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Dates-clés de Jeune Cinéma
Jeune Cinéma en son temps
publié le mardi 11 septembre 2018

La revue Jeune Cinéma, née en 1964, appartient à une génération, elle a une généalogie.
Dans l’esprit du temps, ses créateurs et ses animateurs ont fait des choix, esthétiques et politiques.

Quelques dates-clés du destin d’une revue cinquantenaire.

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* Vendredi 22 mars 1895 : Naissance officielle du cinéma.
Dans les locaux de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, 44 rue de Rennes à Paris, les deux Lyonnais, Auguste & Louis Lumière font une conférence sur la photographie en couleurs. Ils offrent aux invités une petite surprise, une série de "vues animées", que Louis avait enregistrées, trois jours plus tôt, le 19 mars 1895, à Lyon, rue Saint-Victor, avec les ouvriers de l’usine. Ces 50 secondes d’images, sans titre - ce n’est que plus tard qu’elles deviendront La Sortie des usines Lumière (version 1, celle du printemps) - enthousiasment les professionnels.
À la fin de l’année, le 28 décembre 1895, il y aura une première projection, payante, au Salon indien, dans le sous-sol du Grand Café de l’hôtel Scribe à Paris, au 14 boulevard des Capucines.

* 14 décembre 1912 : Naissance de Jean Delmas (1912-1979), fondateur de la revue Jeune Cinéma.

* 1917-1919 : Louis Delluc (1890-1924, âgé de 27 ans, "invente" la critique cinématographique. Assurant déjà la rubrique cinéma de Paris-Midi, il succède à Colette dans la revue Le Film. Puis, il crée Le Journal du ciné-club, en direction du "grand-public".

* 1920 : Firmin Gémier (1869-1933) fonde le Théâtre national populaire (TNP), situé à l’origine au Palais de Chaillot à Paris.

* Avril 1921 : Ricciotto Canudo (1877-1923) fonde le Club des Amis du 7e Art. La revue de Louis Delluc Ciné-Club s’arrête, et en mai 1921, il lance la revue Cinéa.

* 1er avril 1921 : Naissance de Andrée Tournès (1921-2012).

* 1928 : Jean George Auriol (1907-1950 fonde la revue Du cinéma, qui devient l’année suivante La Revue du cinéma. La revue cesse de paraître entre 1932 et 1946, puis reprend pour s’arrêter définitivement en 1949.

* 2-7 septembre 1929 : Premier Congrès international du cinéma indépendant (CICI), à La Sarraz, Suisse, avec notamment Serguei Eisenstein, Bela Balazs, Guido Cavalcanti, Hans Richter, Joris Ivens.

* 6-21 août 1932 : Première Mostra de Venise.

* Fin 1935 : Henri Langlois (1914-1977) et Georges Franju (1912-1987) créent un ciné-club intitulé "Le Cercle du cinéma".

* 2 septembre 1936 : Naissance de la Cinémathèque française, qui a pour mission de "conserver, restaurer, montrer et enseigner les films", sous la direction de Henri Langlois.

* Septembre 1946 : Jean Michel (1957) fonde le premier ciné-club de jeunes à Valence. C’est un club privé "interdit aux plus de 15 ans". Les séances sont suivies d’un débat, où personne n’a le droit de dire "Taisez-vous !".

* 20 septembre-2 octobre 1946 : Premier Festival de Cannes, au Palais des festivals.

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* 25 octobre 1946 : Les pouvoirs publics et les professionnels du cinéma fondent le Centre national du cinéma (CNC). Il sera sous différentes tutelles, jusqu’à André Malraux, qui, en 1959, le placera sous celle du ministère de la Culture.

* Octobre 1946 : Paul Painlevé (1863-1933), ami de Jean Vigo (1905-1934) fonde la Fédération française des ciné-clubs (FFCC).

* 1947 : Georges Sadoul (1904-1967) et Thorold Dickinson (1903-1984) fondent la Fédération internationale des ciné-clubs.

* 4-10 septembre 1947 : Sur une proposition de René Char, Jean Vilar (1912-1971) organise "Une semaine d’art en Avignon". C’est le début du Festival d’Avignon.

* 21 juillet 1950 : Fondation de la Fédération française des ciné-clubs de jeunes (FFCCJ). Président : Jean Michel. Secrétaire général : Jean Delmas.

