Chronique 2020
Anthropocène, le vécu
publié le jeudi 11 juin 2020

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Abla 2020.

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Organiser la décroissance et survivre autrement.
Subir la récession et périr à moyen terme.

Cf. Chroniques (et vagabondages) de l’Anthropocène (2014-2020).
Cf. aussi :
* Filmographie Anthropocène.
* Bibliographie Anthropocène.

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Samedi 13 juin 2020

 

Nouvelles du front :

On aime bien la remarque de Gérard Miller, le psychanalyste insoumis, sur la cohérence de l’inconscient collectif : I can’t breathe.
En substance : l’espèce humaine asphyxie la planète qui somatise.
Les pathologies et la mortalité de la pollution sont effrayantes mais insidieuses, les protestations humaines inaudibles.

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Alors les dieux, dans leur infinie sagesse, s’en mêlent, avec un avertissement plus spectaculaire, les malades du covid-19 meurent, sur le ventre (siège de l’âme), étouffés.
Le présage est mal compris et mal traité, alors arrive un symptôme majeur : le martyre de George Floyd, porte-voix de l’alarme. L’apparente magie de l’inconscient planétaire a fait son travail.
Et là, tout se déclenche, le "fait social total" s’épanouit sur la planète bleue, sous nos yeux, et nous parle. Si on veut bien l’écouter, ce fait social total : il s’agit du souffle, il s’agit du vivant, qu’il faut manipuler avec encore plus d’humilité que le feu.
En d’autres termes que ceux de Marcel Mauss : Et à cause des pensées stupides inspirées par leur injustice, tu leur envoyas un châtiment pour qu’ils sachent qu’on est puni par où l’on a péché. La Bible, Livre de la Sagesse, XI, 16.

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Justice immanente, sagesse, bon sens, inconscient, l’intuition de ce qui ressemble à une loi "divine" traverse les époques et les philosophies. Les sociétés comme les individus tricotent eux-mêmes leur histoire, comme le célibataire broie lui-même son chocolat, faut s’y faire.

C’est aujourd’hui qu’en France, on va pouvoir entendre et accompagner la forte respiration de Adama Traoré (1992-2016) qui nous revient, quatre ans plus tard, pour demander justice après une enquête bâclée et incohérente.

À Paris, rendez-vous place de la République à 14h30, vers l’Opéra.

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Vendredi 12 juin 2020

 

Nouvelles du front :

Le Brésil dépasse le seuil des 40 000 morts dus à la pandémie du covid-19.
Le gouvernement (vu par le street artist Aira Ocrespo) préconise "une journée de jeûne religieux pour délivrer le Brésil du mal".

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* Une manif de l’ONG Rio de Paz avec des tombes symboliques sur la plage de Copacabana à Rio. La vidéo.

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* La réalité des enterrements à Manaus. La vidéo.

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Sur France Culture : "Le Brésil sombre dans la peur et la mort"]

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Jeudi 11 juin 2020

 

Pendant ce temps, la catastrophe écologique reprend son cours de plus belle, après une courte pause. Produire moins, transporter moins, partager plus, ce ne sont pourtant pas les idées qui manquent.

Bonne lecture :

* Daniel Tanuro, Trop tard pour être pessimistes ! Écosocialisme ou effondrement, préface de Michael Lowy, Paris, Textuel, 2020.

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Lundi 8 juin 2020

 

Les économistes, même les atterrés, s’attendaient à la prochaine crise du capitalisme, suivant, normalement et régulièrement, celle de 2008, les climatologues alertaient de plus en plus bruyamment sur les changements et les dégâts inévitables, les collapsologues prédisaient des signes dès 2020, suivis de dégradations et de chocs. Les gouvernants et les banquiers faisaient semblant de rien, business et croissance as usual.
Tout le monde a été surpris par un petit virus qu’on croyait chinois et qui s’est révélé intensément internationaliste (i.e. dangereux et archaïque, après tout "mondialisé", on aurait peut-être pu contrôler).

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Le traumatisme s’avère plus grave qu’on ne pouvait l’imaginer. Les sociétés vont entrer dans des crises économiques inconnues parce que sans précédent. Et les individus - ceux qui ont survécu dans les zones libérées - commencent à entrevoir, en eux, une sorte de destruction inconsciente, l’ombre d’un stress post-traumatique. C’est que le pilonnage télévisuel versus propagande, lui, a contaminé 100% de la population.

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"Les jours d’après", ce n’est pas seulement une trouvaille médiatique et politique. La fameuse "résilience", les reconstructions, les réinventions (et les discours poudre aux yeux) sont au programme des citoyens et des "territoires".

L’impressionnante épidémie virale (qui n’est pas terminée et s’épanouit en Amérique du Sud et tout particulièrement au Brésil) était un séisme non-prévu. Il connaît une réplique d’une ampleur inédite : un choc de conscience d’une pourtant très ancienne injustice, à partir de 8 minutes de vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, et les hommages à George Floyd n’en finissent plus d’essaimer, de ville en ville.

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Même dans les ruines syriennes, on a trouvé des fresques.


 

Épidémie du mal puis et contagion du bien, une dialectique inattendue, tout n’est donc pas perdu, on a envie de renouveler le vocabulaire et le point de vue.
À la place de la récession : la décroissance.
À la place de la résilience molle et longue : l’iskra, l’étincelle, rapide et joyeuse, comme la rêvait Maïakovski.

Pas (encore) de journal, mais un vent nouveau, et la jeunesse qui se lève.

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Les librairies rouvrent peu à peu. Les livres ont été considérés comme des biens non-essentiels pendant le confinement, ce qui en dit long sur les consignes souterraines des dirigeants. En réalité, plus que jamais, on a besoin de se nourrir et de se "ressourcer", pour tenir debout, pour résister, pour muter. Au programme de ces jours-ci, un film et des livres.

Un film :

* L’urgence de ralentir de Philippe Borrel (2014).


 

De bonnes lectures :

* Razmig Keucheyan, Les Besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme, Paris, La Découverte, 2019.

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* Ágnes Heller, A Theory of Need in Marx, Londres, Allison & Busby, 1976. La Théorie des besoins chez Marx, traduction de Martine Morales, Paris, UGE, 1978.

Avec des commentaires en ligne :

* Theodor W Adorno, Agnès Heller, "Par-delà le vrai et le faux. Deux textes sur la théorie des besoins", Mouvements, 2008/2 (n° 54), p. 13-33.

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* André Gorz, Éloge du suffisant, édité et commenté par Christophe Gilliand, Paris, Presses universitaires de France, 2019.

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Et un livre gratuit en ligne :

* Collectif, Résistons ensemble, pour que renaissent des jours heureux, préface de Denis Robert, Paris, Massot éditions, 2020.

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Les bonnes lectures, d’ailleurs, ne manquent pas : cf. notre Bibliographie Anthropocène. Les librairies rouvrent progressivement, les bibliothèques vont suivre.



Samedi 6 juin 2020

 

Nouvelles du front :

Le Jour du dépassement de la Terre va reculer de trois semaines sous l’effet du Covid-19. La date qui marque le jour où l’humanité a consommé toutes les ressources que les écosystèmes peuvent produire en une année, c’était le 29 juillet 2019, et cette année, àa devrait tomber le 22 août 2020.

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C’est une bonne nouvelle, qui montre que des changements importants et rapides sont encore possibles.
Mais, bien sûr, ce n’aura été qu’une minuscule embellie passagère, s’il n’y a pas de changement systémique dans nos modes de production et de consommation.
Et ça, pour l’instant, on n’en voit pas l’ombre d’un début de commencement de l’idée d’un projet.



Jeudi 4 juin 2020

 

C’est aujourd’hui que paraît :

* Groupe Cynorhodon, Dictionnaire critique de l’Anthropocène, Paris, CNRS Éds, 2020.

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Le Groupe Cynorhodon compte 16 géographes : Frédéric Alexandre, Fabrice Argounès, Rémi Bénos, David Blanchon, Frédérique Blot, Laine Chanteloup, Émilie Chevalier, Sylvain Guyot, Francis Huguet, Boris Lebeau, Géraud Magrin, Philippe Pelletier, Marie Redon, Fabien Roussel, Alexis Sierra, Didier Soto.



Lundi 25 mai 2020

 

Nouvelles du front :

Alors que le spectacle vivant est en panne et que les théâtres sont encore plus fermés que les salles de cinéma (qui trouvent des subterfuges virtuels), des idées refont surface.

À Göttingen, le Deutsches Theater continue son activité, autrement.
Il joue une pièce dans son parking souterrain, un drive spectacle, une jauge de 12 voitures.

* Corpus Delicti. Ein Prozess, d’après le roman de July Zeh.

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Le théâtre affiche complet tous les soirs. C’est que le spectacle est bon, inspiré d’un roman de SF parfaitement pertinent, et que le dispositif préserve les multiples émotions du théâtre, celles d’une intimité collective spéciale, rien à voir avec la communion des églises, tout à voir avec la communauté des manifs, avec distanciation sous-entendue.

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Il faut dire surtout que le théâtre "hors les murs" en a connu d’autres et que le détournement de la classique relation scène-salle n’est pas nouvelle.
Les amateurs de théâtre avertis se souviennent encore avec émerveillement des séductions - au sens étymologique - des créations du contrebandier André Engel.

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D’abord, assistant de Klaus Michael Grüber (1941-2008) pour son légendaire Faust Salpêtrière, d’après Goethe à la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière (Festival d’automne 1975), André Engel se mit à déconfiner activement ses cérémonies théâtrales, pour toucher aussi les corps, capables d’émotions, et plus seulement les esprits, tentés par les raisons : Baal de Bertolt Brecht dans les haras de Strasbourg, en 1976 ; au TNS, la ville soviétique de Week-end à Yaik d’après Serge Essénine, en 1977 ; Prométhée-Porte-feu d’après Eschyle, sur les hauteurs du Val de Fer, au Festival de Nancy en 1980 ; Dell’inferno sur des textes de Dante, Virgile, Ovide, Rilke, dans une usine désaffectée de La Plaine Saint-Denis (1982), et quelques autres.

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Au passage, on peut saluer le grand scénographe Nicky Riéti, son compagnon de route, et ses dioramas.

Bonne lecture d’aujourd’hui :

* July Zeh, Corpus Delicti. Ein Prozess, Frankfurt am Main, Schöffling & Co, 2009. Corpus delicti. Un procès, traduction de Brigitte Hébert & Jean-Claude Colbus, Arles, Actes Sud, 2010.

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Jeudi 21 mai 2020

 

Nouvelles du front : à Times Square, les Messages for the City.

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>Mardi 12 mai 2020

 

Si le système mondial n’avait pas disjoncté, c’est ce soir que se serait ouvert le Festival de Cannes 2020, 73e édition (12 au 23 mai 2020) avec une cérémonie d’ouverture retransmise sur toutes les télévisions du monde, et Spike Lee, président du jury, serait déjà présent.

Mais "quelque chose" est arrivé, plus tôt que prévu, et la machine s’est arrêtée.
C’était donc encore possible de freiner l’emballement ?

À Cannes, redevenue une petite ville de province tranquille, une balade avec le drone de Sébastien Botella.


 


Ce soir, à la télévision, on recommande fortement de ne pas rater sur France 5 , l’émission Le Monde en face :

* À 21h00 : Effondrement ? Sauve qui peut le monde de Alfred de Montesquiou & Julien Blanc-Gras (2020).

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Et surtout, il faut écouter le débat qui suit, animé par Marina Carrère d’Encausse, qui suit le documentaire, avec notamment Jean-Baptiste Fressoz, Thomas Coutrot, Pablo Servigne, qui rectifient les disproportions et les orientations du documentaire.

La pandémie ne doit pas distraire l’humanité de la montée des autres périls.
Elle doit, au contraire, être un enseignement.
Prévoir - après examen des signes et des preuves qui se multiplient, - n’est pas un signe de pessimisme ou de défaitisme, c’est un devoir.

En replay jusqu’au 11 juin 2020.


Les Éditions Syllepse continuent fidèlement le feuilleton en accès libre : Covid-19. Un virus très politique #7 édition du 11 mai 2020.

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Si on a raté les 6 premiers épisodes, c’est facile d’y retourner.

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Samedi 9 mai 2020

 

Nouvelles du front :

Bientôt le retour à la normale selon Là-bas si j’y suis, avec les dessins de Gerhard Haderer.

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La revue Rythmos, en accès libre.
La pandémie 2020, ses traitement, ses suites sont des sujets éminemment politiques.
Ils sont aussi des agents de transformations humaines profondément sociologiques, psycho-sociales, psychiques.

Bonne lecture :

* Frédéric Bisson, "Virus couronné. Prolégomènes à toute viropolitique future qui voudra se présenter comme science", Rhuthmos, 8 mai 2020.

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Vendredi 8 mai 2020

 

Nouvelles du front :

Beaucoup de bruit et de confusion autour des modalités d’un déconfinement, qui commencerait, tout doucement, lundi prochain, le 11 mai 2020. Conscience aiguë qu’on n’est pas rendu.

Dans les rues, les transports, les relations entre humains devraient encore longtemps ressembler, au mieux, à celles des cowboys avec bandanas poussiéreux et armes pas au vestiaire, et le plus probablement à des tableaux de George Condo. Les mauvais esprits doivent ricaner en se souvenant des interminables "débats" autour du voile et du foulard.

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Les ravages de la crise économique qui s’installe à la vitesse grand V n’ont droit sur les écrans, pour le moment, qu’aux bandeaux breaking news en bas des répétitives images d’hôpitaux.
Cette crise est d’ores et déjà historique, dépassant celle de 1929, dans les pays gouvernés par les pathétiques rouleurs de mécanique. Aux USA, il y avait environ 4% de chômeurs en mars 2020, en avril 2020, on attend 20%. Quant au Brésil, on y attend "l’effondrement" de son économie.
Ce n’est qu’un début, l’effet cocotte-minute guette.

