Journal de Abla (décembre 2020) I
1er-12 décembre 2020
publié le samedi 12 décembre 2020


 

DÉCEMBRE 2020

(1er-12 décembre 2020)
 



Samedi 12 décembre 2020

 

Kim Ki-duk (1960-2020) est mort hier du covid, le 11 décembre 2020.

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Cyniquement, on peut constater que le voilà débarrassé de lui-même, son corps et ses pulsions, et nous voilà débarrassés de l’éternelle question de la distance entre "homme" et œuvre. Nous ne nous intéressons qu’à l’œuvre. Pour celle de Kim Ki-duk, sa découverte ne se fit pas dans l’ordre chronologique (c’était au temps où on allait au cinéma voir des films sur de grands écrans).

La première fois, on a vu le film d’un étrange auteur, sans renommée, dans un mini cycle coréen à Paris, à l’Arlequin.

* The Coast Guard (Hae anseon) de Kim Ki-duk (2002).


 

Ensuite ce fut, en salle, à Montparnasse :

* Printemps, été, automne, hiver… et printemps (Bom yeoreum gaeul gyeoul geurigo bom) de Kim Ki-duk (2003).


 

Émerveillement devant le rythme, la simplicité, la beauté, la paix.
Ce n’est qu’en rentrant, qu’on a établi la jonction de cette méditation avec le créateur des types incertains de la frontière coréenne entre le Nord et le Sud.

* L’Île (Seom, 2000),
on l’a vu après, parce qu’on s’est mis à le suivre, lui, et pas parce que le film avait été sélectionné à Venise.


 

À partir de là, on a commencé à distinguer mieux les entrelacs des grandes lignes de cette inspiration hors du commun, à travers tous ses films qu’on ne ratait jamais, et qu’on choisissait de ne pas voir en festival. Avec lui ce fut longtemps une affaire privée, et on ne lisait pas ce que les autres en pensaient. On aimait sa relation à la peinture, ses silences, les énigmes de ses scénarios, et ses violences.

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Et puis, on s’est éloigné de lui, l’histoire privée s’est diluée au fur et à mesure de sa reconnaissance publique.
Quand il s’est incarné, s’il a gardé son étrangeté, il a perdu son aura. Destin de toutes les histoires d’amour.

* Kim Ki-duk, cinéaste de la beauté convulsive de Antoine Coppola (2007).

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Avec ses 25 films en 23 ans, il a rejoint maintenant ses homologues au paradis des dictionnaires.

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Aux Arcs, commence le Festival du film, qui, cette année, s’est trouvé un pseudo plus glamour : Hors piste, 12e édition (12-19 décembre 2020). Il nous offre un peu de neige, celle qui nous est interdite en 2020, celle qui va disparaître dans les décennies à venir.


 

* Invités d’honneur : Jérémie Renier, Eric Toledano et Olivier Nakache.

* Jury, sous la présidence de Zabou Breitman.

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Films disponibles jusqu’à lundi 14 décembre 2020 :

* After Love de Aleem Khan (2020).


 

* Preparations to be Together for an Unknown Period of Time (Felkészülés meghatározatlan ideig tartó együttlétre) de Lili Horvát (2020)


 

* The Whaler Boy (Kitoboy) de Philipp Yuryev (2020).


 

Accéder au festival en ligne, après avoir fait son programme.


Prosper Hillairet, à côté de son site Paris-Lignes qu’il a créé avec Nicolas Drouin, nourrit, avec Mélanie Forret, un autre site discret, une sorte de refuge intime, quasiment impossible à trouver sur Internet. Ça doit être ça le Deep Web (qu’il ne faut pas confondre avec le Web clandestin).
Une fois qu’on l’a récupéré, par exemple via Facebook, il faut l’inscrire dans ses favoris : Instants Prosper Hillairet.

Le temps nous manquait, à présent on en a trop.
Ce temps-cadeau qui nous est offert, paradoxalement par un de ces fléaux dont l’univers humain a le secret, il peut être comme une consolation, et devenir une occasion inespérée de "faire attention", maintenant que nous sommes prisonniers, lourds, lents.
Ce présent, fugitif lui, qui nous narguait, parce qu’on courait partout sans pause, rendait nos vies trop courtes. Le travail urgent, c’est de réenchanter les instants.

