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Journal de Ma’ Joad (septembre 2014)
Septembre 2014
publié le jeudi 2 octobre 2014


 

SEPTEMBRE 2014

 



Mardi 30 septembre 2014

 

Joan Baez à l’Olympia du mardi 30 septembre 2014 au mardi 7 octobre 2014.

L’Olympia, en automne, c’est pas l’Auditorium Parco della Musica à Rome, un soir de juillet.

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Mais Joan, elle, ne change pas.

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Elle se souvient de Washington Square,, elle se souvient de tout, elle est fidèle au poste.


 


Constat de WWF :
La Terre a perdu la moitié de ses animaux sauvages en 40 ans.
Ça s’appelait la civilisation, mais on commence à en douter

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On suppose que, pour un éco-système harmonieux, il faut certain taux de sauvagerie.
Les Terriens, toujours astucieux, ont été obligés de remplacer les animaux sauvages disparus.
Et ils ont payé de leur personne.
Ils font ça très bien.

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Lundi 29 septembre 2014

 

Hier, Brigitte Bardot a eu 80 ans. Ça n’a rajeuni personne.

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Comment un si bel animal zoophile (auraient dit nos profs de grec, qu’on ne nous poursuive pas pour diffamation, hein !) peut-il être à la fois aussi moderne et aussi franchouillard ? Et cela depuis toujours ?

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Éternelle question des rapports entre nature et culture, franchement "bonne" ni l’une ni l’autre. Sans compter la "modernité"…, sur laquelle, il est périlleux de s’étendre.

Aujourd’hui, tous comptes faits, il y a quelque chose de très touchant dans son désir de solitude. Comme si, sûrement inconsciemment, il y avait en elle "quelque chose de Zarathoustra".

Aujourd’hui, Mylène Demongeot a 80 ans.
Là, c’est autre chose, de plus secret, un peu comme dans les rêves.
L’inconscient n’a pas d’âge.

Il faut signaler, à cette occasion, l’extraordinaire petit musée que lui a consacré, chez lui, un de ces fans obsédés que nous affectionnons : Philippe Mouren.

On y trouvera tout sur Mylène, des centaines d’affiches, de photos, de dossiers de presse, d’objets personnels, et naturellement tous ses films, sous toutes leurs formes (cassettes, VHS, DVD).
C’est à Toulon, 4 rue du Dr Bertholet, tel : 04 94 92 78 49. Sur rendez-vous.

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Dimanche 28 septembre 2014

 

Hier, samedi 27 septembre 2014, mort de Jean-Jacques Pauvert (1926-2014).

Sans vergogne, en 1947, il avait ôté le manteau qui voilait pudiquement les œuvres de Sade, en publiant Histoire de Juliette (Éditions du Palimugre).
Il n’était pas le premier à éditer Sade à visage découvert.

En 1946, Les Éditions du Scorpion avaient déjà édité Miss Henriette Stralson.
Mais c’était une nouvelle tout à fait convenable.
Pauvert, lui, n’était pas convenable et il écopa d’années de poursuites judiciaires.
Car il ne faut pas confondre les Juliettes et les Henriettes.

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Il écrivit des livres lui-même aussi. 1991 fut une année féconde pour lui.
Cette année-là, il réédita Debord chez Gallimard. Il n’était plus un pionnier, mais il était un des rares légitimes, leurs échanges en témoignent : cf. Guy Debord, Correspondance, volume 7, Fayard, 2008.

Et, cette même année, il reçut, pour sa biographie de Sade, Sade vivant, en 3 volumes chez Laffont (1986, 1989 et 1990), le prix des Deux Magots.
On peut se demander le type de plaisir qu’il ressentit en recevant ce prix, certes créé par Queneau, mais "octroyé à de jeunes talents prometteurs".
Bon, il avait 65 ans à l’époque, il en avait vu d’autres.

Personne, parmi ceux qui aiment les livres, n’oubliera jamais sa collection mythique Libertés.

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Samedi 27 septembre 2014

 

Salut les câblés !

La semaine télé de Jeune Cinéma du 27 septembre au 3 octobre 2014.



Jeudi 25 septembre 2014

 

Au Centre Wallonie-Bruxelles, une exposition ne pas manquer : L’Ombilic du rêve. (25 septembre 2014-4 janvier 2015).

