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Journal de Ma’ Joad (août 2014)
Août 2014
publié le jeudi 28 août 2014


 

AOÛT 2014

 



Samedi 30 août 2014

 

À Venise, Frederick Wiseman a reçu, hier, vendredi 29 août 2014, un LIon d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

Bonne lecture :

* Philippe Pilard, Frederick Wiseman, chroniqueur du monde occidental , préface de Jean-Jacques Bernard, Paris et Condé-sur-Noireau, Cerf-Corlet, 2006.

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Jeudi 28 août 2014

 

Faye Dunaway fera l’ouverture du Festival Lumière, à Lyon (13-19 octobre 2014) avec Bonnie and Clyde (1967), dans la grande salle de la Halle Tony-Garnier.

Ah Bonnie !

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Mercredi 27 août 2014

 

Ouverture du Festival de Venise (jusqu’au 6 septembre 2014), avec le film de Alejandro González Iñárritu, Birdman or The Unexpected Virtue of Ignorance.

C’est la 71e édition de la Mostra, le plus vieux festival de cinéma, et celui dont l’histoire est la plus effervescente.

Dans la sélection officielle, quatre films français :

* La Rançon de la gloire de Xavier Beauvois.
* Le Dernier Coup de marteau de Alix Delaporte.
* Trois Cœurs de Benoît Jacquot.
* Loin des hommes de David Oelhoffen.

Le reste de la sélection officielle : Fatih Akin (The Cut) ; Roy Andersson (A Pigeon Sat on a Branch Reflecting on Existence) ; Ramin Bahrani (99 Homes) ; Rakhshan Bani E’Temad (Tales) ; Saverio Costanzo (Hungry Hearts) ; Abel Ferrara (Pasolini) ; David Gordon Green (Manglehorn) ; Andrei Konchalovsky (The Postman’s White Nights) ; Mario Martone (Il giovane favoloso) ; Kaan Müjdeci (Sivas) ; Francesco Munzi (Anime nere) ; Andrew Niccol (Good Kill) ; Joshua Oppenheimer (Fires on the Plain) ; Wang Xiaoshuai (Red Amnesia).

On y reviendra. Mais on est heureux de voir réapparaître Mario Martone (sur Leopardi) et Roy Andersson (qui termine sa trilogie, Chanson du deuxième étage et Nous les vivants).

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Hors compétition, on voit que James Franco persévère avec Faulkner (The Sound and The Fury), que Manoel de Oliveira est toujours inspiré (The Old Man of Belem), et que Lars von Trier s’affirme comme "complétiste" (Nymphomaniac Volume II).



Dimanche 24 août 2014

 

Mort de Richard Attenborough (1923-2013)
C’est l’histoire d’un artiste talentueux et chanceux.

Tournant pratiquement tous les ans, il a mené une carrière d’acteur réussie en Angleterre (de 1942 à 1963) jusqu’à ce qu’il aille voir en Amérique.
En 1963, il y amorce une nouvelle carrière, avec La Grande Évasion de John Sturges, avec notamment Steve Mc Queen, James Coburn, et Charles Bronson. Il va, dès lors, travailler régulièrement avec Guillermin, Aldrich, Wise, Fleischer, Preminger, Satyajit Ray, Branagh ou Spielberg. 78 films en tout, en comptant les télés.

En 1969, il commence une carrière de réalisateur. Il a 46 ans et son premier film (en Angleterre), Oh ! What a Lovely War !, fait du bruit : un film sarcastique musical et antimilitariste sur la Première Guerre mondiale.
Il y dit ce que tout le monde sait (mais refoule ou dissimule selon sa place dans le processus de production) : les guerres, c’est bon pour l’économie (par exemple pour cette fameuse "croissance" tant désirée), donc bon pour le pays.

Aparte  : On se souvient d’Antoine, le naïf. Pourquoi ces canons ? Pourquoi faisons-nous la guerre aux gens ? Ça fait marcher les usines, ça donne du travail aux gens.

Malgré (ou à cause de) "l’audace" du propos, le film se classe au 16e rang du box office anglais en 1969. En 1943 il s’était engagé dans le service cinématographique de la Royal Air Force, à 20 ans. Et d’une façon générale, on peut dire qu’il n’aura jamais oublié la guerre, qui figure un peu partout dans son œuvre.

Après ce premier coup d’éclat, il va tourner 12 films, dont le plus connu est Gandhi, en 1983, avec Ben Kingskley, un film qui récoltera de multiples récompenses.

Lui-même accepte les "décorations" à partir de 1967, et est même anobli en 1976.

Il était un honnête homme et ça s’appelle une vie réussie.



Samedi 23 août 2014

 

Début des 30e Rencontres de Gindou (jusqu’au 30 août 2014).

La soirée d’ouverture aura lieu en présence de Luc Dardenne et Olivier Gourmet.

Avec des invités de marque et une programmation de choix.



Vendredi 22 août 2014

 

Influence souterraine du n° 354 de Jeune Cinéma ?

En tout cas, Ciné+Classic programme aujourd’hui Jean-Paul Paulin, ce qui n’est pas rien.

