Journal de Abla (mai 2020) I
1er-15 mai 2020
publié le vendredi 15 mai 2020


 

MAI 2020

(1er-15 mai 2020)
 



Vendredi 15 mai 2020

 

Bon anniversaire à Michel Audiard (1920-1985), cent ans aujourd’hui.

Avec 128 films comme scénariste-dialoguiste, une dizaine de films comme réalisateur, il était populaire, il est devenu culte, et, en conséquence, méprisé (ou jalousé ?) par la Nouvelle Vague.

On regrette deux de ses projets non aboutis : Le Voyage au bout de la nuit de Céline et L’Instinct de mort de Mesrine (suggéré par Gérard Lebovici).

Gros plan sur Michel Audiard (1976) à la radio télévision suisse.


 


Le Free best of du jour de Nicole Gabriel :

* La Roue du diable (Chyortovo koleso) de Grigory Kozintsev & Leonid Trauberg (1926).


 


En France, seuls les petits musées rouvrent leurs portes.

Par exemple :

* La Fondation Giacometti, à partir d’aujourd’hui, ce 15 mai 2020.

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Au programme, notamment :

* À la recherche des œuvres disparues (25 février-21 juin 2020).

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Institut Giacometti, 5 rue Victor-Schœlcher, 75014 Paris.


À Zürich, le grand Kunsthaus rouvre ses portes aussi aujourd’hui.

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Le musée possède, dans ses collections, pas mal d’œuvres de la grande famille Giacometti, spécialement de Alberto Giacometti (1901-1966), et pas seulement ses hommes maigres, qui marchent ou chavirent.

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L’exposition consacrée à Ottilia (1904–1937), sa sœur, inaugurée le 7 février 2020, devait se terminer le 3 mai 2020, elle est prolongée jusqu’à l’été.

* Ottilia Giacometti. Un portrait (7 février-19 juillet 2020).

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Kunsthaus Zürich, Heimplatz 1, 8001 Zurich.



Jeudi 14 mai 2020

 

Cannes 2020.

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Et puis, ça va de soi :

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Ils sont nos héros, on les a célébrés, ils ont eu des bravos, des œuvres d’art, des grands mots, et des exclamations de toutes sortes, tout quoi. Et en plus, on chuchote qu’ils risquent d’avoir des médailles et pourraient avoir le grand honneur de défiler avec les militaires le 14 juillet, la vache !

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Les primes promises tardent, les réévaluations des salaires, va falloir les négocier ferme comme d’habitude, des subventions convenables à l’hôpital, c’est du lourd, faudra réfléchir.
S’ils l’ont fait, c’est que c’était possible. Les héros n’ont fait que leur devoir.
D’ailleurs parler d’argent, c’est vulgaire.


En voie de déconfinement, et très relativement libre, masqué, défiguré et inaudible, on trouve une ouverture avec Nicole Gabriel :

* Mister Freedom de William Klein (1968).
Avec Delphine Seyrig, Donald Pleasance, Philippe Noiret, Serge Gainsbourg.


 

D’une façon générale, le Free Best of de Nicole Gabriel, c’est réconfortant.


De Beaubourg, la salle de cinéma dématérialisée du cinéma du musée, chaque semaine, offre une œuvre cinématographique issue de ses collections.

Cette semaine, avec Paris-Expérimental (13-19 mai 2020) :

* Nuits électriques de Eugène Deslaw (1928).


 

Bonne lecture :

* Ombre blanche-lumière noire. Eugène Deslaw, Les Cahiers de Paris Expérimental, n°15, préface de Lubomir Hosejko, octobre 2004.

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Un des cadeaux de la Cinémathèque de Toulouse :

* A Simple Mistake (1910).

A Simple Mistake (USA, 1910) from La Cinémathèque de Toulouse on Vimeo.

 


Les musées du monde rouvrent timidement.
Un petit tour des musées "post-lockdown", avec leurs hasards objectifs, à Pékin, à Séoul, à Shanghai, à Berlin, à Munich, à Cracovie, à Dresde...