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En attendant, en Grande Bretagne, Banksy a envoyé un message de solidarité à l’hôpital général de Southampton, avec un cadeau pour remercier les soignants : "Thanks for all you’re doing. I hope this brightens the place up a bit, even if its only black and white."
Les super héros habituels - Spider-Man et Batman & so on - sont fatigués, et les temps changent. Devraient changer. Vont changer.

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L’œuvre restera sur le mur des urgences jusqu’à l’automne, puis elle sera mise aux enchères et le produit reviendra au National Health Service. À la fin du mois de mars 2020, Sotheby’s a organisé une vente aux enchères en ligne des œuvres de Banksy qui a rapporté 1,4 million de dollars.



Jeudi 7 mai 2020

 

Nouvelles du front :

La rue confinée des bravos et le circuit court.

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La petite fille épatée puis enthousiaste.

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Les clochards non-confinés, en vacances virtuelles.

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Et toujours, la nuit qui menace.

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Mercredi 6 mai 2020

 

Nouvelles du front :

"Confinées, infantilisées, sidérées autant que terrorisées par les chaînes d’information en continu", les populations sont anéanties. Dans les rues vides, ni gilets jaunes en France, ni hirak en Algérie, nulle manif à Beyrouth, Barcelone, Santiago..."
Cf. Le Monde diplomatique de mai 2020.

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Déprimés, épuisés, démotivés, furieux, inquiets, contaminés par le vide après le trop-plein, bloqués par le quasi immobilisme après les excès de vitesse, les gens perçoivent, plus ou moins consciemment, l’avant-goût d’un collapse brutal et durable.
La pandémie plus foudroyante que les chocs climatiques qui, pourtant, s’accumulaient, étés après étés, devrait être plus pédagogique.

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Mais, malgré quelques références historiques, le New Deal ou le Conseil de la Résistance, personne ne parvient à imaginer comment le réparer, ce nouveau monde brisé, à plus forte raison, comment le guérir. Le système (avec toutes ses variations) est mourant, mort même probablement, mais ils sont nombreux, majoritaires peut-être, encore puissants en tout cas, ceux qui pensent qu’il ne s’agit que d’une catalepsie.

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Il serait doux de croire que la résistance s’organise, même si les utopistes sont fatigués de crier dans le désert.


 


Aujourd’hui, un collectif de 200 artistes lance un appel initié par Juliette Binoche et Aurélien Barrau, avec, notamment, Philippe Descola, Naomi Klein...

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* Non à un retour à la "normale". Les ajustements ne suffisent plus, le problème est systémique.

La catastrophe écologique en cours relève d’une "méta-crise" : l’extinction massive de la vie sur Terre ne fait plus de doute et tous les indicateurs annoncent une menace existentielle directe. A la différence d’une pandémie, aussi grave soit-elle, il s’agit d’un effondrement global dont les conséquences seront sans commune mesure.
Nous appelons donc solennellement les dirigeants et les citoyens à s’extraire de la logique intenable qui prévaut encore, pour travailler enfin à une refonte profonde des objectifs, des valeurs et des économies.
Le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même : celle des végétaux, celle des animaux et celle d’un grand nombre d’humains. La pollution, le réchauffement et la destruction des espaces naturels mènent le monde à un point de rupture.
Pour ces raisons, jointes aux inégalités sociales toujours croissantes, il nous semble inenvisageable de "revenir à la normale".
La transformation radicale qui s’impose - à tous les niveaux - exige audace et courage. Elle n’aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé. À quand les actes ? C’est une question de survie, autant que de dignité et de cohérence.

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Bonnes lectures en accès libre :

* Gideon Lichfield, "Il n’y aura pas de retour à la normale", Terrestres, 24 mars 2020.

* Covid-19, un virus très politique #5, édition augmentée du 4 mai 2020, Syllepse.

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* Giorgio Agamben, "Sur le vrai et sur le faux", LundiMatin #241 du 4 mai 2020.

* Philippe Poisson, "Van Gogh, la cour de la prison, février 1890", Criminocorpus, mars 2018.

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L’Arsenal, à Paris, ouvre un forum : Et demain, on fait quoi ?

Un nouvel espace virtuel de partage veut proposer de rassembler articles, tribunes, dessins, projets, contributions, accessibles à tous en ligne dans un premier temps, qui donneront lieu à une présentation à la réouverture de la Halle.

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* Éric de Thoisy, Quand la ville a disparu... mai 2020.

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Samedi 2 mai 2020

 

Nouvelles du front, celui de New York City, notre ville tendrement chérie, avec les photos hypnotiques de Peter Turnley.

* The Human Face of Covid-19, NYC (2020).


 


Et sous nos latitudes :

* La distanciation planante et prémonitoire de Magritte.

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Chez Jeune Cinéma, on n’est pas vraiment favorable aux "Journées mondiales" dédiées.
On comprend bien à quoi c’est censé servir, rappeler des causes essentielles aux pauvres Terriens qui ont d’autres soucis et une fâcheuse tendance à oublier leur humaine (et très sociale) condition.

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Mais c’est tous les jours de l’année qu’on devrait être concerné par les femmes, les travailleurs, le droit de grève, le rire, l’amitié, le climat, la paix...
Et, pour ce qui nous concerne, les chats noirs et la bière.

Oui, bon d’accord, plus rarement concerné par la Journée sans pantalon, celle du pop corn ou celle du jardinage nu. Quant à la nuit de la chauve-souris, va falloir examiner sa pertinence.

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Tout cela pour en venir au fait que les 1er Mai, comme les 8 Mars d’ailleurs, on y pense tous les jours et on a tendance à les prolonger.

D’ailleurs, le muguet de la rue n’est revenu qu’aujourdhui.

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1er Mai, suite.

Hier, on n’a pas évoqué Fourmies, le 1er mai 1891, il y a 129 ans.
Pourtant, résonnait la chanson de Montehus : "... Car à Fourmies, c’est sur une gamine que le Lebel fit son premier essai..."

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Au New Museum, dans le cadre des Screens Series Online :

* Infection Drivers de Kate Cooper (2019).

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Vendredi 1er mai 2020

 

Il est impossible de connaître les mutations sociales qui naitront de la saloperie inédite que notre système dominant a générée.
Seuls les science-fictionnistes savent les imaginer.
Et les militants, les initier.

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Alors il est prudent de préserver la mémoire collective et de prendre soin des justes traditions qui servent de squelette à notre civilisation vacillante, et, cette année, il ne faut, sous aucun prétexte, zapper la Fête des travailleurs, même sans le muguet des camarades, au risque que la 133e, celle de 2019 l’an dernier, soit la dernière.
Il faut penser, tout de suite maintenant, au " jour d’après".

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Pas de défilé ? On ne va pas se défiler.


 

Comme chaque année, on commémore en révisant cette histoire exemplaire.

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Les origines aussi, avec les Mutins de Pangée.

Aujourd’hui, même si les syndicats ne se sont pas mis d’accord - c’est dommage mais pas nouveau -, le programme est chargé.

On peut rester chez soi, avec des banderoles à la fenêtre, et une casserolade à 12h00, et des posts sur les réseaux sociaux.

Toujours à midi, - et l’un n’empêche pas l’autre-, de son balcon, on peut aussi chanter Bella Ciao, la vraie, comme les Italiens.

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On peut aussi sortir dans la rue, en respectant bien la "distanciation" sociale.
Aparté : Hélas, pauvre B.B., s’il sait, d’où il est, ce que son mot est devenu dans la société du spectacle permanent, il doit frémir.
En portant un masque et en n’oubliant pas son laissez-passer, avec le motif "Déplacement impérieux pour l’assistance aux personnes vulnérables", prévu par la loi, l’argument est imparable.

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Ce soir, si on ne l’a pas vu, mardi 28 avril 2020 sur Arte, on regarde le replay de cet admirable documentaire (disponible en DVD) :

* Le Temps des ouvriers de Stan Neumann (2020).

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On complète la vision de cette fresque grandiose avec les propos de Stan Neumann recueillis par Irène Berelowitch.

Bonus : Des nouvelles de ses contemporains avec les messages que Daniel Mermet et Là-bas si j’y suis ont reçus le 29 avril 2020.


Le numéro 13 de la revue Terrestres est en ligne, avec des articles passionnants.

Par exemple :

* Dominique Bourg, Philippe Desbrosses, Gauthier Chapelle, Johann Chapoutot, Xavier Ricard Lanata, Pablo Servigne, Sophie Swaton, "Propositions pour un retour sur Terre", Terrestres 13 de mai 2020.

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Mercredi 29 avril 2020

 

Nouvelles du front :

Siné Mensuel n°96 de mai 2020 est paru. En version numérique seulement.

Il est attentif au déconfinement à venir, et sa Une, rigolarde et pessimiste, montre comment les affaires devraient reprendre as usual.

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On le commande.

Hier, les officiels ont prononcé publiquement le mot : "effondrement".
La crise sanitaire est telle, planétaire, pas prévue et mal gérée, que la crise économique qui va suivre sera plus qu’historique, civilisationnelle.
Ici et là, on entend qu’il va falloir mettre les bouchées doubles pour retrouver la sainte croissance. C’est à croire que, comme le disait Fellag, quand on a touché le fond, au lieu de remonter, on peut s’obstiner à creuser.

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C’était bien annoncé, pourtant, depuis cinq ans, ironisé par les beaux esprits et les gros requins malins. Mais il faut dire que les lanceurs d’alerte nous donnaient un peu plus de temps, et ils ont eux-même été surpris. Cf. notre bibliographie Anthropocène.

La prévision de "collapse" est maintenant devenue un grand classique et, pour qui ne serait pas encore au courant, c’est en en lecture gratuite.

Mais rien n’interdit de penser autrement les jours d’après.

La décroissance, l’idée progresse, disait-on.

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Il est plus que temps de l’organiser au mieux au lieu de subir les catastrophes en état de sidération, en laissant la main aux "fous qui nous gouvernent" et en diffusant largement les voix et les postures des pitres malades qui essaiment deci delà.

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À Paris, la Maison européenne de la photographie (MEP)
est fermée.
Mais elle n’est jamais loin, virtuelle et vivace.

Dernière nouvelle d’une mélancolique solitude nocturne :

* The Dancer and the Shadow de Tom Lovelace (2020).

The Dancer & the Shadow - Tom Lovelace from Maison Européenne de la Photo on Vimeo.

 



Mardi 28 avril 2020

 

Nouvelles du front :

À Paris, Les Grands Voisins, entre Port-Royal et Denfert, ont fermé leurs portes.


 

Mais ils sont toujours là, actifs, mobilisés, généreux, providentiels.

Et ils ont fait des émules.

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* Les Grands Voisins vus par Bastien Simon (2019) dans son film, La Cité rêvée (2019).


 

* Les Grands Voisins vus par le Pavillon de l’Arsenal.


C’est quand même un étrange printemps, pense-t-on en Écosse.

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Lundi 27 avril 2020

 

Nouvelles du front 1 :

Le présent avec la Société-Louise Michel.

* De la pandémie du Sida à celle du coronavirus.
Avec Anne Coppel.

À propos du sida, comment une filmographie commentée peut devenir le reflet des représentations sociales des fait sociaux. On attend les films qui parleront du coronavirus, pour comprendre ce qui est en train d’arriver aux Terriens.
Comme le remarquait Enrique Seknadje : "Heureusement que, pour le sida, ils ne nous ont pas demandé de confectionner nous-mêmes les capotes !"

On écoute son dernier album, tendance Tao.

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"Paysage cryogénisé,
La vie n’est plus qu’un mirage,
Un désert aux airs de musées,
Faites circuler le message...
Oh ! tu sais moi j’ai encore de l’espoir,
Et dis-toi que tu peux toujours y croire,
Moi je veux les bercer de rêves de gloire,
Et puis j’attendrai qu’arrive le Grand Soir."


Nouvelles du front 2 :

Par contre, Marianne Faithfull, née en 1946, "icône rock des années 1960" (les médias à l’unisson), hospitalisée depuis 3 semaines, est sortie et se remet lentement.

Elle n’est peut-être jamais été si bonne qu’avec Patrice Leconte.


 


Lundi Matin #240 est paru.

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* Gil Bartholeyns, "Le Hantement du monde. Barrières d’espèces, barrières d’espace", in Lundimatin#240, 27 avril 2020.

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Samedi 25 avril 2020

 

Nouvelles du front du week-end avec Les Goguettes.

* La guerre du coronavirus.


 

* On n’a rien vu venir.


 

* T’as voulu voir le salon.


 


Une pensée compatissante pour les amants.

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L’avenir radieux, avec la reprise du commerce.
Va peut-être falloir revoir la loi contre le port du voile dans les espaces publics

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Passons à l’international :

* Bob Dylan.

Did Bob Dylan anticipate the coronavirus epidemic in these 12 songs ?


 

* The Rolling Stones. Living In A Ghost Town.


 


Pendant le week-end, on va avoir tout le loisir de rattraper son retard, avec le Free Best of spécial confinement.


Étienne Balibar sur Fance Culture.

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©Léa Crespi.
 



Vendredi 24 avril 2020

 

À Paris, le cinéma La Clef Survival sait ce que c’est qu’être fermé, et quand même survivre et même triompher.
Occupé par l’association Home cinéma depuis l’automne 2019, il illumine les murs chaque vendredi.

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Ce soir, Plein air #3 :

* À 21h00 : L’Homme qui n’a pas d’étoile (Man without a Star) de King Vidor (1955).

Cinéma La Clef, 34 rue Daubenton, 75005 Paris.


Avec la Société Louise-Michel, on soutient les librairies qui nous sont chères.

Et on remercie les généreuses maisons d’édition qui donnent à lire gratuitement.

* Syllepse.

* La Fabrique.

* La Découverte.

* Agone.


Le numéro hors série en ligne de Escape The City, ETC, est paru.

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Jeudi 23 avril 2020

 

Nouvelles du front :

Hier, c’était "le Jour de la Terre". Aujourd’hui aussi, et "le jour d’après" aussi, qu’il va falloir inventer. On suit WWF.

On se sort un moment de cette nouvelle vie quotidienne, étroite et inédite, avec la série Notre planète. en regardant toutes les vidéos.

On choisit :

* Comment sauver nos forêts.