On a le temps, mais c’est toujours mieux d’aller voir au début les expos comme les films : on n’est pas pollué par les mots des autres.

Félicien Rops + Max Klinger + Alfred Kubin + Armand Simon : voilà des noms rarement réunis dans le cadre d’une exposition.

Graveurs et dessinateurs, ils ont pourtant exploré, à travers des époques différentes, du symbolisme au surréalisme, des territoires communs, ceux du rêve, du désir, de la mort et de l’"inquiétante étrangeté".

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Si on connaît bien Rops (la couverture du catalogue s’orne de son superbe Pornokratès) (AKA La femme au cochon), et un peu Kubin, grâce à son roman L’Autre Côté, et un peu moins Klinger, pas souvent exposé, les œuvres d’Armand Simon sont carrément inconnues.

C’est bien simple, tenez-vous bien, à ce jour, il n’a même pas de notice wikipedia, c’est vous dire ! Seuls Les amateurs du surréalisme belge savent qu’il fut, dans les années 30, membre du groupe du Hainaut et que certains de ses dessins ont paru dans quelques rares revues du temps.

Excellente occasion d’aller visiter le Centre Wallonie-Bruxelles, par ailleurs le meilleur lieu parisien - situé au centre du monde même - pour découvrir un cinéma invisible autrement (Quinzaine du cinéma francophone, du 1er au 11 octobre 2014).


Sur France Culture, Laure Adler s’entretient avec Freddy Buache,.

Ancien directeur de la cinémathèque de Lausanne, critique de cinéma, auteur d’ouvrages de poésie et d’essais, Freddy est une homme de convictions, savant et intarissable.

Deux "Hors-champ" à ne pas manquer (France Culture, 22h15, mardi 25 et mercredi 26 septembre 2014).

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Mercredi 24 septembre 2014

 

Duchamp à Beaubourg jusqu’au 5 janvier 2014.

Sur Duchamp, une des tendances naturelles, c’est d’en rester à ce qui s’est passé en 1965, avec La Fin tragique de Marcel Duchamp et les trois larrons de la figuration narrative qu’étaient, à l’époque, Arroyo, Aillaud et Recalcati.
Rien de plus sécurisant qu’un bon polar, et de plus inquiétant, les deux à la fois, le fin du fin.

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À propos de Duduche, on médite sur son terrible destin de génie se métamorphosant en nom-lieu commun, à peu près comme les frigidaires ou les kleenex.
Rien ne dure, tout ce qui a un début a une fin.
Tout spécialement l’avant-garde, état transitoire par définition.
C’est terrible les destins possibles des avant-gardes, l’oubli des déserts, le ghetto d’une chapelle, le chaos des supermarchés.

Mais bien sûr, on va quand même voir l’expo à Beaubourg : Marcel Duchamp. La peinture, même.
Histoire de ravaler la patine de nos propres palimpsestes.



Mardi 23 septembre 2014

 

Nous apprenons hier soir, tard, la mort de Rémi Waterhouse, dimanche dernier, le 21 septembre 2014.

Rémi Waterhouse (1956-2014).

La série de deuils de cet été, qui s’était calmée quelques semaines, semble reprendre.
Rémi n’était pas seulement un homme remarquable, il était aussi un ami.



Lundi 22 septembre 2014

 

Dans l’édition de Bologne de La Repubblica, nous apprenons la mort de Peter von Bagh, mercredi dernier, le 17 septembre 2014.

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Peter von Bagh (1943-2014)

Dans le Journal de Ma’ Joad de juillet 2014, le 1er juillet exactement, nous parlions de son dernier film Sosialismi, présenté à la Cineteca, à Bologne.
Avec la vidéo de l’entrée du brise-glace à Helsinki, dans son film Helsinki forever (Helsinki ikuisesti, 2008).

Pour la dernière soirée du Cinema Ritrovato, Piazza Maggiore, le samedi 5 juillet 2014, il recevait Richard Lester, pour présenter A Hard Day’s Night (1964). Le film avait 50 ans. Peter von Bagh n’avait que 71 ans.

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Nous nous promettions de faire un dossier sur son œuvre, extrêmement importante et pourtant méconnue en France.

