home > Personnalités > Stévenin, Jean-François (1944-2021)
Stévenin, Jean-François (1944-2021)
Brève
publié le mercredi 28 juillet 2021

Jeune Cinéma en ligne directe

Journal de Wayne Hays 2021 (mercredi 28 juillet 2021)

JPEG - 143.2 ko

 


Mercredi 28 juillet 2021

 

Jean-François Stévenin (1944-2021) est mort hier, le 27 juillet 2021.

JPEG - 144.9 ko

 

Chacun d’entre nous a toujours une relation intime particulière, parfaitement subjective, avec les gens connus, et plus spécialement avec ceux du cinéma, les acteurs surtout pour leurs gueules et pour leurs rôles, et les cinéastes pour leurs œuvres. Cette relation ne se superpose par au taux de popularité. La plupart du temps, chacun peut en expliciter les raisons, répulsion, adoration, ou même indifférence.
Mais il est difficile de trouver les racines de la tendresse qu’on a pour Jean-François Stévenin, hormis sa bonne bouille de boy next door dans nos rêves de campagne.

JPEG - 157.7 ko

 

On se souvient de lui comme acteur, parce que, dès ses débuts - La Chamade de Alain Cavalier (1968) - il faisait partie des distributions de films qui n’appartenaient pas à tout le monde, les "films fragiles", comme on dit dans le métier.
Immédiatement, c’est Out 1 : Noli me tangere de Jacques Rivette & Suzanne Schiffman, où il était aussi assistant (1971), qui nous vient à l’esprit. Cf. "Notes sur un film fantôme", Jeune Cinéma n°369-370, décembre 2015.

On pense à :

* La Tortue sur le dos de Luc Béraud (1978).


 

On pense aussi à Neige de Juliet Berto (1981) ; La Philosophie dans le boudoir de Olivier Smolders (1991) ; 23h58 de Pierre-William Glenn (1993) ; Capitaine Achab de Philippe Ramos (2008).


 

Il bénéficiait aussi, forcément, de notre sympathie pour avoir été assistant de Jacques Rozier pour Du côté d’Orouët (1971).
Par ailleurs, on le voyait souvent à la télévision et pendant 3 ans, on a suivi ses aventures, sur FR3. Rien de tel que les séries pour s’attacher.

* Le Camarguais de Patrick Volson & Olivier Langlois (2002-2005).

JPEG - 341.4 ko

 

Et puis, naturellement, il nous était familier, parce qu’il était au générique de films connus de cinéastes connus, François Truffaut, Yves Boisset, Jacques Rivette, Jean-Pierre Mocky, Jacques Demy, Bertrand Blier, Patrice Leconte, Laetitia Masson, René Féret, etc.
Sans compter le succès inattendu du Pacte des loups de Christophe Gans (1998).


 

On se souvient que Passe-montagne (1978) son premier film en tant que réalisateur, avait été très soutenu dès sa sortie en novembre 1978, en tout cas par les critiques qui nous importaient à l’époque, et ce n’était pas l’effet Mostra de Venise, puisqu’il n’y a été sélectionné qu’en 1979. Nul doute, Jean-François Stévenin était aimé, et la rumeur, venue de médiateurs inconnus, nous atteignait, conformément à la vieille loi du désir mimétique développée par René Girard dans son essai Mensonge romantique et vérité romanesque (1961).
N.B. : Ceux qui n’ont pas lu cet ouvrage capital peuvent écouter France Culture.


 

Tout cela contextualise sa place dans nos cœurs, tout autant que sa descendance qui assure, ses enfants beaux et doués, Sagamore, Robinson, Salomé et Pierre - on peut le voir dans son dernier road-movie, Mischka (2001) où ils sont tous réunis - sans pour autant vraiment expliquer cette aura d’un artiste qui trouvait le moyen d’être populaire sans jamais s’exhiber et de jouer 200 rôles en plus de 50 ans sans jamais perdre son âme.
En 2018, il avait reçu le Prix Jean-Vigo d’honneur, remis par Agnès Varda. Mais cette récompense, tardive par définition, n’était qu’une confirmation.

Seule nous semblerait adaptée à ce feeling tout à fait spécial, la vieille citation de la pensée-Kipling :
If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings- nor lose the common touch,
You’ll be a Man, my son !

On ira à Venise, en cette fin d’été 2021, voir sa dernière apparition, dans Illusions perdues de Xavier Giannoli (2021), pour boucler une jolie boucle.

* Jean-François Stévenin restauré.

JEAN-FRANÇOIS STÉVENIN RESTAURÉ from Les Acacias Distribution on Vimeo.

 

* Cinématon n*786 de Gérard Courant (1986).


 

Sur France Culture.]

Bonne lecture :

* Yann Dedet, Le Point de vue du lapin, le roman de Passe-Montagne, Paris, P.O.L.,

JPEG - 44.2 ko

 



Revue Jeune Cinéma - Contacts