 


Instinctivement, entre le fignolage des repas, les addictions informatiques, les bravos de 20h, les films du soir, dans la solitude du dérèglement des temps sociaux, on perd le sens ds conjugaisons, le présent, l’imparfait, le passé composé, les conditionnels, les subjonctifs... et on se met à tout penser au futur antérieur, ce temps de la nostalgie complexe.

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C’est là qu’arrivent les images de Las Vegas, fondée en 1855 par les Mormons, dans le désert des Mojaves, le plus sec de tous les déserts américains, désormais confinée.
La capitale de tous les "vices", l’incarnation du stupre, ce summum du kitsch, ce déchet ultime du capital, retournée au désert.

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On se dit que, peut-être, "ça" ne reviendra jamais, que cet espace-temps est devenu vestige à archiver.
Et on imagine l’émerveillement des historiens chercheurs qui redécouvriraient, d’ici quelques décennies, si l’humanité existe toujours, ces bas-fonds de la civilisation disparue.

Pour mémoire :

* Showgirls de Paul Verhoven (1995).


 


Bonheur des cinéphiles :

On regrette de ne pas être à Amsterdam, devant les bâtiments vides de EYE, pendant la Semaine nationale des musées numériques (20-26 avril 2020),


 

On contemplerait les murs du grand musée animés de sublimes fantômes.

* Bloemencorso Haarlem (1899).

* Na afloop der kindervoorstelling in den Circus O. Carré (1899)

* Stealing a Dinner (1898).

Eye console les étrangers en offrant aussi ses trésors restaurés :

On a envie de se fondre dans la foule, comme autrefois, et on choisit :

* Aankomst der vredesconferentie te Haarlem de Emile Lauste (1899).

* De Boulevard van Scheveningen de William Kennedy-Laurie Dickson (1898).



Mercredi 22 avril 2020

 

Dans la grande ville immobile et muette, de l’autre côté de la rue, on l’aperçoit à sa fenêtre, confinée, elle rêve, elle est belle comme la liberté.

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C’était il y a plus de 20 ans, à L.A., sous le regard de Wim Wenders.

De nos jours, on se branche Escape the City, le "mag gonzo green" à lire avant la fin de ce monde.
Gonzo ? Les vieux se souvient de Hunter S. Thompson.

On aime bien leurs secrets, par exemple : Comment purifier l’eau du robinet polluée.

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Nouvelles alternatives du front :

Les collapsologues prévoyaient qu’on avait encore un peu de temps, premiers signes vraiment apparents à partir de 2020, chaos vers 2030, reconstruction vers 2040...
Mais en cette année 2020, l’année du rat de métal, il ne s’agit pas seulement de signes, la crise a été brutale et inattendue, elle n’est pas seulement sanitaire mais systémique.

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C’est peut-être le début de cet "effondrement" en dominos, celui dont certains ricanent encore, celui qui sidère la plupart.
Pour l’éviter, "il faudrait apprendre de nos erreurs", "il faudrait ralentir", dit-on.
Par exemple, une priorité : retrouver son autonomie alimentaire.

Ce que dit l’ami Pablo Servigne.

Il faudrait aussi comprendre que ce n’était pas forcément des "erreurs", et que les gros malins pullulent. On réécoute la Chorale des canulars et sa Complainte du coronavirus, pleine de bon sens.

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Il ne faut pas oublier non plus le changement climatique, qui, pendant ce temps, continue, malgré les baisses conjoncturelles de la pollution. Confiné par 42° à l’ombre, cet été, ça va pas être le bonheur.


Parce que, il ne faut pas l’oublier, chaque 22 avril, c’est le Jour de la Terre, et c’est même son 50e anniversaire, depuis la manif historique du 22 avril 1970, initiée par le sénateur Gaylord Nelson.

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Privé de manif à cause du covid-19, on le célèbre avec le MoMA : Planet, Mother, Spaceship : Art to Commemorate Earth Day.

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Bonne lecture :

* Rachel Carson, Silent Spring, Boston, Houghton Mifflin, 1962. Printemps silencieux, traduction de Jean-François Gravrand, Paris,Plon, 1963. Printemps silencieux, Marseille, Wildproject, traduction de Jean-François Gravrand & Baptiste Lanaspeze, 2009.

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Dans la foulée 1 :

Le numéro 4 de Yggdrasil est paru.

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Le prochain numéro de Yggdrasil (#5) sortira en version électronique cet automne 2020.


 

* Pablo Servigne & Gauthier Chapelle, "Les catastrophes nous accompagneront longtemps, il y aura toujours des après", 20 avril 2020.

On s’abonne.


Dans la foulée 2 : Un film nourrissant, ancien et toujours d’actualité.

* La Stratégie du Choc (The Schock Doctrine) de Michael Winterbottom & Mat Whitecross (2009).
D’après Naomi Klein.


 

Bonne lecture :

* Naomi Klein, The Shock Doctrine. The Rise of Disaster Capitalism, Toronto, Knopf Canada 2007. La Stratégie du choc : Montée d’un capitalisme du désastre, traduction de Lori Saint-Martin & Paul Gagné, Arles, Actes Sud, 2008.

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Sur Open Editions.


On a le temps de lire avec En attendant Nadeau.
Toujours up-to-date, avec le premier polar de la quarantaine.

Bonne lecture :

* Antonio Manzini, L’amore ai tempi del Covid-19, Palerme, Sellerio, 2020.

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Lecture gratuite en ligne pour qui sait l’italien sur le site de l’éditeur.



Mardi 21 avril 2020

 

Le cours du pétrole est au plus bas.

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Si on a bien compris les recettes du système dominant - Acheter au son du canon et vendre au son du clairon - c’est le moment d’acheter, non ?


 

Jusqu’à maintenant, ça lui avait assez bien réussi, au système.
Avis aux petits porteurs : remplissez les baignoires et les piscines, et, quand ça reprendra à fond la caisse, attendez les dividendes.

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Ou alors, adoptez un autre point de vue, parce que peut-être les temps vont changer.


 


Avec Paris Lignes, on sort (dé)confiné.


 

* On découvre des films expérimentaux en libre accès.

* Et on contrôle enfin un peu le temps avec les Instants de Prosper Hillairet.


 



Lundi 20 avril 2020

 

Nouvelles du front et mises en perspective :

* Podcast du Monde diplomatique #2

* L’histoire par l’image.

Les épidémies, ce n’est pas nouveau : La peste à Marseille en 1720 ; Pandémies de choléra en 1866 ; Le fléau de la tuberculose en 1917.

Et aussi les progrès de la science et du bon sens : Pasteur ; Hygiène.

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Ce qui est nouveau, c’est le miroir - forcément déformant - qui s’est installé aux côtés du virus en expansion, cette route parallèle qu’est la circulation immédiate des infos.

Ce qui est (relativement) nouveau, aussi, c’est l’aveuglante prise de conscience.
Ce dernier fléau, cette cochonnerie qui a envahi la planète, vient de l’humanité elle-même, justice immanente plutôt que justice divine.
Ce n’est pas que la Nature n’était pas cruelle et dangereuse.

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Mais elle était en ordre, et cet ordre, s’il pouvait évoluer à son rythme, ne devait pas être violenté, sous peine qu’intervienne le "passage de la barrière d’espèce".
Dès lors que les habitats naturels sont bouleversés (notamment par la déforestation), peuvent surgir à tous moments tous les chaos et toutes les incohérences. Dès qu’on a passé le pont, les monstres, on le sait depuis longtemps.

Cf. le mouvement One Health, créée en 2000 selon le principe que la santé humaine et la santé animale sont interdépendantes et liées à la santé des écosystèmes.

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Bonne lecture :

* Sonia Shah, "Contre les pandémies, l’écologie" in Le Monde diplomatique de mars 2020.

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Samedi 18 avril 2020

 

Merci à tous ceux qui prennent soin de nous.

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Nouvelles du front sur France Culture :

* Le laboratoire P4 de Wuhan : une histoire française.
Par Philippe Reltien et la Cellule investigation de Radio France.

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Vendredi 17 avril 2020

 

Christophe (1945-2020) est mort hier, le 16 avril 2020.
Au moment même où on lui dédiait le film de Julien Lahmi.
On le savait fragile et malade depuis le 26 mars 2020.
Mais ce synchronisme impressionne, qui confirme que les poètes sont comme les anges, des go-beetwen entre soi et le cosmos comme il va.


Bonus : La liste de tous les drive-in actuels des USA.

C’était bien, dans les années 50, avec quelque date et des voitures d’époque.

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De nos jours, d’autre voitures, bien fermées, et un ciel menaçant.
Les temps changent plus brutalement que prévu.

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Jeudi 16 avril 2020

 

D’abord l’actualité.

Parce que, si, il y en a une bien plus nuancée que le main stream répétitif et étouffe-chrétien asséné sur les chaînes d’information.
Et aporique : "Le port du masque sera obligatoire. Il y a pas de masque ? Vous n’avez qu’à vous acheter une machine à coudre, bande de pieds nickelés, espèces d’assistés. L’État Providence, c’est archi démodé depuis plus de 40 ans au moins, renseignez-vous et planquez-vous, surtout les vieux."

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Pour accéder à d’autres pistes et d’autres imaginaires, il faut juste se donner la liberté de fréquenter les chemins moins balisés des écoliers.

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On commence par une friandise délicieuse, la vision "cinémato-musico-fantasmagorique" du coronavirus par le chef de file du mashup.

* Les Mots bleus de Julien Lahmi (2020).
Textes de Marie-Philippe Joncheray, chant par Christophe et Julien Doré.


 

À propos, le Mashup Festival aura bien lieu, sans doute aux lieux habituels, mais reporté à des dates ultérieures.
L’appel à film, lui, est prolongé jusqu’au 15 mai 2020.

Contacts :
* Le festival.
* Quentin Moyon.
* Justine Martin.


La rédaction confinée de Mediapart émet une nouvelle émission vidéo quotidienne À l’air libre.

Par exemple : Christian Bois et son réseau La Fabrique de communs cite Peter Sloterdijk et Serge Moscovici, et invoque les Don Quichotte de Picasso et de Dali.

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* Post-corona : Profond besoin de changer et peur du changement. Qui va l’emporter ?


Les Éditions Syllepse présentent la version #3 de leur ouvrage en ligne, Covid-19, un virus très politique, mise à jour du 13 avril 2020.

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Bonne lecture :

* Benoit Borrits, Virer les actionnaires. Pourquoi et comment s’en passer ?, Paris Syllepse, 2020.

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Mercredi 15 avril 2020

 

Mercredi, jour de sortie des films...
C’était il y a longtemps. On est vraiment entré dans cette nouvelle époque qui s’annonçait, et, pour la suite, on va voir ce qu’on va voir.

À propos, merci à l’hôpital !

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Bellefaye compare la période avec celle de l’après-guerre, et admire la belle sortie de crise. En 1944, sous l’Occupation, il y a eu 30 nouveaux films français. Puis, l’année suivante, en 1945, dans la France libérée, 80.

Des tournages aux salles de cinéma, toutes les étapes sont touchées, la théorie des dominos connaît une belle application concrète.
Le public reviendra dans les salles de cinéma devant les grands écrans ?
Sans doute, peut-être, un moment, on ne sait quand, tant de cinémas ont disparu, à Paris, ou en province...
À la nostalgie des vieux cinémas poétiques, peut-être que le jour n’est pas loin où s’ajoutera celle du multiplex des Halles à Paris, par exemple.

Merci à Philippe Guérin-Préaux pour son Pantin-Palace de 1955.

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Pour l’instant, le système VOD a le vent en poupe, et il risque bien de perdurer, tant que Internet fonctionnera.

Nos préférés :

D’abord les associés de la Cinematek de Bruxelles.

* Universciné.

* Uncut.

* Lumière.

Et aussi :

* Les Mutins de Pangée.

* Films documentaires.

* La Cinetek.


De la logique marchande à la logique communautaire, on peut résister aussi. On ne sort pas, on ne paye pas, on ouvre juste son ordinateur et on le branche sur sa télé (qu’on a eu les moyens d’acheter, évidemment) et on a un film à déguster les doigts de pieds en éventail, peinard, libre.

La vision de Nicole Gabriel : Free Best of, spécial confinement.


Trois milliards d’images sont partagées chaque jour sur les réseaux sociaux, une croissance tellement exponentielle que l’espace semble saturé.
Au Musée du Jeu de Paume, il y avait une exposition formidable : Le supermarché des images (11 février-7 juin 2020).


 

Peter Szendy explique la nécessité de l’exposition, et, par exemple, la complicité souterraine entre les images et la consommation d’énergie.

Il faudrait qu’on en prenne de la graine, mais c’est devenu une telle addiction, les images.

Sur France Culture.


À propos de croissance exponentielle, d’épidémie quoi, on a des nouvelles de Jean-Luc Godard, bon pied, bon œil et toujours goguenard.

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Il rapproche la propagation du virus de celle de l’information : "le virus est une communication, il a besoin d’un autre… quand on envoie un message même sur un réseau, on a besoin de l’autre pour rentrer chez lui."

Bien vu, bien dit.


Mardi 14 avril 2020

 

Généralités.
 


 

On aime aussi la vision de Levalet.

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Ici et maintenant.
 

Alors que par le monde, les dirigeants faisaient les pitres, roulaient les mécaniques ou se préoccupaient de leurs réélections en mentant joyeusement, et, en aucun cas n’avaient fait leur job - gouverner c’est prévoir - il s’agit, pour l’instant, de remercier le peuple qui a, une fois de plus, essuyé les plâtres des incuries.

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À New York, la sculpteure Elizabeth Jaeger, qui vit à Brooklyn et son amie Cady Chaplin, l’infirmière du Lenox Hill Hospital de Manhattan, ont lancé une campagne de gratitude et d’encouragements : des affiches pour une galerie de soutien à la "guerilla de la communauté".

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Tout le monde s’y est mis, des plus intellos, aux plus petits.

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Les affiches sont maintenant aux murs de la salle de repos des soins intensifs de l’hôpital et sur Internet.

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Le jour d’après.
 

