home > Au fil du temps > Journaux de JC > 2014 : Ma’ Joad > Journal de Ma’ Joad (mars 2014)
Journal de Ma’ Joad (mars 2014)
Mars 2014
publié le lundi 31 mars 2014


MARS 2014



Lundi 31 mars 2014

 

À Jeune Cinéma, on ne fait pas de politique politicienne.
Pour les élections municipales 2014, libre à chacun de fréquenter qui lui semble fréquentable.
Tout de même, la bonne ville d’Avignon, menacée, a basculé à gauche, et ce n’est pas une petite nouvelle anodine d’intérêt local.

Ce que nous connaissons bien, nous, c’est l’histoire de quelques convictions, dont Jean Vilar fut un des agents les plus actifs.

Le festival d’Avignon devrait donc continuer, irradiant le monde bien au-delà des merveilleuses vieilles pierres qui sont son espace naturel.



Vendredi 28 mars 2014

 

On reçoit un mail de la chaîne câblée TCM pour nous annoncer leurs 15 ans.

En avril, pour cet anniversaire, ils "voyagent dans le temps - huit décennies - de Fenêtre sur cour à Millenium en passant par Matrix, le cinéma qu’ils aiment. Ils n’ont pas su choisir.
Ça vaut mieux que s’ils avaient proposé le hit-parade-poncif, vous savez, avec Citizen Kane, La Règle du jeu, Le Cuirassé Potemkine, Le Voleur de bicyclette, etc.

Notez bien que ce n’est pas parce qu’on est ironique qu’on n’aime pas les classiques !



Samedi 22 mars 2014

 

Mort de Jean-Luc Einaudi (1951-2014).

Son nom est définitivement lié à un de ses ouvrages : La Bataille de Paris - 17 octobre 1961 (1991), qui, 30 ans après les événements, a relancé la polémique autour du massacre des Algériens à Paris.

Historien amateur (la liberté) et militant (la conviction), il pouvait se permettre de mettre les pieds dans le plat.
Forcément, il était contesté par les professionnels patentés, et ce, malgré le respect de Pierre Vidal-Naquet ou de Gilles Manceron.
Papon lui a fait un procès et l’a perdu.

La dernière fois que nous l’avons vu, c’était au Père Lachaise, en février 2010, aux obsèques de notre chère Dodo, Odette Laban.
Il les avait bien connus, elle et son mari, Maurice, il avait écrit un livre sur eux.

Elle avait fondé l’atelier de composition Germinal en 1973, et éditait Jeune Cinéma depuis 1990.

* Jean-Luc Einaudi, Un Algérien - Maurice Laban, Paris, Le Cherche-Midi, 1999.

JPEG - 67.5 ko

 



Lundi 17 mars 2014

 

Mort de Janine Hérisson, le 17 mars 2014.
Vous ne la connaissiez pas ?
On connaît rarement les traducteurs.

Elle avait été traductrice auprès du Tribunal militaire international de Nuremberg, puis principalement aux Éditions Gallimard, Prix Baudelaire 1983.

Elle vivait, avec Henri Robillot, le pataphysicien mort le 12 janvier 2009, dans une merveilleuse maison pleine de trésors, au fond des bois, à Villiers-sous-Grez.

Avec son homme ou sans lui, elle avait traduit ce que vous connaissez par cœur : Chandler, Hammett, Philip K. Dick, Marilyn Monroe, Lauren Bacall…

Janine et Henri étaient des copains de Sa Magnificence le baron Mollet (1877-1964).
Les Pataphysiciens (et sympathisants) sauront de qui nous parlons, l’ami de Jarry, de Apollinaire, de Boris Vian, de Queneau.

Les autres peuvent le googliser et se renseigner. Mais nous nous égarons.
Aujourd’hui, souvenons-nous du sourire de Janine, aux côtés du baron.

JPEG - 166.4 ko

 

JPEG - 181.1 ko

 



Vendredi 14 mars 2014

 

Le programme du Festival du film de femmes de Créteil 2014, 36e édition (14-23 mars 2014) est annoncé.

