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Semaine télé du 23 au 29 juin 2018
Salut les câblés !
publié le samedi 23 juin 2018
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Jericó, le vol infini des jours (Jericó, el Infinito Vuelo de los Días) de Catalina Mesa (2016).

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 23 juin 2018

 

20.40 : Memento de Christopher Nolan (2000), OCS Choc
Absent du câble depuis mars 2015. Et ça supporte allègrement une vision tous les trois ans, ne serait-ce que pour s’y retrouver, dans cette narration complètement inversée.

20.40 : Meurtres en direct de Richard Brooks (1982), OCS Géants
Avant-dernier film de l’auteur d’Elmer Gantry. Même si Brooks n’avait plus tout à fait la patte des années 50-60, il avait de beaux restes, et Sean Connery était encore vertical. Déjà le terrorisme, le Proche Orient, les medias. Rien ne change.

20.45 : Le Papillon de Philippe Muyl (2002), Famiz
Premier passage depuis mi-juillet 2015, pas la meilleure date… L’argument est sans grande surprises - un vieillard revêche peu à peu dompté par une gamine solitaire -, mais Michel Serrault s’est bien pris au jeu et Claire Bouanich, 8 ans à l’époque, a depuis fait une petite carrière.

20.45 : L’Héritage de Mauro Bolognini (1976), Classic
Décidément, c’est la soirée des reprises de juillet 2015. Bolognini a excellé dans tous les genres, films urbains, films de calligraphe, films sociaux (Bubu), films en costumes. C’est ce qui lui vaut sans doute une moindre considération que ses grands contemporains - ce n’est pas un "auteur" à l’univers certifié. Pourtant, peu de perte dans sa filmo, où tout se situe à un haut niveau. Et L’eredita Ferramonti ne fait pas exception. Dominique Sanda, pas toujours emballante, y est magnifique (prix à Cannes en 1976).

22.05 : Les Looney Tunes passent à l’action de Joe Dante (2003), Famiz
Toujours l’année 2015, décembre cette fois-ci. Dante s’est bien amusé, dans un festival de clins d’œil pour amateurs des héros animés, Bugs Bunny, Elmer, Daffy Duck, Pepe the Pew, Vile Coyote et cie, tous allumés comme au bon vieux temps - la scène où Elmer poursuivant Bugs traverse au Louvre le tableau Persistance de la mémoire (qui n’y est pas), court au ralenti et voit son fusil devenir aussi mou que les montres de Dali continue à nous ravir. N’oublions pas les vrais acteurs, surtout Steve Martin, qui en fait trois tonnes.

22.40 : Les Hommes le dimanche de Robert Siodmak & Edgar G. Ulmer (1929), Classic
Inédit sur le câble. L’archétype du film "social-urbain" de la fin des années 20 : un dimanche sur la plage de Nikolassee, à Berlin, pour Edwin, Wolf, Cristi et Brigitte. Il ne se passe pas grand-chose, juste la vie restituée, comme ça, comme si on y était. Inoubliable, comme Solitude de Fejos, ou Nogent, Eldorado du dimanche de Carné, la même année. Deux signataires bientôt célèbres, mais deux collaborateurs qui le seront bientôt, Billy Wilder et Fred Zinnemann.

23.05 : Le Ruisseau, le pré vert et le doux visage d’Youri Nasrallah (2016), OCS City
Les films de l’ancien assistant et scénariste de Chahine ne nous sont parvenus que de façon confidentielle - celui-ci, sorti en décembre 2016, n’a été vu que par 25000 spectateurs, il peut donc faire mieux. Le titre réfère au Paradis décrit par les poètes arabes. Sur Terre, il y a de l’amour, de la nourriture, de la boisson et des danses. Nasrallah n’est pas vraiment dans la ligne, profitons-en, tant qu’il peut s’exprimer.

 

Dimanche 24 juin 2018

 

20.40 : Silent Running de Douglas Trumbull (1972), Paramount Channel
Note du 8 août 2016 : "De la grande SF, immobile et méditative - Bruce Dern embarqué seul dans l’espace dans une arche de Noé de plantes en voie de disparition. Trumbull, créateur d’effets spéciaux pour Kubrick, n’a pas renouvelé l’expérience de la réalisation et c’est bien dommage."