Oui, on s’en préoccupe, n’en déplaise aux médias qui tiennent beaucoup au "ici et maintenant" bavard des "premiers de cordée", cette courte vue de l’espace et du temps, qui ressemble à une condamnation à mort.

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Y en a qui s’énervent, injurient et évoquent le New Deal, et ça soulage.

À ce propos, quelques questions :

* Il paraît qu’après la crise, il faudra que les travailleurs mettent les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu et retrouver "la croissance", si on comprend bien, fabriquer plus de T.shirts et de voitures, et faire venir de l’autre bout du monde des masques qu’on ne peut pas faire à côté de chez soi, ce genre-là ?

* Il y aurait trois partenaires pour cette organisation nouvelle : l’État, les travailleurs et les entreprises. Pas les actionnaires et leurs dividendes ?

* Ce ne serait pas plutôt l’occasion d’amorcer une salutaire décroissance ?
Les "châtiments" devraient être des leçons de choses.

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On découvre l’Académie du monde d’après.
Ils ont fait un festival virtuel le week-end dernier qu’on a raté.
On ne ratera pas la suite.

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Vendredi 10 avril 2020

 

Aparté pour les câblés :

Sur Ciné+ Premier, aujourd’hui, à 13h30, on peut voir le biopic de Freddie Mercury (1946-1991).

* Bohemian Rhapsody de Bryan Singer (2018).
Avec Rami Malek (alias Mr Robot), dans le rôle de Freddie Mercury.


 

Critique mitigée, succès public planétaire, complément des documentaires déjà connus, peut-être discutable mais bien distribué.

Récapitulatif des rapports de Queen avec le cinéma.


 

Queen, le site officiel.

On note spécialement les documentaires :

* Queen Behind the Rhapsody de Simon Lupton & Rhys Thomas (2015).

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* The Freddie Mercury Story : Who Wants to Live Forever (2016)

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Au siècle dernier, dans les années 1980, a commencé la pandémie du sida.
Environ 30 millions de morts.
Cf. Olivier Varlet, "Le Sida au cinéma (bilan 2003)", Jeune Cinéma n°281, avril 2003.

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Ces saloperies de virus se ressemblent toutes. Et après, on s’étonne que l’espèce humaine ait eu envie de triompher d’une Nature qui n’était pas si bonne qu’ont bien voulu nous le faire croire quelques bon apôtres. Hélas, l’espèce humaine fait partie intégrante de la "Nature", et elle est mauvaise, aussi. La crise Covid-19 est le fruit de leurs combats douteux, fait naturel, fait humain, fait social total.

On se réécoute Show must go on en hommage à tous nos amis morts du sida, dans cette pandémie terrifiante du 20e siècle, et on pleure un peu.


 



Jeudi 9 avril 2020

 

André Gorz (1923-2007), l’un des plus importants pionniers de l’écologie politique, il est plus que temps d’y revenir.
Cf. Bibliographie et Filmographie Anthropocène.

En accès libre, jusqu’au 25 avril 2020, le film qui lui a été consacré.

* Lettre à G. Repenser notre société avec André Gorz de Pierre-Jean Perrin, Charline Guillaume, Victor Tortora & Julien Tortora (2019) .

Bonne lecture :

* André Gorz, Misères du présent, richesse du possible, Paris, Galilée, 1997.

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De Toulouse, à la Cinémathèque, dans la série "Ils en ont vu d’autre", rappelle une exposition mémorable Atmosphère, atmosphère... Le cinéma en France vu par ses affiches, des années 30 à l’Occupation.

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Et tout spécialement son 1er volet : Entre espoir et inquiétude.

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Mercredi 8 avril 2020

 

Isolé à l’intérieur des maisons, on voit le monde rétréci.
Avec les frères Parker et Clayton Calvert, on voyage en drone, et on contemple son absence dans les villes vides.

Par exemple Sienne.

Siena by Air from Parker C. on Vimeo.

 

Les images d’un dimanche matin de 2014 ressemblent à celles des jours d’aujourd’hui.


Le Covid-19, c’est tous les jours, à toute heure, de partout, en permanente évolution, en multiples contradictions.
On a perdu confiance devant tant de mensonges, et quand on n’angoisse pas, on en a marre.
Sans perspective, on tâtonne, on essaye de raisonner, on lave tout.
On tente de rigoler, on applaudit à 20h en guise de manif.

Les riches et généreuses Éditions Syllepse offrent un livre en téléchargement, en édition augmentée à jouir, qui recadre la question.

* Covid-19. Un virus très politique, édition augmentée du 6 avril 2020.

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Mardi 7 avril 2020

 

Merci Replay ! I

Si on a raté hier un grand moment sur FR3, on n’a qu’une petite semaine pour se rattraper (6-13 avril 2020).

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* L’Épopée des gueules noires de Fabien Béziat & Hugues Nancy (2017).

Un extrait.


 

Naissance dans la douleur, grandeur et décadence des deux siècles d’humains qui ont tout donné au capital (et son ruissellement).

Hommage est rendu au journaliste Émile Zola (1840-1902) et au photographe Félix Thiollier (1842-1914), qui, les premiers, sont allés voir de plus près les souterrains.

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Il y a les souvenirs des mineurs encore vivants qui racontent, parfois avec encore les larmes aux yeux, les effroyables conditions quotidiennes y compris pour les très petits enfants - des travailleurs envoyés au front comme des soldats, et de la mort pratiquement assurée à terme par la silicose.

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Il y a la catastrophe de Courrières en 1906 (1099 morts, bilan officiel), les 300 000 grévistes de l’automne 1948 et leur féroce répression...
"Ce ne serait plus possible aujourd’hui", pensent les derniers témoins. Hélas, la chair à canons de ces "champs d’honneur"-là, c’est toujours pour les pauvres, élément invariant de siècles en siècles. On pense aux liquidateurs de Tchernobyl en 1986.
Le film raconte aussi cette espèce de sécurité que les Charbonnages de France (1946-2007) donnaient à leurs ouvriers, des avantages en nature (corons, médecins, cabarets, chauffage...) en échange de la liberté et l’exploitation, ce qui engendrait la solidarité et l’entraide d’une communauté hors pair. Le zoo d’hier, c’était peut-être mieux que la jungle d’aujourd’hui, on ne sait pas, on ne sait plus.

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Et puis, il y avait les quelques rares fêtes, inoubliables, de ces vies sacrifiées, les bals, le pacifique tir-à-l’arc, les courses de pigeons ou les camps de vacances, à la Napoule, là où se déroule, de nos jours, Visions Sociales, l’aile militante du Festival de Cannes, par temps normal.


La Société Louise-Michel a annulé ses rencontres, mais reste proche et vigilante, parmi les innombrables infos qui se télescopent, elle demeure une source fiable.

* Coronavirus : Entretien entre le professeur André Grimaldi et Charles Michaloux (6 avril 2020).


De Brooklyn, les confinés parlent aux confinés.

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Lundi 6 avril 2020

 

Les Amis du Monde diplomatique ont annulé leurs rencontres.

Mais sur le site de Stéphane Dujardin, Rosalux, on peut réviser ce qu’on a manqué.

Par exemple :

* Bernard Thibault : La troisième guerre mondiale est sociale.


 

Ou bien

* Marc Laimé : Omerta sur une catastrophe industrielle majeure aux portes de Paris.


 


Heureusement qu’il y a des rythmes dans ce temps supendu.

Lundi Matin, c’est toujours le lundi matin.

* Quentin Hardy, "Coronavirus, un saut de l’ange existentiel et politique", in LundiMatin du 6 avril 2020

"Finalement, après soixante-dix années de sprint économique et trois siècles de marathon, l’humanité affairée a ralenti".

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Vendredi 3 avril 2020

 

En attendant Nadeau, pris dans un temps différent, adapte le rythme du journal en lui apportant quotidiennement du nouveau.

Frappé par les similitudes entre pandémies physiques et épidémies virtuelles, on repense à André Malraux et sa prédiction, "le 21e siècle sera religieux ou ne sera pas" (ou bien était-ce "spirituel" ?). La "religion", au sens étymologique (religare), n’étant rien d’autre qu’une fusion des consciences.
On se reporte aussi à la pensée de Georges Gurvitch (1894-1965) et ses classifications de la sociabilité, les différentes manières d’être "nous".

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Aujourd’hui, avec Zoé Carle, on s’occupe des révolutions connectées, de l’enthousiasme à l’effroi, de la technophilie au cyberpessimisme. Ne jamais oublier que "la technologie n’est ni bonne ni mauvaise, ni neutre non plus".

* Zoé Carle, "Internet et la révolution", En attendant Nadeau, 1er avril 2020.

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Bonne lecture :

* Zeynep Tufekci, Twitter and tear gas : the power and fragility of networked protest, New Haven, Yale University Press, 2017. Twitter & les gaz lacrymogènes. Forces et fragilités de la contestation connectée, traduction de Anne Lemoine, Paris, C & F Éditions, 2019.

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On soutient En attendant Nadeau, la revue en ligne.


De l’Université de Lille, l’Association L’Esprit d’Archimède (ALEA) met en ligne ses séminaires de 2019-2020.

Aujourd’hui, on choisit le cycle Le temps.

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* Le temps a une histoire.
Par Bernard Maitte.

* Organiser la ligne de temps au spectacle.
Par Annie Leuridan.

* Temps de la Terre et temps de l’homme.
Par Patrick De Wever

* Finalement, de quoi le temps est-il le nom ?
Par Étienne Klein.

* Le temps de travail ; qu’est-ce qu’une "journée de travail" en Europe occidentale du 14e au 19e siècle.
Par Didier Terrier.

* Le temps en astronomie : cycles, mesures et calendriers.
Par Alain Vienne.

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Cf. aussi quelques bonnes lectures sur le temps, présentées dans le Journal de Abla, le vendredi 18 mars 2020.



Jeudi 2 avril 2020

 

Avec Erik Johansson le réenchanteur, dans les grandes villes désertées, sans perspective, on reste chez soi, et on garde le moral.

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Erik Johansson est né en 1985. Il est suédois, il vit à Prague.


La Cinémathèque de Toulouse met en ligne les vidéos de 160 rencontres qu’elle a organisées.

On choisit aujourd’hui :

* Rencontre avec Costa Gavras (vendredi 6 avril 2018).

* Rencontre avec Jean Gili (jeudi 9 mai 2019)

Elle offre aussi ses albums photo.

On choisit Denis Lavant.

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De l’Université de Lille, l’association L’Esprit d’Archimède (ALEA) propose en vidéo, les séminaires ayant eu lieu dans le cadre de ses activités en 2019-2020.

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Aujourd’hui, on choisit le cycle Inégalités.

* Des inégalités dans le vivant par Sylvain Billiard.


 

* Croissance des inégalités et transformation des professions. Comment repenser les métiers des services "non qualifiés" ? par François Xavier Devetter.


Réconfort avec Greenpeace.

* Ocean Memories : the world’s most northerly ice music concert.


 



Mercredi 1er avril 2020

 

"Par mesure de précaution le 1er avril 2020 est reporté au 1er avril 2021".

Le Canard enchaîné n° 5186, du mercredi 1er avril 2020, est paru.

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On s’abonne pour 1, 00€.


Le site de Jeune Cinéma, né en 2014, a ouvert tout de suite une rubrique thématique "Anthropocène", emboitant le pas au météorologue Paul Josef Crutzen.
Même si la notion géologique (l’Anthropocène succèdant à l’Holocène) avait du mal à être officialisée, il nous semblait que la couche de plastiques et de déchets nucléaires, indestructibles, était assez épaisse pour avoir marqué la Terre de son empreinte.

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Puis, en 2015, a paru le livre de Pablo Servigne & Raphaël Stevens, avec sa préface de Yves Cochet et son sous-titre fondateur : "Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes", qui inventait un nouveau mot, une nouvelle clairvoyance, de nouvelles échéances.
Nos visions du monde ont changé radicalement, pour certains en une nuit, élargissant l’horizon de nos révolutions traditionnelles, englobant tous les imaginaires de nos sciences-fictions.

Aujourd’hui, Yves Cochet, face à la pandémie, qui se reconnaît comme particulièrement catastrophiste, est lui-même surpris. So soon ?


 

Bonnes lectures (rappel) :

* Pablo Servigne & Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, Paris, Seuil, 2015.

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* Yves Cochet, Devant l’effondrement. Essai de collapsologie, Paris, Les Liens qui libèrent, 2019.

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Cf. Filmographie Anthropocène.


Face à la brutalité de cette crise inédite qui s’étend sur la planète, prévisible mais non prévue, de toute évidence un prélude, il faut d’ores et déjà penser l’après, et "atterir".

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Ce que faisait Dominique Méda, titulaire de la Chaire "Reconversion écologique, travail, emploi, politiques sociales" à la Fondation Maison des sciences de l’Homme (FSMH), dès le début du confinement, le 21 mars 2020, dans un entretien avec Denis Lafay.

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Bonne lecture :

* Dominique Méda, La Mystique de la croissance. Comment s’en libérer ?, Paris, Flammarion, 2013.

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Toute sa bibliographie.

Sur France Culture.

Sur Arte.


Dans le même état d’esprit, et, en même temps, pour se changer les idées, on va visiter Neil Young.


 

En ce temps de confinement planétaire, il offre des "Fireside Sessions", "quelques chansons pour passer un peu de temps ensemble" réalisées depuis chez lui avec sa femme à la caméra.

Neil Young avait réalisé un film qui figure dans notre filmographie Nucléaire :

* Human Highway de Neil Young (as Bernard Shakey) & Dean Stockwell (1982).


 

Mais dans les catastrophes prévisibles, il n’y a pas que le nucléaire.
En novembre 2018, sa maison a brûlé dans l’incendie géant qui avait frappé la Californie.

Tiens, on se remet l’inoubliable soundtrack qu’il avait donné à Jim Jarmusch et Johnny Depp, alias William Blake.


 


Les Beaux-Arts de Paris partagent les nouvelles acquisitions.

On choisit :

* Victor Hugo, Le Château de Corbus (1860).

