes plaines, Hollywoodland ou Tir groupé, tous films maintes fois indiqués et sans surprises. Mais il y a de bons DVD sur le marché en ce moment, comme La terre fleurira (Les Mutins de Pangée).

Mercredi 18 novembre 2015

20.40 : Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert (2014), OCS Max
Le film a été un peu méprisé par les spécialistes du prêt-à-penser, sous prétexte que Bonello tournait sur le même sujet une œuvre qui serait forcément géniale. Pauvre Jalil. Il n’est cependant pas interdit de préférer sa version, Pierre Niney se sortant mieux de l’épreuve que Gaspard Ulliel.

20.40 : L’Attaque de la pom-pom girl géante de Kevin O’Neill (2012), OCS Choc
Honnêtement, on n’a pas vu ce téléfilm, mais avec un pareil titre, on peut rêver d’un nanar aussi somptueux que L’Attaque de la femme de 50 pieds ou que L’Attaque des tomates tueuses. On vous dira.

20.45 : Seven de David Fincher (1995), Frisson
Depuis un an, tous les films de Fincher ont été programmés, sauf celui-ci, peut-être son meilleur. Prière de ne pas le rater. Même si on sait désormais qui est le coupable, ça marche encore.

20.45 : Last Chance for Love de Joel Hopkins (2008), Émotion
Pas l’Oscar du scénario le plus inventif. Mais on est prêt à accepter les chabadabada, lorsqu’ils sont interprétés par Dustin Hoffman et Emma Thompson.

20.45 : Qu’elle était verte ma vallée de John Ford (1941), Classic
Sacré Ford, capable de tourner en deux ans trois chefs-d’œuvre, Les Raisins de la colère, La Route au tabac et cette adaptation superbe de Richard Llewellyn, où le travail des mineurs est aussi bien rendu que dans le Germinal d’Albert Capellani (pas celui de Claude Berri, évidemment). Avec un coup de chapeau à Maureen O’Hara.

20.50 : La Planète des hommes perdus d’Antonio Margheriti (1961), Ciné FX
C’est hélas une VF (avec des acteurs américains, italiens et français, quelle était la VO ?), mais le doublage fait partie du charme de ce film fait avec quelques décors - et Claude Rains, ce qui n’est pas rien. À l’époque, c’était signé Anthony Dawson, comme la plupart de la soixantaine de titres exécutés par ce talentueux maître du cinéma-bis (La Vierge de Nuremberg et Danse macabre font partie des bons souvenirs des années 60, un cran au-dessous du Masque du démon).

20.55 : Tomboy de Céline Sciamma (2011), Arte
Le film a fait scandale, après son choix par l’Éducation nationale pour le dispositif "École et cinéma". Quoi, une enfant indécise qui décide de changer sinon de sexe au moins de genre et s’en porte bien ! Les bien-pensants ont eu tôt fait de descendre dans la rue pour manifester. Le film n’est pourtant pas un étendard sulfureux, simplement une exploration juste et précautionneuse du problème.

23.30 : Autour du monde avec Orson Welles (1955), TCM
Quatrième escale de Welles, Paris, St-Germain-des-Prés. Pour prendre une bonne goulée d’un quartier pas encore dévoré par la fripe et la parfumerie. Avec dans une main le Manuel de St-Germain-des-Prés de Vian, on peut retrouver la population d’alors, Gréco, Cocteau, Eddie Constantine et Raymond Duncan, sa tunique et ses cothurnes. C’est court (30 minutes) mais patrimonial.

Jeudi 19 novembre 2015

20.40 : Babel d’Alejandro Gonzalez Iñarritu (2006), TCM
Le scénario le plus travaillé de l’auteur et c’est peu dire. Presque trop horlogé, tant le chevauchement des destins est construit de façon diabolique. En tout cas, rien de ce qu’il a tourné depuis n’égale ce film, modèle de maîtrise et de contrôle. Brad Pitt et Cate Blanchett parviennent encore à nous surprendre.

20.40 : Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar (2010), OCS Max
Pas sûr que l’on aime beaucoup ça, mais le film existe, ne serait-ce que par sa musique. Eric Elmosnino est un Gainsbourg troublant.

20.45 : The Immigrant de James Gray (2014), Émotion
C’est bien, comme toujours chez Gray, tout en laissant un peu sur sa faim. Joaquin Phoenix est parfait, Marion Cotillard nous ferait presque croire à son drame, Ellis Island et le quartier polonais du New York des années 20 sont magnifiquement reconstitués. Alors, pourquoi ce frein à l’admiration ? On vérifiera.

22.25 : Les Yeux du silence de Joshua Oppenheimer (2014), Arte
Les massacres de 1965 en Indonésie. La suite de The Act of Killing, déjà secouant. Grand prix du jury à Venise l’an dernier, aussi terrible que S21 avec une même étrange douceur que L’Image manquante de Rithy Panh.

23.05 : Les Garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne (2013), Premier
Le plus étonnant, ce n’est pas tant le film que le succès inattendu qu’il a reçu. La pièce d’origine était une réussite, la version filmée lui a apporté une audience beaucoup plus large. Inutile de lutter : le phénomène de culte est en marche.

Vendredi 20 novembre 2015

20.40 : Les Espions de Henri-Georges Clouzot (1957), OCS Géants
Le premier échec commercial de Clouzot. Son public, habitué aux narrations brillantes mais linéaires, Le Salaire de la peur ou Les Diaboliques, ne l’a pas suivi dans les tours et détours absurdes de ses espions excentriques. C’est pourtant son film le plus excitant de la décennie, sarabande réjouissante (voir l’affiche de Siné), où l’on ne sait jamais qui trompe qui et pour qui. Jeanson a dit, à propos de Clouzot et de son film : "Il a fait Kafka dans sa culotte", il aurait mieux, pour une fois, de se taire.

20.45 : Un oiseau rare de Richard Pottier (1935), Classic
À la demande générale et la nôtre en particulier, la chaîne Classic offre enfin une soirée avec les deux perles de Pottier, écrites par Jacques Prévert, première période, avant sa rencontre avec Carné. Max Dearly est éblouissant ici, comme il le sera à...

22.25 : dans Si j’étais le patron, et comme il le fut constamment, du Madame Bovary de Renoir à Ils étaient neuf célibataires de Guitry.

22.15 : Les Poupées russes de Cédric Klapisch (2005), Émotion
Le volet médian des aventures de notre belle jeunesse Érasmus - sauf s’il prenait fantaisie à l’auteur d’en faire une tétralogie. Qui a aimé le premier (nous par exemple) aimera le deuxième, et le troisième donc… Klapisch est parvenu à une chose rare : réaliser à plusieurs années d’intervalle des films où la jeunesse du moment retrouve son image. Il y a eu une génération Péril jeune, une génération Auberge espagnole, etc.

00.45 : Le Trésor des montagnes bleues de Harald Reinl (1964), Famiz
Quand va-t-on enfin réhabiliter le western allemand ? La série des Winnetou, adaptés de Kal May, était loin d’être méprisable - et elle avait l’antériorité, Le Trésor du lac d’argent étant arrivé en 1962, bien avant Leone et les siens. Pierre Brice y était aussi crédible que Clint Eastwood. Alors ?

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