20.40 : L’aventure, c’est l’aventure de Claude Lelouch (1972), OCS Géants
Pas trace d’un passage - à moins qu’on ne l’ait pas relevé. Sur la cinquantaine de films que Lelouch a tournés, il y en a tout de même quelques-uns qui résistent au temps, pas les plus célèbres (disons Une fille et des fusils, Le Voyou, Mariage, guère plus). Dans la catégorie "sans intérêt mais sympathique", on gardera celui-ci, surtout à cause de ses acteurs (à l’époque Aldo Maccione faisait rire).

20.45 : Dernier train pour Busan de Yeon Sang-ho (2016), Frisson
Malgré la presque homophonie, ce n’est pas un pseudo de Hong Sangsoo, heureusement. Un des grands souvenirs des séances de minuit cannoises : deux heures dans un train envahi par des zombies, pas une minute où il ne se passe quelque chose ; on arrive à Busan épuisé et bien des voyageurs en très mauvais état.

20.45 : Bienvenue au gîte de Claude Duty (2003), Famiz
De quand date le dernier passage ? Avril 2015, évidemment. On ne se souvient pas d’avoir remarqué Marina Foïs dans un vrai rôle avant Filles perdues, cheveux gras du même Duty, l’année précédente. Elle est (déjà) épatante ici en tenancière de gîtes ruraux provençaux, confrontée à la dure réalité. Philippe Harel est un bon partenaire.

20.45 : Cecil B. DeMented de John Waters (2000), Club
De quand date, etc ? Pour une fois, 2014. Après la mort de Divine, son acteur-trice attitré(e), Waters s’est contenté de Johnny Depp, Kathleen Turner, Edward Furlong ou, comme ici, Melanie Griffith. La caricature du milieu hollywoodien et du cinéma underground grince un peu, mais les occasions de voir des films de l’auteur deviennent rares.

23.05 : L’Affaire Pélican d’Alan J. Pakula (1993), TCM
Depuis novembre 2015, son derner passage, on n’a pas oublié ce thriller tout à fait digne, dans son inspiration et sa technique, de la quinzaine de titres qui l’ont précédé. Un roman de John Grisham, Julia Roberts et Denzel Washington, les 141 minutes passent en douceur (et en inquiétude). Son avant-dernier film.

 

Lundi 25 juin 2018

 

20.40 : Tante Zita de Robert Enrico (1967), OCS Géants
Après Les Grandes Gueules et Les Aventuriers, Enrico était au sommet, public et critique. Il en profita pour tourner ce film-ci, pleinement personnel, sans vedettes et sans tapage : une jeune fille traverse Paris la nuit pour échapper au spectacle de sa tante mourante. Presque rien, quelques rencontres insolites, un charme tenace, grâce à Suzanne Flon et à Johanna Shimkus, dont la présence illumina alors quelques films. Le plus beau flop d’Enrico.

20.45 : Rester vertical d’Alain Guiraudie (2016), Club
C’est parce qu’il n’y a aucun film français à la même heure sur le bouquet Ciné+, car l’auteur ne nous compte pas parmi ses fanatiques - même si son Inconnu de lac (2014) est au demeurant un grand film. Celui-ci a ses partisans mais son inconsistance narrative, ses audaces faciles (un accouchement filmé frontalement) nous ont plutôt agacés. Mais il y a Laure Calamy.

20.45 : L’Île des braves de Frank Sinatra (1965), TCM
Son seul essai dans la réalisation, qui ne nous avait pas frappés alors par son originalité ni par une vision personnelle. Mais le thème - des marines débarquant sur une île occupée par des soldats japonais - demandait beaucoup d’invention pour être renouvelé (Boorman s’en tira avec astuce avec Duel dans le Pacifique, mais il est un des seuls).

Quant au reste, que des rediffusions récentes.