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* Pierre Molinier, Autoportrait debout, La Fleur du paradis ou La Fille magique (1957).

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Mais faites votre propre choix.



Mardi 31 mars 2020

 

De Grenoble : Le festival du cinéma ibérique et latino américain, Ojoloco, 8ème édition (31 mars-12 avril 2020) a créé une plateforme de visionnement avec une dizaine de films coups de coeur accessibles pendant la période du festival. Chaque jour, un film ou un événement.

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Aujourd’hui seulement, le film d’ouverture (Il faut s’inscrire.) :

* Mirante de Rodrigo John (2018).

On fait son programme.


La Maison de la poésie, à Paris, met en ligne les vidéos de certaines de ses soirées.

On choisit :

* Carissimo Simenon, Mon cher Fellini.
Par Thibault de Montalembert & Corrado Invernizzi (le 3 février 2020).

Président du jury du Festival de Cannes en 1960, Georges Simenon (1903-1989) décerne à Federico Fellini (1920-1993) la Palme d’Or pour La dolce vita.
Naissance d’une amitié.
Ils ne cesseront plus de s’écrire.


Albert Uderzo (1927-2020) est mort le 24 mars 2020 d’une crise cardiaque, longtemps après son alter ego, l’autre père d’Astérix, René Goscinny (1926-1977).

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À Angoulême en 2013, au Festival international de la BD, il était alors en pleine forme.


 

Il racontait combien Fellini l’avait épaté et inspiré.

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La Cinémathèque française met en ligne des morceaux choisis d’un entretien de 2017, à l’occasion de l’exposition consacrée à René Goscinny et le cinéma.


On visite le Musée Van Gogh à Amsterdam.

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On explore la collection, on rencontre Vincent van Gogh () lui-même et toutes les histoires de sa vie.

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Sur France Culture.



Lundi 30 mars 2020

 

De Aubagne : Le festival Music & cinema (FIFA), 21e édition qui devait commencer aujourd’hui (30 mars-4 avril), s’est transformé. On peut voir les séances du MC FIFA 2020 en ligne.

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Pour accéder aux films, on crée un compte et ensuite le visionnage est gratuit.
Chaque film est disponible le jour prévu dès 6h00 et jusqu’à 4h00 le lendemain.
Si "le produit n’est plus disponible", il faut vérifier la date de projection initialement prévue. On est peut-être en avance ou en retard.

Le programme tel qu’il aurait dû être.

Le programme tel qu’il est :

Aujourd’hui, film d’ouverture :

* Un fils de Mehdi M. Barsaoui (2019).

Faites votre programme par jour.


Du Musée d’Orsay :

À l’occasion de l’exposition Au pays des monstres. Léopold Chauveau (10 mars-28 juin 2020) zappée par le Covid-19 : 30 courts métrages d’animation, réalisés par les étudiants des Gobelins, d’une minute maximum à partir de leur interprétation des sculptures de Chauveau (1870-1940), ont été mis en ligne.


 

Par exemple :

* De jour et de nuit de Valentine Boidron (2020).


Les statues meurent aussi, on le sait depuis 1953, grâce à Alain Resnais & Chris Marker.


 

Alors, dans le monde entier, on les préserve.

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Message de Siné Mensuel.

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Sans papier, moderne, Siné Mensuel nous offre un dessin par jour.

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On le soutient.



Samedi 28 mars 2020

 

Se remettre à la lecture de vrais livres, quel infini plaisir !

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On suit les prescriptions de En attendant Nadeau, cette Quinzaine littéraire telle qu’on l’a tant aimée, mais en ligne depuis 2016, à l’avant-garde.

On y trouve les meilleures pistes de lecture.
On en choisit une.

Bonne lecture :

* Daniel Defoe, Journal de l’année de la peste (1772). Traduction de Francis Ledoux, préface de Henri H. Mollaret, Paris, Gallimard, 1982.

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Cette nuit, on passe à l’heure d’été, à 2h00, on décide qu’il sera 3h00.
On scrute l’avenir radieux.

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Convenons, humbles enfin, que nous ne sommes pas les maîtres du temps.

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Et puis, on contemple son propre temps.


 

Quand une révolution, mondiale, arrive soudain, sous une forme prévisible mais non prévue, on oublie les petits rituels des rythmes sociaux habituels, il y a d’autres préoccupations.

Le point de la situation par le gouvernement.


On partage les Derniers Instants de Prosper Hillairet.

Aujourd’hui, Métro.


 


Réconfort avec Greenpeace : Juneau, Alaska.


 


Réconfort avec le MET Opéra.

Fin de la semaine Wagner.

Aujourd’hui : Götterdämmerung.


 



Vendredi 27 mars 2020

 

Avant tout, des nouvelles de Bob Dylan, une sorte de récapitulatif tombé dans la nuit dernière : Murder Most Foul.

"Greetings to my fans and followers with gratitude for all your support and loyalty across the years. This is an unreleased song we recorded a while back that you might find interesting. Stay safe, stay observant and may God be with you."

Bob Dylan sur son site et sur Twitter.


 


Pour adoucir nos âmes grises, on découvre mieux le photographe Sebastião Salgado.
Né juste avant la fin de la guerre, en 1944, il a fait des études d’économie, et son destin semblait tout tracé, dans un monde de quantités et de chiffres.
En 1973, à 29 ans, il fit soudain volte face et se mit à contempler le monde par le biais de la race humaine - ces animaux terribles, ses semblables - et de son habitat, la planète bleue. Aujourd’hui, il est fondateur, avec Lelia Wanick Salgado sa femme, de la Fondation Instituto terra.

Un itinéraire qui devrait nous inspirer pour les temps qui viennent, maintenant que nous avons été avertis de façon plus virulente.

* Le Sel de la Terre (The Salt of the Earth) de Wim Wenders & Juliano Ribeiro Salgado (2014).


 

À Lyon, à la Sucrière, l’exposition de sa série Genesis (20 février-10 mai 2020) est fermée.

Mais on peut avoir une idée de ces cinq chapitres qui témoignent de la beauté que nous devons sauver, envers et contre tout. Il est - peut-être - encore temps.

"En plus d’être une ode à la nature, Genesis est aussi un appel aux armes", dit-il.

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Dans la foulée, on découvre la revue Natives. Des peuples, des racines.

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L’humanité s’est égarée. Il faut savoir remonter aux origines et réapprendre l’équilibre nécessaire au vivant, qui repose sur l’interdépendance de toute chose.
Ne serait-ce que pour nos descendants, ceux qui vont survivre, aux bouleversements climatiques.

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On s’abonne.


Les Musées s’invitent chez nous.

Aujourd’hui, on explore le Musée d’Orsay, à Paris.

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Et le Rijks, à Amsterdam.

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On visite aussi le Pavillon de l’Arsenal.

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Et plus spécialement l’exposition de Stanislas Chaillou : Intelligence artificielle et architecture.

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Réconfort quotidien avec le MET Opéra.

On avance dans la semaine Wagner.

On clique sur Watch Now, pour l’opéra entier.

Aujourd’hui : Siegfried.


 



Jeudi 26 mars 2020

 

Ce confinement, c’est comme une pause mondiale dans le train d’enfer qui nous menait vers l’abîme.
On prend une grande respiration dans un air moins pollué, on a du temps pour réfléchir, on ne laisse ni espace ni temps à l’ennui.
Et c’est pas triste.

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Même si on constate - merci Serge Jouanny - qu’une fois de plus, les quotas de sont pas respectés, car enfin, où sont les Dupondt.e.s, à la maison comme d’habitude au lieu d’être en première ligne comme les héros ?

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De Blois, les cadeaux de Cinéfil, des films en ligne.

Aujourd’hui, on choisit :

* La Dame du vendredi (His Girl Friday) de Howard Hawks (1940).


 


Les musées s’invitent chez les gens, ils tiennent dans leurs livings, et on les visite depuis son canapé ou à son bureau.

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Aujourd’hui, on décide de visiter le Metropolitan Museum of Art (MET) à New York, et la Tate Britain à Londres.

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Mais on peut aussi préférer visiter la grotte Chauvet.

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Dans la catégorie "Ils en ont vu d’autres", il y a de quoi faire.


 

Bonne lecture :

* Ruth Zylberman, 209 rue Saint-Maur, Paris Xe. Autobiographie d’un immeuble, Seuil-Arte Editions, 2020.

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Réconfort quotidien avec le MET Opéra.
On avance dans la semaine Wagner.

On clique sur Watch Now, pour l’opéra entier.

Aujourd’hui, Die Walküre.


 


Foin de culture.
Tant qu’il y a à manger dans les magasins, on apprend la cuisine.
Même si les petits maris ont plus de mal à se débiner - on plaint les amours adultères en temps de confinement - il est prudent d’être à jour sur cet élément essentiel (et agréable) à la bonne vie.


 

Au programme, ces jours-ci, de saison : les asperges.

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"Je m’arrêtais à voir sur la table, où la fille de cuisine venait de les écosser, les petits pois alignés et nombrés comme des billes vertes dans un jeu ; mais mon ravissement était devant les asperges, trempées d’outre-mer et de rose et dont l’épi, finement pignoché de mauve et d’azur, se dégrade insensiblement jusqu’au pied - encore souillé pourtant du sol de leur plant - par des irisations qui ne sont pas de la terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s’étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui, à travers le déguisement de leur chair comestible et ferme, laissaient apercevoir en ces couleurs naissantes d’aurore, en ces ébauches d’arc-en-ciel, en cette extinction de soirs bleus, cette essence précieuse que je reconnaissais encore quand, toute la nuit qui suivait un dîner où j’en avais mangé, elles jouaient, dans leur farces poétiques et grossières comme une féerie de Shakespeare, à changer mon pot de chambre en un vase de parfum."

Marcel Proust, Du côté de chez Swann.

Naturellement les personnes distinguées se réfèreront à Madame Saint-Ange (Larousse, 1927) plutôt qu’à Ginette Mathiot.
Elle écrit, page 112 : La sauce hollandaise est "la meilleure sauce qui soit pour les asperges, mais elle exige aussi le plus de discernement quant aux proportions et d’attention pendant l’exécution".
Mais avec de la sauce hollandaise de Monoprix tièdie, c’est exquis.

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Mercredi 25 mars 2020

 

Manu Dibango (1933-2020) est mort hier, le 24 mars 2020, du Covid-19.


 

De Douala, Cameroun, à Melun, France, une vie, c’est quand même vachement court.

Il n’était pas seulement un musicien inoubliable, de ceux qui définissent leur époque et influencent leurs pairs. C’était aussi un homme d’honneur qui était "en amont".


 

On écoute ses paroles de sagesse sur RFI, en 2019.


 

On l’écoute aussi raconter l’histoire de Joseph Damingue (1761-1820), le "Grognard noir" de Napoléon, grâce au Groupe de recherche Colonisation, immigration, post-colonialisme ACHAC.

* Frères d’armes. Ils se sont battus depuis plus d’un siècle de Rachid Bouchareb & Pascal Blanchard (2014).


 

Sur France Culture.


À Pâques, le dimanche 12 avril 2020, les églises américaines seront pleines.

Merci qui ?

Merci Père Ubu !


 


L’histoire était prévisible, elle a été prévue.
Hélas pas par ceux qui avaient le pouvoir. Avec leur attachement au rendement du court terme, avec leur gros striatum et leur myopie, ils évacuent la bonne vieille Loi de Murphy et n’ont pas lu le livre de Sébastien Bohler, Le Bug humain (Robert Laffont, 2019).

"Au cas où la pandémie se déclencherait, et tout le monde scientifique s’accorde à dire qu’elle se déclenchera un jour"...

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On écoute le cadeau de François Vila, un entretien avec les professeurs François Bricaire et Jean-Philippe Derenne en 22 chapitres, par exemple Qu’est-ce qu’un virus ? ou Comment faire face à la pandémie ?

* Virus. L’Ennemi invisible de Christophe Donner (2007).


 


Aujourd’hui, devait commencer la grande Fête du court métrage (25-31 mars 2020).

Avec un programme de 190 films à découvrir, 12 500 projections dans 3 300 communes participantes, on allait se régaler.

Itinérances à Alès avait préparé une belle bande annonce.


 

La fête devient Fête du court à la maison, mais il faut s’inscrire.

* Les cadeaux de Arte.

* Les cadeaux de Bref.


Des moments "historiques", chaque génération y a droit.
En 2020, le tout jeune Musée de la Libération à Paris, fermé aujourd’hui bien sûr, a inauguré sa première exposition temporaire juste à temps, Les Parisiens dans l’exode (27 février-30 août 2020).

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Ce sentiment de séparation - est-ce que nous nous reverrons ? - que nous avons eu quand nos amis ont quitté Paris, juste avant le confinement, le 16 mars 2020, nous a rapproché de nos ancêtres, qui en ont vu d’autres.

Aujourd’hui devait avoir lieu un conférence, L’exode de mai-juin 1940 : du repli à la panique, avec une évocation de l’évacuation des prisons.
Avec Éric Alary, Jacky Tronel et Fabrice Virgili.


 


Réconfort avec le MET Opéra.

On sait que ça va être long, on attaque la tétralogie de Richard Wagner, Der Ring des Nibelungen, chair de poule assurée.

Aujourd’hui, le prologue : Das Rheingold (1869).


 



Mardi 24 mars 2020

 

Lucia Bosè (1931–2020) est morte hier, lundi 23 mars 2020, à Brieva, Espagne, du Covid-19.

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Avec le Professeur Didier Sicard, on s’intéresse aux origines de ce nouveau fléau.
Les chauve-souris et autres vampires, il y a longtemps qu’on les soupçonne, mais là, l’ail ne suffit plus, l’aube ne dissout pas les monstres, et il y a flagrant délit.

"Que quelques chauves-souris dans un marché chinois détruisent en quelques semaines l’ordre économique mondial donne à réfléchir à l’amont."

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Le Chœur international de l’Opéra de Rome propose un concert virtuel.
Chaque choriste a enregistré sa propre contribution pour un Va pensiero inédit.


 


La Cinémathèque française a mis en ligne les vidéos des rencontres qu’elle a organisées.