* Printemps 1951 : Joffre Dumazedier (1915-2002) et Benigno Cacérès (1916-1991) crée "Peuple et Culture", réseau d’associations d’éducation populaire, dont l’objectif est de "rendre la culture au peuple et le peuple à la culture".

* Avril 1951 : Jacques Doniol-Valcroze (1920-1989) fonde Les Cahiers du cinéma.

* 1951 : Jeanne Laurent (1902-1989) nomme Jean Vilar à la tête du TNP. Il conçoit son théâtre comme un service public, aussi nécessaire que le gaz et l’électricité.

* Mai 1952 : Bernard Chardère, à Lyon, fonde la revue Positif. La revue se positionne dans l’esprit de la Décentralisation, et se situe à gauche. Bernard Chardère rejoindra Roger Planchon (1931-2009) au Théâtre de la Cité en 1961.

* 1953 : Naissance de la revue Théâtre populaire autour du travail de Jean Vilar (1953-1964), codirigée par Roland Barthes (1915-1980) et Bernard Dort (1924-1994).

* 1er novembre 1954 : "Toussaint rouge", début de la guerre d’Algérie.

* 1er décembre 1955 : La Cinémathèque française s’installe au 29 rue d’Ulm, Paris, 5e, dans la salle de 260 places de l’institut pédagogique.

* 18 mars 1956 : Première AG de la FFCCJ, au Musée pédagogique de la rue d’Ulm.

* 10-15 septembre 1956 : Premier stage d’animateurs de la FFCCJ, au CREPS de Boulouris.

* Juillet 1957 : Mort de Jean Michel, président de la FFCCJ.

* 28 juillet-11 août 1957 : Le VIe Festival mondial de la jeunesse et des étudiants a lieu à Moscou, avec 34 000 participants venus de 177 pays. Jean Delmas et Ginette Gervais-Delmas, ainsi que Andrée Tournès y assistent.

* 20 octobre 1957 : Le conseil d’administration de la FFCCJ se réunit pour élire un nouveau président. Jean Delmas, secrétaire général, est le seul candidat. Mais Henri Agel (1911-2008), catholique militant, intervient pour dire qu’il est "fort dangereux d’élire un président d’extrême gauche". La FFCCJ, qui fête ses 7 ans, connaît sa première crise, avec l’irruption du politique. Jacques Michel, candidat de dernière heure est élu président.

* 19 janvier 1958 : AG extraordinaire de la FFCCJ. Les délégués mettent en cause les récentes déclarations de Henri Agel et parlent de "maccarthysme". Celui-ci évoque des "marxistes locaux" fauteurs de troubles dans des ciné-clubs de province. Une motion “condamne toute intervention motivée par des considérations d’ordre politique ou idéologique dans la gestion d’un organisme dont la richesse est précisément la pluralité d’opinions".

* Février-mars 1960 : Démantèlement du Réseau Jeanson de soutien au FLN.

* 5 septembre 1960 : Procès du Réseau Jeanson et des "porteurs de valises", devant le Tribunal permanent des forces armées de Paris, dans l’ancienne prison du Cherche- Midi. Ils sont poursuivis pour "atteinte à la sûreté extérieure de l’État". Jean et Ginette Delmas ainsi qu’Andrée Tournès y témoignent.

* 6 septembre 1960 : Parution dans le journal Vérité et Liberté, du Manifeste des 121, qui prône la désobéissance militaire et l’indépendance de l’Algérie. Le texte et les signatures sont repris dans Les Temps modernes, n°173-174, août-septembre 1960. Jean et Ginette Delmas et Andrée Tournès font partie des premiers signataires.

* 25 février 1961 : Évasion spectaculaire de la Petite-Roquette de six détenues, dont Micheline Pouteau, collègue de Andrée Tournès. Hélène Cuénat racontera l’épisode dans son ouvrage La Porte verte.

* Nuit du 12 au 13 août 1961 : la RDA construit un mur qui coupe Berlin en deux.

* 17 octobre 1961 : À Paris, répression de la manifestation pacifique des Algériens, venus des bidonvilles. C’est un massacre.

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* 18 mars 1962 : Signature des accords d’Évian et cessez-le-feu immédiat en Algérie.