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Ces jours-ci, une nouvelle livraison de six nouveaux courts Instants : Course au bain, Fête foraine, Le Havre, Lignes Bois, Tigreville, Pont sous la pluie.


 


Salut les câblés !

La semaine télé de Jeune Cinéma du 12 au 18 décembre 2020.



Vendredi 11 décembre 2020

 

Bon anniversaire, Jean-Louis Trintignant, 90 ans aujourd’hui.

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Une vie, une œuvre au cinéma et au théâtre, des femmes, des enfants, une gloire nationale, on sait tout de lui, on aime tous ses films.

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Parmi les innombrables souvenirs, nous revient en mémoire un film, où il figurait à côté de quelques uns de nos acteurs favoris, Mathieu Kassovitz, Albert Dupontel, Anouk Grinberg, Sandrine Kiberlain.

* Un héros très discret de Jacques Audiard (1996).


 

Et bien sûr, Ma nuit chez Maud de Éric Rohmer (1969), où on était scandalisé qu’il ait tant envie de messes et de mariage, et choisisse la blonde BCBG plutôt que la brune libre, malgré Antoine Vitez le communiste philosophant, déguisé en contrepoint.

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Conformiste il va sans dire, et déjà en ce temps-là, assez grand acteur pour pouvoir se permettre d’être haïssable.

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Sur France Culture :

* On l’écoute en 1966.

* On l’écoute, en 2004.

* On l’écoute en 2007.

Bonnes lectures :

* Jean-Louis Trintignant & Michel Boujut, Un homme à sa fenêtre, Paris, Jean-Claude Simoën éditions, 1977.

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* Vincent Quivy, Jean-Louis Trintignant, l’inconformisme, Paris, Seuil, 2015.

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* Jean-Louis Trintignant & André Asséo, Du côté d’Uzès, Paris, Cherche-Midi, 2012.

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Les cinémas, les théâtres, les musées ne rouvriront pas la semaine prochaine.
Le 20 janvier 2021, ça finit par ressembler aux calendes grecques.
C’est insupportable, sur le moment et sur le principe.
On y reviendra, sans doute longuement, car c’est, à coup sûr, plus qu’un sale temps qui dure, mais à la fois la fin d’une belle époque, et le début d’une autre qui s’esquisse à peine.

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Aujourd’hui, on essaye de penser à autre chose de pas plus joyeux, mais de très essentiel, le dérèglement climatique, cette toile de fond, soigneusement reléguée au fond, comme son nom l’indique, les premiers plans faisant écran.


 

On en profite pour aller revoir les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, cette initiative qu’on avait cru naïve quand Cyril Dion l’évoquait avec Daniel Schneidermann et Hervé Kempf dans Arrêt sur images en septembre 2019, qu’on avait fini par respecter dans ses travaux et ses 149 "recommandations", et qui semble avoir désormais des difficultés d’ajustement avec le capitalisme blessé, donc d’autant plus dangereux.

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À l’heure où le Programme alimentaire mondial (PAM) reçoit le Prix Nobel de la paix, où les inégalités se creusent de jour en jour, où on crève de faim de plus en plus dans un monde richissime, on surveillera avec attention les derniers rebondissements de la petite initiative de bonne volonté, après la 3e rencontre de cette année avec les autorités, ce lundi 14 décembre 2020 au Conseil économique, social et environnemental.

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Les bonnes lectures ne manquent pas.

On choisit :

* François Gemenne, Aleksandar Rankovic, & al., Atlas de l’Anthropocène, préface de Jan Zalasiewicz, postface de Bruno Latour, Paris, Presses de Sciences Po, 2019.

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Jeudi 10 décembre 2020

 

Aujourd’hui, c’est la Journée internationale des droits humains.

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* On la célèbre avec la Ligue des droits de l’Homme (LDH).


 

* On la célèbre avec Amnesty International.

Depuis sa maison.

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En rejoignant un des groupes locaux.

De toute façon, on note tout de suite sur son agenda le prochain festival Cinéma et Droits Humains, 12e édition (9-10 janvier 2021), comme on l’a fait pour celui de 2020.

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* On la célèbre avec l’Observatoire international des prisons - section française (OIP), qui publie Le Guide du prisonnier 2020, la dernière édition (de 2012) a été entièrement mise à jour et largement augmentée.

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On le feuillette.

On consulte le sommaire.

On le commande.