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À Paris, le Musée de l’illusion est ouvert tous les jours, avec des nocturnes jusqu’à 22h, les jeudis, vendredis et samedis. :

On peut y déguster les plaisirs devenus rares du méli-mélo par temps de distanciation

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Musée de l’illusion, 98 rue Saint-Denis, 75001 Paris.


C’est furieusement tendance, on va vers la Chine, et on (re)découvre Yang Yongliang, né en 1980 à Shanghai, entre tradition et science-fiction.

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* The Day of Perpetual Night (2012).


 

* Before the rain.


 

Il est aussi bien à Paris, à la Galerie Paris-Beijing qu’à San Diego, au MOPA, dans l’exposition Out of the Shadows. Contemporary Chinese Phototography (7 mars-20 septembre 2020).

Rencontre avec Yang Yongliang :

* Saving Chinese Art From Extinction. Meet Yang Yongliang.

MOPA, Balboa Park at 1649 El Prado, San Diego, CA 92101.



Mardi 12 mai 2020

 

Si le système mondial n’avait pas disjoncté, c’est ce soir que se serait ouvert le Festival de Cannes 2020, 73e édition (12 au 23 mai 2020) avec une cérémonie d’ouverture retransmise sur toutes les télévisions du monde, et Spike Lee, président du jury, serait déjà présent.

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Dans la ville de Cannes, la gare déverserait les premiers arrivants avec leurs énormes valises, le tapis rouge des marches serait vide et tout propre (même changé tous les jours, il se salissait), le gang des escabeaux serait déjà installé, les journalistes auraient commencé à établir leurs repères.

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Et les badauds, sur les panneaux municipaux, compareraient les affiches des sections parallèles, qui commenceraient demain : la Semaine de la critique (59e édition), la Quinzaine des réalisateurs (52e édition), et ACID (28e édition) et sa belle affiche.

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Les sections parallèles ont annulé.
Le festival officiel continue à réfléchir à une formule reportée.
Le Marché du film, lui, a fixé le report (22-26 juin 2020).

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Sur le site officiel du Festival, on a quand même

* Les pistes concrètes de Thierry Frémaux.

* Deux palmes, celle de Antonin Thuillier ou celle de Loïc Venance.

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* Et l’espoir d’accueillir Spike Lee en 2021.

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Bien sûr, c’était la Foire aux vanités, illusions et chimères régnaient en maîtresses fouetteuses, entourées d’inévitables désenchantements.
Mais c’était fort quand même, ces merveilleux mirages.

En mai 2020, dans Cannes, c’est le calme d’une petite ville de province, le port du masque est obligatoire rue d’Antibes, et sur la croisette, un sanglier.

Une balade avec le drone de Sébastien Botella.


 


Il y a 81 ans, en 1939, la naissance du Festival de Cannes, qui devait se tenir du 1er au 20 septembre 2020, avait déjà été contrariée, par une vraie guerre, la WWII, et reportée en 1946.

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Un livre :

* Olivier Loubes, Cannes 1939, le festival qui n’a pas eu lieu, Paris, Armand Colin, 2016.

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Une recension du livre :

* François Albera, "Olivier Loubes, Cannes 1939. Le festival qui n’a pas eu lieu", 1895, janvier 2017.

Un film :

* Cannes 1939, le festival n’aura pas lieu de Julien Ouguergouz (2018).

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En replay jusqu’au 18 mai 2020.

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Attention, il faut la patience d’attendre 1 minute et demie de pub - et c’est très long - mais ça vaut le coup de regarder ce documentaire qui raconte, à travers le Journal de Jean Zay (1904-1944), les origines antifascistes et antiracistes du Festival de Cannes (contre la Mostra de Venise annexée par les Nazis), comme sa nécessaire américanophilie. Et aussi, cet été 1939, dont on a tant refoulé à la fois l’insouciance affichée et l’angoisse diffuse.

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Sur France Culture.


À Paris, on déconfine et on distancie. Nicole Gabriel célèbre l’événement :

* Paris nous appartient de Jacques Rivette (1958).
Avec Betty Schneider, Giani Esposito, Françoise Christophe.