* 19-24 juillet 1962 : Contactés par le FLN, les Delmas et Andrée Tournès acceptent de consacrer le stage annuel de la FFCCJ à Boulouris à la formation cinématographique des futurs cadres de la révolution algérienne. Ils l’animent avec Michèle Firk (1937-1968. Trois thèmes : “La condition des travailleurs et leur lutte pour un meilleur sort”, “Le rôle de la femme dans la société” et “L’enfant face aux bouleversements sociaux”.

* Juillet 1964 : La FFCCJ devient la Fédération Jean-Vigo. Andrée Tournès en devient secrétaire générale.

* 15 septembre 1964 : Sortie du n°1 de la revue mensuelle Jeune Cinéma. Le titre a été proposé par Bernard Chardère, la maquette réalisée par le peintre Max Schoendorff (1934-2012). Tirage : 15 000 ex. ; prix du numéro : 1, 50 F.

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* 18 octobre 1964 : Jean Delmas est élu président de la Fédération Jean-Vigo. Il emprunte son logo à Henri Matisse.

* Décembre 1964 : Lucien Logette et ses amis créent le ciné-club de l’UNEF, Zéro de conduite (1964- 1967), affilié à la Fédération Jean-Vigo. À cette occasion, il retrouve son professeur de Nanterre, Jean Delmas, et fait la connaissance de Andrée Tournès.

* 29 mai-6 juin 1965 : Jean Delmas participe à la première édition du Festival du film de Pesaro, festival selon son cœur, où Pasolini tente de définir (en vain) ce qu’est le "nouveau cinéma".

* Printemps 1966 : 22 mars 1966 : Interdiction aux moins de 18 ans du film La Religieuse, de Jacques Rivette ; 31 mars 1966 : Le secrétaire d’État à l’Information interdit la distribution et l’exportation du film ; 26 avril 1966 : À la Mutualité, se tient un meeting contre l’interdiction de La Religieuse. Des réalisateurs, Rivette, Resnais, Marker, Daquin, Chabrol et Godard, témoignent de leurs démêlés avec la censure. La Fédération Jean-Vigo met toutes ses forces, dans la bataille contre "Anastasie".
À l’avant-garde de la Fédération, la revue. "La force d’Anastasie est de se tapir dans l’ombre" écrit Jean Delmas, dans Jeune Cinéma n°16.

* 1er octobre 1966 : Obsèques de André Breton (1896-1966), mort le 28 septembre 1966 (enterré au cimetière des Batignolles, où Elisa Breton le rejoindra le 5 avril 2000).

* Janvier 1968 : Premier numéro double de Jeune Cinéma (n°27-28), consacré au cinéma italien.

* Février 1968 : Affaire Langlois. Henri Langlois est démissionné par Malraux, le 9 février. Toute la profession se mobilise. 18 mars 1968 : manifestation place du Trocadéro. Mars 1968 : Jeune Cinéma dénonce, dans son numéro 29, "Main basse sur la cinémathèque". Dans ce même numéro, Jean Delmas rédige le premier compte rendu du Festival de Mannheim (né en 1952), que la revue va suivre régulièrement.

* Mai 1968 : 10 mai 1968 : Barricades de la rue Gay-Lussac, à Paris ; 19 mai 1968 : Interruption du Festival de Cannes. La FFCCJ reste ouverte rue Lamarck, et les étudiants viennent s’y ravitailler en films, militants et burlesques de préférence.

* Novembre 1968 : Cinquante gendarmes (dans sept estafettes) effectuent une descente à la Maison des jeunes du village alsacien de Bollwiller, afin de saisir les films en cours de projection (30 spectateurs) : La Reprise du travail aux usines Wonder et La Grève à Nantes. Roger Meyer, animateur de ce ciné-club, est également vice-président de la Fédération Jean-Vigo. Jean Delmas, dans le numéro 35 de janvier 1969 de Jeune Cinéma, dénonce "la chasse aux films". Il écrit : "On ne fera croire à personne que les circonstances de la réunion mettaient en question l’ordre public. Ce n’est pas l‘ordre public qui était menacé à Bollwiller. Mais c’est ’l’ordre moral’ qu’on veut instaurer en France".