Mercredi 9 décembre 2020

 

Un mercredi qui ressemble fortement à la majorité des mercredis de 2020, pas de cinémas, pas de bistrots, des villes défigurées, une transition froide, sinistre, extérieure, qui pénètre les corps et leurs âmes attenantes, malgré les masques, et à cause d’eux.
À propos, ne pas oublier de les entretenir, les masques en tissu, il faut aussi les jeter quand il est temps de les changer.


 

La semaine prochaine, les salles de cinéma devraient rouvrir.
On y croit. Ou pas. Pour l’instant, on espère.


En tout état de cause, les courts métrages continueront à avoir un espace à eux.
Le mieux est de suivre la revue Bref, la revue de l’Agence du court métrage, papier et numérique, en s’inscrivat, au moins à la newsletter.

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Bref Cinéma propose une plateforme VOD, et cette semaine, en lecture gratuite :

* Bloeistraat 11 de Nienke Deutz (2018).

Bloeistraat 11 (Nienke Deutz, 2018) from Miyu Distribution on Vimeo.

 

Le temps des cadeaux.


De Paris, à la BPI, à la Cinémathèque du documentaire, une ciné-conférence de l’EHESS, avec une réflexion sur le montage.

Aujourd’hui :

* À 14h00 : De l’autre côté de Chantal Akerman (2002).
Conférence : Rythme et politique par Claire Atherton.


 

On se connecte et on réserve.


De Blois, Ciné’fil, dans le cadre du Mois du film documentaire prolongé, invite à une projection-débat ouverte à tous, sans réservation et sans restriction géographique.

Ce soir :

* À 20h30 : De grands espoirs (Great Expectations) de Sona Simonyan (2019).
Présentation en direct par Sona Simonyan depuis Erevan.
Séance en ligne suivie d’une rencontre avec Fanny Chrétien.


 


Des nouvelles de Bob Dylan.

D’abord, est sorti, sans tapage, un petit coffret de 3 CD, "Bob Dylan - 50th anniversary collection 1970".
Il n’y en a eu que 150 au total pour la France, en 4 heures, ils avaient tous été vendus, gardés précieusement par les grands collectionneurs... et revendus à prix d’or sur e.bay par les petits commerçants.

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L’autre nouvelle, qui, elle, a fait le tour des médias avant- hier, lundi 7 décembre 2020, c’est la maison de disques Universal Music qui a annoncé avoir acquis l’ensemble du catalogue de chansons de Bob Dylan (60 ans de vie, plus de 600 chansons), présentant cela comme "l’accord d’édition de musique le plus important de ce siècle et l’un des plus importants de tous les temps", sans préciser de montant.

C’était annoncé le jour même sur Expecting Rain, le site de référence de Bob, avec l’info venant du New York Times : Bob Dylan Sells His Songwriting Catalog in Blockbuster Deal.

Le Financial Times estime la transaction à "9 chiffres" et la présente comme "le dernier marqueur de la valorisation croissante des droits musicaux à l’ère du streaming, accéléré par la pandémie". Il précise que, contrairement à de nombreux autres artistes, Bob Dylan détenait les droits d’édition de sa musique (administrée en dehors des États-Unis par Sony).

Sur le site officiel de Dylan, business as usual, dans Le Progrès, un titre tendancieux, Universal Music s’offre les chansons de Bob Dylan, et le commentaire qui circule un peu partout, une citation de It’s Alright Ma (I’m Only Bleeding)  : "Money doesn’t talk, it swears".


 

Les grands artistes, on aimerait bien qu’ils soient pauvres. Comme si le fait d’être pauvre gardait le capitalisme à distance, alors que c’est l’inverse, la plus grande immersion justement.

En fait, comme le dit Charles Ficat, avec la vente de ses droits, alors qu’il paraît que l’administration Biden va augmenter grandement la fiscalité du droit d’auteur, Dylan va récupérer 300 à 400 millions qui vont servir à payer les musiciens pour les deux tournées de 2020 annulées, à financer la fondation des ses archives dans l’Oklahoma, à distribuer à ses enfants...
Il n’est pas le seul à avoir vendu son répertoire. David Crosby, par exemple, qui n’avait plus aucune source de revenu : les ventes de disques, c’est zéro, le streaming ne rapporte rien, et il ne peut donner aucun concert.

Cf. Les enjeux du Nobel.