Depuis longtemps, nous avions pour projet d’aller au festival du Soleil de Minuit, en juin.
En juin, il y a toujours beaucoup à faire, on remettait chaque année.

Voilà, il ne faut jamais remettre à plus tard, ce qu’on doit pouvoir faire tout de suite.

Notre peine est immense.


Cet automne, à Paris, on fête Guy Gilles (1938-1996).

Il appartenait à la génération de la Nouvelle Vague, mais il faisait bande à part.
En lui, peut-être, trop d’Algérie, trop de mélancolie, trop de Proust.
Du coup, malgré tous ses amis célèbres, il restait un auteur méconnu, pour happy few, ou pour festivals.
Il avait reçu, notamment le grand Prix du festival d’Hyères pour Le clair de Terre (1970). Et le prix Jean-Vigo, en 1973 pour Absences répétées (en DVD en 2013).

On n’avait plus entendu parler de lui depuis 2003, où le festival de La Rochelle l’avait célébré.


 

Au programme :

* Une exposition de ses photographies (22 septembre-6 octobre 2014 à la galerie Art & Mis, avec 35 portraits inédits d’acteurs : autour de celui de son acteur fétiche, Patrick Jouané, ceux de Alain Delon, Edwige Feuillère, Johnny Hallyday, Jean Marais, Macha Méril, Jeanne Moreau, Romy Schneider, Delphine Seyrig, Orson Welles...

* Un livre : Gaël Lépingle & Marcos Uzal (dir.), Guy Gilles. Un cinéaste au fil du temps, Éditions Yellow now (2014).

* Une rétrospective - non exhaustive - Guy Gilles, à la Cinémathèque de Bercy (24 septembre-5 octobre 2014).
Des courts métrages, dont deux de ses premiers : Soleil éteint (1958) ; Au biseau des baisers (1959) ; La loterie de la vie (1977).
Ses grands classiques : Au pan coupé (1968), Absences répétées (1972), Le jardin qui bascule (1975).
Ses long métrages moins connus : L’Amour à la mer (1964), La Vie filmée (avec Agnès Varda, 1975), Le Crime d’amour (1982), Nuit docile (1987), Néfertiti (1994),
Et quelques uns de ses téléfilms : Proust, l’art et la douleur (1971) ; Saint, Martyr et poète (avec Jean Genet, 1975).

Jeune Cinéma recommande spécialement le très beau documentaire de Gaël Lépingle, Guy Gilles ou le temps désaccordé (2008). Salle Jean Epstein, jeudi 2 octobre 2014, 19h00).

* Une conférence : "Qui êtes-vous Guy Gilles ?", par Gaël Lépingle. Salle Franju à la cinémathèque, lundi 29 septembre 2014, à 19h.



Dimanche 21 septembre 2014

 

Dernière semaine pour aller voir l’exposition du Musée Branly, Les femmes dans la révolution. Vietnam 1954-1980.
Le Vietnam n’est plus sur le devant de la scène terrienne.
Sans parler du mot de "révolution", tombant lentement en désuétude, la chose qui lui correspond ayant été trop trahie.

Les femmes, heureusement, c’est toujours d’actualité.

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Bertrand Bonello (né en 1968), est à Beaubourg depuis vendredi dernier, 19 septembre et ce, jusqu’au 26 octobre 2014, avec une rétrospective de ses films.

France Culture aussi le fête avec un documentaire de Florence Colombani et Céline Ters, Dans la tête de Bertrand Bonello.

Saint Laurent (2014) ne nous a fait oublier ni Le Pornographe (2001), ni sa mélancolique et éblouissante Apollonide (2011).



Samedi 20 septembre 2014

 

Salut les câblés !
La semaine télé de Jeune Cinéma du 20 au 26 septembre 2014.



Vendredi 19 septembre 2014

Leonard Cohen aura 80 ans après-demain, le 21 septembre 2014. Il publie son 13e album, Popular Problems. On n’attend pas jusqu’à dimanche pour le fêter, lui qu’on a beaucoup aimé, qu’on n’a jamais opposé bêtement à Dylan, et qui a tout compris :

Everybody knows that the dice are loaded
Everybody rolls with their fingers crossed
Everybody knows that the war is over
Everybody knows the good guys lost
Everybody knows the fight was fixed
The poor stay poor, the rich get rich
That’s how it goes
Everybody knows

Everybody knows that the boat is leaking
Everybody knows that the captain lied
Everybody got this broken feeling
Like their father or their dog just died
...


