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Vision du monde II
2017 : Année d’une présidentielle française
publié le dimanche 26 février 2017

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Ben Cash (Dimanche 26 février 2017)

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Depuis sa naissance en 1964, Jeune Cinéma, a toujours été une revue engagée, sur le "front culturel", pour "l’éducation populaire", etc., des terrains de lutte ayant tous de longues histoires et de fortes connotations.

Les révolutions étaient trahies ?
On est trahi parce qu’on est trahissable.
Fallait faire autrement.

Le peuple se trompait ? Jeune Cinéma riait avec Brecht, il fallait juste changer de peuple.
JC continuait son bonhomme de chemin, dans "le refus de parvenir" (on y reviendra), continuait à y croire, comme ceux d’avant, la plupart du temps contre le courant.

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Pour la justice sociale, la décolonisation, la liberté, la solidarité voire la fraternité, la paix dans le monde, un tas de valeurs généreuses issues d’une généalogie occidentale métissée, le christianisme, la république, le socialisme, que le cinéma a toujours superbement propagées.

Pour autant, la revue n’a jamais été "militante" à proprement parler, jamais de consigne de vote, évidemment. Les "cultures", pensées en temps long, se méfient des bricolages politiciens du minuscule court terme et des calculs égoïstes.

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À cinquante-trois ans bientôt, Jeune Cinéma en a forcément vu un peu de toutes les couleurs.
Mais c’était dans cette "belle époque", en France précisément, sans guerre et avec des horizons, où les mini-périodes se succédaient de façon fluide ou avec des à-coups joyeux.

Les années politiques avant et après 68, leurs voyageurs, et leurs pittoresques écologistes "sauvages" des années 70.

La dream team du trader et de la cover girl des années 80.

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La chute du capitalisme d’État qui avait fait illusion.

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Tout cela faisait les Unes des volailles qui font l’opinion.
Tout compte fait, chaque décennie, après les horreurs du premier 20e siècle qui s’estompaient, tout cela ressemblait plus à une alternance tranquille qu’à des événements historiques déchirants.

(Hitler connais pas, nous disait déjà Bertrand Blier en 1963.

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Internet puis le 21e siècle sont arrivés, tout doucement sans faire de bruit, et le capitalisme tout court est devenu la norme sans alternative. On n’avait jamais tant parlé de "démocratie", et seuls ceux qui avaient fait du grec pensaient "oligarchie" ou "ploutocratie", "théocratie", n’en parlons même pas. Il fallait faire des enfants, en tout cas plus que les Barbares à nos portes, on en faisait, avec toutes "les choses" qu’on leur laisserait, ils ne pourraient pas se plaindre.
Des gros types, diplômés extrêmement contents d’eux-mêmes et plus ou moins élus pouvaient se moquer des lanceurs d’alerte qu’étaient les écologistes, qui eux-mêmes, de toute façon, avaient perdu tout sens de l’orientation.

Quelques indignés firent les comptes (l’avant-garde des 99% de la population mondiale), à Zuccotti Park ou à la Puerta del Sol, héritiers naturels de Marx et de quelques hippies hallucinés sans l’aide de Coca-Cola, folklore de traîne-savates et de poètes. Quelques petits coups de lacrymos et il n’y paraîtrait plus.

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Au point que le mot même de "capitalisme" s’était décomplexé, et ne désignait plus celui qui le prononçait comme un dangereux Bolchevik avec couteau entre les dents. Ceci n’est pas un archaïsme humoristique : aujourd’hui, dans nos campagnes, on a encore peur des Bolcheviks et on le dit à la télé.

Les marxistes s’étaient repliés dans le domaine irréprochable et sans danger de la Recherche. Marx, le génial analyste du capitalisme, demeurait pertinent, mais avait été dévitalisé comme une dent. Il ne mordrait plus jamais.