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Mardi 8 décembre 2020

 

À Montréal, Cinémania, 26e édition, a eu lieu en version hybride (4-22 novembre 2020). Mais les films en ligne n’étaient accessibles que sur le territoire canadien.

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Depuis hier, Cinémania s’est associé avec TV5 et offre gratuitement une sélection de 14 longs-métrages issus de la programmation de ses éditions précédentes entre 2015 et 2018 (7 décembre 2020-3 janvier 2021). De quoi égayer les derniers jours de cette maudite année.

CINEMANIA lance une collection spéciale en ligne sur TV5 from Festival Cinemania on Vimeo.

 

Tous les films de la collection.


Le Mois du film documentaire,21e édition, organisé chaque année un peu partout dans le monde par Images en bibliothèques a eu lieu en ligne géolocalisée pendant tout ce mois de novembre.

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Il joue les prolongations, et se poursuit pendant le mois de décembre 2020 avec plus de 1000 films programmés par le réseau, et des temps forts.

On cherche sa région et on fait son programme.


Depuis le début de cette année 2020, le MET, pour fêter son 150e anniversaire, ouvre ses archives.

Ce qu’on a raté au long des années "from the vaults".


 

Quelques propositions venues de New York City :

* The Spectre : A Legend of Old New England (1925).


 

* Cities of the Gods (1970).


 

* The Eighteenth Century Woman (1982).


 

Faites votre choix.


Lundi Matin n°266 est paru, comme chaque semaine, disponible en ligne, fidèle.

Au sommaire de ce numéro : la violence, multiforme, avec des textes, des idées, des photos.

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Bonne lecture :

* Paul Rocher, Gazer, mutiler, soumettre. Politique de l’arme non létale, Paris, La Fabrique Éditions, 2020.

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Lundi 7 décembre 2020

 

À Avellino, le festival Laceno d’Oro ("le cinéma des reflets" ou bien "le cinéma qui reflète"), 45e édition, a commencé hier dimanche, en ligne (6-13 décembre 2020).

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On l’avait découvert grâce à Cinéma fragile dont on parlait dans le Journal d’Abla du 30 novembre 2020.

Né en 1959, sur le plateau du Laceno, près de Naples, le festival fut d’abord un événement d’intellectuels de la région historique de l’Irpinia, Camillo Marino et Giacomo d’Onofrio, qui l’ont inventé sous la "divinité tutélaire" de Pier Paolo Pasolini, un festival du film néoréaliste, à Bagnoli, un quartier de Naples, promu par la revue Cinemasud.

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Pendant les années 1960 et 1970, on y a découvert les cinémas du tiers monde, d’Europe de l’Est, d’Amérique latine, avec des débats accueillant cinéastes et intellectuels prestigieux : Pier Paolo Pasolini, Cesare Zavattini, Carlo Lizzani, Lina Wertmuller, Giuliano Montaldo, Luigi Zampa, Tinto Brass... C’est là, dans cette région historique de l’Irpinia, que Michelangelo Antonioni, Gillo Pontecorvo, les Taviani, ou Ettore Scola ont obtenu leur première reconnaissance officielle, avant Venise et Cannes.

Après le tremblement de terre du 23 novembre 1980 qui a dévasté toute la région - les Napolitains, terrorisés, dormaient dehors, le bilan définitif fut de près de 3000 morts, 9000 blessés et 300 000 personnes sans abri -, le festival s’est installé à Avellino, et s’est progressivement enraciné en Campanie, revendiquant un statut "provincial".

Aujourd’hui, il se consacre toujours à découvrir les nouveaux talents et les petits bijoux du cinéma indépendant italien et international, donnant de l’espace aux auteurs et aux œuvres hors du circuit grand public. Alors que le virtuel semble prévaloir sur le réel, le Laceno d’oro n’oublie pas les théâtres et soutient les cinémas de Campanie.


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Au programme, , cette année, trois grandes sections : Spazio Campania, Fuori Concorso, et Eventi collaterali, avec des rétrospectives Carlo Salani (1961-2010) et Antonio Capuano (né en 1940).

Le Laceno d’oro est attribué à pour l’ensemble de sa carrière à Carlos Reygadas (né en 1971).

* Our time (Nuestro tiempo) de Carlos Reygadas (2018).


 

Hier, pour l’ouverture, les films ont été proposés à partir de 10h00, et sont visibles jusqu’au 13 décembre 2020.

* À 21h00 : L’Armée rouge de Luca Ciriello (2020).


