home > Au fil du temps > Salut les câblés ! > Salut les câblés ! (2019) > Semaine télé du 25 au 31 mai 2019
Semaine télé du 25 au 31 mai 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 25 mai 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

JPEG - 198.7 ko

 

Mustafa Hulusi : Cyprus Realism, Pi Artworks, Londres, 11 avril-11mai 2019

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 25 mai 2019

 

20.35 : Paulina de Santiago Mitre (2015), Sundance TV
Il y a peu, OCS avait présenté El presidente, le dernier film du cinéaste. Cette fois, c’est le deuxième titre de Mitre, après El estudiante (2011). Ou comment une avocate quitte son plan de carrière à Buenos Aires pour aller faire l’école dans une province argentine reculée. Passé par la Semaine de la Critique en 2015 et sorti l’année suivante, le film n’a récolté que 20 000 spectateurs. À rattraper.

20.40 : La Crime de Philippe Labro (1983), OCS Géants
Juste mis là pour servir de repoussoir afin de vérifier quel niveau de faiblesse pouvait atteindre un certain cinéma français grand public à cette époque. Que du beau monde pourtant, Brasseur, Brialy, Trintignant, et un scénario cosigné J.-P. Manchette. Ça ne fonctionne pas.

20.50 : (500) jours ensemble de Marc Webb (2009), Émotion
A boy meets a girl, they love each other, but… On se demande où les scénaristes vont chercher tout ça. Mais les deux acteurs, Zooey Deschanel et Joseph Gordon-Levitt, font passer la guimauve - même si, dix ans après, on ne se souvient plus très bien des détails. Mais, on est samedi, c’est inédit.

20.50 : The Navigators de Ken Loach (2001), Club
Oui, il y a encore des films de Loach inédits sur le câble. Vingt ans ont passé depuis la privatisation de British Rail par John Major, bon continuateur des années Thatcher. Saccage d’une institution devant lequel KL ne pouvait rester indifférent. Le film, tout aussi pertinent que les précédents et les suivants, est un peu oublié, à l’image du combat des cheminots anglais. Bonne occasion pour s’y retremper.

22.40 : Cary Grant, de l’autre côté du miroir de Mark Kidel (2015, Classic
Doc inconnu, mais forcément intéressant. 34 ans de carrière (1932-1966), 77 films. Il était passé très tôt de l’autre côté du miroir, puisque, en 1933, il était au générique de Alice au pays des merveilles, version de Norman Z. McLeod - méconnaissable, puisque déguisé en simili-tortue (The Mock-Turtle de Carroll).

 

Dimanche 26 mai 2019

 

20.40 : Mobile Homes de Vladimir de Fontenay (2017), OCS City
Un inédit, pas vu mais peut-être à voir, même si l’histoire (marginaux junkies traversant USA et Canada d’un mobil-home à l’autre) ne fait pas trop envie. Mais il ne faut pas s’empêcher de découvrir.

20.40 : Le Canardeur de Michael Cimino (1974), OCS Géants
Pas trace de passage depuis cinq ans. C’est pourtant le meilleur (parce que le premier ?) titre de l’auteur, bien plus efficace que les boursouflures des films suivants. Clint Eastwood (Thunderbolt) et Jeff Bridges (Lightfoot) forment un couple de braqueurs étonnants, le plus redoutable, c’est George Kennedy, impressionnant.

20.50 : Havana de Sydney Pollack (1990), Club
On attendait beaucoup, trop peut-être, de la conjonction Pollack-Redford–Lena Olin-Cuba à la veille de la révolution-Schrader (à l’origine du scénario). Résultat : un grand film un peu essoufflé. Mais plein de belles choses tout de même.

20.50 : Le Secret de Robert Enrico (1974), Classic
Pas tout à fait inédit, mais son seul passage datant de novembre 2015, on peut y revenir en ayant l’impression de découvrir. Les romans de Francis Ryck dans la Série Noire (ici, c’est Le Compagnon indésirable) étaient si bons que presque toutes leurs adaptations furent réussies (surtout lorsque c’est Ryck lui-même qui s’en chargeait). En prime, Trintignant (comme tous les jours), Noiret et la bien oubliée Marlène Jobert.

 

Lundi 27 mai 2019

 

20.50 : It Comes at Night de Trey Edward Shults (2017), Frisson
Réalisé avec trois bouts de ficelle : une forêt, une maison, deux familles y réfugiées après l’apocalypse. On s’organise, on crée des lois pour survivre, etc. Rien d’original, et pourtant, le frisson naît de façon insinueuse. Un cinéaste à suivre ? Il paraît que son premier film, Krisha (2016) était déjà costaud.

