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Semaine télé du 4 au 10 juillet 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 4 juillet 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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The Dyck Van Dyke Show de Carl Reiner (1961-1966).

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 4 juillet 2020

 

20.40 : L’Inconnu dans la maison de Georges Lautner (1992), OCS Géants
À voir, uniquement pour constater la catastrophe que représente ce remake du film d’Henri Decoin (1941), d’après le roman de Simenon. Belmondo a tenté d’enfiler les chaussures de Raimu, manifestement trop grandes pour lui à cette date. Lautner, depuis plusieurs années - Joyeuses Pâques (1984) - n’était plus que l’ombre de lui-même, ce fut d’ailleurs son dernier film pour le grand écran.

20.50 : Soirée Pascal Thomas, Premier
Soirée divertissement. Il ne s’agit pas des titres les plus personnels du cinéaste, type Celles qu’on n’a pas eues (1981) ou Mercredi, folle journée (2001), mais de deux épisodes des aventures de Bélisaire et Prudence Beresford, dans sa série d’après Agatha Christie. D’abord le deuxième, Le crime est notre affaire (2008), suivi, à 22.35, du premier, Mon petit doigt m’a dit (2005), dont le succès a déterminé Thomas à tourner des suites (il en est à présent à trois). Le crime… est passé plusieurs fois depuis 2016, mais Mon petit doigt… est inédit. De toutes façons, on les mélange, André Dussolier et Catherine Frot ayant assurément pris un plaisir certain à incarner un couple d’agents secrets retraités, plaisir qui permet de les suivre avec agrément, quitte à oublier le film immédiatement.

20.50 : Dead Zone de David Cronenberg (1983), Frisson
Bizarre : nulle trace, sauf erreur, d’un passage depuis 2014. En 1983, on ne connaissait Cronenberg que depuis quelques années, depuis 1976 et la sortie de Frissons, et chaque nouveau film était un événement, ensuite également, mais on s’est habitué. Après le si éprouvant Vidéodrome (1983), Dead Zone sembla plus supportable, l’homme capable de voir l’avenir de ceux qu’il croise étant un thème, bien que tiré d’un roman de Stephen King, déjà traité quatre décennies plus tôt par Richard Pottier avec Le monde tremblera (1939), donc moins surprenant. Il n’empêche que la patte du réalisateur est inimitable et que Christopher Walken est bien à sa place dans son univers.

20.50 : Honky Tonk Freeway de John Schlesinger (1981), Classic
Déjà proposé l’an dernier, mais à une heure tardive.
Cf. note du 2 novembre 2019.

00.20 : Break de Marc Fouchard (2018), Famiz
Premier film inédit. Strictement pour amateurs de break dance. Mais il y a Sabrina Ouazzani, qu’on aime bien.

 

Dimanche 5 juillet 2020

 

20.40 : Soirée John Hugues, OCS City
Pour mémoire, car les deux films ont été programmés quelques fois : en premier, The Breakfast Club (1985), suivi, à 22.15, de La Folle Journée de Ferris Bueller (1986).

20.50 : Mort d’un pourri de Georges Lautner (1977), Classic
Pour requinquer les spectateurs d’hier de L’Inconnu dans la maison, manière de vérifier que Lautner fut parfois un très bon artisan - il faut reconnaître que le roman originel de Raf Vallet était déjà costaud. Le film est passé il y a longtemps (20 mars 2017), mais peut supporter une seconde vision, Delon et Ronet y étant excellents.

20.50 : Phantom Thread de Paul Thomas Anderson (2017), TCM
Certes passé la semaine dernière, le 26 juin 2020. Mais la réalisation de PTA est tellement remarquable que le film peut être revu immédiatement. Une fois connue l’histoire, on peut s’attacher aux détails, au jeu des acteurs, à la beauté de chaque plan, à l’intelligence du découpage, etc. Sans d’ailleurs épuiser toutes les richesses offertes. Et puisque la soirée est consacrée à Daniel Day-Lewis, on peut enchaîner, à 23.00, avec Au nom du père de Jim Sheridan (1993), qui mérite lui aussi d’être revu attentivement.

22.20 : Un homme voit rouge de Caspar Wrede (1974), Paramount Channel
C’est le seul film que l’on connaisse du réalisateur ; c’est peut-être même le seul qui soit sorti ici, car on ne se souvient pas d’avoir vu distribué son One Day in the Life of Ivan Denisovitch (1970), d’après Soljenitsyne. Le titre est lourdingue, l’original Ransom suffisant largement pour situer l’histoire. Sean Connery est superbe (mais quand ne le fut-il pas ?). En tout cas, le film n’a jamais été repris depuis 45 ans.

