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Semaine télé du 9 au 15 mai 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 9 mai 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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Déconfinement, vers un retour à la normale.
La vie de famille vue par Gerhard Haderer

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 9 mai 2020

 

20.40 : Soirée série sur OCS : cinq cases horaires sur six occupées par des séries américaines, sans doute passionnantes mais dont on ne sait pas grand-chose.

20.50 : Soirée Jane Campion, Émotion
Pour mémoire, car les trois titres sont largement passés, Bright Star (2009), puis In the Cut (2003) à 22.45, et enfin Sweetie (1989) à 00.40.

20.50 : Laura nue de Nicolo Ferrari (1961), Classic
L’inconnu du soir. Les différents sites indiquent une sortie en juillet 2018, dans une version restaurée qui nous a échappé. 57 ans d’attente, il y a de quoi bonifier le cru. L’auteur a signé ensuite quelques documentaires qui n’ont pas franchi la frontière. Découverte ? Puisque l’héroïne est Giorgia Moll, on ne peut être déçu.

22.25 : Au cœur de la vie de Robert Enrico (1963), Classic
Réunion des trois courts métrages que le cinéaste a tournés d’après des nouvelles de Ambrose Bierce (incarné par Gregory Peck dans le film Old Gringo de Luis Puenzo (1989), ange tutélaire de notre Journal 2015. Dont le superbe La Rivière du hibou, Oscar du court 1964. Mais les deux autres, Chikamauga et L’Oiseau-moqueur sont du même niveau (tout comme Thaumetopea (1961), docu remarquable sur les chenilles processionnaires qu’il faudrait rééditer), et en tout cas dignes de l’auteur du Dictionnaire du Diable.

23.05 : Una questione privata de Paolo & Vittorio Taviani (2017), OCS City
On se plaignait, lors du dernier et seul passage du film (le 6 mai 2019) de son heure trop tardive. Cette fois, le film a gagné presque une heure, ce qui permettra aux spectateurs qui ne l’auraient pas encore fait (mais il existe une bonne version en DVD) de découvrir cette belle adaptation du roman de Beppe Fenoglio.

 

Dimanche 10 mai 2020

 

Programme sinistre.

20.40 : Soirée Grease, Paramount Channel
Pour mémoire, les deux titres, Grease de Randal Kleiser (1979) à 20.40 et Grease 2 de Patricia Birch (1982) à 22.40. Et en prime, le téléfilm Grease Live ! de Thomas Kail & Alex Rudzinski (2016) à 00.45.

20.50 : Ma vie avec Liberace de Steven Soderbergh (2013), Club
Cf. note du 25 octobre 2016.

20.50 : Soirée Claude Chabrol, Classic
Pour mémoire - mais les films, quoique déjà passés, ne sont pas si fréquents : L’Œil du malin (1962) à 20.50, suivie du doc de Gérard Goldman, L’Œil de Chabrol (2017), et à 23.10 de Landru (1962).

 

Lundi 11 mai 2020

 

20.40 : Rencontres à Manhattan d’Edward Burns (2001), Paramount Channel
Un des deux seuls films inédits du soir sur toutes les chaînes cinéma. Tout est dans le titre. Les amoureux de the Big Apple ne seront pas déçus. L’impression d’avoir déjà vu ce type de film choral cinquante fois est justifiée, il n’empêche que le plaisir des promenades dans la ville est intact - surtout si l’on considère l’état actuel de New York (cf. les photos de Peter Turnley, sur le site de Jeune Cinéma, le samedi 2 mai 2020.

20.50 : Cube de Vincenzo Natali (1997)
Cf. note du 13 mars 2017.

20.50 : C’est arrivé le 20 juillet de G.W. Pabst (1955)
Antépénultième film du cinéaste. La douzaine de titres qu’il a tournés en Allemagne, après son retour en 1940 (fatale erreur), a longtemps été rejetée en bloc, pour des raisons morales compréhensibles, sans vraiment qu’on y revienne. En réalité, ses réalisations sous le nazisme - Les Comédiens (1941) et Paracelse (1942) - n’eurent rien d’ambigu. Et rien de ce qu’il a signé ensuite n’est indifférent - Profondeurs mystérieuses (1949) ou La Fin d’Hitler (1955). Ce soir, la date du 20 juillet est celle de l’attentat organisé en 1944 par von Stauffenberg (Bernhard Wicki), attentat raté, évidemment.

22.10 : L’Enfer blanc de Piz Palü de G.W. Pabst & Arnold Fanck (1929), Classic
C’est sans doute plus un film de Fanck, spécialiste de la montagne, que de Pabst. Qu’importe. Tous les films alpins de l’époque, la plupart dûs à Fanck, sont remarquables - La Montagne sacrée (1926), Le Grand Saut (1927) surtout et Leni Riefenstahl y est éblouissante, comme ici, où elle est associée à Gustav Diessl.