21.07 : Olivia de Jacqueline Audry (1951), TV5
Les films de la réalisatrice ne sont pas souvent proposés sur le câble. N’hésitons pas à chercher ailleurs. Olivia, retrouvé au Festival Lumière 2015, est un film fort audacieux, qui traite de l’homosexualité féminine de manière franche, comme jamais depuis Jeunes filles en uniforme (Léontine Sagan, 1931). Edwige Feuillère est parfaite.

00.05 : Le mille-pattes fait des claquettes de Jean Girault (1977), Famiz
Signalé pour la beauté de son intitulé, car pas vu (il nous reste encore quelques Girault à découvrir).

00.20 : La Grande Guerre de Mario Monicelli (1959), France 5
Encore un bon choix de Brion - le film est passé sur Classic en janvier 2017 -, un des très grands Monicelli première période, alternant rigolade et drame sur le front autrichien en 1917, lorsque l’Italie et la France combattaient du même côté. Sordi, Gassman, Blier, Silvana Mangano, n’en jetez plus.

 

Mardi 28 mai 2019

 

20.50 : Rusty James de Francis Ford Coppola (1983), Club
Aurions-nous oublié de le signaler ? Un des chefs-d’œuvre les plus évidents de Coppola n’aurait jamais été programmé depuis 2014 ? Quoiqu’il en soit, Rumble Fish demeure le plus grand titre de FFC de sa décennie. Ce n’étaient ni les débuts de Matt Dillon ni ceux de Mickey Rourke - ils avaient fait chacun une dizaine d’apparitions -, mais c’est ici qu’ils explosèrent pour la première fois, dans ce superbe noir & blanc (le même que pour Outsiders, tourné au même moment, avec la même équipe).

20.50 : Le Secret des sept cités de Robert S. Webb (1955), Classic
La date indiquée par la chaîne (1962) n’est pas la bonne. Seven Cities of Gold est bien un film de 1955, film d’aventures mexicaines en costumes, du vrai cinoche comme savait en faire Webb : Love Me Tender, le premier film d’Elvis en 1956, Le Shérif avec Robert Ryan en 1956, Tonnerre sur Timberland en 1960. Richard Egan n’est pas un acteur très flamboyant, mais, pour la couleur locale, il y a Anthony Quinn et Rita Moreno, qui a eu une vie avant West Side Story.

23.45 : Mouchette de Robert Bresson (1967), Classic
Beauté des rapprochements : après le Mexique au 18e siècle, puis Le Traître du Texas de Boetticher (1952), la chaîne choisit un film de Bresson pour nous replonger dans le réel. D’après (lointainement) Bernanos. Pour bien apprécier le film, prière de lire Cet été-là (en Livre de Poche), dans lequel Marie Cardinal, actrice occasionnelle, décrit le tournage de façon réjouissante.

01.05 : Au hasard, Balthazar de Robert Bresson (1966), Classic
La cure continue, avec un des ânes les plus célèbres du cinéma français, cornaqué par l’alors débutante Anne Wiazemsky.

 

Mercredi 29 mai 2019

 

20.50 : Dunkerque de Christopher Nolan (2017), Premier
La guerre aux premières loges. Le cul-de-sac de Dunkerque et ses 400 000 soldats coincés entre mer et troupes allemandes, reconstitué comme pour "La caméra explore le temps". Pour une surperproduction de ce calibre, la durée est courte : 107 minutes (budget d’à peu près un million de dollars par minute). Nolan a tourné la catastrophe avec son brio habituel. Impeccable. Tous les jeunes acteurs du cinéma anglais sont présents + quelques récents et anciens, Cillian Murphy et Kenneth Branagh.

20.50 : Opéra de Dario Argento (1987), Club
Pour ouvrir la soirée consacrée au cinéaste italien, un film très peu connu dont l’accueil public fut tel que les distributeurs français ont mis presque trente ans pour le présenter (il était sorti en VHS dans les années 90). On n’en attend pas grand-chose, mais sait-on jamais ? Il sera suivi, à 22.20, par Les Frissons de l’angoisse (1975), une valeur sûre, déjà passé plusieurs fois.

22.35 : A ciambra de Jonas Perpignano (2017), OCS City
Plongée dans le milieu gitan, à travers le portrait d’un gamin de 14 ans qui veut lui aussi s’occuper "d’affaires", comme le reste de sa famille. C’est filmé de si près et avec une telle attention qu’on croirait un documentaire, alors que tout est soigneusement "mis en scène". Second film notable, après un Mediterranea (2015), déjà prometteur. Une relève assurée (meilleur réalisateur aux David de Donatello). 9000 spectateurs à Paris, doit mieux faire.