 


La Cinémathèque de Toulouse fête ses cinquante ans cette année. Elle a le même âge que Jeune Cinéma.

Pour fêter ce demi-siècle d’existence flamboyante, elle a prévu, toute cette année, de superbes "moments", avec de grandes rencontres. Cette rentrée d’automne confirme l’importance de ces rendez-vous.

Pour mémoire :

* Le Moment 29, c’était avec Armand Gatti, vendredi dernier, le 12 septembre 2014 : D’abord un rendez-vous à la librairie Ombres Blanches, à l’occasion de la parution du livre de Jean-Jacques Hocquard & Pauline Tanon, Armand Gatti, dans le maquis des mots (Actes Sud, avril 2014). Avec la projection de El otro Cristóbal de Armand Gatti (1963), 105 mn.

* Le Moment 30, c’était mercredi 17 septembre 2014, avec Bertrand Tavernier. Avec une rencontre à Ombres blanches autour de la collection qu’il dirige, "L’Ouest, le vrai" (Actes Sud). Et deux films : La Chevauchée des bannis (Day of the Outlaw) de André De Toth (1958) et L’Appât de Bertrand Tavernier (1994).

* Le Moment 31, c’est AUJOURD’HUI, vendredi 19 septembre 2014, à 19h30, avec Jacques Bonnaffé qui lit un Raymond Borde sacrément insolent ( L’Extricable, Losfeld, 1962) : "Avec Tergal, vous ferez jeune, et Simca a pensé, dans ses 200 modèles de capotes anglaises, à votre style de conduite". [...]
Puis, à 21h : Le Charme discret de la bourgeoisie de Luis Buñuel (1972).

Et ne ratez surtout pas le Moment 32 avec Jean-Pierre Thorn, qui sera là le mardi 23 septembre 2014. Deux films à l’occasion de l’édition de son livre-DVD Je t’ai dans la peau (éditions Commune, avec l’association Tactikollectif).

* À 19h00 : On n’est pas des marques de vélo de Jean-Pierre Thorn (2002).

* À 21h00 : Je t’ai dans la peau de Jean-Pierre Thorn (1989).

Mais nous reparlerons de Jean-Pierre Thorn.



Mercredi 17 septembre 2014

 

Monsieur Chat ne se sent pas seul : il a plus de 17 000 potes et un site tout neuf.


Le mercredi, au lieu d’aller voir bêtement les blockbusters, tentez les vraies aventures.

Au cinéma La Clef, il y a les Mercredis du doc..

Et ce soir : À l’Est de l’enfer, spectaculaire documentaire de Matthieu Canaguier (2013).
Dans la ville sauvage de Surabaya, existe un territoire underground très cohérent, cimenté par la musique metal venue de Scandinavie, dont les jeunes Indonésiens se sont emparés.

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L’Institut finlandais,au cœur du quartier latin (à Paris), recommence sa saison.
Ce soir, mercredi 17 septembre 2014, "Portes ouvertes" et projection d’un remarquable documentaire sur le café.

Le cinéma finlandais, ce n’est pas seulement Aki Kaurismaki et Peter von Bagh.
Il a une histoire, des réalisateurs, des classiques, qu’il faut découvrir le mardi, à 19h30.

Prochaines séances :

* 23 septembre 2014 : Des êtres dans la nuit d’été, de Valentin Vaala (1948)
Dans le grand Nord, il y a des amoureux. Mais la vedette, c’est toujours la nuit d’été, si précieuse.

* 14 octobre 2014 : La Victoire suprême de Carl von Haartman (1929)
Une grande histoire d’amour, de duperie et d’espionnage dans ce classique muet.

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* 18 novembre 2014 : Les huit balles meurtrières de Mikko Niskanen (1972)
Un vrai polar nordique, comme on a appris à les aimer depuis une dizaine d’années.

* 9 décembre 2014 : La Mort volée de Nyrki Tapiovaara (1938)
Le combat patriotique de la Finlande dans les premières années du 20e siècle, un film inspiré des avant-gardes européennes.