 

Mardi 26 juin 2018

 

20.40 : Une baraque à tout casser de Richard Benjamin (1986), Paramount Channel
Un jeune couple achète une maison qui se révèle progressivement être une ruine. Les amateurs de H.C. Potter reconnaîtront le sujet de Un million clés en main, avec Cary Grant et Myrna Loy. Cette fois, c’est Tom Hanks, alors peu connu et Shelley Long, qu’on n’a guère revue. Inédit.

20.40 : Cromwell de Ken Hughes (1970), OCS Géants
On ne connaît de Hughes que sa très curieuse adaptation de Shakespeare, Joe Macbeth (1955) et sa version de Servitude humaine de S. Maugham (1964). Ici on est dans le biopic traditionnel, luxueux et documenté, avec un wagon d’acteurs anglais fameux, Richard Harris, Alec Guiness, Robert Morley, Timothy Dalton, Frank Finlay et Patrick Magee. Toute une époque.

20.45 : Le Trou noir de Gary Nelson (1979), Famiz
La chaîne se mettrait-elle à chercher des films rares et oubliés, type OCS Géants ? Bravo. Cette adaptation de 20000 lieues sous les mers (Disney étant producteur, comme en 1955) a dû faire frémir les héritiers Verne, l’aventure se passant dans l’espace au 20e siècle. Une fois accepté, c’est fort agréable, surtout pour les amateurs de la trop rare Yvette Mimieux. Nelson a beaucoup œuvré à la TV.

20.45 : Beau fixe de Christian Vincent (1992), Club
Note du 8 octobre 2016 : "Quatre filles et un garçon dans une villa de bord de mer, on voit d’ici les situations et le déroulement programmé. Oui et non. Oui, parce qu’il n’y a guère de surprises, non, parce que le ton est si juste qu’il fait oublier les possibles clichés. Il y avait du Rozier là-dessous, dans la lignée de Du côté d’Orouët et on y découvrait Isabelle Carré, Estelle Larrivaz et Elsa Zylberstein, qui ont depuis tracé leur chemin."

22.15 : Tom of Finland de Dome Karukoski (2017), Club
Pas vu, et on ne connaît ni les acteurs ni le réalisateur, malgré son prix du public à Arras 2009 pour son Very Cold Trip. Donc, une découverte, les cinéastes finlandais qui franchissent leurs frontières n’étant pas légion.

 

Mercredi 27 juin 2018

 

20.40 : Les Filles d’avril de Michel Franco (2017), OCS City
Le réalisateur de Despues de Lucia et de Chronic ne travaille pas dans la sucrerie. Mais le mélo familial est ici carabiné : l’adolescente qui se fait aider par sa mère pour élever l’enfant qu’elle vient d’avoir et… La suite pour les spectateurs. Un haut degré dans le malaise, créé par l’interprétation d’Emma Suarez.

20.40 : Soirée Théma sur OCS Max, puisque on y annonce C’est quoi, cette famille ? de Gabriel Julien-Laferrière (2016), suivi de Demandez la permission aux enfants ! de Éric Civanyan (2007). Comme on s’est bien gardé de voir et l’un et l’autre, on se contente de les signaler aux sectateurs de la cellule familiale.

20.40 : La Flèche brisée de Delmer Daves (1950), OCS Géants
Passé, certes, mais le 17 décembre 2014. Et il est toujours bénéfique de revoir ce western humaniste, un des premiers dans lesquels le bon Indien était l’Indien vivant. Jeff Chandler en Cochise, il faut se forcer un peu, mais Debra Paget fait une Indienne acceptable.

Soirée sinistrée sur Ciné+, avec que des titres vus et revus récemment (Jackie Brown, La Légende de Bagger Vance, Magnum Force, Tristana).
On peut essayer de revoir L’Arbre aux sabots de Olmi (1978) sur Classic, entre 00.20 et 03.15, si on en a le courage.
Et plus aisément, pour la dixième fois, Senso (20.45, Classic), ne serait-ce que pour la scène d’ouverture et sa représentation de Il trovatore à la Fenice.