Les petits jeunes énervés, délinquants et/ou "radicalisés" (le mot est très vieux), étaient devenus depuis longtemps des "casseurs". Pour calmer leurs adrénalines de jeunesse, on hésitait entre encadrement et manipulation : prison, service militaire.
Ou mieux : rien. Cette violence si compréhensible - comme tout le reste -, c’était récupérable comme argument spécial télé, et les casses (comme les guerres) ça faisait marcher le commerce. Tout bénéf.

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La vie continuait, comme toujours, on pensait comme les dindes : Noël, c’est une fête sympa, non ?

Et puis, il y eut une accélération, comme le lait sur le feu qui met du temps à bouillonner, mais déborde en une seconde.

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Quand le site de Jeune Cinéma a commencé, en 2014, c’était sous les auspices de Ma’ Joad, et de son syndicaliste de fils. Et les ouragans étaient naturels, ceux de la condition humaine

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En 2015, sur les révolutions, on avait pris le regard affectueux mais désabusé et ironique du vieux journaliste Old Gringo.

En 2016, on regarda soudain la Nature avec les yeux de la petite Hushpuppy qui s’étonnait de ses bienfaits et de ses menaces.

En 2017, devant la la catastrophe inévitable, on se mit à envisager d’imiter Ben Cash, prenant le maquis pour préserver sa famille.

On n’est encore qu’au début de cette année du Coq de métal.
Vers le milieu de l’année, on aura déjà consommé les ressources planétaires de l’année entière et on vivra à crédit, nous dit l’ONG canadienne Global Footprint Network.
"On" ?
Quelques-uns plus que tous les autres.
Que ces quelques-uns se rassurent, ils ne perdent rien pour attendre en résistant un peu plus longtemps que les milliards d’autres.

Le chaos terrestre est total, même (toutes) les jungles sont désorganisées.

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Les vieilles catégories de pensée sont obsolètes. Les lanceurs d’alertes, les géologues matérialistes comme les utopistes ont les jetons. Nous sommes désespérés. Le lait a commencé à bouillir, personne ne sait éteindre le feu. All is lost.

Et puis, non.
C’est pas ce qu’on nous a appris.
Il est sans doute déjà trop tard, mais on ne baisse pas les bras et on commence tout de suite à résister. Et il n’est plus seulement question de dollars.

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Les idées, prenons-les dans les livres, les classiques identifiés (certains reviennent à Rousseau) et les nouveaux à découvrir.

Dans les vieux pots, les soupes sont pleines d’ingrédients et de recettes recyclables.

Les livres neufs, ils commencent à pulluler et à se rassembler par delà les dissensions. "Ça" s’appellerait l’Anthropocène ou le Capitalocène ? La question est rhétorique : de toute façon, ici et maintenant, pour tout le monde, la machinerie qui nous mène à notre perte est identifiée.

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Les idées, prenons les dans les programmes de ces humains de bonne volonté qui préfèrent prendre de la hauteur et voir loin, et essayer de planifier la survie de l’espèce s’il est encore temps. Les nains avides de sièges (plutôt que de rester "debout"), en admettant même qu’ils les obtiennent, ne survivront pas beaucoup plus longtemps que nous, même avec leurs avantages annexes.

Changeons notre vision du monde, changeons de paradigme.

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Ça ne s’appelerait plus Révolution, ça pourrait s’appeler Cycle de Fondation, comme Isaac Asimov le proposait dans les années 40 (du 20e siècle), mais ce serait sur ici, notre Terre, et maintenant, immédiatement.

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Et puis, après avoir un peu lu, jetons les livres et sortons dans la rue, comme le suggérait Shuji Terayama en 1971.

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Les occasions ne vont pas manquer, au cours de ces deux mois à venir.
Que nous obtenions le pouvoir, pour tenter de réussir, ou pas, le travail sera fait et nous serons prêts : dans notre nouveau monde, point de déchet ultime.

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"Soyons réalistes, faisons l’impossible". Même le Che est recyclable.

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