 


Ce soir, à la télévision, on recommande fortement de ne pas rater sur France 5 , l’émission Le Monde en face :

* À 21h00 : Effondrement ? Sauve qui peut le monde de Alfred de Montesquiou & Julien Blanc-Gras (2020).

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Et surtout, il faut écouter le débat qui suit, animé par Marina Carrère d’Encausse, qui suit le documentaire, avec notamment Jean-Baptiste Fressoz, Thomas Coutrot, Pablo Servigne, qui rectifient les disproportions et les orientations du documentaire.

La pandémie ne doit pas distraire l’humanité de la montée des autres périls.
Elle doit, au contraire, être un enseignement.
Prévoir - après examen des signes et des preuves qui se multiplient, - n’est pas un signe de pessimisme ou de défaitisme, c’est un devoir.

L’émission sera en replay jusqu’au 11 juin 2020, mais, c’est plus agréable à la télé et, au moins, pendant la pub qui précède, on peut zapper.


Les Éditions Syllepse continuent fidèlement le feuilleton en accès libre : Covid-19. Un virus très politique #7 édition du 11 mai 2020.

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Si on a raté les 6 premiers épisodes, c’est facile d’y retourner.

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Le déconfinement est tout relatif, puisque les cinémas et les théâtres restent fermés jusqu’à nouvel ordre.
Mais quelques librairies rouvrent.

Chacun a appris, ces dernières semaines, qu’elles vendaient des biens non-essentiels. Elles suivent donc le mouvement parallèlement aux boutiques de fringues. Pas nouveau, pas de commentaires. Prudence, prudence, on ne peut pas savoir ce qui pourrait advenir dans le monde si les larges masses accédaient à cette "culture" qui libère, dans une période où elles auraient du temps.

On va donc revoir les potes et les bouquins, par exemple chez :

* Cinélittérature, 15 rue Victor-Cousin, 75005 Paris.

* Quilombo, 23 rue Voltaire, 75011 Paris.

* Librairie Jonas, 14 rue de la Maison-Blanche, 75013 Paris.

* Ombres blanches, 50 rue Léon-Gambetta, 31000 Toulouse.


Les Galeries Templon rouvrent aussi.

Par exemple, à Paris Saint-Lazare : Norbert Bisky. Desmadre Berlin.

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Mais aussi, à Paris-Beaubourg avec Billie Zangewa. Soldier of Love et à Bruxelles : Jim Dine. The Classic Prints.



Lundi 11 mai 2020

 

Week-end de tempête, d’orages et d’inondations, promesses de froid et de neige.
Et en plus, Little Richard (1932-2020) est mort samedi dernier, le 9 mai 2020, à Nashville et c’est pratiquement la seule chose qui soit en ordre dans le monde.


 

Nicole Gabriel lui rend hommage :

* La Blonde et moi (The Girl Can’t Help It) de Frank Tashlin (1956).
Avec Jayne Mansfield, Fats Domino, The Platters, Gene Vincent, Eddie Fontaine, Julie London.


 

"He was my shining star" a déclaré Bob Dylan.

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Le lockdown a interrompu son Never Ending Tour. Mais le prochain album, Rough and Rowdy Ways, est pour le 19 juin 2020.

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C’est une perspective modeste, mais pour le reste, c’est comme si les dieux (français) désaprouvaient le déconfinement, peut-être le trouvant prématuré et mal bidouillé, sûrement redoutant les fâcheuses et habituelles tendances de "la reprise" qui se dessinent.

On va plus que jamais s’informer chez les lanceurs d’alerte : Oxfam, Greenpeace, Reporterre, Extinction Rebellion ou notre ami Pablo Servigne.
Ils dénoncent "la stupidité, la criminalité et la contre-productivité des politiques néolibérales qui vont à l’encontre du bien commun". C’est gentiment dit, ça fait moins peur que le Grand Soir, ça ressemble un peu à la non-violence du christianisme primitif qui aurait traversé la raison du siècle des Lumières.
Mais ils disent tous, chacun à sa manière : "Vous avez vu ? Eh bien ce n’est qu’un début !"
Tout le monde a vu, tout le monde comprend un peu mieux, mais que peut faire "tout le monde" ?