* 12 mai 1969 : La Fédération Jean-Vigo apprend que la subvention versée par le ministère de la Jeunesse et des Sports est réduite de 75%. Jean Delmas écrit au président de la République, soutenu par de nombreuse personnalités, dont Jean-Claude Carrière, William Klein, Marcel Duhamel, Louis Malle, Jacques et Pierre Prévert, Serge Reggiani, François Truffaut, Serge Roullet..., ainsi que par sept fédérations de ciné-clubs.

* 26 mars 1970 : Les subventions de toutes les fédérations de ciné-clubs sont réduites de 50%. Celles de Jean-Vigo de 75%, qui compte 50 000 adhérents, fête ses 20 ans et figure en 4e place des fédérations de ciné-clubs. Jean Delmas écrit au secrétaire d’État chargé de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs une lettre reproduite dans le n° 45 de Jeune Cinéma de mars 1970 : "Nous refusons l’aumône". Sans subvention, elle constitue un front commun avec les autres fédérations contre la censure, et poursuit les activités du ciné-club Anastasie.

* Juin 1970 : Jean-Vigo fonde Ciclop-Films (Coopérative d’intervention des ciné-clubs pour les opérations de promotion du film) avec pour objectif d’investir dans le lancement de films indépendants, en liaison avec le Mouvement Ciné-club.

* 24 octobre 1970 : Au Chili, Salvador Allende, candidat de l’Unité populaire, est élu à l’élection présidentielle.

* 26 juin-6 juillet 1971 : 21e Festival de Berlin et création d’une structure parallèle au festival officiel : le Forum du jeune film, avec l’aide des Amis de la Cinémathèque de Berlin-Ouest. Jean Delmas considèrait la Berlinale comme un festival commercial, mais la revue Jeune Cinéma couvrira désormais le Forum.

* Mars 1972 : Le sigle du TNP est attribué au Théâtre de la Cité à Villeurbanne, Centre dramatique national dirigé par Roger Planchon.

* Printemps 1973 : Création de l’atelier de photocomposition Germinal, par Odette Laban, épouse de Maurice Laban (1914-1956).

* Automne 1973 : 11 septembre 1973 : À Santiago du Chili, coup d’État, Salvador Allende se suicide dans son palais de la Moneda ; 20 décembre 1973 : À Madrid, Carrero Blanco, à son retour de la messe, saute sur une bombe placée par l’ETA. On défile dans les manifs en scandant : Hop, hop, hop, Franco ! Plus haut que Carrero ! Les antifranquistes le consacrent "premier astronaute espagnol".

* 2 mars 1974 : À Barcelone, exécution de Salvador Puig i Antich, pour le meurtre d’un membre de la guardia civil. C’est la dernière exécution capitale par le garrot.

* 1975 : Après cinq ans d’interruption, la subvention ministérielle de la Fédération Jean-Vigo est rétablie. Elle compte cinq permanents à plein temps et deux à mi-temps. Le CNC a maintenu sa subvention de 10 000F. La revue Jeune Cinéma, rédigée par des bénévoles, est déficitaire, elle est donc soutenue par la Fédé. Les stages (à Marly-le-Roi) sont maintenus.

* 20 décembre 1975 : Mort de Franco, dans son lit. Avant de mourir, il a eu le temps, en septembre, de signer la peine de mort pour huit activistes de l’ETA et du FRAP.

* Mai 1978 : 4 mai 1978 : Assassinat à Paris de Henri Curiel, revendiqué par l’OAS ; 9 mai 1978 : Assassinat à Rome d’Aldo Moro, enlevé par les Brigades rouges le 16 mars 1978.

* 14-20 mars 1979 : Sur proposition de la Fédération Jean-Vigo, une semaine "Cinéastes espagnols de l’après-franquisme", se tient dans les trois salles du Palace (avec le concours des autres fédérations, dont l’UFOLEIS). Le noyau de la programmation est constitué par les films présentés au Festival de San Sebastian (9-20 septembre 1978). Le peintre argentin Virgilio Villalba crée l’affiche, et provoque un incident diplomatique avec les Affaires étrangères qui n’apprécient pas Franco en cadavre.

