Chronique 2015
Anthropocène, le vécu
publié le samedi 4 juillet 2015
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Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Old Gringo 2015  : Juillet 2015 (4 juillet 2015).
 

Cf. Chroniques (et vagabondages) de l’Anthropocène (2014-2021).

Cf. aussi :

* Filmographie Anthropocène.

* Bibliographie Anthropocène.

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Samedi 4 juillet 2015
 

Comme tous les samedis : Salut les câblés !

L’injonction était claire. Mais c’est sûr qu’on n’avait pas prévu la canicule.
Les 1% sont sous clim, les 99% suent toutes les eaux de leurs corps, et, à Blois (mairie PS), on coupe l’eau aux Albanais du camp Cache-Cache.
Le climat - comme la démographie - sont des paramètres sous-estimés dans les sciences sociales, et notamment en histoire. Le capitalisme n’est pas né sous les tropiques, par exemple.

Tout ça pour dire que le programme de télé reprendra, comme prévu, à partir de lundi prochain. Ou mardi. Selon la température.

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Et pendant ce temps... Grand choc, thermique et intellectuel : la lecture d’un livre pas comme les autres, paru au début de l’année :

* Pablo Servigne & Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, Paris, Seuil, 2015.

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Un titre trop long pour être honnête, trop malin pour être sérieux, mais recommandé par un ami fiable. On s’y colle hier soir, on y passe la nuit.
Et ce matin, on a une autre vision du monde, une nouvelle Weltanschauung toute neuve, donc aussi ce qui va avec, un corps, une âme et un devenir entièrement refaits à neuf, comme aurait analysé Papa Jung.

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Cela ne doit pas arriver souvent dans une vie, à part Claudel derrière son pilier, on n’en connaît pas beaucoup qui ont de tels chocs devant une évidence, genre lettre volée.
Et cela, juste à partir d’un petit livre marrant et pas prétentieux, qui se lit comme un polar. On sait que ce sont généralement des petits livres (et non de lourds pavés), qui servent d’éclaireurs aux humains, mais ça demeure étonnant.

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Certes, ça se préparait doucement, depuis des années, l’écologie - politique, l’apolitique on s’en méfiait - faisait son chemin de vieille taupe dans nos consciences. Tout était là, mais rien ne faisait plus sens depuis qu’on avait abandonné l’idée du Grand Soir (sous toutes les formes imaginables). Nos rayons de SF (livres, comics, DVD) se saturaient, nos imaginaires aussi, ça s’appelle une fuite en avant.

Ça s’appelle une révélation. Pas de panique, c’est pas une crise de mysticisme. Plus du genre : "Bon sang mais c’est bien sûr !" et "Élémentaire, mon cher Watson !"

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Le livre est tout à fait concret, des chiffres, des raisonnements, des références incontestables.

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Voilà : Inutile de pester plus longtemps contre la "croissance" et contre les crises économiques qui en sont le carburant avec les dégâts que l’on sait.
On a vu, au long des siècles, se dérouler la tragédie : les péripéties, les catharsis parfois, la prochaine étape, c’est le basculement : la catastrophe.
Et c’est pour demain.

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Avec la révélation, est arrivé un avis de terreur, accompagné d’une sorte de grande joie (un peu honteuse), qui s’exprime au futur antérieur : on a appartenu à une génération et à un espace terrestre qui auront vécu la meilleure époque de toute l’histoire de l’humanité, et on va faire la fermeture. Il faudra juste de procurer les petites pilules du Dernier Rivage.

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En attendant, plus on se rapproche de ce "collapse", plus on devrait se fondre dans une communion sociale et avoir des rêves adaptés à l’agonie, comme les Mayas devaient en avoir. Au programme, surveiller ses rêves.

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Le livre de Servigne et Stevens donne l’année 2020, comme date possible des premiers signes graves d’effondrement. Sans doute pas aussi spectaculaire qu’un champignon atomique.

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Un tout petit truc suffira, déjà arrivé par-ci par-là, un hacker habile sur le Net, plus de cash aux distributeurs des villes, ni de bouffe dans le supermarché du coin, et tout suivra car tout se tient.
On a encore un peu de temps pour organiser des îlots de survie d’amis. Pas trop compter sur de très hypothétiques réveils politiques nationaux, les forces en présence sont bien trop puissantes et installées, "hors sol", et si loin de nous autres. Mais construire des refuges et des réseaux, c’est faisable, les modèles existent, dans l’histoire des idées comme dans la réalité des groupes alternatifs. Pas faire des provisions, mais apprendre à planter des choux ensemble.

Ça n’empêche pas de continuer l’ancienne solidarité avec les luttes traditionnelles, éventées désormais mais qui furent si belles et si justes dans l’ancien monde.

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D’année en année :

* L’année 2014 ; * L’année 2015 ; * L’année 2016 ; * L’année 2017 ; * L’année 2018 ; * L’année 2019 ; * L’année 2020

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