00.05 : Egon Schiele de Dieter Berner (2016), Club
Un biopic fort honnête. Expliquera-t-il le mystère qui plane sur cette œuvre ? Pas plus que les autres biographies de peintres, qui montrent sans pouvoir aller au-delà (une exception, peut-être : Owon dans le film d’Im Kwon-taek, Ivre de femmes et de peinture - titre qui pourrait coller aussi bien à Schiele). N’importe. C’est un grand beau film.

 

Jeudi 30 mai 2019

 

20.40 : Rustler’s Rhapsody de Hugh Wilson (1985), Paramount Channel
Un véritable inédit, puisque jamais sorti dans les salles françaises, Tom Berenger n’étant sans doute pas une star suffisamment affirmée pour assurer le succès d’un film du créateur (au cinéma) de Police Academy. Une surprise ? On le souhaite.

20. 40 : Fais de beaux rêves de Marco Bellocchio (2015), OCS City
Depuis Vincere (2009), on espère patiemment un retour de Bellocchio à ses sommets anciens. C’est peut-être le cas avec Il tradittore, présenté à Cannes la semaine dernière. En tout cas, aucun des cinq films réalisés depuis dix ans ne nous a convaincus. Celui-ci étant sans doute le plus intéressant, par les traces de thématiques anciennes qu’on y retrouve (et parce qu’il y a Valerio Mastandrea, notre acteur italien préféré).

20.40 : Ces dames s’en mêlent de Raoul André (1964), OCS Géants
Pour les amateurs de nanars. Raoul André est un des plus prolifiques fournisseurs de titres abominables (on a un faible pour Y a un os dans la moulinette et pour Avec quoi soulèves-tu l’édredon ?) C’est lui qui accéléra la chute dans les bas-fonds d’Eddie Constantine, avant que Godard ne l’en sorte avec Alphaville.

20.50 : Bouquet Ciné+ en berne. Aucun titre inédit parmi les dix-huit films programmés. Les fanatiques de Bardot pourront suivre la soirée à elle offerte par Classic, mais Et Dieu créa la femme, suivi du Mépris ne nous apprendront que peu sur le mythe. Pour les amateurs virils, trois Arme fatale à la suite sur TCM. What a night !

22.25 : Johnny Mad Dog de Jean-Stéphane Sauvaire (2008), OCS Choc
Le film est éprouvant et la description à peine romancée des enfants-soldats d’une région africaine non précisée - mais la situation est la même dans toutes les zones de combat – est un spectacle secouant. Dommage que JSS ne puisse tourner plus fréquemment - son second, A Prayer Before Dawn (2017) se situe dans les prisons thaïlandaises et est aussi insoutenable.

 

Vendredi 31 mai 2019

 

20.40 : Sur OCS, rien de nouveau, mais on peut toujours revoir les épisodes 7 et 8 de la saison 3 de Treme sur City.

20.50 : Golem : le tueur de Londres de Juan Carlos Medina (2016), Frisson
Film pas vu d’un cinéaste inconnu. Mais un golem, le quartier de Limehouse, Scotland Yard en 1880, des meurtres, ça ne peut que faire envie. Avec Bill Nighy en inspecteur Kildare (comme le fameux docteur de la série TV des années 60). Comment résister ?

22.35 : Brimstone de Martin Koolhoven (2016), Frisson
Ce n’est pas le premier passage, mais, faute de l’avoir vu, nous ne l’avions pas relevé. Après examen, on peut le recommander sans contrainte : il s’agit d’un film très ambitieux, un western, puisqu’il se passe dans l’Ouest au 19e siècle, mais sans aucun des schémas du genre, scindé de quatre chapitres dont la narration est dans l’ordre inverse de la chronologie. On commence par la presque fin, un codicille venant compléter le chapitre IV afin de remettre les choses en place. Le scénario est une variation sur La Nuit du chasseur, avec enfants terrifiés et révérend impitoyable, mais allant plus loin dans l’explicite que Charles Laughton. Et Mitchum serait presque un bon diable à côté de Guy Pearce. On sort de ces 135 minutes pas mal chamboulé, mais enthousiaste.

22.50 : L’Arme fatale 4 de Richard Donner (1998), TCM
Pour les frustrés qui n’ont pu voir que les trois premiers hier soir.



Revue Jeune Cinéma - Contacts