Mardi 16 septembre 2014

 

La Maison de la culture du Japon présente un hommage à Yasunari Kawabata (1899-1972), Prix Nobel de littérature (1968), à partir du 16 septembre, jusquau 31 octobre 2014). Kawabata est un des écrivains majeurs du 20e siècle.
Au Japon, il a été adapté au cinéma dès 1926, avec Une page folle de Teinosuke Kinugasa

Dans le cadre de cet hommage, la MCJP propose une douzaine de films des années 1950 et 1960, avec un film de 1936, à partir du 25 octobre 2014.

Parmi eux, on note tout particulièrement :

* Monsieur Merci de Hiroshi Shimizu (1936), le plus ancien présenté.

* Deux versions (sur cinq existantes) de La Danseuse d’Izu (la nouvelle de Kawabata date de 1926) : celle de Yoshitaro Nomura (1954), et celle de Katsumi Nishikawa (1963). Les autres versions sont celle de Heinosuke Gosho (1933), celle de Yoshiro Kawasu (1960), celle de Hideo Onchi (1967), et la 2e version de Katsumi Nishikawa (1974).

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* Kyoto de Noboru Nakamura (1962), sélectionné pour les Oscars du meilleur film étranger (1962).

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* Les Belles Endormies de Kozaburo Yoshimura (1968). Le roman (paru en 1966) a été adapté par Hiroto Yokoyama en 1995, et par Julia Leigh en 2011 ( Sleeping Beauty, sélection du Festival de Cannes 2011).

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* Le Grondement de la montagne de Mikio Naruse (1954)

* Le Lac des femmes de Kiju Yoshida (1966).

L’exhaustivité des adaptations cinématographiques des œuvres de Kawabata serait difficile. Mais ce choix, précis dans le temps, est pertinent, et tous les films choisis méritent d’être découverts.



Samedi 13 septembre 2014

 

Salut les câblés !
La semaine télé de Jeune Cinéma du 13 au 19 septembre 2014.



Vendredi 12 septembre 2014

 

En 2014, la Fête de l’Huma, c’est ce week-end, du 12 au 14 septembre 2014.
Au long des décennies, on y est allé, à la Fête de l’Huma, puis moins, puis de nouveau. À Vincennes, à Montreuil, à La Courneuve...

Y aller ou pas, c’était une question multifactorielle, de bonnes et de mauvaises raisons.
Contre : le mauvais temps, ou la mauvaise humeur politique.
Pour : l’ivresse des fêtes populaires, l’odeur des merguez de manifs, la Cité du livre et toujours le programme des concerts.

Sur la grande scène, on avait vu The Who et Country Jo, Chuck Berry et Alan Stivell (en 1973, avec les amoureux de Catherine Ribeiro), Deep Purple, Pink Floyd, Leonard Cohen, Nina Hagen. Et Joan Baez en 1971 et 2011.

En 2014, on ira pour les Scorpions.

Et pour IAM

Et pour Lavilliers



Jeudi 11 septembre 2014

 

Mort de Antoine Duhamel (1925-2014).
Il avait 89 ans.
Quatre-vingt neuf années bien employées, puisque, outre la musique de quatre-vingt-quinze films, entre 1960 et 2007, il a signé une bonne centaine d’œuvres diverses, symphonies, concertos et opéras.

On avait croisé sa longue silhouette d’ermite, barbe et cheveux déployés, à l’Institut Lumière et à la Cinémathèque de Bercy lors de l’hommage que celle-ci lui avait rendu en 2008.

Son nom est associé à celui de Godard (Pierrot le fou), Truffaut (Baisers volés) et Tavernier (Daddy Nostalgie).
Pour Que la fête commence, il avait travaillé la musique d’après le manuscrit original de l’un des deux opéras composés par le neveu de Louis XIV, Philippe d’Orléans (dit "le Régent" ou "Monsieur") : Penthée. Pour cela, il avait été nommé aux Césars de 1976.


 



 


Mais Antoine Duhamel a musiqué bien d’autres films moins célèbres de cinéastes moins renommés mais que l’on n’admire pas moins : Pierre Kast, Philippe Condroyer, Franck Cassenti, Jean-François Adam ou René Richon.