Par exemple, la master class de Robert Redford le 3 juin 2019 (en anglais sans sous-titres).

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Ou la leçon de cinéma de Agnès Varda le 20 janvier 2019.


La Société Louise-Michel, propose en ligne toutes les vidéos des rencontres qu’elle a organisées.

Par exemple, la rencontre du 6 novembre 2019 :

* Penser avec Bruno Latour à l’heure du nouveau régime climatique.
Avec Philippe Pignarre.


 


Puisqu’on est en taule - en infiniment plus confortable que les vrais prisonniers - c’est l’occasion d’aller les voir de plus près, ceux qui sont vraiment derrière les barreaux, eux, leurs histoires, leurs conditions de vie, leurs créations.
Une des manières de solidarité, c’est l’Observatoire international des prisons (OIP).

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Et aussi, d’aller visiter le Musée Criminocorpus, qui a toujours été en ligne.

Par exemple, on s’intéresse à la santé mentale en prison, à la prison de La Santé à Paris, ou à Fontevraud, en souvenir de Jean Genet (1910-1986) qui aura 110 ans le 19 décembre 2020.

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En tout cas, il y a des chances que le 16 avril 2020, quand on commémorera le 34e anniversaire de sa mort, nous autres, nous n’ayons pas encore eu l’information de notre remise de peine.


 

Et par Hélène Martin, c’est bien aussi.


Réconfort avec Greenpeace : West Papua Forest.


 


Réconfort avec WWF : Les tortues grosse tête.


 



Lundi 23 mars 2020

 

Au lieu de faire des provisions hasardeuses à court terme, faisons ce qui n’est pas fait par les gouvernants dont c’est pourtant le job : prévoir le long (moyen ?) terme.

Ce confinement est comme un galop d’essai.
Organisons-nous.
Et que les campagnards noublient pas les urbains.


 

Bonne lecture :

* François Rouillay & Sabine Becker, En route pour l’autonomie alimentaire. Guide pratique à l’usage des familles, villes et territoires, Terre vivante, 2020.

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Samedi 21 mars 2020

 

Le Covid-19, Monsieur Propre.

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On en a pris conscience depuis quelques jours déjà, en surveillant Venise qui nous tent particulièrement à cœur.


 

Mais c’est quand même une sacrée bonne nouvelle que, peut-être, les dégâts de la pollution soient relativement rapides à dégager dans l’air, si ce n’est dans les poumons.
Si "on" en a la volonté.
Sur le site de Ouest-France, par satellite, on peut comparer l’air avant-après, Wuhan, Pékin, Milan ou La Mecque.

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Réconfort du jour avec Greenpeace : Pianist Ludovico Einaudi performs on the Arctic Ocean.


 


Le Cinéma du réel 2020, 42e édition, qui devait commencer le vendredi 13 mars 2020, a été pratiquement le premier festival à s’annuler (avec le FIFF de Créteil).

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Il continue en ligne et ouvre son blog sur Mediapart.


Le Rijksmuseum à Amsterdam est on line.

Même confinées, les familles peuvent prendre exemple sur celles d’autrefois, joyeuses d’être rassemblées.

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Vendredi 20 mars 2020

 

C’est le printemps, si si.

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Hier soir, à 20h00, dans une petite rue de Paris, les gens se sont mis à leurs fenêtres et ont applaudi. Quelqu’un avait mis Il Trovatore à fond la caisse. Au loin, on a aussi entendu Bella Ciao, la vraie, l’originelle.

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À Montreuil, en plus des applaudissements et de la musique, des you you. Le pharmacien qui passait pile à ce moment-là a été acclamé.

Et cela n’avait rien à voir avec la solidarité compassionnelle, "la première ligne" - on croit que c’est un #, pas sûr, on les fréquente pas -, ce machin promu par les organisateurs du siphonnage des moyens de l’hôpital public, une escroquerie infiniment pire que la simple incurie. Une de ces récupérations honteuses dont on a l’habitude et qui tricotent, au long des décennies, la "résilience" infinie du capitalisme.

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Non, hier, comme en Italie, c’était une solidarité spontanée, une manif improvisée, une vraie fête des voisins. C’était le peuple en mouvement et en adaptation, c’était la rue en hauteur.

Si on persévère les jours prochains, comme ils rallongent, bientôt, en plus de s’entendre, on se verra.

Ce soir, comme tous les vendredis du confinement, à 19h00 : L’apéro fenêtre du vendredi. avec Le Peuple Uni, le Mouvement Colibris, et Les Gilets Jaunes.

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Avec Lundi Matin, d’ailleurs, on ne se laisse pas isoler.

On ne craint rien : tous les textes sont des pièces au grand dossier de l’humanité qu’il est plus nécessaire que jamais d’étudier.

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Et on est heureux d’avoir des nouvelles de Raoul Vaneigem : "Le confinement n’abolit pas la présence de la rue, il la réinvente".

* Raoul Vaneigem, "Dehors, le cercueil, dedans la télévision, la fenêtre ouverte sur un monde fermé !", in LundiMatin n°234 du 19 mars 2020.

Rien n’est acquis, tout commence.
L’arrêt des nuisances productivistes a diminué la pollution mondiale, il épargne une mort programmée à des millions de personnes, la nature respire, les dauphins reviennent batifoler en Sardaigne, les canaux de Venise purifiés du tourisme de masse retrouvent une eau claire, la bourse s’effondre. l’Espagne se résout à nationaliser les hôpitaux privés, comme si elle redécouvrait la sécurité sociale, comme si l’État se souvenait de l’État-providence qu’il a détruit.

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Un poème de Kathleen O’Meara (1839-1888), que nous envoie notre ami italien, le compositeur Mauro de Martino. Il circule un peu partout sur le Net, récupéré par n’importe qui. Il faut juste en faire bon usage.

And the people stayed home
and read books, and listened
and rested and exercised
and made art and played games
and learned new ways of being
and were still
and listened more deeply
some meditated
some prayed
some danced
some met their shadows
and the people began to think differently
and the people healed.
And, in the absence of people living in ignorant
dangerous mindless, and heartless ways
the earth began to heal.
And when the danger passed
and the people joined together again
they grieved their losses
and made new choices
and dreamed new images
and created new ways to live
and heal the earth fully
as they had been healed.

Kathleen O’Meara (1869)


De New York, le Metropolitan Opera qui a annulé sa saison, rediffuse les enregistrements en direct de ses représentations.
Chaque jour un nouvel opéra, on appuie sur watch now, il faut juste passer les premières minutes de présentation et on s’envole, pour l’opéra entier.

Hier, c’était Il Trovatore.


 

Aujourd’hui, c’est La Traviata, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin, avec Diana Damrau et Juan Diego Flórez.

Pour sentir son âme exulter, rien ne vaut Verdi.


 


Réconfort avec Greenpeace : Aerial Edition.


 



Jeudi 19 mars 2020

 

Ce soir, à 20h00, et tous les autres soirs, tout le monde va à sa fenêtre ou sur son balcon, dans sa rue ou devant sa campagne, et tout le monde chante, comme Maurizio Marchini à sa fenêtre à Florence.
Dire Bravo ! à tous les soignants qui sont au front et payent pour les incuries.


 


Jheronimus Bosch (1450-1516) est né 100 ans après l’épidémie de peste noire (1347-1352).
Allez savoir où se nichent les intuitions futuristes des grands artistes, engendrées par la mémoire collective souterraine.

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Ses strange fruits témoignent de ce que la couche humaine de la planète n’a pas fini de nous surprendre, si elle sait jouer de sa "conscience" et s’adapter, en "appropriant l’organe à sa fonction".

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COVID-19
 

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Bonne lectures :

* Docteur Richard Benarous, "Lutte contre le coronavirus. Mobilisation pour les tests diagnostiques et pour les thérapies : que faire ?," in L’Humanité, 18 mars 2020.

* Docteur Pierre-Jacques Raybaud, "Coronavirus : recommandations et inhalation" (article actualisé) in Médiapart, blog de Dominique Vidal.

On lit l’article en entier, à la fin, il y a un résumé des mesures à prendre.
Du bon sens, par exemple, les masques, quels qu’ils soient, ça vaut mieux que rien.
Ils sont caducs après 4 heures d’utilisation, mais réutilisables après un traitement hyper simple : le séchage avec un sèche-cheveux à 5 cm à l’air très chaud (température de 120° à 150°) peut détruire presque tous les virus et bactéries en une minute.

Après ça, "vous mourrez moins bête, mais vous mourrez quand même" comme disent le Professeur Moustache et son assistant Nathanaël.

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Réconfort avec les films de Jean Henri Meunier.

Et notamment le dernier en date :

* Mots Maux de Jean Henri Meunier (2020).

MOTS MAUX from Jean Henri MEUNIER on Vimeo.

 


Réconfort avec les cadeaux de la revue Bref, trois films gratuits par semaine.

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Mercredi 18 mars 2020

 

Sur la ville, une qualité de silence inhabituelle, une douceur, enfin.
Et puis le temps, qui, comme par magie, passe plus lentement.
On en gagne, en somme.
On a parfois rêvé qu’il suspende son vol.
Comme Nathanaël on a parfois vécu la ferveur des instants.

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En réalité, le temps, tout le monde en parle, et tout le monde comprend de quoi il s’agit. Mais personne ne sait le définir, le confondant avec la durée ou l’urgence, l’attente ou le vieillissement. Et personne ne le trouve plus depuis qu’il s’est tellement "accéléré".
Comment peut-il s’accélérer ou ralentir ?

Bonnes lectures :

* Stephen Hawking, A Brief History of Time : From the Big Bang to Black Holes, New York, Bantam Book, 1988. Stephen Hawking, Une brève histoire du temps : Du big bang aux trous noirs, traduction de Isabelle Naddeo-Souriau, Paris, Flammarion, 1989.

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* Étienne Klein, Les Tactiques de Chronos, Paris, Flammarion, 2003.

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* Hartmut Rosa, Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive, Paris, La Découverte, 2014.

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Et, pour après, on se promet d’aller visiter le Musée de Besançon.

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Du coup, on apprend à fabriquer un cadran solaire, avec Jules.

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Pour les frustrés de sport en plein air, un cadeau : Le match Gênes-Bologne du 23 août 1925.


 


On suggérait les cartes, pour fuir la sainteté, comme Viridiana.

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Contre l’ennui (le temps mal vécu), une nouvelle suggestion délicieusement addictive.
Pour qui s’est laissé entraîner, au long des années, par les machines et a laissé tomber les cartes, et cet intense plaisir de les battre et de les distribuer, pour qui n’a pas trois partenaires pour un bridge ou un whist, deux ou trois partenaires pour une canasta ou une belote, un partenaire pour une crapette ou un gin rummy, ni quelques vrais amis friqués à plumer au poker...

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... pour les solitaires : la réussite alias la patience, comme on disait au 19e siècle.

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Et pour qui "n’aime pas les cartes", c’est le moment d’apprendre à les apprécier, maintenant, pendant ce répit qui nous est offert et cette espèce de répétition générale.
Car le Big One adviendra, venant du changement climatique par exemple, qui, lui, n’est pas confiné. Il est retardé, pour l’instant, on n’a jamais été si propre ni si "respectueux de l’environnement". Mais, avant-hier encore, on produisait de l’irréversible.
Un jeu de cartes, ça tient dans la poche du jean (contrairement aux rouleaux de PQ), ça n’a besoin ni d’eau ni d’électricité. Ce sera plus utile que les réserves de farine ou de riz, qui seront, de toute façon, bouffées par les charançons avant vous.

Il y a aussi, bien sûr, les puzzles, comme les affectionnait Susan Alexander, la seconde femme de John Foster. Mais il faut une grande table.

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Les salles de cinéma sont fermées.

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Il y a longtemps qu’elles ferment, petit à petit, de toute façon. Le groupe Photos des cinémas parisiens disparus en rend compte admirablement. Et parmi tous ces passionnés passionnants, Philippe Guérin-Préaux, alias Monsieur Cinéma.


 

Il y a longtemps aussi - même si c’est beaucoup moins bien - qu’on peut voir des films sans sortir de chez soi, sur toutes sortes d’écrans, à la télé notamment.


Les librairies et les bibliothèques sont fermées.
Si on a lu tous les livres de sa propre bibliothèque, on peut découvrir de nouvelles œuvres gratuitement : les œuvres du domaine public ou les VOD et les collections numériques des bibliothèques...

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Quelques autres suggestions :

* Minerva Pictures offre 100 films gratuits en ligne.
Il faut juste s’inscrire.


L’International Documentary Film Festival Amsterdam(IDFA) offre 300 documentaires (1988-2019) en accès libre.


Canal+ est passé en clair depuis lundi dernier, 16 mars 2020.


On n’oublie pas non plus les plateformes numériques de France Télévisions :

* Lumni la pédagogique.

* Okoo, pour ses dessins animés.


Et pour qui vit dans la rue, à qui on a intimé l’ordre de rester chez soi, ne vous inquiétez pas, attendez-nous, ce n’est qu’une question de temps, on va revenir, dès que possible. C’est toujours là que "ça" se passe.

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Sur France Culture.



Mardi 17 mars 2020

 

En France, confinement total par les autorités, décrété hier soir, lundi 16 mars 2020, avec coercition et amendes aux contrevenants, pour au moins 15 jours, mais en fait, probablement pour plus longtemps, pour cause de rebonds probables.
Seul moyen de lutter contre l’épidémie galopante.

Quand ce sera fini, il sera sans doute impossible de revenir en arrière, au vieux monde pourri. Va falloir tout réinventer.


À Genève, le Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH), 18e édition, qui devait se tenir du 6 au 5 mars 2020, a été un des premiers festivals à être annulé pour cause de Covid-19, et, le premier à trouver des échappées 2.0.

Pablo Servigne y était invité pour un débat, avec Marie-Claire Graf, Lisa Mazzone et Darius Rochebin : Urgence climatique, urgence citoyenne : un nouveau monde est-il possible ?