Dommage que le film choisi soit L’Homme qui vendit son âme (1943), tourné juste après Échec au Roy, bien meilleur.
On ne chipotera pas.

La thématique faustienne, alourdie de quelques pincées d’Armée du Salut, a pas mal vieilli, d’autant que André Luguet, banquier signataire du pacte avec le démon, a rarement brillé par sa légèreté.
Mais c’est Le Vigan qui se glisse dans la peau du Diable et c’est toujours un régal de le voir en action - il était temps, c’est son avant-dernier film avant qu’il ne prenne la route de Siegmaringen avec son camarade Céline.

L’Homme qui vendit son âme est sorti en septembre 1943, cinq mois après La Main du Diable ; de Maurice Tourneur, qui proposait une autre version de l’ange déchu, sous les traits plus bonasses de Pierre Palau.

Lucifer était à l’ordre du jour, en cette belle année 1943.



Mardi 19 août 2014

 

ATTAC (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), qui ouvre son université d’été européenne, nous donne des nouvelles de Occupy Wall Street et des Indignés, still alive.

À propos de Occupy, dont nous recevons les RSS :

En avril 2014, ils proclament : "Libraries are the future. Start a Social Movement in Your Library !"
Dont le principe est : "Les livres sont faits pour être lus. À chaque lecteur son livre. À chaque livre son lecteur. Préservez le temps de la lecture. La bibliothèque est un organisme en expansion".

Ce qui nous rappelle la belle utopie : De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins.

Nous nous souvenons de Zuccotti Park, en 2011.

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Samedi 16 août 2014

 

Des nouvelles de Olivier Smolders.

Il est à San Pedro de Atacama. On pense à Nostalgie de la lumière et on se dit qu’il doit être bien, là-bas.

Il envoie une carte - une image de son dernier film La Part d’ombre (2014) - à Germaine Dulac ("aux bons soins de Lucien Logette"), pour commander le pétrin mécanique, dont la revue a fait la promotion dans son numéro 360.

Nous adorons Olivier Smolders.
Jeune Cinéma ne manquera pas de transmettre.

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Vendredi 15 août 2014

 

Aujourd’hui, nouveau carton de la police californienne : Ezell Ford (25 ans, Los Angeles, 2014).
Ils trouvent toujours des explications, des versions contradictoires, c’est la faute à pas de pot, chez des flics armés jusqu’aux dents.

À Ferguson, on a nommé un nouveau chef de la police, noir cette fois, et quelques heures plus tard, on a tout de même été obligé de décréter le couvre-feu.



Mercredi 13 août 2014

 

Mort de Lauren Bacall (1924-2014).

Ça lui est arrivé juste avant ses 90 ans. La belle ne se fera plus siffler par personne. Son livre, By Myself, avait été traduit par Janine Hérisson, notre amie, morte cette année, le 17 mars 2014.

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La disparition d’une génération, on comprend.
La loi des séries, on l’évoque facilement.
Mais par ces temps de guerres, avec le moral au fond des chaussettes, on est tenté par des lois hypothétiques de l’invisible.

La forteresse du vieil Hollywood, qui a si souvent collé de tout près à l’actualité, et parfois dépassé la réalité, serait en train de s’effondrer.
Comme la peste noire, ou les radiations atomiques poussées par les vents, le spectacle se répand partout et contamine les moindres recoins de nos consciences.

Et, parce qu’il ne répand pas la terreur, mais séduit infiniment, ce mal que "le Ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de la Terre", préfigure la fin de notre civilisation.
Les antiques invasions barbares et tous les vieux diables, que l’Occident croyait avoir vaincus et qu’il a recréés et répandus via l’horreur économique dominante, vont à nouveau déferler.
Ce sera Soleil Vert, ou Waterworld, ou Blade Runner.
Le compte à rebours serait commencé.
Comme ça a été court, non ?

Gaza-Bardem-Cruz, suite. L’AFP se demande si Penelope Cruz & Javier Bardem vont être blacklistés par Hollywood pour leur prise de position sur Gaza.
Voilà autre chose !



Mardi 12 août 2014

 

Mort de Robin Williams (1951-2014).
Alerte du New York Times à 1h25 du matin : "Robin Williams Oscar-Winning Comedian, Dies at 63".

Aux États-Unis, c’est une déferlante, même les républicains pleurent ce démocrate ostensible. Ce matin, c’est en Une de tous les médias français, ça court partout sur les réseaux sociaux. Même la concierge se dit en deuil.
"Hommages" partout, les images affluent, avec sa 1ère femme, sa 3e femme, - pas sa 2e femme, pourquoi ? -, ses enfants Zachary, Cody et Zelda, son double féminin, Mrs Doubtfire, etc.

Robin Williams, adulé par le "peuple", parce qu’il faisait rire et travaillait beaucoup pour la télévision, avait une réputation contrastée dans le monde de la critique.
Il avait pourtant travaillé avec Altman, Terry Gilliam, Spielberg, Coppola, Woody Allen, Gus Van Sant, que du beau monde, et travailler pour la télévision n’est pas a priori déshonorant.