23.45 : Une si jolie petite plage d’Yves Allégret (1949), France 5
Brion offre ce soir le plus mélancolique des titres de la trilogie noire (les deux autres étant Manèges (1948) et Dédée d’Anvers (1949), qui impressionna tant le public de la fin des années 40. Gérard Philipe, noyé dans la pluie normande, traînant un mal d’être quasi existentialiste. Daté, mais toujours étonnant.

 

Mardi 12 mai 2020

 

20.40 : La Peau de Bax d’Alex von Warmerdam (2015), OCS Choc
Bonne idée que de consacrer une soirée au cinéaste hollandais, trop rare (neuf titres en trente-cinq ans), mais dont tous les films, même les moins connus - Le P’tit Tony (1998) et Waiter ! (2007) -, sont placés sous l’aile de l’Ange du bizarre, comme on s’en est aperçu dès Abel (1986). Dans son dernier film en date, il a réduit l’intrigue au minimum : un tueur à gages cherche à exécuter son contrat visant un écrivain célèbre. C’est tout. Et on est accroché pendant 98 mn, même si la structure en course-poursuite laisse moins de place aux arrière-plans vertigineux que dans Borgman.

20.50 : Une affaire de famille d’Hirokazu Kore-Eda (2018), Premier
Enfin sur le câble, l’avant-dernier film d’un de nos cinéastes japonais favoris. HKE sait admirablement diriger les enfants, on le sait depuis Nobody Knows (2003) ; ici, Miyu Sasaki, 7 ans, recueillie par une famille de voleurs, minables mais affectueux, est extraordinaire. Est-ce le manque de gamins dans la distribution qui a rendu plus banal son dernier film, La Vérité (2019) ?

20.50 : Escale à Hollywood de George Sidney (1945), Famiz
Dernier passage : le 2 février 2016, à 00.05, pour les insomniaques. À une heure honnête, on se réjouit de revoir les cabrioles de Gene Kelly et Frank Sinatra. C’est leur première rencontre avant 1949, année où ils se retrouveront dans Match d’amour de Busby Berkeley et Un jour à New York de Kelly & Donen). Dommage que l’héroïne soit Kathryn Grayson, chanteuse à voix, et non Vera-Ellen, mais il y a Dean Stockwell, sans les cheveux verts que lui collera Losey plus tard. Et la fameuse séquence qui voit Kelly danser avec Jerry, pour une fois sans Tom, animation qui ferait sourire aujourd’hui les fabricants d’effets spéciaux, fit beaucoup pour le succès du film.

20.50 : Le Sabre et la flèche d’André De Toth (1953), Classic
Dernier passage le 15 septembre 2015. Classique de chez classique, De Toth ne se préoccupant pas d’engagement pro-Indiens, comme la tendance commençait à poindre. Mais comme d’habitude (il tournera dix westerns entre 1951 et 1959), très efficace. Avec Broderick Crawford, star depuis Les Fous du roi de Robert Rossen (1949) mais qui ne le demeurera que jusqu’à Il bidone de Fellini (1955).

22.15 : Borgman d’Alex von Warmerdam (2013), OCS Choc
Pas programmé depuis le 4 novembre 2014. Un très grand film d’AvW, son plus noir sans doute depuis Les Habitants, le plus cruel, le plus surprenant, gonflé d’un humour grinçant à la Topor (celui du Locataire de Polanski). Le malaise provoqué est constant - quel plaisir !

22.30 : Les Aventures d’un homme invisible de John Carpenter (1992), Paramount Channel
Un Carpenter inédit sur le câble ? Ça arrive. Le film est sorti à la fin du mois de juillet 1992, une époque où les vacances étaient encore à la mode, d’où le peu de succès public et de postérité, comparée à d’autres titres du réalisateur. Un "petit" film, sans doute, avec des acteurs, Chevy Chase, Daryl Hannah, sans grand renom. Mais fort agréable, car la patte de l’auteur est largement présente. Un détail curieux : l’homme invisible est presque toujours apparent.

22.40 : Des gens bien de Bruno Lopez & Emmanuel Vieilly (2016), Club
Nous l’avions vu en mars 2016 - il est sorti en salles en avril 2019. Pourquoi si tardivement ? Pas de vedettes ? - les acteurs sont un des signataires (Bruno Lopez) et sa fille, Paloma. Pas de sujet ? - deux braqueurs en cavale se retrouvent nantis d’une fillette. En réalité, un petit film pas mal attachant, dans lequel ce n’est pas l’anecdote qui importe mais le climat créé, sans attendrissement.