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Aujourd’hui, on suit Le Sauvage, comme autrefois, mais en ligne.

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Et bien sûr, ce repère, cette balise, dans l’incohésion mentale qui menace : LundiMatin #242 est paru.

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Les médias ont évoqué tous les cas de figure des confinés, de qui piaffe de l’envie de sortir à qui a découvert la vie intérieure.
On pense à une espèce différente, jamais évoquée : les solitaires marginaux, qui, soudain, pour un court moment, ne se sont plus sentis différents voire parias, parce qu’ils n’étaient plus seuls à être seuls.

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On pense à un film anglais méconnu, qui se passe pendant la Seconde Guerre mondiale, dans un camp japonais de prisonniers alliés à Singapour. Dans cet enfer, parmi les misérables internés qui se rattachent aux choses les plus infimes pour survivre physiquement, moralement, émotionnellement, rêvant d’évasion, le caporal King est le plus malin, qui, en utilisant tous les trafics les plus cyniques, parvient à régenter le camp tout entier, y compris les officiers supérieurs. On comprendra, peu à peu, d’où il vient, et comment ce bagne aura été, pour lui, la parenthèse la plus heureuse de sa vie.

* Un caïd (King Rat) de Bryan Forbes (1965).

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Loin d’être libéré, promis à d’innombrables rapports-barrière qu’on ne soupçonne même pas encore tous, on pense aussi à Guillaume Apollinaire : À la santé (1911).

J’écoute les bruits de la ville
Et prisonnier sans horizon
Je ne vois rien qu’un ciel hostile
Et les murs nus de ma prison.

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Cf. Franck Balandier, "Les Prisons de Guillaume Apollinaire", Criminocorpus, 25 mai 2010.


Pour le numéro spécial de Time 100 du 27 avril 2020, JR a décoré une petite rue du 19e arrondissement de Paris : Finding Hope.

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Mais JR est un incurable optimiste, nourri, entre autre, par Agnès Varda.


Dans un suspens non-identifié, avec Paris-Lignes, le site de Nicolas Droin et Prosper Hillairet, on essaye quand même de fêter ce jour comme on peut, de retrouver le sentiment de Paris, malgré le vent glacial, de regarder les balcons d’en-bas et de rêver de ce qui va vite devenir le bon vieux temps.

* La Petite Plaque de Mélanie Forret (2020).
Paroles et une musique de Yannick Le Nagard.

La Petite plaque from Mélanie Forret on Vimeo.

 



Samedi 9 mai 2020

 

Nouvelles du front :

Bientôt le retour à la normale selon Là-bas si j’y suis, avec les dessins de Gerhard Haderer.

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La revue Rythmos, en accès libre.
La pandémie 2020, ses traitement, ses suites sont des sujets éminemment politiques.
Ils sont aussi des agents de transformations humaines profondément sociologiques, psycho-sociales, psychiques.

Bonne lecture :

* Frédéric Bisson, "Virus couronné. Prolégomènes à toute viropolitique future qui voudra se présenter comme science", Rhuthmos, 8 mai 2020.

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Nicole Gabriel presents...

* Le Fantôme (Phantom) de Friedrich Wilhelm Murnau (1922).
Avec Alfred Abel, Frieda Richard, Lya de Putti, Lil Dagover.


 


Salut les câblés !

La semaine télé de Jeune Cinéma du 9 au 15 mai 2020.

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Demain, dimanche 10 mai 2020, champagne pour des anniversaires (et parce qu’on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve) :

* Bon anniversaire à Donovan, né en 1946, 74 ans.

Son dernier album, Shadows of Blue, réalisé à Nashville, date de 2013.

En juin 2016, il a fêté ses 50 ans de carrière avec un concert parisien, à L’Olympia.

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* Bon anniversaire à Marina Vlady, née en 1938, 82 ans en principe.

Mais tout le monde sait bien que c’est une sorcière qui ne vieillit pas.


 

On l’a constaté une fois de plus au Festival Lumière 2019.

Flash back musicaux de l’année du bac :

* Toi le venin de Robert Hossein (1959), le film.