Dans La Coupe à dix francs (1974), de Philippe Condroyer, il côtoie Anthony Braxton.

Aparte  : ce film, épatant, avait été, à l’époque, largement évincé par Les Doigts dans la tête de Jacques Doillon. On ne sait pourquoi : les deux films couraient, alors, dans la même catégorie. Le destin de Condroyer en aurait peut-être été changé. Mais les voies des dieux sont impénétrables.

Joli palmarès pour Antoine Duhamel, en tout cas.

D’autant qu’il portait une tache originelle : il était le fils de Georges Duhamel, l’auteur du fameux "le cinéma est un divertissement d’ilotes" qui a fait s’étrangler tant de générations de cinéphiles.

Les fils peuvent effacer les péchés des pères…


De temps en temps, il faut quitter le spectacle en conserve pour retourner au spectacle vivant, et tirer un bord vers le théâtre, cet art majeur.

À partir de demain, on va au Théâtre de la Tempête
Il commence sa saison en grande forme, avec La Grande Nouvelle (de Jean-Louis Bauer et Philippe Adrien (d’après Le Malade imaginaire de Molière), mise en scène de Philippe Adrien, et Matin et Soir de Jon Fosse, mise en scène de Jacques Lassalle.
Que du beau monde !

On ne répétera jamais assez comme La Cartoucherie, à Vincennes, c’est beau et paisible, et comme c’est facile d’y aller.

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Mercredi 10 septembre 2014

 

En cette rentrée 2014, la Cinémathèque française fête François Truffaut, mort il y a 30 ans.
(du 8 octobre au 30 novembre 2014).

Truffaut, déjà qu’il était tenté par le classicime, finira par devenir quasiment académique, calcifié, momifié, en France, au moins, comme Claudel ou Eisenstein.
Intouchable pour les contemporains, et éternellement "redécouvert" par les jeunes générations. Du gibier de ciné-clubs et de cinémathèque, prêt à être éventé.

Pardon les Delmas et la Tournès !, et pardon à nous-mêmes aussi, nous qui sommes (ou avons été) des rats des susdits-lieux. Et qui avons, forcément, aimé Truffaut.

Mais, on peut bien l’avouer, on aime toujours mieux faire ses propres découvertes, suivre le chemin des écoliers, éviter les vaches sacrées et le consensus, a priori suspect, du main stream. Et garder nos trouvailles, jalousement, pour nos consommations personnelles. Au risque de se perdre dans le désert, on sait bien. On a l’air, comme ça, mais on n’est pas si partageux que ça. On pense comme Canetti qui disait : Celui qui me conseille un livre me l’arrache des mains. Celui qui l’exalte me le gâte pour des années.

Alors - et quoiqu’il en soit -, pour Truffaut, on vous suggère un chemin de traverse : le délicieux petit livre de Claude Gauteur, François Truffaut en toutes lettres, La Tour Verte, 2014.
Cf. la critique du livre dans le n° 361-362 de Jeune Cinéma papier.

Claude Gauteur, spécialiste de Simenon, on le connaît bien.
Dans notre bibliothèque, on a ses travaux sur Verneuil, Clouzot, Renoir, Gabin, Michel Simon.

Là, il nous livre sa correspondance avec Truffaut (de 1958 à 1984).

Et de ces échanges légers, sourd une de ces véritables intimités, pudiques et fidèles, telles qu’elles perdurent, parfois, dans le petit milieu parisien, cette "grande famille" qui ressemble tant à la cour des Borgia.

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Mardi 9 septembre 2014

 

Le cinéma La Clef s’est refait une beauté, cet été.
Il continue sa programmation de découverte et son travail militant et commence cette rentrée 2014 en fanfare.

Ce soir, projection, en avant-première du beau documentaire de Denis Gheerbrant, sélectionné au festival du Cinéma réel 2014, On a grèvé .

D’autres projections et débats auront lieu jusqu’au 19 septembre 2014, au Cinéma La Clef.

Oulimata, Mariam, Géraldine, Fatoumata…, les femmes de chambres sous-traitées du groupe Louvre Hôtels (deuxième groupe hôtelier d’Europe), croyaient que c’était normal, la vie qu’elles menaient, dos cassés, horaires infernaux, salaire à la tâche.