22.45 : Dogman de Matteo Garrone (2018), Premier
Encore un inédit, du cru cannois 2018. La puissance visuelle de Garrone est à son maximum : la petite cité balnéaire de Castel Volturno est représentée comme un des cercles de l’Enfer, traversé par Marcello Fonte, pathétique toiletteur de chiens (et prix d’interprétation masculine haut la main) poursuivi par le monstrueux Edoardo Pesce. La nouvelle version de Pinocchio, tournée l’an dernier par Garrone devait sortir en mars 2020, mais aux dernières nouvelles, son distributeur aurait aiguillé le film sur une plateforme VOD (sans prévenir le réalisateur).

 

Mercredi 13 mai 2020

 

20.50 : Paranoïa de Steven Soderbergh (2018), Premier
Soderbergh avait annoncé qu’il abandonnait le cinéma pour la télé, puis est revenu sur ses adieux, mais, comme on pouvait s’y attendre, n’a pas perdu son habitude de surprendre, puisqu’il a tourné Unsane avec un iphone 7. Budget réduit, acteurs peu connus sinon dans les séries US, un hôpital psychiatrique vu de l’intérieur. Résultat : un film qui illustre bien ses titres, l’original et le français.

20.50 : Attaque au Cheyenne Club de Gene Kelly (1970), TCM
Kelly compensa le gigantisme de son film précédent, Hello Dolly (cf. infra) par la simplicité de ce western (qu’il produisit, preuve d’un vrai choix personnel) réunissant des chevaux de retour, James Stewart et Henry Fonda, comme deux ans plus tôt dans Les Cinq Hors-la-loi de Vincent McEveety. Stewart, puritain coincé comme il savait si bien le jouer, hérite d’un club lointain qui se révèle être un bordel. Ce fut la dernière vraie réalisation de Kelly, son rôle pour Hollywood Hollywood (qu’il signa en 1976) étant celui d’un anthologiste.

22.30 : Hello, Dolly ! de Gene Kelly (1969), Classic
Passer ce film juste après Chantons sous la pluie (à 20.50) ne peut que marquer la perte d’invention du genre en vingt ans. Non que l’adaptation du musical de Broadway soit négligeable, mais elle ne peut apparaître que comme un chant du cygne (il y aura des résurgences, heureusement, mais l’âge d’or était achevé). Kelly a surtout été mobilisé pour contenir Barbra Streisand, toujours envahissante. Certes, du grand spectacle - 140 mn, filmage en 70 mm Todd-Ao (ce qu’on ne percevra pas sur l’écran) - mais dont il ne reste pas grand-chose, sinon l’interprétation de la chanson-titre par Louis Armstrong.

22.30 : Le Convoi sauvage de Richard C. Sarafian (1971), TCM
Cf. note du 22 février 2017.

23.35 : Kinatay de Brillante Mendoza (2009), OCS Choc
Ce n’est pas le titre du cinéaste philippin que l’on préfère - trop d’agitation, trop de complaisance dans le sanguinolent, ce qui nous avait irrités lors de sa présentation en compétition à Cannes -, loin de Lola (2009) ou de Mindanao (2019). Mais le prix de la mise en scène obtenu n’était pas usurpé, même si la mise en scène n’est pas tout.

23.50 : Bêtes blondes de Maxime Matray & Alexia Walther (2018), Club
La découverte du jour. Un premier film surprenant, histoire décalée d’un acteur jadis vedette d’une série télé niaiseuse, devenu amnésique et tout ce qui s’ensuit. L’Ange du bizarre de nouveau, moins brillant que chez Warmerdam, mais, à l’échelle du jeune cinéma français, la chose est regardable. Avec deux acteurs que l’on aime bien, Thomas Scimeca et Agathe Bonitzer.

 

Jeudi 14 mai 2020

 

20.40 : Under the Silver Lake de David Robert Mitchell (2018), OCS City
Sélectionné en compétition à Cannes, le film n’a pas reçu l’accueil qu’il méritait. Après son It Follows (2014) remarquable, le jeune réalisateur se confirme comme un des nouveaux noms à suivre. Sous son apparence éparpillée, le scénario revisite plusieurs thèmes fantastiques classiques en les dépoussiérant soigneusement et on passe avec plaisir de l’autre côté du miroir. Malgré sa sortie, l’été, le 8 août 2018, le film a recueilli plus de 200 000 spectateurs.

20.40 : Sous le soleil de Satan de Maurice Pialat (1987), OCS Géants
33 ans déjà que Pialat envoyait paître le public de la soirée de palmarès de Cannes, mécontent de la Palme qui venait de lui être attribuée. On préfère se souvenir de la force du geste que du film lui-même, n’étant fan ni de Bernanos ni de l’auteur - à l’exception de son court magnifique, L’amour existe (1961) et de sa série TV La Maison des bois (1970), assurément le sommet de son œuvre.