Invitées : Kate Millett, Maria de Medeiros, Karine Saporta, Marceline Loridan, Hiam Abbass, Thérèse Clerc.



Mardi 11 mars 2014

 

Troisième anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Préfiguration d’apocalypses annoncées, nature et humanité associés pour le pire.

Pour dîner avec les dieux, il faut une grande cuillère et Prométhée l’oublie régulièrement.

JPEG - 67.3 ko

 



Lundi 10 mars 2014

 

Enterrement de Alain Resnais au cimetière du Montparnasse.

JPEG - 293.2 ko

 



Jeudi 6 mars 2014

 

Mort de Jean-Louis Bertuccelli (1942-2014).

Il avait fait une irruption très remarquée sur nos écrans, avec Remparts d’argile (Prix Jean Vigo 1970), une superbe fiction sensible à partir d’une étude sociologique de Jean Duvignaud.
Comme une préfiguration des docufictions d’aujourd’hui.

Après, on l’avait suivi attentivement, et on avait aimé Paulina 1880 (1972), et On s’est trompé d’histoire d’amour (1974).
Et puis, il y avait eu ce grand succès populaire, Docteur Françoise Gailland (1976), avec Annie Girardot, un bon film solide boudé par la critique chic.

Un tournant dans sa carrière : au lieu de reproduire ce succès, il avait progressivement disparu des hit-parades.
Quelque chose de difficile à identifier, un accident de trajectoire, sujet d’étude pour les biographes, voire les psychosociologues ou les politiques.

A priori, avec un gros bon sens, on peut se dire qu’il faut de solides talents (autres qu’artistiques) pour surmonter les disjonctions sociales auxquelles un créateur peut être confronté, surtout quand elles adviennent entre le peuple et la critique-élite.
Parmi les innombrables questions que Jeune Cinéma a posées, durant 50 ans, figure celle du "cinéma populaire". Ou pas.

Il était aussi le père de Julie Bertucelli, réalisatrice du délicieux (et reconnu) Depuis qu’Otar est parti (2003).
Eh oui, ça n’arrive pas qu’aux femmes d’avoir des "recommandations", femme de, fille de…, etc.



Samedi 1er mars 2014

 

Mort de Alain Resnais (1922-2014).

Nos téléphones sonnent immédiatement, les amis sont bouleversés.

Jeune Cinéma aimait Resnais. Mais qui ne l’aimait pas ?

La revue a publié quatre entretiens avec lui (JC n°31 ; n°101 ; n°161 ; n°177), et a couvert tous ses longs métrages.

Sauf L’Année derrnière à Marienbad (1961), parce qu’elle n’était pas née et qu’elle n’y est pas revenue.
Et puis, il y a les courts métrages, sur lesquels il faudrait revenir sans cesse.

Aujourd’hui, nous sommes allés chercher un vieux livre épuisé, soigneusement rangé sur une étagère, partie intégrante de nos mythologies : Repérages (Chêne, 1974). Et nous l’avons refeuilleté avec douceur.

Deux mille photos de Resnais, sur les traces du Harry Dickson de Jean Ray, pour un film qui ne s’est jamais fait.
Et Jorge Semprun qui les trie, en choisit quelques unes et écrit : "Comme H.P. Lovecraft, Alain Resnais transforme toutes ces villes réelles, humaines, trop humaines, en une espèce d’Arkham à la fois maléfique et fabuleuse. Je vous présente la ville d’Arkham, photographiée par Alain Resnais".

JPEG - 248.3 ko

 

JPEG - 93.5 ko

 

En 1987, on a avait été à Gand, avec le photographe Denis Berthier, sur les traces de Jean Ray, dans l’ivresse d’une pure imitation, à la recherche des itinéraires magiques où on se perd, espérant retrouver on ne sait quel souffle des fantômes de Resnais et Semprun. Quelques images de plus pour la ville rêvée.

JPEG - 188.3 ko

 

JPEG - 123.5 ko

 



Revue Jeune Cinéma - Contacts