Jeune Cinéma avait bien aimé, en 1985, Le Cercle des poètes disparus de Peter Weir (cf. JC n°198 de décembre 1989 et n°200 d’avril 1990). La revue était bien consciente que les feelgood movies n’étaient pas du goût de ces messieurs-dames aux esprits forts, qui préfèrent le terme de "guimauve", mais elle n’en avait cure.

Comme toujours, le clown était triste : voilà, ça sert à rien d’être aimé.

On se demande pourquoi Breton avait souhaité à Aube-Écusette "d’être follement aimée". Coquetterie (et aveuglement) de poète mâle, tout le monde sait bien que ce qui est intéressant, c’est d’aimer. Les autres, et surtout soi-même, en bon Narcisse.

Être aimé, "ça" ne vous parvient jamais.
Dommage d’ailleurs, faut bien le reconnaître.
Théoriquement, ça devrait être pas mal.

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Lundi 11 août 2014

Mort de Simon Leys (1935-2014)
On n’a jamais été maoïste, on est difficile à fasciner.

En 1971, du Laos, on avait demandé un visa pour la Chine, pour aller voir un ami à l’AFP, l’adorable Jean Leclerc du Sablon.
Ça a pas dû leur plaire, le visa a été refusé.
Alors, pour les vacances, on est allé au Japon et en Corée. Un autre genre. Mais nos rêves d’exotisme à la Segalen avaient été comblés.

Par contre, on lisait ce qui paraissait chez Champ libre.
Et Simon Leys, on s’en régalait.

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Dimanche 10 août 2014

 

Ferguson, Missouri. 21 000 habitants, en majorité noirs.
Michael Brown, un gamin noir tranquille, 18 ans, pas armé, a été flingué par un policier blanc. Manif, émeutes, magasins saccagés, blessés, interpellations.
Le maire de la ville, républicain blanc obèse, normal quoi, lui, a confiance en la justice de son pays et pense que "The officers did their best. They’re only human".

Des cinéastes, de temps en temps, prennent la peine de raconter ces "bavures" récurrentes : Ryan Coogler a raconté Oscar Grant (22 ans, Oakland, Californie, 2009) dans Fruitvale Station (2013).

Mais la plupart tombent dans l’oubli des archives médiatiques.

Ce qui ne manquera pas d’arriver à Michael Brown d’ici quelques jours (18 ans, Ferguson, Missouri, 2014), ou à Trayvon Martin (17 ans, Sanford, Floride, 2012) abondamment cité comme référence.
Comme, finalement, c’est arrivé à Rodney King (47 ans, Rialto, Californie, 1992), mais lui, il était armé et "vieux".

Michelle Alexander, dans son livre The New Jim Crow : Mass Incarceration in the Age of Colorblindness (The New Press, 2010), rappelle qu’il y a "aujourd’hui plus d’hommes africains-américains en prison ou en détention, en liberté surveillée, ou liberté conditionnelle, que de noirs qui furent soumis à l’esclavage en 1850 avant que la guerre civile ne commence".

Sinon, depuis 1986, on fête le Martin Luther King Day, jour férié, le troisième lundi du mois de janvier (autour du 15 janvier). On va dire que c’est une fête "mobile".

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Mercredi 6 août 2014

 

Sortie de Winter Sleep, de Nuri Bilge Ceylan, dont on a écrit dans Jeune Cinéma, et ailleurs, tout le bien qu’on en pensait.
Concert de louanges dans toute la presse, ce qui est la moindre des choses pour cette Palme d’or d’exception.

Toute la presse, mais pas Libération.

L’unanimité est toujours louche.
Et Jeune Cinéma ne peut s’étonner qu’on n’ait pas envie de suivre le troupeau.

Mais là, dans ce cas précis, on pense comme Léon Bloy :

Et le venin était bavé d’une si obscure et si pleutre manière, même dans le sens du mépris qu’on voulait suggérer, qu’il éclatait aux yeux que ce pion sordide n’avait même pas lu le chef-d’œuvre qu’il tenait à déshonorer. Le public, chatouillé dans son abjection, s’en accommodait et trépignait d’allégresse, à voir un noble artiste piétiné par le plus fangeux bison du pâturage.
(Le Pal, n° 1, 4 mars 1885).



Dimanche 3 août 2014

 

Gaza.
Ça n’a pas traîné. Bardem et Cruz, dénonçant les massacres de populations civiles palestiniennes (le 25 juillet 2014), sont immédiatement traités d’antisémites.
Ils se croient obligés de rectifier leur déclaration, se défendant de tout antisémitisme.
John Voigt, pro-gouvernement israélien, n’en demeure pas moins "écœuré".

Même si on désespère et des peuples et de leurs gouvernements, il ne faut pourtant jamais les confondre. Ils se superposent rarement, même au lendemain de l’élection.
Pas plus, évidemment, que les terroristes, qui font grand bruit, ne représentent les peuples.
Les malentendus et la mauvaise foi sont les carburants des faux "débats", puis des guerres. C’est toujours à la marge que le sens et le contre-sens s’épanouissent. Et comme le bon sens stagne au centre du marais, il est difficile d’éviter les extrêmes, obligés de se fréquenter.

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