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Ma’Joad (édito 2014)
Édito 2014
publié le samedi 4 janvier 2014

Nous sommes - encore et toujours - dans la grande Dépression de 2008.
Nous sommes dans la guerre aussi, boucheries et carnages partout ou presque dans le monde, échos de nos commémorations dérisoires.

Devant nous, plus aucun voyage. Aucune terre promise même illusoire, ni de l’Oklahoma à la Californie par la Route 66, ni vers Katmandou. Il y a longtemps que les utopistes se sont tus, penauds, et la cité du Soleil est devenue la cité des Asphyxiés.

Dans ce désert moral, il nous reste les mots et les images, ceux qui constituent le spectacle largement annoncé. Ce sont eux qui nous imposent de rester vigilants : les surveiller dans leurs dérives, les désarticuler dans leurs impact compact, tenter de limiter leur pouvoir épidémique. En attendant mieux.

C’est désormais dans les livres et dans les films que nous trouvons nos justes, disparus de la réalité. Nous leur donnons la parole, au fil du temps.

En 2014, la parole est à Ma’Joad (*), la strong woman des deux John, Steinbeck et Ford, sentinelle douloureuse et immortelle.

Car, si personne ne sait encore comment les récolter, dans les âmes lourdes, les raisins de la colère sont mûrs, prêts à être vendangés.

Jeune Cinéma
 

* Les Raisins de la colère (The Grapes of Wrath) de John Ford (1939).
Ma’ Joad : Jane Darwell.
 

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