 

Et l’inoubliable 45 tours avec le slow de la fin de la surboum, le Blues à la nuit de André Gosselain.

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* Bon anniversaire à une journée et une nuit historiques, le 10 mai 1968.

Souvenir ému de la jeunesse et de l’espoir.
Aujourd’hui, pas tellement de changement aux "contestations" et aux "revendications" de ce bon vieux temps, malgré les grandes gueules renégates qui s’élèvent ça et là, et qu’on zappe vite fait, distanciation sociale oblige.

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Vendredi 8 mai 2020

 

Nouvelles du front :

Beaucoup de bruit et de confusion autour des modalités d’un déconfinement, qui commencerait, tout doucement, lundi prochain, le 11 mai 2020. Conscience aiguë qu’on n’est pas rendu.

Dans les rues, les transports, les relations entre humains devraient encore longtemps ressembler, au mieux, à celles des cowboys avec bandanas poussiéreux et armes pas au vestiaire, et le plus probablement à des tableaux de George Condo. Les mauvais esprits doivent ricaner en se souvenant des interminables "débats" autour du voile et du foulard.

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Les ravages de la crise économique qui s’installe à la vitesse grand V n’ont droit sur les écrans, pour le moment, qu’aux bandeaux breaking news en bas des répétitives images d’hôpitaux.
Cette crise est d’ores et déjà historique, dépassant celle de 1929, dans les pays gouvernés par les pathétiques rouleurs de mécanique. Aux USA, il y avait environ 4% de chômeurs en mars 2020, en avril 2020, on attend 20%. Quant au Brésil, on y attend "l’effondrement" de son économie.
Ce n’est qu’un début, l’effet cocotte-minute guette.

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En attendant, en Grande Bretagne, Banksy a envoyé un message de solidarité à l’hôpital général de Southampton, avec un cadeau pour remercier les soignants : "Thanks for all you’re doing. I hope this brightens the place up a bit, even if its only black and white."
Les super héros habituels - Spider-Man et Batman & so on - sont fatigués, et les temps changent. Devraient changer. Vont changer.

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L’œuvre restera sur le mur des urgences jusqu’à l’automne, puis elle sera mise aux enchères et le produit reviendra au National Health Service. À la fin du mois de mars 2020, Sotheby’s a organisé une vente aux enchères en ligne des œuvres de Banksy qui a rapporté 1,4 million de dollars.


Nicole Gabriel presents...

* Détour (Detour) de Edgar George Ulmer (1945).
Avec Tom Neal et Ann Savage.


 


Cette nuit, sur la chaîne Frisson, on a revu La nuit a dévoré le monde de Dominique Rocher (2018).
C’est bien ça.


 


Chez Daniel Mermet, là-bas, il y est, avec ses copains.

* On y rencontre Pierre Carles, qui présente son Gébé (1929-2004).

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*On y rencontre aussi Gérard Mordillat.

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C’est l’occasion de rappeler que le numéro 399-400 de Jeune Cinéma de février 2020, lui a consacré une longue présentation de son itinéraire et de son dernier film (avec Bertrand Rothé,) Travail, salaire, profit (2020), que l’on peut voir et revoir sur Arte en replay.
Et d’annoncer que le prochain numéro de Jeune Cinéma, qui devrait paraître fin juin 2020, proposera un Mordillat 2 (tous ses autres films).

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On s’abonne.
Ou bien on commande un numéro - par exemple le dernier spécial Mordillat -, en s’adressant à la revue.

Avec des tarifs promotionnels spécial confinement = - 20% pendant cette année 2020 que nous espérons charnière, vers un monde meilleur.

Parce qu’on le sait depuis toujours, et on a des preuves : Jeune Cinéma, avec d’autres valeurs, est toujours vivante.
On le sait aussi depuis Rio de Janeiro en 1992, ou Gênes en 2001, et encore plus récemment : Un autre monde est [encore] possible.

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Jeudi 7 mai 2020

 

Nouvelles du front :

La rue confinée des bravos et le circuit court.

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La petite fille épatée puis enthousiaste.

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Les clochards non-confinés, en vacances virtuelles.

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Et toujours, la nuit qui menace.