 

Aujourd’hui, même rythme, avec des programmes de courts métrages et de documentaires :

* À 10h00 : Occidente de Corso Salani (2000).

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Et ce soir :

* À 18h00 : Red Moon Tide de Lois Patiño (2020).


 

* À 20h00 : Apocalypsever - Franco Maresco de Luis Fulvio (2020).


 

* À 21h00 : Enzo, domani a Palermo ! de Daniele Ciprì & Franco Maresco ().


 

Faites votre programme quotidien.

Laceno d’oro, Cinema Partenio, Via Giuseppe Verdi, 83100 Avellino.


À Paris, le Pavillon de l’Arsenal enrichit sa collection de Stefan Cornic, mise en place chaque samedi, avec Année Zéro, depuis le 3 octobre 2020 : Le Grand Paris des écrivains, saison 1.

Après Maylis de Kerangal, Aurélien Bellanger, Alice Zeniter, Thomas Clerc, Joy Sorman voici :

* Julia Deck. L’Ennemi végétal.

* Nina Léger. Seul événement sur la ligne d’horizon.

* Pierre Assouline. La Défense.

* Régine Robin. Je me souviens d’un coin perdu.

Samedi dernier, le 5 décembre 2020, c’était :

* Simon Johannin. Cité Gagarine.


 

* Tout revoir.

* Découvrir les trois chaînes de podcasts audios et vidéos de l’Arsenal : la ville expliquée par ceux qui la pensent et la construisent.

Pavillon de l’Arsenal, 21 boulevard Morland, 75004 Paris.



Vendredi 4 décembre 2020

 

À Paris, la Bibliothèque publique d’information (BPI), rouvre aujourd’hui avec toutes les précautions bien connues et des conditions d’accès spécifiques.

Le programme Chili obstiné (12 septembre-18 décembre 2020) suit son cours, en ligne tant que les salles de projection ne sont pas rouvertes.

Aujourd’hui, à 21h00, deux courts métrages de Ignacio Agüero, en ligne, et comme d’habitude, il faut s’inscrire.

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* Como me da la gana (1985) et No Olvidar (1982).


 

La dernière projection de Chili obstiné, le vendredi 18 décembre 2020, devrait avoir lieu en réel, au Cinéma 1, pour finir en beauté.

* À 18h30 : La Cité perdue (La ciudad perdida) de Francisco Hervé (2016).


 

BPI, Centre Pompidou, place Georges-Pompidou, 75004 Paris.


À Amsterdam, Eye est ouvert avec deux grands rendez-vous :

* Une exposition collective d’artistes cinématographiques et vidéo les plus en vue du Moyen Orient : Trembling Landscapes. Between Reality and Fiction (19 septembre 2020-3 janvier 2021).


 

Les paysages - leurs représentations - ne sont pas seulement des états d’âme, ils peuvent en dire long sur les sentiments d’appartenance, les fractures intérieures et le vécu des conflits. De l’admiration sensible à la géographie et à la géopolitique, il y a peu de distance, avec des œuvres de Basel Abbas & Ruanne Abou Rahme, Heba Y. Amin, Jananne Al-Ani, Ali Cherri, Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Mohamad Hafeda, Larissa Sansour, Hrair Sarkissian et Wael Shawky.

* La rétrospective d’un artiste rare : Ramón Gieling at work,en partenariat avec le Spanish Film Festival (3-23 décembre 2020).


 

Ramón Maria Gieling, né à Utrecht en 1954, est mal connu. Il est cinéaste (27 films à son actif depuis 1990), peintre, écrivain, metteur en scène, photographe et, de plus, une grande partie de son travail est liée à l’Espagne.
Tout cela ne favorise pas son identification comme artiste, pas non plus la reconnaissance et la diffusion de son œuvre.

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Aujourd’hui, un film, Garcia Lorca et le duende :

* À 16h30 : Duende de Ramón Gieling (1986).


 

Le film intégral en ligne (55 mn).

Le duende, c’est "l’esprit caché de la douloureuse Espagne", disait Garcia Lorca.

Sur France Culture, Jacques Higelin s’y essayait.

Bonne lecture :

* Federico García Lorca, Jeu et théorie du duende, traduction de Line Amselem, édition bilingue, Paris, Allia, 2008.

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Faites votre programme Ramón Gieling.