Un jour elles se sont révoltées. Elles ont appris la lutte et découvert la prise de parole. Elles ont affronté leur patron géant et ont fait grève pendant un mois, au printemps 2012.
Et elles ont gagné, salaire à l’heure, intégration, 13e mois.
Mieux : En mai 2014, le groupe Louvre Hôtels (500 établissements en France (Campanile, Kyriad, Golden Tulip...), a décidé d’imposer des normes sociales à ses sous-traitants, une première en France.

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Dimanche 7 septembre 2014

 

Venise 2014 : Lion d’Or au film de Roy Andersson Un pigeon assis sur une branche, réfléchissant sur l’existence (A Pigeon Sat on a Branch Reflecting on Existence).

Roy Andersson nous avait bouleversés avec Chansons du deuxième étage (2000) et Nous les vivants (2007).
Il y a sept ans, les avions de guerre commençaient à envahir le ciel.
Aujourd’hui, le "monde de gloire" se perpétue.

On apprend le flamenco, on se téléphone sans cesse pour se confirmer que ça va bien, et les voyageurs de commerce font de leur mieux pour faire marcher l’économie.
Tandis que se profilent, dès le prologue, les rencontres avec la mort.

La trilogie est accomplie : ce Pigeon, nous donne la chair de poule comme ses deux précédents.

Il faut aussi faire connaissance avec les pubs de Roy Andersson.
Elles nous apprennent que la métaphysique - baissons d’un ton : la condition humaine - , ça peut aussi être (très) marrant.


 



Samedi 6 septembre 2014

 

Télévision  : la sélection de Jeune Cinéma pour la quinzaine à venir.

Les réseaux des "Bob Dylan freaks" bruissent de la nouvelle : le 4 novembre 2014 sortira l’intégrale des Basement Tapes de 1967, dont ne circulait "officiellement" qu’une anthologie de 24 titres, parue en 1975.

Le volume 11 des Bootlegs Series promet 138 morceaux, considérablement plus que les versions pirates jusqu’alors accessibles - la plus complète en notre possession se limitant à 107.

C’est parmi ces chansons cachées que Todd Haynes était allé piocher I’m Not There (1956), qui servit de titre à son remarquable film de 2007.

On n’en a pas fini avec le Zim.

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La liste de diffusion de l’Association française de recherche sur l’histoire du cinéma nous annonce la parution, aux éditions L’Harmattan, des Écrits 1945-1983 de Pierre Kast, cinéaste, écrivain et critique.

Ah, Le Bel Âge, perle pour les amateurs. Sortie le 10 février 1960, au début de la belle décennie, avec un 45 tour inoubliable.

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Il semble ne s’agir que d’une sélection de ses articles, et c’est dommage, car Kast n’a jamais rien signé d’indifférent et demeure un des meilleurs critiques, quant à l’intelligence et l’élégance du style, de la dernière moitié du dernier siècle.

Cela ne nous empêchera de déguster, en urgence, cette anthologie, que l’on réclamait depuis si longtemps. Et d’y faire écho, lecture faite.


Clin d’œil éphémère :

Je ne suis pas devenu socialiste parce que j’aimais les pauvres mais parce que je les haïssais.
Arthur Koestler, La Tour d’Ezra.



Vendredi 5 septembre 2014

 

En Alsace, le gamin de 15 ans a avoué : le 2 septembre 2014, c’est lui qui a poignardé sa sœur et blessé grièvement son frère, pendant que les parents étaient au yoga. "Il fallait que je le fasse", dit-t-il. Les médias disent qu’il est accro aux jeux vidéos. Dont on sait qu’il fonctionnent fantastiquement comme analgésiques de la douleur (morale et physique).

Nous, on repense automatiquement à cet autre adolescent, qui, le 3 juin 1835, en Normandie, fit à peu près les mêmes gestes : Pierre Rivière. Lui, dans sa prison, avant de se suicider, prit la peine de s’expliquer par écrit. Ce qui donna lieu, en 1973, à un chantier inoubliable de Foucault, et de quelques autres, dont Jean-Pierre Peter et Jeanne Favret.

Les temps ont changé : peu de chance que le petit Alsacien écrive son autobiographie.