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Nicole Gabriel presents...

* La Fin du monde (Verdens undergang) de August Blom (1916).


 


Les cadeaux de la Cinémathèque de Toulouse :

* Une rencontre avec Charlotte Rampling.

[Rencontre avec] Charlotte Rampling - actrice anglaise from La Cinémathèque de Toulouse on Vimeo.

 

* Un album photo de Pierre Etaix, par Jean-Jacques Ader.

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Un cadeau de la Cinémathèque française et sa plateforme Henri :

* Le Métro de Georges Franju & Henri Langlois (1934).

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En Allemagne, les festivals maintenus en ligne :

* À Munich, le DOK.Fest München, 35e édition (6-24 mai 2020).


 

* À Stuttgart, le Internationales Trickfilm-Festival Stuttgart, (ITFS) 27e édition (5-10 mai 2020).

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Avec le programme de chaque jour en live.


Le British Museum met en ligne 300 000 images du vaste monde.

On aime ce "moaï", cette effigie d’un humain de l’Île de Pâques, créée par le peuple Rapanuis, qui se souciait de ses ancêtres, et donc de ses descendants.
Il s’appelle Hoa Hakananai’a - ce qui veut dire "ami caché ou volé".

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La Société Louise-Michel annonce que la revue Contretemps a été empêchée de faire imprimer son dernier numéro.

Alors elle offre son n°45 gratuitement en version numérique.

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Mercredi 6 mai 2020

 

Nouvelles du front :

"Confinées, infantilisées, sidérées autant que terrorisées par les chaînes d’information en continu", les populations sont anéanties. Dans les rues vides, ni gilets jaunes en France, ni hirak en Algérie, nulle manif à Beyrouth, Barcelone, Santiago..."
Cf. Le Monde diplomatique de mai 2020.

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Déprimés, épuisés, démotivés, furieux, inquiets, contaminés par le vide après le trop-plein, bloqués par le quasi immobilisme après les excès de vitesse, les gens perçoivent, plus ou moins consciemment, l’avant-goût d’un collapse brutal et durable.
La pandémie plus foudroyante que les chocs climatiques qui, pourtant, s’accumulaient, étés après étés, ou les cancers rampants qui se multipliaient d’années en années, devrait être plus pédagogique.

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Mais, malgré quelques références historiques, le New Deal ou le Conseil de la Résistance, personne ne parvient à imaginer comment le réparer, ce nouveau monde brisé, à plus forte raison, comment le guérir. Le système (avec toutes ses variations) est mourant, mort même probablement, mais ils sont nombreux, majoritaires peut-être, encore puissants en tout cas, ceux qui pensent qu’il ne s’agit que d’une catalepsie.

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Il serait doux de croire que la résistance s’organise, même si les utopistes sont fatigués de crier dans le désert.


 

Mais les gouvernements s’obstinent à feindre de confondre récession et décroissance.

* Philippe Descamps & Thierry Lebel, "Un avant-goût du choc climatique", Le Monde diplomatique de mai 2020.


Aujourd’hui, un collectif de 200 artistes lance un appel initié par Juliette Binoche et Aurélien Barrau, avec, notamment, Philippe Descola, Naomi Klein ou Nicolas Hulot.

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* Non à un retour à la "normale". Les ajustements ne suffisent plus, le problème est systémique.

La catastrophe écologique en cours relève d’une "méta-crise" : l’extinction massive de la vie sur Terre ne fait plus de doute et tous les indicateurs annoncent une menace existentielle directe. A la différence d’une pandémie, aussi grave soit-elle, il s’agit d’un effondrement global dont les conséquences seront sans commune mesure.
Nous appelons donc solennellement les dirigeants et les citoyens à s’extraire de la logique intenable qui prévaut encore, pour travailler enfin à une refonte profonde des objectifs, des valeurs et des économies.
Le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même : celle des végétaux, celle des animaux et celle d’un grand nombre d’humains. La pollution, le réchauffement et la destruction des espaces naturels mènent le monde à un point de rupture.
Pour ces raisons, jointes aux inégalités sociales toujours croissantes, il nous semble inenvisageable de "revenir à la normale".
La transformation radicale qui s’impose - à tous les niveaux - exige audace et courage. Elle n’aura pas lieu sans un engagement massif et déterminé. À quand les actes ? C’est une question de survie, autant que de dignité et de cohérence.

