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Semaine télé du 10 au 16 août 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 10 août 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

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Grandeur et décadence d’un petit commerce de Jean-Luc Godard (1986), avec Jean-Pierre Mocky.

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 10 août 2019

 

20.40 : De toutes nos forces de Niels Tavernier (2013), OCS Max
On ne peut pas dire que le cinéaste choisisse des sujets faciles pour ses films de fiction : le conte de fées de Aurore (2006), la biographie du Facteur Cheval (2018) et ce couple, père-fils handicapé, qui décide de participer à un triathlon. En tout cas, le public a suivi, pour ce film de sport extrême : près de 700 000 spectateurs ont accompagné Jacques Gamblin et Fabien Héraud dans leur cavalcade.

20.50 : MR 73 d’Olivier Marchal (2008), Frisson
Marchal a ses amateurs, et ses réticents. Pour les uns, efficacité, connaissance du milieu (son passé de flic), bonne direction d’acteurs. Pour les autres, complaisance, lourdeur, ambiguïté (son passé de flic). Il est vrai qu’il parcourt un univers balisé sans y apporter beaucoup d’originalité. Il n’empêche que ses films se laissent regarder - et oublier rapidement, ce qui permet de les revoir les soirs de disette.

20.50 : La Femme en ciment de Gordon Douglas (1968), TCM
Un Douglas inédit sur le câble, c’est la fête. D’autant que ce second épisode des aventures de Tony Rome, le détective privé de Marvin H. Albert, est aussi bon que le premier - Le Détective (1968), passé le 21 avril 2019 sur Classic). Du polar à l’ancienne - pour une fois pas en Californie, mais en Floride. Sinatra est parfait, bien secondé par Raquel Welch et Richard Conte, toujours excellent.

22.30 : Pris de court d’Emmanuelle Cuau (2017), OCS City
La réalisatrice a très peu tourné : en vingt-cinq ans, trois films et deux téléfilms, ce qui est trop peu, eu égard à l’intérêt de ses débuts, avec Circuit Carole (1995), dans lequel Laurence Côte découvrait l’univers de la moto. Ici, c’est Virginie Efira, dont on n’est pas encore lassé malgré ses onze films en trois ans, qui assure, en mère de famille prise dans l’engrenage du mensonge pour la bonne cause.

22.35 : Le Septième Voyage de Sinbad de Nathan Juran (1958), Classic
Les quelques westerns tournés par Juran au début des années 50 ne laissaient pas prévoir le charme et la réussite de ses films fantastiques, entre 1957 (La Chose surgie des ténèbres) et 1964 (Les Premiers Hommes dans la Lune). Si L’Attaque de la femme de 50 pieds (1958) vaut surtout par son affiche, Jack le tueur de géants (1962) et cette adaptation d’un épisode des Mille et Une Nuits sont des bijoux, avec leurs séquences d’animation encore artisanale. Il faut dire qu’ici, c’est Ray Harryhausen qui signe les effets spéciaux (avec son procédé la Dynamation), et son cyclope et son oiseau-rock figurent parmi ses créations les plus plaisantes. La musique est composée par Bernard Herrmann, alors…

 

Dimanche 11 août 2019

 

20.40 : 3h10 pour Yuma de James Mangold (2007), OCS Max
Ils sont bons, Russell Crowe et Christian Bale. Il se sort correctement, Mangold, d’un genre encore inabordé. Mais était-il vraiment nécessaire de faire un remake, même avec des points de vue plus modernes, du film de Delmer Daves, qui n’a que bien peu vieilli ? Il faut dire que Glenn Ford et Van Heflin faisait un sacré duo, en 1957.

20.40 : Paterson de Jim Jarmush (2016), OCS City
On n’ose pas le signaler, tant il est si souvent passé. Mais si, one more time.

20.50 : Dieu seul me voit (Versailles-Chantiers) de Bruno Podalydès (1998), Famiz
Deuxième volet de la trilogie versaillaise, inaugurée la semaine dernière par Versailles Rive-Gauche. C’est le premier long de BP, avec déjà son petit monde clairement délimité, et Denis, le frère, déjà semblable à lui-même, avec quelques mèches de plus. Au générique, la bande croisée deux ans plus tôt dans Comment je me suis disputé… de Desplechin : Balibar, Amalric, Podalydès, Vuillermoz.

23.45 : Tesnota de Kantemir Balagov (2017), Club
Passé il y a peu (29 janvier 2019), mais c’est une bonne occasion de le revoir et d’enchaîner avec le second long de Balagov (encore plus éprouvant), Une grande fille, sorti en salles mercredi 7 août 2019.