23.05 : Double face de Jan Verheyen (2017), Premier
Une solide polar et une véritable découverte (une sortie en DVD, il y a deux ans), celle d’un réalisateur inconnu, bien qu’il s’agisse de son treizième film depuis 2001 -, ainsi que de son scénariste - Carl Joos -, ainsi que de ses interprètes - Koen De Bouw et Werner De Smedt. Le cinéma belge flamingant recèle encore bien des mystères.

 

Lundi 6 juillet 2020

 

20.40 : Regarde les hommes tomber de Jacques Audiard (1993), OCS Choc
Apparemment, aucun passage depuis le 2 avril 2017 (à 01.10). Eu égard aux autres titres proposés par OCS à la même heure, on peut choisir de revoir ce premier film dans lequel on peut déjà deviner la suite de la carrière de l’auteur : tout est en place, invention, originalité et rigueur.

20.40 : La Belle Espionne de Raoul Walsh (1953), Paramount Channel
Déjà passé en 2018. Pour retrouver le plaisir du vrai cinoche à l’ancienne, avec de l’aventure, de l’amour, de la politique, de la contrebande, de l’espionnage, tous ces secrets perdus.
Cf. note du 11 juin 2018.

20.50 : Aucun inédit sur Ciné+ (à noter sur Frisson, Rambo, Rambo 2 et Rambo 3, qui doivent passer pour la vingtième fois depuis le début du confinement). L’été s’annonce austère.

22.20 : Hijacking de Tobias Lindholm (2012), OCS Choc
On connaît peu le cinéma danois, hormis ses têtes de série, Lars von Trier et Thomas Vinterberg. Lindholm (par ailleurs scénariste de la série Borgen et de plusieurs films de Vinterberg) n’a tourné que trois films, celui-ci étant le deuxième - son premier, R (2010), a eu droit à une sortie furtive en janvier 2014. Il s’est inspiré d’un épisode réel, l’arraisonnement d’un navire danois par des pirates au large des côtes de Somalie. Comme on ne reconnaît aucun acteur, la crédibilité est grande. Meilleur film danois 2012 (ce ne sont pas les César mais les Robert), prix Fipresci à Thessalonique, etc.

 

Mardi 7 juillet 2020

 

20.40 : Sons of Denmark d’Ulaa Salim (2018), OCS Choc
C’est la semaine des inédits danois. Encore un film inédit en salle (et sans doute également en DVD), premier titre d’un réalisateur de courts métrages, dont on ne sait rien. C’est l’aventure.

20.50 : Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin (2018), Émotion
Une découverte de la Semaine de la Critique à Cannes 2018. Le scénario n’est pas d’une originalité folle - un ado devient le souteneur d’une ado avant de tomber amoureux, on se croirait dans un roman de Francis Carco. Mais le cadre, les rues de Marseille, le naturel et la vivacité des acteurs (des non-professionnels) sauvent l’affaire. On attend le second film.

20.50 : La Vengeance aux deux visages de Marlon Brando (1961), Classic
La seule escapade de Brando derrière et devant une caméra. Le film devait être réalisé par Kubrick, qui lâcha l’affaire deux semaines avant le tournage. Tournage que Brando, également producteur, dut assurer sans y être vraiment préparé. Ça se sent, au fil des 140 mn (et encore, il durait 180 mn avant montage). Mais c’est un festival pour l’acteur, qui s’est offert un numéro exemplaire, sans trop se soucier du résultat ni de l’intérêt du public. Outre Karl Malden, qui joue le père de Brando (c’est vrai qu’il avait douze ans de plus), tous les seconds rôles des westerns classiques sont là : Slim Pickens, Ben Johnson, Elisha Cook Jr., Timothy Carey et même Hank Worden, fidèle de John Ford.

 

Mercredi 8 juillet 2020

 

20.40 : Un héros très discret de Jacques Audiard (1996), OCS Choc
Si l’on a revu avec intérêt le film précédent d’Audiard, avant-hier sur la même chaîne, on peut continuer à vérifier ses œuvres de débutant - mais quel débutant. Le portrait de ce mythomane - Mathieu Kassovitz, toujours remarquable comme acteur - qui parvient à se faire passer pour un grand résistant demeure un des meilleurs titres du futur palmé cannois.