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Bonnes lectures en accès libre :

* Gideon Lichfield, "Il n’y aura pas de retour à la normale", Terrestres, 24 mars 2020.

* Covid-19, un virus très politique #5, édition augmentée du 4 mai 2020, Syllepse.

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* Giorgio Agamben, "Sur le vrai et sur le faux", LundiMatin #241 du 4 mai 2020.

* Philippe Poisson, "Van Gogh, la cour de la prison, février 1890", Criminocorpus, mars 2018.

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L’Arsenal, à Paris, ouvre un forum : Et demain, on fait quoi ?

Un nouvel espace virtuel de partage veut proposer de rassembler articles, tribunes, dessins, projets, contributions, accessibles à tous en ligne dans un premier temps, qui donneront lieu à une présentation à la réouverture de la Halle.

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* Éric de Thoisy, Quand la ville a disparu... mai 2020.

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On se remonte le moral, parce qu’il va encore falloir passer la journée, avec en plus, sur les antennes, le récurrent bla-bla de plus en plus cheap au long des mois.

Laurel & Hardy gardent le moral.


 


Nicole Gabriel presents...

* Toute la ville en parle (The Whole Town’s Talking) de John Ford (1935).
Avec Edward G. Robinson et Jean Arthur.


 



Samedi 2 mai 2020

 

Nouvelles du front, celui de New York City, notre ville tendrement chérie, avec les photos hypnotiques de Peter Turnley.

* The Human Face of Covid-19, NYC (2020).


 


Et sous nos latitudes :

* La distanciation planante et prémonitoire de Magritte.

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Chez Jeune Cinéma, on n’est pas vraiment favorable aux "Journées mondiales" dédiées.
On comprend bien à quoi c’est censé servir, rappeler des causes essentielles aux pauvres Terriens qui ont d’autres soucis et une fâcheuse tendance à oublier leur humaine (et très sociale) condition.

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Mais c’est tous les jours de l’année qu’on devrait être concerné par les femmes, les travailleurs, le droit de grève, le rire, l’amitié, le climat, la paix...
Et, pour ce qui nous concerne, les chats noirs et la bière.

Oui, bon d’accord, plus rarement concerné par la Journée sans pantalon, celle du pop corn ou celle du jardinage nu. Quant à la nuit de la chauve-souris, va falloir examiner sa pertinence.

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Tout cela pour en venir au fait que les 1er Mai, comme les 8 Mars d’ailleurs, on y pense tous les jours et on a tendance à les prolonger.

D’ailleurs, le muguet de la rue n’est revenu qu’aujourdhui.

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1er Mai, suite.

Hier, on n’a pas évoqué Fourmies, le 1er mai 1891, il y a 129 ans.
Pourtant, résonnait la chanson de Montehus : "... Car à Fourmies, c’est sur une gamine que le Lebel fit son premier essai..."

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D’autres chansons :

* 1891. Le 1er Mai sanglant.


 

* Les martyrs de Fourmies.


 

On en profite pour découvrir les Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique.

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En ligne directe.

On peut s’abonner.


Dans ce même esprit - jouer les prolongations -, Nicole Gabriel presents... propose un autre Lubitsch.

* Les Filles de Kohlhiesel (Kohlhiesels Töchter) de Ernst Lubitsch (1920).
Avec Emil Jannings et Henny Porten.


 


Du Musée de la Porte dorée, des nouvelles de son Aquarium tropical : Comme un poisson dans l’eau.

Nos ancêtres, ce ne sont pas les Gaulois, ce n’est pas non plus l’homo sapiens ("sapiens", mon œil !), ce sont les poissons. Leur respiration, leur alimentation, leur reproduction, des vidéos passionnantes.

Dans la catégorie, on a un faible pour la fosse aux crocodiles. Les premiers crocodiles de l’Aquarium tropical ont été rapportés du Nil en 1948 par Théodore Monod (1902-2000). Ils ont été remplacés en 2008 par des alligators du Mississippi.


