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Semaine télé du 5 au 11 décembre 2015
Salut les câblés !
publié le vendredi 4 décembre 2015

Samedi 5 décembre 2015

19.50 : W de Chonlasit Upanigkit (2014), Sundance Channel
Inconnu. Mais la chaîne nous offre souvent des explorations incongrues du côté du cinéma thaï, qui ne se réduit heureusement pas à Apichatpong. Alors, pour les amateurs…

20.40 : Mort d’un pourri de Georges Lautner (1977), OCS Géants
Bon produit de la belle époque du polar politique des années 70, lorsque l’on vit surgir Daeninckx, Manchette, Vilar, Vautrin ou Raf Vallet, auteur adapté ici. Du lourd, du solide, du carré. Efficace.

20.45 : Les Démons de Jésus de Bernie Bonvoisin (1997), Club
Quatre films en presque vingt ans, ce n’est pas beaucoup. C’est dommage, car l’ex-chanteur de Trust a de la patte et une méchanceté naturelle bien rafraîchissante - il n’a pas renié son Antisocial, la chanson-phare du groupe en 1979. Les embrouilles des deux tribus banlieusardes, ce n’est pas tout à fait la même musique que la série conseillée en-dessous, mais ça reste goûteux.

20.55 : Downton Abbey, saison 6, TMC
Toutes affaires cessantes, vous êtes priés de ne pas rater les deux premiers épisodes de cette ultime saison de la meilleure série british depuis 1895. Ensuite, six épisodes et plus rien… Que va-t-on faire sans savoir ce qu’aurait pu devenir la dynastie Crawley au fil du siècle. Comment se passer désormais de Michelle Dockery et de Maggie Smith ? Le monde est injuste.

22.20 : Trop jeune pour mourir de M. Schmidt (2014), Arte
Le titre passe-partout est celui d’une série de documentaires présentés par Arte. Celui de ce soir est consacré à Philip Seymour Hoffman, acteur étonnant, effectivement trop tôt disparu. Sans avoir vu le film, il est difficile de ne pas s’y intéresser avec un tel sujet.

22.30 : L’Atlantide de G.W. Pabst (1932), Classic
De tous les romans de Pierre Benoit, il ne reste guère dans le souvenir collectif que Koenigsmark et L’Atlantide, sans doute grâce à leurs passages à l’écran. Des quelques adaptations du second, c’est celle-ci la meilleure (même si celle de Feyder, en 1921, demeure remarquable pour son temps) - on peut préférer la version allemande, tournée en même temps, car Pierre Blanchar et Jean Angelo ne font pas ici dans la dentelle. Mais Brigitte Helm, Florelle, Tela Tchaï, dans l’une et l’autre version, assurent une jolie guirlande exotique.

Dimanche 6 novembre 2015

20.40 : La Délicatesse de David & Stéphane Foenkinos (2011), OCS Max
C’est du travail délicat, comme son titre l’indique. Les tandems fraternels, il y en a pas beaucoup dans le cinéma français et ça change des frères Larrieu. Pour un premier film, c’est bien : Audrey Tautou est supportable et François Damiens parfait, comme d’habitude.

20.45 : Poupoupidou de Gérald Hustache-Mathieu (2011), Numéro 23
Encore un mal-estimé par la critique. Pourtant, après son court métrage superbe (La Chatte andalouse, 2002), qui nous fit découvrir Sophie Quinton, son premier long, Avril (2006, encore avec S.Q.) était une petite perle d’insolence. Enfin, celui-ci, dernier en date, hélas, toujours avec S.Q., mérite absolument d’être racheté.

20.45 : Snowpiercer : le Transperceneige de Bong Joon-ho (2013), Frisson
Déjà recommandé en septembre dernier. Mais la retransmission fut perturbée, le film étant impossible à capter en VO. Donc rattrapage possible de cette vision bongienne du chef-d’œuvre de Lob et Rochette.