 

Lundi 12 août 2019

 

20.40 : Tamara vol. 2 d’Alexandre Castagnetti (2018), OCS Max
Faute d’avoir vu le 1, nous ne sommes pas allés voir le 2. C’est peut-être une erreur, mais les comédies générationnelles française finissent par user. Les protagonistes (Héloïse Martin, Rayane Bersetti) nous sont inconnus, mais il y a Sylvie Testud et surtout Blanche Gardin, dont la seule présence justifierait la nôtre devant l’écran.

20.40 : Le Baron de l’écluse de Jean Delannoy (1960), OCS Géants
Pas sûr que si le programme alentour était plus aguichant, on signalerait le film : le dialogue d’Audiard peine à rendre tonique un scénario signé Maurice Druon, plus habile à concocter des épopées historiques grand public qu’à développer les quelques pages d’une nouvelle de Simenon. Nonobstant, lorsque l’on sait que l’on ne va pas voir Hiroshima mon amour mais un véhicule pour Gabin, le plaisir est là. D’abord parce que celui-ci n’est pas encore le patriarche momifié qu’il deviendra bientôt et ensuite, qu’il y a une flopée d’acteurs de qualité qui viennent faire trois petits tours (Blanchette Brunoy, Alexandre Rignault, Micheline Presle, Jacques Castelot, Jean Constantin, etc.).

20.50 : Le Désert de la peur de Jack Lee Thompson (1958), Classic
Film inconnu - il faut dire que l’on n’a jamais couru après les films de JLT, attendant qu’ils nous passent devant les yeux. Mais tout n’est pas mauvais dans les 49 titres tournés, entre autres ces Nerfs à vif (1962) que Scorsese a vainement tenté d’égaler. IMDB assure que le film est sorti en France, nous n’avons pas souvenir de l’avoir vu programmé - mais peut-être le beau film de Walsh, Along the Great Divide (1951), intitulé en français Le Désert de la peur, nous a-t-il fait les confondre. John Mills, Anthony Quayle, Harry Andrews, Sylvia Sims sont des acteurs anglais solides, de ceux que réprouvait (stupidement) Truffaut.

 

Mardi 13 août 2019

 

20.40 : L’Eau à la bouche de Jacques Doniol-Valcroze (1960), OCS Géants
Certes passé il y a un peu plus de deux ans, mais cette comédie demeure une des meilleures de la Nouvelle Vague, pleine d’une fraîcheur que seuls les premiers films de Pierre Kast possédaient. En hommage à Alexandra Stewart, la seule survivante parmi le trio des dames du château, Françoise Brion et Bernadette Lafont.

20.50 : Créatures féroces de Fred Schepisi & Robert Young (1996), Famiz
Huit ans après Un poisson nommé Wanda, succès-surprise de Charles Crichton, les producteurs eurent l’idée de rassembler de nouveau les quatre zozos, les deux anciens Monty Python, John Cleese et Michael Palin + Kevin Kline et Jamie Lee Curtis. Mais les meilleures intentions ne font pas forcément des miracles, et le souvenir que l’on a du film n’est pas celui d’une grande réussite dans la rigolade (ce que le premier était par moments, sans jamais égaler les délires télévisuels des défunts Python). Le public français a, semble-t-il, éprouvé la même déception (300 000 entrées contre plus de 2 millions à Wanda).

22.20 : Wild Child de Nick Moore (2008), Famiz
Réalisateur inconnu, film apparemment jamais distribué ici, acteurs qui ne nous évoquent rien (Emma Roberts). Que faire ? Se risquer à y jeter un œil, puisqu’il est inédit.

 

Mercredi 14 août 2019

 

20.40 : CoeXister de Fabrice Éboué (2017), OCS City
Inédit. On se contentera de citer l’Annuel du cinéma 2018 : "Éboué continue à s’affirmer comme un fan de Gérard Oury". La messe est dite.

20.40 : Après la guerre d’Annarita Zembrano (2017), OCS City
Premier film. Le sujet est chaud - la reconversion d’un ex-membre des Brigades rouges et sa fuite obligée loin de Paris avec sa fille - et renvoie évidemment à Cesare Battisti. Mais l’intelligence du scénario et une direction d’acteurs remarquable (Barbara Bolubova et Giuseppe Battiston enfin dans un premier rôle) font de ce film (on aimerait en voir un second) une belle découverte. 20 000 entrées, c’est peu.