 

C’est toujours doux de rêver aux origines, et comme souvent, on retourne à Erik Johansson.

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De la Cinémathèque de Toulouse, des nouvelles de toutes sortes, dont :

* Filendouce est insaisissable (Pathé Frères, 1912).

On ne se fie pas à l’intitulé erroné (2012), il ne s’agit pas d’un remake.
Le film est dédicacé plus spécialement à qui regrette les pubs sur les bagnoles - elles commencent à manquer sérieusement sur nos écrans -, et se précipitera, le 12 mai 2020, pour relancer la croissance en s’en payant une belle toute neuve, d’auto.

Filendouce est insaisissable (Pathé Frères 2012) from La Cinémathèque de Toulouse on Vimeo.

 


Au New Museum, dans le cadre des Screens Series Online :

* Infection Drivers de Kate Cooper (2019).

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De Lyon, le cadeau des Confluences :

* Femmes de Motukôre de Bepkamrek Kayapó, Serge Guiraud, Marie Paule Imberti & Takakno Kayapó (2018).

Femmes de Motukôre from Musée des Confluences on Vimeo.

 


Salut les câblés !

La semaine télé de Jeune Cinéma du 2 au 8 mai 2020.



Vendredi 1er mai 2020

 

Il est impossible de connaître les mutations sociales qui naitront de la saloperie inédite que notre système dominant a générée.
Seuls les science-fictionnistes savent les imaginer.
Et les militants, les initier.

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Alors il est prudent de préserver la mémoire collective et de prendre soin des justes traditions qui servent de squelette à notre civilisation vacillante, et, cette année, il ne faut, sous aucun prétexte, zapper la Fête des travailleurs, même sans le muguet des camarades, au risque que la 133e, celle de 2019 l’an dernier, soit la dernière.
Il faut penser, tout de suite maintenant, au " jour d’après".

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Pas de défilé ? On ne va pas se défiler.


 

Comme chaque année, on commémore en révisant cette histoire exemplaire.

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Les origines aussi, avec les Mutins de Pangée.


 

Aujourd’hui, même si les syndicats ne se sont pas mis d’accord - c’est dommage mais pas nouveau -, le programme est chargé.

On peut rester chez soi, avec des banderoles à la fenêtre, et une casserolade à 12h00, et des posts sur les réseaux sociaux.

Toujours à midi, - et l’un n’empêche pas l’autre-, de son balcon, on peut aussi chanter Bella Ciao, la vraie, comme les Italiens.

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On peut aussi sortir dans la rue, en respectant bien la "distanciation" sociale.
Aparté : Hélas, pauvre B.B., s’il sait, d’où il est, ce que son mot est devenu dans la société du spectacle permanent, il doit frémir.
En portant un masque et en n’oubliant pas son laissez-passer, avec le motif "Déplacement impérieux pour l’assistance aux personnes vulnérables", prévu par la loi, l’argument est imparable.

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Ce soir, si on ne l’a pas vu, mardi 28 avril 2020 sur Arte, on regarde le replay de cet admirable documentaire (disponible en DVD) :

* Le Temps des ouvriers de Stan Neumann (2020).

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On complète la vision de cette fresque grandiose avec les propos de Stan Neumann recueillis par Irène Berelowitch.

Bonus : Des nouvelles de ses contemporains avec les messages que Daniel Mermet et Là-bas si j’y suis ont reçus le 29 avril 2020.


Nicole Gabriel presents...pour le 1er mai, un Lubitsch.

* Meyer de Berlin (Meyer aus Berlin) de Ernst Lubitsch (1919).
Avec Ernst Lubitsch himself et Ethel Orff dans le rôle de sa femme.


 


Le numéro 13 de la revue Terrestres est en ligne, avec des articles passionnants.

Par exemple :

* Dominique Bourg, Philippe Desbrosses, Gauthier Chapelle, Johann Chapoutot, Xavier Ricard Lanata, Pablo Servigne, Sophie Swaton, "Propositions pour un retour sur Terre", Terrestres 13 de mai 2020.

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