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Solanas, Fernando (1936-2020)
Brève
publié le mercredi 11 novembre 2020

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Abla 2020 (mercredi 11 novembre 2020)

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Mercredi 11 novembre 2020

 

Fernando Solanas (1936-2020) est mort du covid, à Paris vendredi dernier, ce 6 novembre 2020, après avoir été hospitalisé le 21 octobre 2020.

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Il venait d’avoir 10 ans quand Juan Perón (1895-1974) a été élu président de la République pour le 1ère fois, le 24 février 1946. Et depuis son premier court métrage, Seguir andando (1962), jusqu’à son dernier film (actuellement en post-production), Tres a la deriva del caos (2020) où il réaffirme son unité intérieure dans un dialogue philosophique avec deux amis artistes, le peintre Luis Felipe Noé (né en 1933, père de Gaspar Noé) et le dramaturge Eduardo Pavlovsky (1933-2015), en 21 films, il n’a jamais séparé son élan artistique de son engagement politique, que ce soit dans son pays ou en exil, dans ses documentaires ou à travers ses fictions.

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Dans cette Argentine accablée des coups d’État du 20e siècle, il avait créé, avec Octavio Getino et Gerardo Vallejo, le Grupo Cine Liberación, à la fin des années 1960, lié à la gauche péroniste. Juan Domingo Perón, élu trois fois président de l’Argentine (1946-1952 ; 1952-1955 ; 1973-1974), leur avait d’ailleurs adressé un lettre de soutien en 1971 (de son exil en Espagne franquiste). L’objectif était de promouvoir un Tercer Cinema, en phase avec la nouvelle vague du Cinema Novo brésiilien, la création de l’Institut cubain de l’art et de l’industrie cinématographiques ((ICAIC) ou le Grupo Ukamau créé par Jorge Sanjinés (né en 1937) et Óscar Soria (1917-1988) en Bolivie.

Le "Tiers-cinéma", devrait être un cinéma du du tiers-monde, qui "oppose au cinéma industriel un cinéma artisanal ; au cinéma des individus, un cinéma des masses ; au cinéma d’auteur, un cinéma des collectifs ; au cinéma de désinformation néocolonial, un cinéma d’information ; au cinéma d’évasion, un cinéma qui restaure la réalité ; au cinéma passif, un cinéma agressif ; au cinéma institutionnalisé, un cinéma de guérilla…"

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Le long manifeste de 4h 20 mn, tourné clandestinement L’Heure des brasiers (La hora de los hornos : Notas y testimonios sobre el neocolonialismo, la violencia y la liberación) de Octavio Getino & Fernando E. Solanas (1968), sorti en France le 18 juin 1969, devenu mythique, on avait pu le voir avant, aux festivals de Pesaro en juin 1968 et de Mannheim 1968, enthousiasmant une génération et tout spécialement l’équipe de Jeune Cinéma, revue anti-colonialiste par excellence, cf. l’implication de ses fondateurs, dans le réseau Jeanson, le Manifeste des 121 ou le stage annuel de la FFCCJ, à Boulouris, avec le FLN en 1962)


 

Cf. aussi, dans Jeune Cinéma n°37, mars 1969, la critique de L’Heure des brasiers et l’entretien avec Fernando Solanas au sujet du film.

Plus tard, Jeune Cinéma avait continué à le suivre de près, rendant compte de chacun de ses films et publiant plusieurs entretiens, du n°37 de mars 1969 au n°349 de décembre 2012.

On avait aimé tout spécialement :

* Tangos, l’exil de Gardel (El exilio de Gardel : Tangos) de Fernando E. Solanas (1985).


 

* Le Sud (Sur) de Fernando E. Solanas (1988).

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En vieillissant, l’artiste s’était assagi, et avait fait de la politique politicienne : opposant politique de centre gauche, puis député de 1993 à 1997, sénateur en 2013, et élu, en juillet 2020, Ambassadeur de l’Argentine auprès de l’Unesco, et, dans le même mouvement, cinéaste honoré à Venise, à Berlin et à Cannes aussi bien qu’à La Havane.

* Son film Mémoire d’un saccage. Argentine, le hold-up du siècle (Memoria del saqueo) a obtenu l’Ours d’honneur à la Berlinale 2003.

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Fernando Ezequiel Solanas, alias Pino, est pourtant resté le cinéaste militant de sa première heure, toujours à travers le prisme des crises de son pays, emblématique des méfaits et des soubresauts du capitalisme chauffé à blanc, engagé pour des causes universelles comme l’avortement ou la protection de l’environnement.

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Il avait produit le film de son fils, Juan Solanas, présenté hors compétition au Festival de Cannes 2019, et sorti sur les écrans juste avant le confinement I (Jeune Cinéma n°395, été 2019) :

* Femmes d’Argentine (Que sea ley) de Juan Solanas (2019).


 

En 2018, au Forum des images, il le confirmait.


 

Les hommages se multiplient :

* Sur France Culture.

* Sur Ciaovivalaculture.

* Sur le site de la Cinémathèque française.

* Sur le site de la Cinémathèque québécoise.



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