20.50 : L’École buissonnière de Nicolas Vanier (2017), Premier
Ne pas confondre avec le bon film (mais si !) de Jean-Paul Le Chanois (1948), défense et illustration des méthodes d’enseignement Freinet. Vanier (ne pas confondre non plus avec Jean-Claude V., le superbe arrangeur des meilleurs musiciens depuis cinquante ans) est un suractif, explorateur, écrivain et cinéaste, qui est parvenu, entre 1985 et aujourd’hui, à faire x expéditions, écrire 35 volumes et réaliser une vingtaine de films. Chapeau bas ! Ici, on est dans le film écolo pour enfants, belle amitié de l’orphelin et du braconnier, belle forêt qui nous entoure, beau cerf que l’on va sauver des méchants chasseurs. François Cluzet, avec un vrai cœur sous sa rude écorce, qui couche avec la femme (Valérie Karsenti) du garde-chasse (Eric Elmosnino) du comte de La Fresnaye (François Berléand). Les ayants droit de Renoir n’ont pas réagi.

20.50 : Sur la piste de la grande caravane de John Sturges (1965), TCM
Le Sturges de 1965 n’était plus celui des années 50, celui de Coup de fouet en retour, de Règlements de comptes à OK Corral ou du Trésor du pendu. Les Sept Mercenaires et La Grande Évasion étaient passés par là, et sa nouvelle version du combat de Tombstone, 7 secondes en enfer (1967) ne vaut pas la première. Bon, il restait tout de même du talent chez Sturges et ses acteurs - Burt Lancaster, Lee Remick, Donald Pleasence, Brian Keith, Pamela Tiffin - étaient costauds. Mais 165 minutes, c’est long (il semble que soit annoncée ce soir une version plus courte de 20 mn).

 

Jeudi 15 août 2019

 

20.40 : Cinq cartes à abattre de Henry Hathaway (1968), Paramount Channel
Un Hathaway inédit ! Le cinéaste n’était plus au sommet de sa courbe (il lui restera quatre films à tourner), mais, à 70 ans, il avait de beaux restes, la preuve : ce western s’intercale entre Nevada Smith (1966) et True Grit (1969). Les acteurs jouent à leur rythme et comme il s’agit de Robert Mitchum et de Dean Martin, ils prennent leur temps.

20.40 : Grosse fatigue de Michel Blanc (1994), OCS City
Dernier passage : le 28 septembre 2015. Sans l’avoir oublié (le scénario, fort astucieux, avait décroché le prix à Cannes), on peut s’y remettre avec un plaisir certain. Blanc n’est pas suffisamment considéré comme réalisateur et on souhaiterait le voir plus souvent derrière la caméra : seize ans entre Embrassez qui vous voudrez (2002) et Voyez comme on danse (2018).

00.20 : Stonewall de Roland Emmerich (2015), Émotion
Signalé déjà la semaine dernière, mais c’est l’année anniversaire, et, partout aux USA et dans le monde, on célèbre les émeutes de la libération toute au long de l’année. Le film de Roland Emmerich, cinéaste engagé gay et habitué du box-office, n’est pas son meilleur, et ce fut un échec commercial. Mais, à travers l’histoire de l’arrivée à New York d’un jeune provincial juste au milieu de ces jours agités, il donne une bonne idée de ce qu’étaient les consciences ces années-là, avant que la minorité ne se constitue en communauté.

 

Vendredi 16 août 2019

 

22.30 : We Blew It de Jean-Baptiste Thoret (2017), Club
Documentaire sur l’Amériques sinon profonde, au moins transversale : Thoret a traversé les USA en 2016, en pleine période électorale, et a rencontré beaucoup de monde, des anonymes et d’autres moins (Bogdanovich, Schatzberg, etc.). Problème : le film est très long (138 mn) et très court (à force de ne garder que quelques phrases de chacun des intervenants ou de n’entendre que quelques notes de musique, on a l’impression d’une bande annonce). On rêve d’une version longue en DVD, dans laquelle chaque cinéaste irait au bout de son propos et où les chansons de Dylan, Springsteen ou du Creedence Clearwater passeraient intégralement. L’auteur semble hésiter entre Reichenbach, Marker et Depardon. Il aurait mieux fait de se contenter de faire du Wiseman, en laissant son temps au temps. Mais la masse d’éléments fournis est forcément intéressante.

23.45 : Quelqu’un de bien de Patrick Timsit (2002), Premier
On n’a pas trouvé trace d’un précédent passage. C’est étonnant, au vu du renom de l’acteur-auteur. Des trois titres qu’il a réalisés, c’est celui-ci, le deuxième, le plus intéressant. Il y a souvent une tendance chez Timsit-acteur à jouer les victimes, ou les disgraciés, et à frôler le sentimentalisme (mais dans ses rôles de méchant, il peut être extraordinaire). Ici, la brouille entre les deux frères (l’autre est José Garcia) et sa résolution aurait pu verser dans la guimauve ; en définitive, l’attendrissement est bien maîtrisé. Drôle d’heure pour programmer un inédit.



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