Mais d’autres s’empareront peut-être de son histoire.
Comme ils le firent pour Roberto Succo-Zucco.
Les artistes sont toujours fascinés par les envoûtés, que "l’envoûtement" vienne des dieux ou des diables - ce qui bien évidemment revient au même.

Je suis une force qui va ! clame Hernani.

De Pierre Rivière, René Allio fit un film, assisté de Gérad Mordillat & Nicolas Philibert (1975), sur un scénario de Pascal Bonitzer, Jean Jourdheuil et Serge Toubiana, produit par René Féret : Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère...



Jeudi 4 septembre 2014

 

Monsieur Chat est poursuivi par la RATP.

Rappel des faits :

1ère période des graffeurs : La contestation.

Tous ceux qui s’appropriaient la rue, étaient dans l’illégalité, et les peines pleuvaient, sans nuances. C’était de la dégradation. Normal, comme les révolutionnaires, par définition, sont hors-la-loi. Nos copains en prenaient pour 20 ans de prélèvements directs sur leurs salaires (quand ils avaient la chance d’en avoir).

2e période : La récupération.

Ces messieurs-dames, modernes, s’emparaient du délicieux frisson. Le capital culturel s’encanaille volontiers, et les ladies aiment les voyous bien connus pour leur savoir-faire.
Alors la Fondation Cartier accueillait les happy few qui étaient parvenus jusqu’à eux ou ceux qui y étaient déjà : Né dans la rue, en 2009, était un must, avec un super catalogue.

3e période : La diffusion.

Les classes moyennes, pour garder le contrôle, faisaient repeindre leurs fourgonnettes par des copains mal payés. Les stations de métro fragiles protégeaient leurs murs de diverses manières (La station Saint-Jacques a eu du goût)

4e période : La conscience malheureuse.

Faut pas croire que, dans le processus dialectique, la contradiction fasse toujours avancer le moteur à explosion. Quelque fois ça pédale dans la choucroute, on ne sort pas de l’antithèse, ça s’appelle la crise.

Bref, où en est-on, en septembre 2014, avec les graffeurs ?
Dans la dérégulation. Le mot est moderne et plein de ressources.
C’est-à-dire que ça dépend, si y a du vent, si y pleut…
Si on a besoin de fric, aussi. Et "on" en a grand besoin.

Les graffeurs, la télé les célèbre, ça en devient même un marronnier.
Dans tous les films, ils apparaissent, en personnages, ou en œuvres dans le décor urbain.
La Tour Paris 13 a fait un tabac en 2013.
Le site de la Mairie du 13e propose un parcours guidé.
À Aubervilliers, les graffeurs ont triomphé dans une friche, avec le In situ art festival du printemps 2014 (cf. Ma’Joad de juillet 2014).
Monsieur Chat n’a fait que recouvrir un chantier en rénovation.

Banksy se marre, là-bas à New York City.

Thoma Vuille est connu depuis 1997, célébré par Chris Marker depuis 2004, et repéré à New York depuis 2006. En 2007, on ne l’a pas condamné (ou si peu) à Orléans.

Alors pourquoi tout d’un coup se réveille-t-on ?
C’est qu’un sou est un sou et qu’il n’y a pas de petits profits dans notre société "social-libérale".

Monsieur Chat ? Et ses semblables ?
Mais dans les musées, voyons. Suffit qu’ils aient un bon carnet d’adresses.
Genre : la tolérance, y a des maisons pour ça.
Genre : la chanson de Ferrat, on a le choix entre la jungle ou le zoo.

On ne croit guère ni aux boycotts ni aux pétitions.
Et de moins en moins aux manifs.
Mais comme on ne veut pas (encore) de la guerre, et que la révolution rapide et joyeuse de Maïakovski est clairement un rêve d’ivrogne, il reste peu de choix d’action.

Et puis certaines pétitions ont fait du bruit, à défaut d’être efficaces tout de suite.
Les décibels médiatiques, ça fait parfois le boulot d’agit-prop. Les pétitions et autres manifestes, après-coup, sont apparus comme des précurseurs.
C’est un honneur d’être précurseur, même si cela n’apporte guère de gratification et si c’est trop souvent posthume.

Alors vous pouvez pétitionner ici.

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