22.20 : Album de famille de Mehmet Can Mertoglu (2016), OCS City
Les tentatives d’un couple turc stérile pour adopter un enfant. Sans effets ni caricature, la description du consumérisme (on choisit les nourrissons sur catalogue) tourne au jeu de massacre. Un des bons moment de Cannes 2016 (Un certain regard).

 

Jeudi 28 juin 2018

 

20.40 : Les Fusils du Far West de David Lowell Rich (1966), Paramount Channel
C’est vraiment parce que la programmation parallèle est à son plus bas étiage, qu’on inscrit ce film, eu égard au souvenir flou qu’on en garde. Il y a, certes, Don Murray en Wild Bill Hickok et Guy Stockwell en Buffalo Bill, mais D.L. Rich n’était pas un spécialiste du western et la TV l’a vite absorbé. Mieux vaudrait revoir l’original, The Plainsman de C.B. DeMille (1935).

20.40 : C’est au tour d’OCS d’être sinistré, sur le plan cinéma : aucun film, sinon Les Vieux de la vieille de Gilles Grangier (1960) sur Géants.
Le reste est constitué de séries, toutes considérables - The Handmaid’s Tale (Max), Barry (City), Les Soprano (Choc) -, mais qu’il est difficile de prendre au passage.

20.45 : Tout, tout de suite de Richard Berry (2016), Frisson
Seul titre inédit de la soirée Ciné+ (ce qui n’empêche pas la qualité : Layer Cake de Matthew Vaughn (2005) sur Première, Florence Foster Jenkins de Frears (2016) sur Club et Le Charme discret de la bourgeoisie de Buñuel (1972) sur Classic.
Mais le film de Berry ne décolle pas du fait divers tragique adapté (l’affaire du gang des Barbares) et sonne comme du Cayatte, respectable mais prévisible.

23.35 : Espion(s) de Nicolas Saada (2009), OCS City
Saada est un bon scénariste et un réalisateur qu’on aimerait aimer plus. Mais ce film est de beaucoup supérieur à Taj Mahal, son dernier. Histoire d’espions, comme son titre l’indique, avec Guillaume Canet, Géraldine Pailhas, Hippolyte Girardot ; on peut donc se laisser aller.

 

Vendredi 29 juin 2018

 

20.40 : Le Téléphone rouge de Delbert Mann (1963), Paramount Channel
Complètement oublié, ce film, qui nous ramène bien loin en arrière, époque crise des fusées de Cuba, Dr Folamour, Sept jours en mai, Point limite et autres grands films annonciateurs du massacre nucléaire. On se souvient plus de Rod Taylor que de Rock Hudson, ce qui est normal. En tout cas, le film est rare.

20.40 : L’Irlandais de John Michael McDonagh (2011), OCS Max
Pas mal du tout, ce petit polar campagnard : un village du comté de Galway, un flic local attaché à sa tranquillité, un agent du FBI (noir, en plus !) qui vient pour démanteler un trafic de cocaïne. Le manque d’atomes crochus entre l’Irlandais un peu épais et l’Américain pro de chez pro est attendu, mais le réalisateur s’en sort très bien, aidé par Brendan Gleeson et Don Cheadle

20.45 : L’Étoile du Nord de Pierre Granier-Deferre (1982), Club
La seule étoile du Nord jusqu’alors programmée fut celle de Lewis Milestone (The North Star, 1945). Granier-D. fut jadis plus pénétré de l’univers de Simenon, lorsqu’il tournait La Veuve Couderc ou Le Chat. Peut-être parce que tous les Simenon ne se prêtent pas à la représentation et que malgré Simone Signoret et Philippe Noiret, le huis clos dans la pension de famille (le roman d’origine est Le Locataire) ne fonctionne pas aussi bien que prévu. Mais c’est tout de même du P.G.D., donc de la belle ouvrage.
Rien à signaler en deuxième partie de soirée, sauf à revoir Playtime, Les Aventures de Robin des Bois, The Truman Show, Wall Street ou Le Casse, ou faire confiance aux dernières chroniques DVD parues dans Jeune Cinéma qui contiennent assez de conseils pour survire toute une saison.



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