20.50 : La Vénus des mers chaudes de John Sturges (1955), Action
Un nanar, étonnant dans la carrière de son auteur, aux mêmes dates pourtant que Un homme est passé et Coup de fouet en retour. Un format rare (SuperScope), pour mettre en valeur les appas de Jane Russell. Des aventures sous-marines. Du sang, de l’or, de l’amour. De quoi oublier les résultats du premier tour des élections régionales.

00.00 : Les Misérables : L’Évadé du bagne de Riccardo Freda (1947), France 3
Première partie de l’adaptation de la saga, la seconde (Tempête sur Paris) dimanche prochain. Gino Cervi fait ce qu’il peut, mais le souvenir de Gabriel Gabrio et de Harry Baur (avant celui de Gabin) dans les versions précedentes (Fescourt et Bernard) pèse lourd.

Lundi 7 novembre 2015

20.40 : Rien ne va plus de Claude Chabrol (1997), OCS Choc
Avec les films de Chabrol de la dernière décennie (et avant également), la réussite, c’était une fois sur deux. Celui-ci se situe dans le haut de la courbe, surtout parce que la paire d’escrocs minables Huppert-Serrault fonctionne à plein. C’est le seul film, fait rarissime, entièrement scénarisé et dialogué par Chabrol seul.

20.45 : Neuf mois ferme d’Albert Dupontel (2013), Club
Dupontel est assurément, avec le duo Kervern & Delépine, un des acteurs les plus détonants du moment. Naïf (faussement), dérangeant, imprévisible, glaçant, déroutant, toujours en décalage (d’où sa réussite dans Le Bruit des glaçons de Blier). Et lorsqu’il réalise - cinq titres -, il met en place un univers noir sans égal parmi ses contemporains. César 2014 du meilleur scénario - on aurait bien attribué le César du meilleur second rôle d’avocat bafouilleur à Nicolas Marié.

20.45 : Captives à Bornéo de Jean Negulesco (1950), Classic
Un peu le même sujet que Prisonnières de guerre de Frank Launder, mais cette fois-ci, les captives ne sont pas deux mille, mais quelques dizaines. Du coup, Claudette Colbert se détache du lot, en grande pro qu’elle était. Et Sessue Hayakawa rode son personnage pour Le Pont de la rivière Kwai.

00.05 : L’Invraisemblable Vérité de Fritz Lang (1956), TCM
La décennie 50 de Lang a toujours donné lieu à des exégèses dithyrambiques fort argumentées. Inutile de lutter. On jettera un œil sur ce "Beyond a Reasonable Doubt", juste pour vérifier si notre impression d’arnaque habile des trois précédentes visions est toujours d’actualité.

Mardi 8 décembre 2015

Le début de soirée ne présente aucun intérêt, sauf à revoir Casino, La Horde sauvage et Le Parrain 3, pas vraiment la récolte de l’année, ou à constater combien sont nuls The Tourist (Henckel von Donnersmark) ou Catwoman (Pitof).

20.40 : Les Chevaliers de la Table ronde de Richard Thorpe (1953), OCS Géants
Du cinéma à l’ancienne, entre Ivanhoé et Les Vikings, plein de fureur et de bruit de cottes de maille, avec Ava Gardner, définitive Guenièvre - mais elle aurait pu interpréter Dalila, lady Godiva, Berthe au grand pied ou Léonora Galigaï qu’elle nous aurait enthousiasmé tout autant.

23.35 : Still Walking de Hirokazu Kore-Eda (2008)
Kore-Eda est un abonné des grands festivals ? C’est tout simplement parce qu’il le mérite et parce que tous ses films, s’ils cultivent une tonalité commune, sont superbement divers. On aimerait connaître ses documentaires (son Without Memory vu jadis au festival de Turin, est magnifique) et ses séries télé. Arte, encore un effort !