* Avril 1979 : Jean Delmas, sur le point d’être hospitalisé, demande à Lucien Logette de le remplacer au festival de Cannes ; 12 mai 1979 : Mort de Jean Delmas (1912-1979) ; Rentrée 1979 : Andrée Tournès le remplace comme directrice de publication de Jeune Cinéma. Il n’y a toujours pas de rédacteur en chef, ni de comité de rédaction, mais les collaborateurs continuent à se réunir deux dimanches par mois au Vésinet chez Ginette Delmas.

* 19 avril 1980 : L’enterrement de Jean-Paul Sartre (1905-1980) rassemble 50 000 personnes, de l’hôpital Broussais au cimetière du Montparnasse.

* 9-22 mai 1980 : Festival de Cannes. L’équipe de la revue se retrouve dans la maison des Delmas, à Vallauris. Le Prix Jean-Delmas 1980 est attribué à Vacances royales de Gabriel Auer (1936-2014). Il n’y aura que deux Prix Jean-Delmas.

* 10 mai 1981 : Élection à la présidence de la République de François Mitterrand, socialiste, après vingt-trois ans de pouvoir de la droite.

* 1982 : À Lyon, Bernard Chardère et Maurice Trarieux-Lumière créent l’Institut Lumière, à la fois musée et cinémathèque.

* 26 avril 1986 : Catastrophe de la centrale nucléaire de Tchernobyl.

* 9 novembre 1989 : Chute du mur de Berlin.

* 1990 : Jeune Cinéma est fabriqué désormais à l’atelier de photocomposition Germinal, fondé par Odette Laban. Andrée Tournès nomme Lucien Logette rédacteur en chef. Ce poste n’avait existé "officiellement" que dans les numéros 2 et 3/4 (1964), occupé par Pierre Viali, professeur de philo au lycée de Montmorency.

* Février-mars 1992 : Avec son numéro 213, la revue Jeune Cinéma change de maquette ; mai 1992 : La Fédération Jean-Vigo disparaît, et avec elle, la célèbre adresse du 8 rue Lamarck. Jeune Cinéma devient nomade. La revue sera domiciliée chez "Films et Formes", avenue de Saint Mandé, puis aux "Productions de l’Ordinaire", rue Lucien-Sampaix, enfin à Montreuil, chez "Fourier et fils".

* Printemps 1996. 9 mars 1996 : Mort de Ginette Gervais-Delmas, cofondatrice de la revue ; avril 1996 : mort de Anne Kieffer, collaboratrice de la revue depuis le n°27 de juillet 1968. Bernard Chardère rassemble l’intégralité de ses textes publiés dans la revue, sous le titre Au cinéma avec Anne (éditions Jeune Cinéma).

* 1997 : Mort de Ciclop Film ; Andrée Tournès coordonne un ouvrage illustré sur Jean Delmas, Une vie avec le cinéma (Jean-Michel Place / Jeune Cinéma, Paris, 1997). C’est une anthologie de ses articles dédiée "à Ginette". Elle ne signe pas la préface et n’apparaît sur aucune photo.

* 27-29 octobre 2000 : 9e Salon du livre de cinéma, créé par la Cinémathèque française en 1992, qui se tient annuellement à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris. La revue Jeune Cinéma y participe pour la 1ère fois. Réapparition publique, après des années de discrétion, et de difficultés financières. Sans subvention, la revue ne survit que grâce à ses abonnés. Beaucoup la croyaient disparue.

* 11 septembre 2001 : Attentats d’Al-Qaïda contre le World Trade Center, à New York, et effondrement des Twin Towers (3000 morts).

* 14 mai 2002 : À l’occasion de la sortie d’un ouvrage collectif du Cercle Barbara Salutati (Longtemps je me suis souvenu de Mai 68, Castor astral, 2002), au cours d’un cocktail organisé à la Maison des sciences de l’homme, boulevard Raspail, Andrée Tournès retrouve Madeleine Rebérioux (1920-2005). Elles évoquent, avec émotion, les réunions du Comité de vigilance pour la paix en Algérie, au Cluny, en 1957.