Égal à lui-même depuis son best-seller de 2015, Comment tout peut s’effondrer, notre lanceur d’alerte préféré fait le point à partir de ce fait nouveau, imprévu mais prévisible, d’abord médical puis vite devenu fait social total, qu’est le Covid-19.


 



Lundi 16 mars 2020

 

À tous les Terriens (et les Terriennes), un message venu de Lundi Matin n°234 (16 mars 2020) : Le monologue du virus.

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Avec un avant-goût de fin d’un monde.
Parce que c’est maintenant que ça commence vraiment, le backlash de l’Anthropocène.



Samedi 14 mars 2020

 

Covid-19 : Les annonces d’annulations d’événements et de fermetures de lieux s’amoncellent et se télescopent, et pas seulement en France, où a été annoncée, hier, l’interdiction de rassemblements de plus de 100 personnes, mais partout dans le monde.

Naturellement, la grande manif pour le climat, prévue ce samedi, est aussi annulée.
Elle se prolonge en ligne.

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C’est bien simple, même l’Éverest est fermé, du coup, ça va être dur d’être in, up-to-date, et dans le vent.

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Les Italiens ont trouvé un moyen joyeux de socialité : ils se mettent à leurs balcons et chantent ensemble.


 

Les Chinois, par contre, s’ennuient dans leurs livings.

* Chine. Chronique d’une quarantaine de Sébastien Le Belzic (2020).


 

Faut croire que les écrans, malgré les apparences, c’est pas suffisant pour nourrir les imaginaires.


On va être obligé de fouiller dans ses propres ressources, de se découvrir une vie intérieure, de retourner à ses chères études.

Quand je m’y suis mis quelquefois, à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s’exposent, dans la cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre.

Blaise Pascal, Pensées (1669).

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Quelques suggestions :

*À qui souffre de claustrophobie : une échappée par le haut.
Merci Vladimir Kush.

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* À qui sait obéir aux vents : se transformer en hikikomori et ne pas craindre le blues du geek.

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Et retrouver le Bong Joon-ho des débuts avec son Shaking Tokyo, dans le film collectif, Tokyo ! (2008), avec Michel Gondry et Leos Carax. (En ligne en entier, en japonais).

* À qui a besoin de contact physique : la bonne distance de l’Asie du Sud, avec le namasté plutôt que le shake hand ou le big hug.

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* À qui veut du divertissement :

Les livres.

Rares sont ceux qui ont lu tous les livres de leur bibliothèque, surtout ceux qui sont tout en haut.

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Les DVD ou la VOD, quand les médiathèques ont exercé leur droit de retrait.

* L’Amour aux temps du choléra (Love in the Time of Cholera) de Mike Newell (2007).


 

Ou les jeux de cartes.
Viridiana avait fini par choisir cette invention satanique plutôt que la sainteté.


 

À qui veut sortir quand même, c’est tout de même possible, avec plein de précautions – "Il ne passera pas par moi", disait-on du temps du sida.

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Mais il faut vérifier quand même l’ouverture, ça change d’heure en heure.

* À Paris, à la Galerie Templon : Billie Zangewa (14 mars-9 mai 2020).

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Galerie Templon, 30 rue Beaubourg, 75003 Paris.



Jeudi 5 mars 2020

 

Il y avait le Jour du dépassement, la date à laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an.
En France, en 2019, c’était le 29 juillet.
On vit à crédit.


 

Il y a maintenant le Jour du dérèglement, la date où on a émis le quota de gaz à effet de serre auquel on a droit en un an, si on respecte l’objectif de neutralité carbone fixé en 2050.
Pour la France, c’est aujourd’hui, ce 5 mars 2020.
On est en surendettement, et à découvert, à ce rythme, l’objectif sera atteint en 2085.


 

Et pendant ce temps, Greenpeace se voit refuser sa campagne d’information dans le métro parisien et dans les cinémas.

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Aparté : Le métro et la pub sur le site de L’histoire par l’image.

Mais est-ce que les lanceurs d’alerte font de la pub ?

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Aujourd’hui, on a tout de même droit une petite sauterie pour fêter les 150 citoyens z-et- citoyennes de la Convention citoyenne pour le climat, qui discutent depuis 6 mois, et qui remettront leur rapport le 5 avril 2020.

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C’est le Projet Inside Out, initié par JR en 2011, récupéré pour frapper un grand coup qui marquera les esprits, à défaut du climat : des collages sur la rotonde du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

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Voilà qui va faire diablement avancer le schmilblick.



Mercredi 4 mars 2020

 

À Tampere, commence le Tampereen Elokuvajuhlat "Short is Sweet", 50e édition (4-8 mars 2020).

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Le festival de Tampere, né en 1970, qui présente des films de moins de 30 minutes) est, avec celui d’Oberhausen né en 1954, et celui de Clermont-Ferrand né en 1982, un des plus grands festivals européens de courts métrages.
Au programme de cette année 2020, outre la compétition des sections thématiques.

* Climate avec trois directions : Climat 1 : La vie quotidienne en Afrique ; Climat 2 : Le climat social et l’émigration ; Climate 3 : Le climat du monde entier.

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* Dystopia : La dystopie comme envers de l’utopie, l’état de l’environnement et de l’humanité à travers les problèmes d’origine humaine.

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* Australia, first Nation : Avec Screen Australia en Finlande, on sait que les peuples autochtones australiens sont les conteurs les plus anciens de la planète.

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* Kurdistan : L’État du Kurdistan, coincé entre la Turquie, l’Irak, la Syrie et l’Iran, n’est pas officiellement reconnu dans la politique mondiale, mais à travers une programmation dédiée aux cinéastes kurdes, on a des nouvelles de son peuple.

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* Trois rétrospectives finlandaises : Pilvi Takala ; Miia Tervo ;
Rytel & Lindroth von Bahr.

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Ce soir, Opening Night à 18h00 :

* Dulce de Angello Faccini & Guille Isa (2018).

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* Lumikko (The Little Snow Animal) de Miia Tervo (2009).

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* Up at Night (Yön Tunteina) de Nelson Makengo (2019).

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* Nulla Nulla de Dylan River (2014).

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Faites votre programme.

Tampere Film Festival, Tullikamarin aukio 2, 33100 Tampere.



Samedi 22 février 2020

 

À New York, au Metrograph : Climate Crisis Parables (22 février-22 avril 2020).

Pour évoquer le changement climatique, l’effondrement écologique et la crise imminente, pour mettre en garde contre les conséquences désastreuses des dommages causés par la poursuite sans entraves du profit, Metrograph choisit la fiction et la parabole plutôt que le documentaire.

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En partenariat avec Harper’s Magazine, qui publie régulièrement des textes sur les questions environnementales (Naomi Klein, Bill McKibben, Wendell Berry ou Rebecca Solnit), et avec Extinction Rebellion Lower East Side.
Les projections seront présentées par des experts du changement climatique.

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Aujourd’hui :

* À 16h15 : Le diable, probablement (The Devil, Probably) de Robert Bresson (1977).

Faites votre programme.

Metrograph, No.7 Ludlow Street, New York NY 10002.



Vendredi 21 février 2020

 

À Grenoble, le Cycle Planète Terre de la Cinémathèque se termine en apothéose (17 janvier-21 février 2020).

* À 20h00 : Les Bêtes du sud sauvage (Beasts of the Southern Wild) de Benh Zeitlin (2012).
Présentation de Jean-Pierre Andrevon.


 

On l’a déjà annoncé, ce cycle Planète Terre, mais ce soir, comment résister au rappel de ce film délicieux et mal connu, bien qu’il ait fait la tournée de la plupart des festivals du monde ?
On se souvient de sa présentation à Cannes 2012 (où le film a reçu de nombreux prix) : sur la scène, face aux spectateurs, l’équipe du film avait soulevé à bout de bras la très petite Quvenzhané Wallis, 8 ans à l’époque. Pour l’instant, elle n’a pas (encore) vraiment fait carrière, à part son rôle dans 12 Years a Slave de Steve McQueen l’année suivante, en 2013.
C’était le premier long métrage de Benh Zeitlin qui n’a rien réalisé d’autre jusqu’à 2019, son dernier film, Wendy, a été présenté au Festival de Sundance 2020).

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Le site de Jeune Cinéma a d’ailleurs passé une année entière sous le charme de Hushpuppy.

Cinéma Juliet-Berto, passage du Palais de Justice, 38000 Grenoble.


À Paris, le Palais de Tokyo, avec Abdellah Karroum, et en collaboration avec l’Arab Museum of Modern Art de Doha au Qatar (MATHAF) fait le pari que les œuvres d’art ont une puissance d’intervention en prenant position face aux désordres du monde : Notre monde brûle (21 février-17 mai 2020).

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L’exposition ne craint pas le mot "Anthropocène" avec, par exemple John Akomfrah, Yto Barrada, Raqs Media Collective.

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Elle participe au débat sur le rapport exclusivement utilitariste à l’environnement avec Monira Al Qadiri, Sammy Baloji, Fabrice Hyber.

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Avec un catalogue.

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Vendredi 14 février 2020

 

À Brooklyn, au BAM, une nouvelle exposition : Climate in Crisis : Environmental Change in the Indigenous Americas (14 février 2020-10 janvier 2021).

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Le changement climatique, qui n’est plus "prédit" mais déjà bien installé depuis un bout de temps, qui s’acélère brutalement, détruit d’abord les plus exposés, les populations autochtones dont les rapports à la Nature, sont, paradoxalement, les plus justes.

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Le BAM présente plus de soixante œuvres couvrant 2800 ans de cultures à travers l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud, pour mettre en évidence leurs modes de vie en accord avec leurs leurs visions du monde naturel.
Et bien sûr, montrer les dévastations de la fonte des glaciers, des sécheresses, des incendies de forêt, de la surexploitation des ressources, des déplacements et de la violence extrême.

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Ce sont des primitifs, au lieu de s’allier naïvement à la Terre, ils avaient qu’à faire comme les grands singes les plus civilisés, lutter contre elle ?
Que les grands singes les plus civilisés des zones tempérées ne s’impatientent pas, leur tour d’humilité viendra.

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Brooklyn Museum, 200 Eastern Parkway, Brooklyn, New York 11238-6052.



Vendredi 7 février 2020

 

À Paris, à la Bibliothèque publique d’informatio (BPI), depuis le 23 janvier 2020, on se rencontre, on débat, on discute, on suit des ateliers : Cycle Vivre durable.

Changement climatique, réduction de la biodiversité, catastrophes naturelles… les constats scientifiques alarmants s’accumulent et la prise de conscience de l’urgence climatique se généralise dans la société, et à la BPI, on se sent moins seul.

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Ce soir, à l’Espace presse, avec Momentum :

* À 19h00 : La décroissance : scénario pour une transition écologique réussie ?
Avec Agnès Sinaï, Benoît Thévard, Aurélie Luneau.

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Faites votre programme.

BPI, Centre Pompidou, 19 rue Beaubourg, 75004 Paris.



Lundi 27 janvier 2020

 

À Saint-Denis (et à Aubervilliers, Saint-Ouen-sur-Seine, La Courneuve et Stains) ont commencé les Journées cinématographiques, 20e édition (24 janvier-8 février 2020).

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Ces Journées, depuis leur création au début du 21e siècle, en 2001, exhument, chaque année, un thème de l’inconscient collectif que le cinéma a révélé.
Ce fut successivement : Un monde à changer (2001), Exodes (2002), America vs America (2003), Ensemble ! (2004), Sauvage Innocence (2005), Sex is Politics (2006), Media Crisis (2007), Combat Rock (2008), Black Revolution (2009), Voir l’invisible (2010), La Comédie du travail (2011), Révolutions (2012), Fins de mondes (2013), Femmes femmes (2015), Censures (2016), Hahaha (2017), Rebel, Rebel (2018), L’Invitation au voyage (2019).

2020 semble une année charnière, comme le pensent les collapsologues, comme Pablo Servigne ou Yves Cochet.

Et comme le dit notre ami de Facebook, Carlos Piñarca, "Il y a le "Minuit profond" de Zarathoustra, et le "Minuit dans le siècle" de Victor Serge. Et puis il y a le Minuit de fin du monde de la Doomsday Clock, mise à jour depuis 1947 par les directeurs du Bulletin of the Atomic Scientists de l’université de Chicago. En 2019, on était à moins deux minutes de minuit. En 2020, on en serait à moins 100 secondes de minuit.
Ce serait l’année de tous les dangers, le climat s’ajoutant au nucléaire, et, parmi les multiples facteurs possibles de collapse, les épidémies dues à une insécurité sanitaire et la circulation démographique accélérée des humains et des choses. Tiens, à ce propos, à Paris aussi, comme en Chine, le défilé du Nouvel An chinois a été annulé hier dimanche, la communauté chinoise n’ayant pas le cœur à la fête devant les dégâts exponentiels venant de Wuhan, Chine centrale, 11 millions d’habitants.

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À Saint-Denis, en 2020, on a choisi de s’évader dans le répit du rêve, peut-être pour la dernière fois après tout : La vie est un songe. À l’honneur, notamment : la réalité virtuelle.

Ce soir, à Saint-Denis :

* À 18h00 : Tarzan, l’Homme-singe (Tarzan the Ape Man) de W.S. Van Dyke (1932).
Introduction de Arnaud et Jean-Marie Larrieu.

* À 20h30 : Opération Lune de William Karel (2002).
En sa présence.

Faites votre programme.

Cinéma l’Écran, place du Caquet, 93200 Saint-Denis.



Jeudi 23 janvier 2020

 

À Inari (alias Aanaar), tout au nord de la Finlande, la plus grande ville de la région Sami (Laponie) frontalière de la Norvège et de la Russie, commence le Skábmagovat Film Festival, 22e édition (23-26 janvier 2020).

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Le Skábmagovat, c’est le festival du film des peuples autochtones, des Reflections of the Endless Night comme une sorte de miroir symétrique du Midnight Sun Festival de Sodankylä au mois de juin (qui en sera cette année à sa 35e édition).

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En 2019, on en avait eu un avant-goût - et le Journal de Ellis & Neck en avait parlé à plusieurs reprises - à Paris à l’Institut finlandais, avec quelques-uns de ses IF Scrennings, Sámi Dreams, et à Venise à la Biennale 2019, aux Giardini.