00.00 : Le Tigre du Bengale de Fritz Lang (1959), TCM
Il existe un coffret DVD du diptyque indien (Le Tigre + Le Tombeau hindou), qui présente un bonus de choix : la version de 1938 de Richard Eichberg, jamais citée (pas plus que celle de Joe May, 1921), et qui offre pourtant un spectacle tout à fait plaisant, avec une sincérité et une naïveté bien absentes de la version langienne.

00.55 : La Nuit des horloges de Jean Rollin (2007), Action
Il y a presque un an que nous n’avons pas recommandé de films de Rollin - mais les amateurs savent bien qu’on peut en voir tous les soirs après minuit sur une des trois chaînes, Polar, FX et Action. Pas question de finir l’année sans en signaler un, particulièrement cette "Nuit", sorte de film testament, où toutes ses thématiques obsessionnelles sont à l’appel. Et c’est pas mal du tout. En quarante ans, du Viol du vampire au Masque de la Méduse, Rollin n’a jamais dévié de sa route. Et s’il fallait ne garder qu’un titre, ce serait celui-ci.

Mercredi 9 décembre 2015

20.40 : Les Souvenirs de Jean-Paul Rouve (2014), OCS Max
Le travail de Rouve cinéaste n’est pas considéré à la bonne hauteur. Pas de spectaculaire, pas de frime ni de pathos, une mélodie toujours un peu retenue, mais qui sonne juste. Quand je serai petit parvenait à faire passer l’étrangeté de son paradoxe temporel, Les Souvenirs atteint précisément le degré d’émotion visé. Que manque-t-il pour en faire un grand film ? Trop de douceur peut-être, pas assez de méchants pour faire avancer l’histoire. Annie Cordy est une grande comédienne, mais ce n’est pas une découverte.

20.40 : Lost in la Mancha de Keith Fulton & Louis Pepe (2002), OCS City
Film en miroir : documentaire sur le tournage, catastrophique (et inachevé) du Don Quichotte, projet fou lancé par Terry Gilliam à la fin du millénaire. Tout s’étant ligué contre le film, la météo, la maladie de Rochefort, il fait partie des œuvres fantômes, comme certains films de Welles (son propre Don Quichotte d’ailleurs). Par bonheur, les gens chargés du making off ont fait leur travail et il reste au moins ces traces.

20.45 : Le Tambour de Volker Schlöndorff (1979), Classic
Le film a souffert de sa demi-palme d’or cannoise, comme si c’était faire injure à Apocalypse Now que de lui avoir fait partager la récompense suprême (pour ceux qui y assistèrent, Cannes 1979 demeure un des plus grands crus de son histoire). En réalité, l’adaptation du roman de Grass était fort réussie, eu égard à la difficulté de tailler sa route à travers ses cinq cents pages. Et le cri de David Bennent (quelle surprise de le voir surgir, plus de trente ans plus tard, dans le Michael Kohlhaas d’Arnaud des Pallières) résonne encore aussi fortement qu’à l’aube des années 80. Ce soir, on annonce une version plus longue de vingt minutes, remontée par le réalisateur.

00.00 : Le Tombeau hindou de Fritz Lang (1959), TCM
La suite…

Jeudi 10 décembre 2015

20.40 : Lola Montès de Max Ophuls (1955), OCS Géants
On le connaît dans les coins, même si on n’a jamais su quelle était la "bonne" version (longtemps Loulou de Pabst a été dans le même cas). Ce qui n’empêche pas de s’en reprendre une goulée. Le minutage indiqué, 110 minutes, laisse penser qu’il ne s’agit pas de la dernière copie reconstituée. Quoique…

20.45 : The Lunchbox de Ritesh Batra (2013), Émotion
Un tout petit film, jouant sur des micro-événements et des hasards accumulés. Pour trouver l’amour, pas besoin d’une bouteille à la mer, simplement profiter des égarements d’une gamelle savoureuse. C’est joué sur le fil, sans rien qui pèse ou qui pose. Un premier film assez miraculeux, on attend le second avec intérêt.