EYE Film Instituut Nederland, IJpromenade 1, 1031 KT Amsterdam.


À Londres, la Halcyon Gallery est ouverte à nouveau, 7 jours sur 7, avec deux expositions :

* Bob Dylan Editions (30 octobre 2020-31 janvier 2021).

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Avec une visite virtuelle.

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Et un coup d’œil sur son expo solo, au Modern Art Museum de Shanghai : Bob Dylan. Retrospectrum, l’année dernière, en 2019.

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* US Now.
Avec les dernières œuvres de Dominic Harris et Mitch Griffiths ainsi que des œuvres emblématiques de l’inoxydable Andy Warhol.

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En visite virtuelle.

Halcyon Galllery, 144-146 New Bond Street, London, W1S 2PF.



Jeudi 3 décembre 2020
 

Bon anniversaire à vous, Jean-Luc Godard, 90 ans aujourd’hui.

On se souvient de vous, on se souvient de tout.
On vous aime bien quand vous souriez, avec votre ami Freddy Buache (1924-2019).
Et aussi quand vous acceptez de recevoir un prix.

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Les dernières nouvelles, qua nous avons eues de vous, c’était à la Cinémathèque française à Bercy (8 janvier-1er mars 2020), juste avant de se confiner, quelle chance !, ce premier trimestre 2020 semble à des années-lumière de nos pitoyables présents.

On se souvient de la lettre que vous a écrite Nicole Brenez : Honneur à votre ego, M. Godard.

Prenez soin de lui, par ces temps mauvais, les égos les plus robustes deviennent fragiles et se délabrent facilement.


À Macao, commence le Festival international du film (IFFAM), 5e édition en ligne (3-8 décembre 2020).

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Créé en 2016, le festival a pour objectif est de réunir les cinémas d’Asie et d’Occident, les industries, mais pas seulement. Cette année, il veut célébrer spécialement "la vie et du grand écran. Car il n’y a rien de mieux que de rester assis dans le noir et de partager un film avec des inconnus, de rire ensemble, de pleurer ensemble, de hurler ensemble".

Tout y sera virtuel, notamment, la cérémonie de remise du prix Spirit of Cinema à Hirokazu Kore-eda, le 8 décembre, ainsi que les "conversations" avec Viggo Mortensen, Hur Jin-ho, Nina Hoss et Ning Hao.

Les cinémas y sont fermés. Les films, en ligne, sont visibles uniquement à Hong Kong et Macao, et pendant 24 heures. Au fait, qu’en est-il des casinos, cet automne ?

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Aujourd’hui, à 17h00, on a le choix :

* The Cloud in Her Room de Xinyuan Zheng Lu (2020).


 

* Sweat de Magnus von Horn (2020).


 

* 76 Days de Hao Wu, Weixi Chen, Anonymous (2020).


 

* Black Light de Jong-dae Bae (2020).


 

Faites votre programme.

IFFAM, Alameda Dr. Carlos D’Assumpção, Centro Comercial Cheng Feng 336-342, 8 Andar I, Macau.



Mercredi 2 décembre 2020

 

Anne Sylvestre (1934-2020) est morte dimanche, le 30 novembre 2020.

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C’était un temps intermédiaire, l’après-guerre s’éloignait, les grands hippies blonds venus du Nord n’avaient pas encore pris la route, on n’écoutait pas encore en boucle Dylan ou les musiques planantes.
On allait à la Contrescarpe et au Cheval d’or.


 

On pensait que le quartier Mouffetard, derrière le Panthéon, était en train de remplacer Montparnasse ou Saint Germain-des-Prés. Mais non, ce monde-là, des cabarets Rive gauche, dont Anne Sylvestre était la souveraine subtile et modeste, est resté une enclave, une île dans le temps et dans l’espace, sans descendance immédiate, trop intime pour résister aux tsunamis des sixties.

Dieu que la mer est belle, quand on ne navigue plus.


 

* Le Best of de l’INA.

* Sur France Culture.


Avec le Musée du Jeu de Paume, fermé pour rénovation jusqu’au printemps 2021, tous les mercredis, on suit des cours en ligne sur l’histoire de la photographie, avec quatre modules thématiques : les figures de l’amateur, les pratiques de l’autoportrait, les images documentaires et les transformations du paysage : De l’invention de la photographie aux selfies (2 décembre 2020-5 mai 2021).