20.50 : Hier, aujourd’hui, demain de Vittorio De Sica (1963), Classic
À l’époque, les films à sketchs commençaient à fleurir dans le cinéma italien, rassemblant le gratin de la profession. Ici, trois épisodes, scénarisés par Eduardo De Filippo et Cesare Zavattini, dans trois villes, Naples, Milan et Rome, tous interprétés par Loren et Mastroianni - le dernier, Mara, étant le plus fort, avec Sophia, prostituée de luxe, vampant son voisin de terrasse, un jeune séminariste. Oscar du film étranger 1964 (le seul film à sketchs récompensé ?).

23.00 : Clockers de Spike Lee (1996), TCM
Un des moins fréquentés parmi les films de Spike. Il y a pourtant du beau monde au générique, Richard Price au scénario, Harvey Keitel, John Turturro et le méconnu Delroy Lindo, fidèle de Lee, depuis Malcolm X (1992) jusqu’au dernier, Da 5 Bloods (2020) que les seuls abonnés à Netflix pourront apprécier.

 

Vendredi 15 mai 2020

 

20.40 : Le Seul Témoin de Peter Hyams (1990), Paramount Channel
Pas vu. L’idée de faire un remake de L’Énigme du Chicago Express de Richard Fleischer était-elle bonne ? Le titre est identique (The Narrow Margin), les mêmes scénaristes sont crédités au générique (+ Hyams lui-même). En 1952, c’est Charles McGraw qui protégeait Marie Windsor, ici c’est Gene Hackman qui protège Anne Archer (surtout connue comme actrice télé). Résultat ? À vérifier.

20.50 : Seule la vie… de Dan Fogelman (2018), Émotion
Inédit. L’auteur a créé la série This Is Us en 2016 et en a réalisé une quinzaine d’épisodes. C’est sans doute la raison qui lui a fait découper son film en chapitres (cinq), appliquant un dispositif un peu rigide racontant des destins parallèles. La tentative était risquée, mais les acteurs (Oscar Issac, Annette Bening, Olivia Wilde, Antonio Banderas) valent la peine qu’on les suive.

20.50 : Le Dîner d’Ettore Scola (1998), Club
Inédit (comme encore de nombreux titres de Scola). L’argument - l’espace d’un restaurant, le temps d’une soirée - est posé de façon un peu artificielle, reprenant celui de La Terrasse, presque vingt ans plus tôt. Si le rassemblement des invités sur la terrasse décrivait une coupe de la société romaine du moment, politique et sociale, les clients du restaurant ne représentent que des parcours individuels (la Rome du seuil de l’an 2000 n’était plus celle de l’année 1980), d’où l’intérêt moindre. Mais les acteurs sont toujours là, Stefania Sandrelli, Vittorio Gassman, Giancarlo Giannini, et pour illustrer la coproduction, Marie Gillain et Fanny Ardant (très en forme).

20.50 : Sous le plus petit chapiteau du monde de Basil Dearden (1957), Classic
L’inconnu du soir. On ne connaît qu’une partie des 45 films signés par Dearden, mais tous ceux qui nous sont parvenus sont dignes d’intérêt, Police sans armes (1950), Opération Scotland Yard (1959) et bien sûr, La Victime (1961) - sans oublier sa participation à Au cœur de la nuit (1945). Ici, un couple hérite d’une salle où trois vieillards animent un cirque de puces, les trois en question étant Bernard Miles, Margaret Rutherford et Peter Sellers (32 ans à l’époque). Le titre (le même que l’original) était une parodie de celui de Cecil B. DeMille, sorti en 1952.

22.20 : Hands of Stone de Jonathan Jakubowicz (2016), OCS Choc
Des histoires de boxe, on en a vu des centaines, forcément bâties sur le même modèle. Mais comme pour les films de procès, on se fait piéger par la narration et le spectacle des combats. Robert De Niro n’est plus sur le ring, mais est devenu entraîneur, Edgar Ramirez, capable d’incarner Carlos pour Assayas (2010) et Simon Bolivar pour Alberto Arvelo (2014), est crédible en Roberto Duran, le célèbre boxeur panaméen, sur la brèche entre 1968 (il avait 16 ans) et 2001. On ajoute Ellen Barkin et John Turturro et les 110 mn passent aisément.

23.40 : Elle et lui de Leo McCarey, Classic
Impossible de savoir s’il s’agit de la version de 1939 (avec Charles Boyer et Irene Dunne) ou de 1957 (avec Cary Grant et Deborah Kerr). Aucune importance, les deux sont superbes. Et un gros bouquet d’émotion assurée avant la nuit.



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