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Coupe à dix francs (la)
de Philippe Condroyer
publié le mercredi 18 novembre 2015

par Gérard Lionet
Jeune Cinéma n°80, juillet-août 1974

Sélection de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 1974

Sorties les mercredis 19 février 1975 et 18 novembre 2015

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André, une jeune ouvrier, a les cheveux longs, comme tous les jeunes gens de son entourage et cela, en soi, n’a rien d’extraordinaire.

Mais avoir les cheveux longs dans une petite ville de province, ce n’est pas comme dans une grande ville. Dans le cas d’André, c’est surtout Forger, le patron de la fabrique de meubles dans laquelle il travaille qui refuse les cheveux longs.

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Ailleurs, pour imposer sa morale, un patron jouerait sur les augmentations de salaires, sur la promotion, sur la déqualification.
Malgré Mai 68, combien d’employés, par l’intermédiaire des petits chefs, sont obligés de se plier aux conditions des patrons sur la tenue (chemise et cravate obligatoires, par exemple). Ici un rapport de force favorable permet au patron de passer à la mise à la porte pure et simple.

Là commence pour André une situation nouvelle qu’auparavant il n’imaginait pas. Forger donne l’ordre à André et à ses camarades d’aller se faire couper les cheveux.
Ensemble, ils refusent net d’exécuter cet ordre.

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Sans vraiment analyser la situation, André réfléchit, se pose des questions et conclut : "C’est autre chose que les cheveux". C’est aussi lui qui dit que ce que fait le patron ne doit pas être légal et qu’ils sont mis la porte arbitrairement.

André prend conscience, mais il a beaucoup de mal à s’exprimer, même devant ses camarades.
Dans leur isolement politique, ceux-ci font appel au délégué syndical de la région : son aide s’avère inefficace.

Par contre le jeu patronal continue. Forger va faire pression sur le père d’André par le biais de son patron, afin que le fils cède. Le père, un brave homme qui, durant toute sa vie ne s’est jamais posé de question, ira voir son fils et lui expliquera que d’avoir les cheveux longs, "ce n’est pas bien". Cela est dit sans violence ni autoritarisme aucun.
André qui, jusque-là a refusé l’autorité du patron, accepte les conseils de son père : il va chez le coiffeur.

Et puis, prenant conscience du fait accompli comme d’un reniement, il achète un bidon d’esence, et va s’immoler par le feu devant l’usine.

Gérard Lionet
Jeune Cinéma n°80, juillet-août 1974

* Cf. aussi Entretien avec Philippe Condroyer


La Coupe à dix francs. Réal, sc : Philippe Condroyer ; ph : Jean-Jacques Rochut ; mont : Marie-Claude Carliez ; mu : Anthony Braxton, Antoine Duhamel, François Méchali. Int : Didier Sauvegrain, Roseline Vuillaume, Alain Noël, Jean-Pierre Frescaline, Marius Balbinot, Jean-François Dupas, Dominique Lavanant (France, 1974, 100 mn).



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