20.40 : Arizona de Wesley Ruggles (1940), OCS Géants
Sauf erreur, c’est la première occurrence du nom de Ruggles sur le câble. Il est vrai que malgré ses 83 films, peu d’entre eux sont restés à la postérité. Pourtant ce fut un réalisateur apprécié, dont Cimarron (La Ruée vers l’ouest), en 1931 obtint l’Oscar du meilleur film et qui signa un des titres les plus réussis de Mae West, Je ne suis pas un ange (1933). Ce soir, un western de type classique, avec William Holden, à ses débuts, et Jean Arthur, presque à sa fin de carrière - mais aussi Warren William, l’acteur emblématique du pré-code.

20.50 : Nicky Larson et le parfum de Cupidon de Philippe Lacheau (2018), Premier
Faute de connaître la série animée Nicky Larson qui fit, paraît-il, un tabac chez les enfants nés en 1980, on est mal placé pour apprécier la fidélité de l’adaptation effectuée, trente ans après, par un fan. Mais c’est inédit et ça a rassemblé plus d’un million et demi de spectateurs, ce qui interpelle.

20.50 : Les Témoins du Lendsdorf d’Amichai Greenberg (2017), Club
Encore un film raté au moment de sa sortie, en mars 2019. Il repose sur un drame, le massacre par la Wehrmacht de 200 juifs hongrois à Rechnitz, en Autriche, en mars 1945, peu avant l’arrivée de l’Armée rouge. Un historien de la Shoah est chargé d’enquêter sur la tuerie et de retrouver la fosse commune. C’est l’essentiel de ce qu’on sait et c’est sans doute moins amusant que Nicky Larson. La preuve : 19 000 entrées.

20.50 : Les Garçons de Mauro Bolognini (1959), Classic
Pour ceux qui aurait loupé ce chef d’œuvre lors de son dernier passage sur la chaîne le 2 novembre 2019, ainsi qu’à la Cinémathèque lors de l’hommage à l’auteur.

23.40 : Rue des Cascades de Maurice Delbez (1963), Classic
Le film, sorti sous le titre Un gosse de la Butte, avait disparu sans guère laisser de traces, jusqu’à sa réédition en 2018 (cf. Jeune Cinéma n° 390, septembre 2018). Il s’agit d’une redécouverte et d’un des plus justes tableaux d’un Paris disparu, celui de Ménilmontant au début des années 60.

 

Jeudi 9 juillet 2020

 

20.40 : Bonhomme de Marion Vernoux (2018), OCS City
On n’est pas toujours convaincu par les films de l’auteure, on est donc d’autant plus heureux de signaler son dernier. Le sujet est gonflé : après un accident, le héros (Nicolas Duvauchelle) bascule. Diminué mentalement, il est plus proche de Gros Dégueulasse, la création de Reiser, que de Rain Man et a développé une libido galopante et sans surmoi qui en fait une machine à copuler. Ana Girardot, admirable, l’accompagne et s’occupe de son bébé ithyphallique, sur fond de contexte social fort bien décrit. Résultat : moins de 50 000 spectateurs, et c’est dommage.

À part cet inédit, la soirée est désespérément creuse sur tous les bouquets, chaque chaîne proposant des titres ressassés. Quitte à choisir un film, que ce soit Les rebelles viennent de l’enfer de Robert Benton (1972), à 20.40, sur Paramount Channel, petit western sympathique, pas passé depuis le 16 avril 2018.

 

Vendredi 10 juillet 2020

 

20.40 : Soirée Luis Buñuel, OCS Géants
Vraiment pour mémoire, car on est certain que chaque film a été vu et revu et rerevu : Cet obscur objet du désir (1977), suivi, à 22.45, par Le Charme discret de la bourgeoisie (1972). Mais comme les propositions parallèles sont proches de zéro…

20.50 : Blindés de Nimrod Antal (2009), Premier
Inédit et c’est le gros intérêt du film, car sinon, cette histoire de convoyeurs de fonds ripoux dégage une impression de terrain connu. On est toujours content de revoir Matt Dillon, tout en pensant qu’il n’a pas eu la carrière éblouissante que laissaient présager les deux films de Coppola de 1983, Outsiders et Rusty James.

20.55 : Mélancolie ouvrière de Gérard Mordillat (2018), Arte
Impossible de ne pas revoir cette belle célébration.
Cf. Jeune Cinéma n°392-393, février 2019, le dossier Mordillat I.



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