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* Automne 2004-hiver 2005 : 15 septembre 2004 : Jeune Cinéma a 40 ans. Pas de numéro spécial, mais des articles de fidèles témoins dans le numéro 291 ; 7 octobre 2004 : Les amis de Jeune Cinéma fêtent l’anniversaire de la revue au restaurant italien La Scala, accueillis par Michèle Berrebi, près de la Cinémathèque Grands Boulevards. Au moment du tiramisu, Andrée Tournès entonne à tue-tête Avanti popolo, bandiera rossa... ; octobre 2004 : Au 13e Salon du livre de cinéma, Jeune Cinéma a un stand. La revue expose une affiche composée spécialement pour elle, par un célèbre graffeur hip-hop. Elle propose aussi une série de T.shirts à l’effigie de JC, avec une inscription sur la manche : forever young ; 5 janvier 2005 : Dans Libération, Édouard Waintrop écrit : "Jeune Cinéma a fêté ses 40 ans, encore plus pauvre qu’à sa naissance".

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* Juillet 2009 : Andrée Tournès écrit son dernier article dans Jeune Cinéma, n°324-325, été 2009. C’est le compte rendu du Festival de Mannheim-Heidelberg 2008. Depuis le n°2 de novembre 1964, elle aura écrit 1272 articles.

* 19 février 2010 : Mort de Odette Laban, créatrice de Germinal. Jean-Luc Einaudi (1951-2014), auteur du livre sur Maurice Laban, son mari, assiste à ses obsèques au Père Lachaise.

* 11 mars 2011 : Catastrophe nucléaire de Fukushima, Japon.

* 15 mai 2011 : Sur la Puerta del Sol, à Madrid, naît le mouvement des Indignados ; 17 septembre 2011 : À Zuccotti Park, à New York, naît le mouvement Occupy Wall Street.

* Novembre 2011 : L’atelier de composition Germinal, géré par Serge Jouanny, après avoir produit le n° d’automne de Jeune Cinéma (340-341), ferme définitivement ses portes.

* 2012. Une année de deuil.

26 février 2012 : Mort de Andrée Tournès (1921-2012) ;

1er mai 2012 : Mort de Micheline Pouteau ;

27 octobre 2012 : Hommage à Andrée Tournès, 1ère partie, au Musée du Montparnasse ;

6 novembre 2012 : Hommage à Andrée Tournès, 2e partie, projection du Champo de Vacances royales de Gabriel Auer (Prix Jean Delmas 1980).

En hommage à AT, la revue Jeune Cinéma publie un numéro spécial hors-série ;

30 novembre 2012 : Mort de Heike Hurst, collaboratrice de Jeune Cinéma depuis 1991. JC rassemble ses textes inédits et les publie dans un numéro spécial hors-série.

* 17 février 2013 : Mort de Alain Virmaux à l’hôpital de Vichy. Il était un des plus précieux collaborateurs de la revue. Il avait contacté Lucien Logette en 1979, à propos d’un texte de Philippe Soupault sur le cinéma qu’il ignorait. Leur relation ne s’était plus arrêtée. À partir de 1990, avec Odette Virmaux, sa femme, il écrivit dans Jeune Cinéma des articles à la fois érudits et ironiques. Ils étaient inséparables. À la mort de celle-ci, en 1996, il a pourtant continué à travailler et écrire.
Son dernier papier figure dans le numéro spécial de Jeune Cinéma en hommage à Andrée Tournès.

* Été 2014 : La revue Jeune Cinéma se dote d’un site web, géré par Anne Vignaux-Laurent.

* Automne 2014 : Jeune Cinéma a cinquante ans. Sa couverture est également composée par deux graffeurs, australiens, cette fois.

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* Mai 2015 : Jeune Cinéma, de plus en plus jeune, ouvre un compte Facebook (une page publique, accessoire du site officiel et un mur très privé), géré par Carlos Piñarca.

* Été 2015 : la revue, citoyenne du monde, internationaliste, "droits-de-l’hommiste", toujours engagée mais jamais encartée, découvre la notion d’Anthropocène et son corollaire "la collapsologie".
C’est son site web qui se charge d’en observer une évolution qui s’accélère d’année en année. Avec, notamment, une filmographie Nucléaire, et une longue bibliographie Anthropocène tenues à jour.

* 2018 : La revue papier, toujours sans subvention ni publicité, continue à paraître, en s’orientant insensiblement vers des textes sur le patrimoine.
Le site web, lui, suit quotidiennement l’actualité cinématographique, impensable hors de son contexte social et culturel, comme le souhaitait Jean Delmas.



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