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C’est payant, mais ça vaut le coup.
On se renseigne.
On s’insrit.

Aujourd’hui :

* À 18h30 : De l’amateur en photographie.
Par Quentin Bajac.

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La Galerie Templon, en attendant sa réouverture, à Paris et à Bruxelles, propose des visites virtuelles :

* Gregory Crewdson. An Eclipse of Moths (7 novembre 2020-23 janvier 2021).

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* Jim Dine. A Day Longer (7 novembre 2020-23 janvier 2021).

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Siné Mensuel est paru, le n°102 de décembre 2020 est en kiosque.

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* On y choisit ses cadeaux.

* On s’abonne.



Mardi 1er décembre 2020

 

À Aix-en-Provence d’habitude, cette année partout en France parce qu’en ligne, aujourd’hui commence Tous courts 2020, 38e édition (1er-5 décembre 2020).

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Au menu : 10 programmes de compétition internationale, 3 programmes de compétition de films expérimentaux, 4 cartes blanches, 1 programme de films en région et les coups de cœurs.
C’est gratuit et à la carte : Plus de 120 films à découvrir à partir d’aujourd’hui, chaque jour dès 10h00, de nouvelles séances sont disponibles jusqu’au lendemain minuit,


 

Ce soir, ouverture avec 7 films, à 18h30 :

* Particules fines de Grégory Robin (2020).

* Cães que ladram aos pássaros de Leonor Teles (2019).


 

* Concatenation de Donato Sansone (2020).

* Dignity de Guangming Huang (2020).

* November 1st de Charlie Manton (2019).


 

* Hors course de Martin Burnod, Aélis Ensergueix, Nicolas Lopez, Clément Masson & Julia Monti (2019).

* Mother’s de Hippolyte Leibovici (2019).

Faites votre programme.
Rendez-vous sur la plate-forme.


Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de lutte contre le sida.

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La terreur s’est éloignée, on n’en meurt plus forcément, et les jeunes ont tendance à refouler cette vieille histoire. Les vieux de la vieille, eux, se souviennent des premiers soupçons, au début des années 1980, puis de l’hécatombe parmi leurs amis.

Revoir aujourd’hui Philadelphia de Jonathan Demme (1993), c’est se replonger dans les douleurs et les injustices de l’époque.


 

Les épidémies humaines - la syphilis, la peste, la tuberculose, la grippe espagnole... - n’ont pas toutes eu la même importance, qui ne s’évalue pas au nombre de morts, mais au changement de mœurs, voire d’organisation sociale, qu’elle induit.
La pandémie de sida a mis à jour quelques fléaux idéologiques de nos sociétés, l’homophobie et ses ravages sociaux au premier chef, et, à ce titre, elle aura été une étape historique de l’aventure humaine.

Cf. Le sida au cinéma. Éléments pour une filmographie (2003).

La pandémie de covid-19, c’est par le biais des confinements, qu’elle révélera, avec le recul, ce qu’on commence à soupçonner, mille informations, autres que sanitaires, sur le capitalisme, tardif, mais toujours dominant.

À l’occasion de cette Journée particulière, on poursuit dans le virtuel, avec Parisciences et le Collectif Sida de Brest qui proposent de découvrir, en ligne et en direct, un documentaire sur cette épidémie terrible dont le virus n’est pas encore vaincu et sur ses dégâts collatéraux

Ce soir :

* À 20h00 : Killing Patient Zero de Laurie Lynd (2019).
Suivi d’un échange en direct avec Elliot Aubert, Nolwenn Kerebel, Fragan Valentin-Lemeni, Jean-Baptiste Marco, Jean-Denis Marin.


 


À Metz, le Centre Pompidou-Metz, qui fête ses 10 ans, est bien sûr refermé jusqu’à nouvel ordre.
Son exposition, Chagall. Le passeur de lumière conçue en partenariat avec le Musée national Marc-Chagall de Nice, a été zappée (21 novembre 2020-15 mars 2021).

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Il faut bien dire que les vitraux de Marc Chagall (1887-1985), réalisés entre 1958 et 1984 avec les maîtres-verriers Charles Marq et Brigitte Simon, c’est ce qu’il a fait de plus beau. On va en profiter, en attendant la réouverture, avec la présentation par Elia Biezunski.


 


Le Monde diplomatique est paru.
C’est le n°801 de décembre 2020, il est en kiosque.

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Voyage dans le temps.

 



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