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Au cours des dernières décennies, les Samis sont devenus sujets de leur histoire et ont commencé à définir eux-mêmes leur propre culture. Le Skábmagovat est né en 1999, pour animer la longue nuit polaire un peu déprimante, et, peut-être, pour un des derniers feux d’artifice de la vieille Laponie qui perd ses glaces.

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Les Samis sont accueillants.
Dès sa première édition, le festival a invité leurs homologues venus du monde entier, derniers résistants internationalistes à la mondialisation. Aux côtés des documentaires Samis des années 60, leurs premiers invités spéciaux furent les Aborigènes d’Australie. Cette année-là, la température est descendue à - 40°, et ce fut pourtant un succès immédiat. Ceux qui n’aiment pas le froid, regretteront d’ici quelques années, de ne pas l’avoir apprécié quand il était encore temps.
Les années suivantes, pour épauler les Samis, sont arrivés les autochtones canadiens, les Inuits du Nunavut, les autochtones brésiliens, ceux de Hawaï et de l’océan Pacifique, les Komi de Russie...

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Le festival se déroule dans trois lieux : le Musée Siida, le Centre culturel Sami Sajos et le Northern Lights Theater (ou théâtre des aurores boréales), un théâtre de neige (même l’écran), sans toit, entièrement sculpté dans la neige, avec des sièges faits de blocs de neige recouverts de peaux de rennes.

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Il comporte trois sections : le Camera Borealis (photographies et films sur la nature), le SieivaGovat (séminaire sur la photographie sâme) et le Skábmagovat Film Festival proprement dit (festival de production de films pour les peuples autochtones).

Au programme 2020, focus sur le lien avec la Terre à travers des films venus de Norvège, du Canada, de Finlande, de Nouvelle Zélande, d’Australie, du Pérou, de Colombie et du Japon.

Aujourd’hui, ouverture avec des courts métrages :

* À 16h00 : Prélude : Awareness de Arttu Nieminen (2019) ; Nuorgamista 10 kilometriä tunturiin (The River Runs Through Me : A Sami Poet) de Anne Lintujärvi (2018) ; Fintiaanit (Finndians) de Maria Seppälä (2019).

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* À 18h00, Opening Night : Katatjatuuk Kangirsumi (Throat Singing in Kangirsuk) de Eva Kaukai & Manon Chamberland (2019) ; Čuojanasat (Music !) de Ann Holmgren (2019) ; Inari de Ville-Riiko Fofonoff (2019) ; Bub de Oriwa Hakaraia & Te Mahara Tamahana (2019) ; Čáhcerávga de Suvi West (2019).

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Faites votre programme.

Skábmagovat / Sámidáidaga doarjjasearvi rs., Sami cultural centre Sajos, Menesjärventie 2, 99870 Inari.



Vendredi 17 janvier 2020

 

À Grenoble, à la Cinémathèque, commence un cycle Planète Terre, un peu court à notre goût mais très pointu (17 janvier-21 février 2020).

Ce soir :

* À 20h00 : The Land of Hope de Sion Sono (2012).
Avec Jean-Pierre Andrevon et Peggy Zejgman-Lecarme.

Faites votre programme.

Cinémathèque de Grenoble, 4 rue Hector-Berlioz, 38000 Grenoble.


À Genève, commence Black Movie, festival international de films indépendants, 21e édition (17-26 janvier 2020).

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Le festival, engagé dans la défense des productions asiatiques, africaines, orientales et sud-américaines, se définit comme impertinent.

Teaser | Petit Black Movie 2020 from Festival Black Movie on Vimeo.

 

Aujourd’hui, ça commence à 16h45, et la dernière séance est à 22h00.

Ce soir, en prime time, un road movie, un documentaire surréaliste, une comédie musicale :

* À 19h30 : Talking About Trees de Suhaib Gasmelbari (2019).

* À 20h00 : Dreamaway de Johanna Domke & Marouan Omara (2018).

* À 21h00 : Technoboss de João Nicolau (2019).

Faites votre programme.

On note tout de suite la conférence de Dominique Bourg, lundi 20 janvier 2020 à 19h00 : La planète, état des lieux et esquisse de nouveaux récits, en prolongement des récits des films Halte de Lav Diaz (2019) et Jallikattu de Lijo Jose Pellissery (2019).

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Maison des arts du Grütli, rue du Général-Dufour 16, 1204 Genève.


À Zürich, à la Kunsthaus, commence une grande exposition Olafur Eliasson. Symbiotic seeing (17 janvier-22 mars 2020).

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Ólafur Eliasson est né en 1967.
En septembre 2019, il a été nommé par l’ONU ambassadeur pour la protection du climat et les énergies durables. Il plaide pour un monde fondé sur la coexistence et la coopération et non sur la concurrence.

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L’année dernière, en juillet, on avait annoncé sa grande exposition à la Tate Modern : Olafur Eliasson In Real Life (11 juillet 2019-5 janvier 2020).
Pour Zürich, il a réalisé, en exclusivité, une nouvelle installation à grande échelle sur les rapports et les interactions entre acteurs humains et non humains sur la terre.

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Kunsthaus Zürich, Heimplatz 1, 8001 Zürich.



Jeudi 16 janvier 2020

 

À Paris, à la librairie Quilombo, alors que l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) a publié un rapport sur les défaillances de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) et la multiplication d’incidents ces derniers mois, on s’occupe de nucléaire, en focalisant sur Iter, le réacteur nucléaire expérimental de Cadarache, en Provence, qui rêve de "mettre le Soleil en boîte",

Ce soir :

* À 19h00 : Rencontre avec Isabelle Bourboulon.

Bonne lecture :

* Isabelle Bourboulon, Soleil trompeur. ITER ou le fantasme de l’énergie illimitée, préface de Michèle Rivasi, Paris, Les Petits Matins, 2020.

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Librairie Quilombo, 23 rue Voltaire, 75011 Paris.



Lundi 13 janvier 2020

 

Il y a urgence à se hâter lentement (i.e. sans répétition des "erreurs" capitalistes & co).

Aujourd’hui commence le Greenpeace Film Festival 2020 (13-27 janvier 2020).

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Avec 15 films documentaires en accès libre sur le site du festival pendant 15 jours, la sélection 2020 présente les thématiques de l’environnement : climat, alimentation, agriculture, surconsommation, biodiversité, mais aussi les lanceurs d’alerte et les énergies fossiles.



Jeudi 9 janvier 2020

 

Radio France en est à son 37e jour de grève.

Les esclaves, la présidente et le pupitre.

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"Métro boulot dodo", narguaient les soixante-huitards, qui croyaient pouvoir y échapper.

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Merci à Guila Shani.

C’était au 20e siècle. On savait que le capital ne siphonne pas seulement la force du travail, mais tout simplement le temps de vie. Même si englué dans la routine du quotidien, et sagement matérialiste, on avait tendance à refouler ce vertige à tendance métaphysique. Mais sous les pavés, au moins pour certains, il y avait encore la plage.

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En 1970, Georges Moustaki (1934-2013) y croyait encore.

En 1974, Raoul Vaneigem (né en 1934) rêvait encore.


 

Au 21e siècle, le pain est dur, les temps sont amers, tous les romantismes révolutionnaires ont viré No Future.

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On mesure la pertinence de la vision de Dylan : And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, and it’s a hard It’s a hard rain’s a-gonna fall.


 

La grève, elle, elle ne change pas. Elle coûte toujours aussi cher aux grévistes, qui ne rêvent plus guère généralement.

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Les Mutins de Pangée soutiennent les caisses de grève, avec des projections "en réunion".

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Pourtant elle est toujours une sorte de trêve, un temps suspendu qui permet de retrouver son souffle, de se ressourcer, comme on dit aujourd’hui.

Quelques sources, quelques pistes d’échappées pour notre temps présent :

* Éric Beynel & Alessandro Stella, "Les Maîtres du temps et les casseurs d’horloges", in Lundimatin 224 du 6 janvier 2020.


 

* Jean-Lou Fourquet, "Entrons dans la résistance maîtrisons notre attention", sur son site Après la bière.

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En substance, à la suggestion de Daniel Schneidermann : Ils veulent acheter nos esprits, ils ne sont pas à vendre, nos "cerveaux ne sont pas disponibles". Ne nous laissons pas envahir, ce libre-échange-là est une illusion de liberté.

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* Daniel Bensaïd, "Marx et les crises", in Rhuthmos, 16 juin 2013.

* Avec une prolongation chez Daniel Mermet, pour se souvenir de la mort de Bensa, il y a 10 ans, le 12 janvier 2010.

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* Marx et la grève sur France Culture.



Mardi 7 janvier 2020

 

À Paris, à la MSH, le séminaire du Collège d’études mondiales, Accumulations et accélérations (responsable Christopher Pollmann), commence sa session de 2020, gratuit et sans inscription : Alternatives et remèdes (7janvier-16 juin 2020).

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Après 43 séances - L’emballement du monde I en 2016-2017 ; L’emballement du monde II en 2018 ;
Les emballements techniques et affectifs en 2019, le séminaire a dressé un constat sans appel : l’organisation capitaliste de la vie humaine et notamment la compétition ont progressivement installé un engrenage d’accumulations et d’accélérations qui menace désormais la survie de l’espèce, sur le plan écologique, social et psychique.
En 2020, il pose la question : Comment desserrer l’étau de l’emballement du monde et de l’artificialisation de la vie ?

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Aujourd’hui :

* À 18h00 : Démocratiser la France en s’inspirant des Gilets jaunes.
Avec Mathilde Larrère.

Bonne lecture :

* Mathilde Larrère éd., Révolutions. Quand les peuples font l’histoire, Paris, Belin, 2017.

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Faites votre programme.

Maison des sciences de l’homme (MSH), salle BS1-28, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris.



Samedi 4 janvier 2020

 

À Paris, les Grands Voisins ont toujours là, même si leur surface diminue de mois en mois. Mais c’est leur dernier hiver.

En attendant le film de Bastien Simon, Les Grands Voisins, la cité rêvée qui devrait sortir en avril 2019, il est bon de les découvrir en vrai, d’y retourner, d’y aller plus souvent.

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C’est un lieu sans égal, inventé par l’association Aurore, Plateau Urbain et Yes We Camp.

Il y a des centres d’hébergement, un accueil de jour, et des programmes de réinsertion.

C’est surtout un modèle économique alternatif où tout le monde se sent bien, aussi bien les bourges généreux qui se débarrassent de leurs fringues et ou de leurs superflus, que les bourges radins qui les achètent à 1, 00€, aussi bien ceux qui viennent y juste faire un tour que ceux qui viennent chercher de l’aide.


 

Il y a des lectures, des expositions, des musiques, des ateliers, des carnavals.
On y fait des rencontres et on y mange admirablement.
C’est une île d’utopie au cœur de la ville qui, en 5 ans, a réussi.
Sourires, liberté, on se remet à croire en l’humanité.

Ce soir, par exemple, y a un bal, à 21h00, à la Lingerie.

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Les Grands Voisins, ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul, 74 avenue Denfert-Rochereau, 75014 Paris.



Vendredi 3 janvier 2020

 

Bon anniversaire à Greta Thunberg, 17 ans accomplis aujourd’hui.

En 2020, ça tombe un vendredi, quel hasard !

Si sa généalogie pouvait l’incliner à ne pas craindre la méchante scène publique (sa mère est chanteuse d’opéra et son père acteur de cinéma), c’est quand même une sacrée gamine, qu’on a envie d’aimer et de soutenir à la mesure de la haine qu’elle déclenche chez les pitoyables pantins qui croient tenir les rênes.

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Apparemment, rien de public n’est prévu ce vendredi 3 janvier 2020, ce qui est tout à son honneur, la cause climatique ne souffre aucune icône, ni dieu, ni césar, ni tribun.



Jeudi 2 janvier 2020

 

Bon anniversaire à Isaac Asimov (1920-1992), cent ans aujourd’hui.
Il pourrait être vivant, après tout.

Que penserait-il, de l’état du monde du 21e siècle, Asimov du 20e siècle ?
Et cette époque Anthropocène, S. Hari Seldon, né en l’an 11988 de l’Ère Galactique, dont la fête est célébrée par les pataphysiciens le 12 pédale (6 mars vulg.), où la placerait-il dans le futur antérieur de sa vision psychohistorique ?

Le fin du fin, c’est de relire son œuvre dans la collection Présence du futur de chez Denoël.

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Mais les nouvelles éditions sont bien aussi.

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Bonnes visions :

* L’Homme bicentenaire (Bicentennial Man) de Chris Columbus (1999).

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* I, Robot de Alex Proyas (2004).


 

Bonne lecture :

* Isaac Asimov, Le Grand Livre des robots, tome 1 Prélude à Trantor et tome 2, La Gloire de Trantor, traduction et préface de Jacques Goimard, Paris, Presses de la Cité, 1991.

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D’année en année :

* L’année 2014 ; * L’année 2015 ; * L’année 2016 ; * L’année 2017 ; * L’année 2018 ; * L’année 2019 ; * L’année 2020

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Journal de Abla 2020  :
* 1er-15 janvier 2020 (2, 3, 4, 7, 9, 13 janvier 2020) ; * 16-31 janvier 2020 (16, 17, 23, 27 janvier 2020) ; * 1er-15 février 2020 (7, 14, 21, 22 février 2020) ; * 2-13 mars 2020 (4, 5 mars 2020) ; * 14-31 mars 2020 (confinement 1) (14-31 mars 2020) ; * 1er-15 avril 2020 (confinement 2) (1er, 2, 3, 6, 7, 8, 9, 10, 14, 15 avril 2020) ; * 16-30 avril 2020 (confinement 3) (16, 17, 18, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 27, 28, 29 avril 2020) ; 1er-15 mai 2020 (confinement 4) (1, 2, 6, 7, 8, 9, 12, 21, 25 mai 2020) ; 2-15 juin 2020 (4, 6, 8, 11, 12, 13 juin 2020).
 



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