20.45 : L’Héritage de la chair d’Elia Kazan (1949), Classic
Du Lys de Brooklyn à ce Pinky, c’est la période où Kazan se cherche. Après Panique dans la rue, l’année suivante, les choses iront mieux. Ici, il faut tout de même se pincer pour admettre le point de départ, cette Noire si blanche - la diaphane Jeanne Crain - qu’elle peut "passer la ligne", comme dans J’irai cracher sur vos tombes. L’aspect démonstratif prévaut, comme dans Le Mur invisible. Mais, bon, c’est du Kazan.

20.55 : Coup de foudre à Notting Hill de Roger Michell (1999), TMC
Oui, c’est de la romance, oui c’est de l’opium pour le peuple, oui c’est Nous deux à la sauce caviar, oui… Et alors ? Comme les scénarios de la grande comédie américaine, c’est du cousu main. On peut se laisser aller le temps d’une promenade londonienne. Roger Michell nous a d’ailleurs entraînés depuis dans d’autres promenades jouissives, cf. Week-end royal. Et il y a l’aisance de Hugh Grant et l’abattage de Julia Roberts.

00.35 : La vie commence demain de Nicole Vedrès (1949), Classic
L’autre film de N.V., après Paris 1900. Documentaire dans lequel passe tout ce qui comptait dans le Paris culturel et scientifique de la fin des années 40. C’est passionnant et donne l’occasion de relire les recueils de cette remarquable chroniqueuse trop vite négligée.

Vendredi 11 décembre 2015

20.40 : L’Opération diabolique de John Frankenheimer (1966), Paramount Channel
Vu et revu, le film conserve toutes ses vertus, même si on connaît la fin, et il distille toujours une paranoïa de la grande espèce. La chaîne consacre la soirée à Frankenheimer. Malheureusement, le film qui suit (Le Pacte Holcroft) n’en vaut guère la peine. Pourquoi pas quelques chefs-d’œuvre, comme Les parachutistes attaquent ou L’Homme de Kiev ? Dommage.

20.40 : Un jour aux courses de Sam Wood (1937)
À quoi bon recommander un film des frères Marx ? Parce que tous ne se valent pas. Et que leurs meilleurs sont les cinq premiers, de Noix de coco (1929) à Soupe au canard (1933). Ensuite, c’est en dents de scie. Celui-ci tient encore la distance - mais pas le suivant de la soirée, Panique à l’hôtel (1938), mécanique et plat.

20.45 : No Man’s Land de Danis Tanovic (2001), Club
Après l’Oscar recueilli pour ce film en 2002, Tanovic n’a pas cessé de nous décevoir. Ce qui ne retire rien à cette première œuvre, effectivement remarquable.

22.20 : La Belle Vie de Jean Denizot (2013), Club
Le sujet est identique à celui de Vie sauvage de Cédric Kahn, sorti l’année suivante : un père kidnappe ses enfants et les élève seul durant dix ans, dans la clandestinité. Le film n’a pas les mêmes atouts que celui de Kahn - petit budget, pas de Matthieu Kasovitz pour le rôle principal. Et pourtant, il touche plus, justement par sa simplicité.

00.25 : La Femme au portrait de Fritz Lang (1944), TCM
Il faudrait programmer La Femme au portrait et La Rue rouge (1945) dans la continuité, pour voir l’effet troublant : mêmes acteurs, même scénariste, même chef-opérateur, même production. Edward G. Robinson, acteur géant, est ici parfait (mais dans l’autre également), Joan Bennett, d’un film à l’autre, toujours un peu garce et toujours fascinante, Dan Duryea, voyou tel qu’en lui-même. Ici, c’est un polar (dont la chute est décevante), là c’est l’adaptation de La Chienne. L’impression est prégnante, d’un film à double développement.

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