Chronique 2020 II
Anthropocène, le vécu (depuis le 12 mai 2020)
publié le mercredi 23 septembre 2020

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Abla 2020.

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En France, le confinement anti-coronavirus a eu lieu du 17 mars au 11 mai 2020.
Cf. Chronique 2020 I (1er janvier-9 mai 2020)

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Cf. Chroniques (et vagabondages) de l’Anthropocène (2014-2020).
Cf. aussi :
* Filmographie Anthropocène.
* Bibliographie Anthropocène.



Mercredi 23 septembre 2020

 

À Paris, à l’Agora, avec l’association Navajo France, devant l’urgence climatique qui se précise, et dans le cadre d’une prise de conscience qui se généralise, on se tourne vers la sagesse traditionnelle. La table rase est absurde, il ne faut couper aucun pont, il faut en construire d’autres. Ce "progrès" que l’humanité a toujours idolâtré et si souvent maltraité, il ne peut exister ni déraciné et hors-sol, ni sans généalogie

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Ce soir :

* À 19h30 : Le Chant qui Guérit la Terre (Navajo Songline) de Bruno Vienne. (2019).
En présence de Lorenza Garcia.
Projection suivi d’une conférence-débat.


 

L’Agora, 64 rue du Père-Corentin, 75014 Paris.



Samedi 12 septembre 2020

 

Nouvelles du front :

Le photographe Jeff Frost, le bien nommé, fut, pendant des années, un chasseur d’incendies passionné, comme il existe des chasseurs d’orages.

Pendant des années, il avait photographié les habituels incendies de Californie - 70 enfers enragés, des terrifiants carbon fog à travers l’État, et, en 2018, en avait fait un film afin de documenter les effets dévastateurs du changement climatique.
Et puis il avait eu un coup de blues, post-partum, une compassion fatigue, selon son thérapeute. Le film a été sélectionné à Clermont-Ferrand.

* California on Fire de Jeff Frost (2018).

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Cette année, c’est le pire qu’il ait jamais vu.
Il s’est senti bien seul dans la communauté artistique.
Un témoignage sur ce danger mortel local et planétaire, est-ce que ça peut aussi être une œuvre d’art ?

Bonne lecture :

* Catherine & Raphaël Larrère, Le pire n’est pas certain. Essai sur l’aveuglement catastrophiste, Paris, Premier Parallèle, 2020.

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Sur Arrêt sur images, on en débat.

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Jeudi 10 septembre 2020

 

À Paris, à la librairie Quilombo, on examine de plus près la gestion réeelle des déchets et l’économie supposée circulaire du recyclage, le tout jetable se révélant évidemment un facteur de surconsommation.
Et on en débat.

Ce soir, à 19h30 : Rencontre avec Flore Berlingen.

Bonne lecture :

* Flore Berlingen, Recyclage. Le grand enfumage, Paris, Éditions Rue de l’échiquier, 2020.

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Quilombo, CICP, 21ter rue Voltaire, 75011 Paris.



Samedi 22 août 2020

 

Cette année, le Jour du dépassement mondial, calculé par Global Footprint Network c’est aujourd’hui, ce 22 août 2020.
L’humanité a dépensé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an, et jusqu’à la fin de l’année, elle va vivre "à crédit".


 

La pandémie est exemplaire des catastrophes qui peuvent advenir du fait de notre système mondial. Le confinement est une première, qui a privilégié la santé des humains par rapport au lucre devenu valeur dominante. Il nous a fait gagner quelques jours, le Jour du dépassement, qui avançait chaque année, aurait dû arriver 3 semaines plus tôt.
Il y a, dans cet épisode, deux éléments, le mal et son remède éphémère, qui pourraient générer de nouvelles visions, de nouvelles politiques.

Mais, en réalité, les problèmes du présent ont largement occulté les autres dangers, la dramatique question du climat notamment. C’est ainsi qu’on continue à entendre des phrases du genre : "Le trafic aérien ne reviendra pas à la normale avant 2024".
On se demande ce que c’est que "la normale", celle de 2019 en expansion, dans cette impossible croissance infinie ? La course vers l’abîme devrait se poursuivre, as usual.

Elephant in the room aurait dit Ivan Krylov (1769-1844).

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Admirons les incendies 2020 de Californie.


 

Pour la fonte de la calotte glaciaire du Groenland, les alertes datent de 40 ans, les vidéos datent de 2019, mais le constat de 2020, c’est l’irrémédiable
Contemplons-la.


 


Bon anniversaire à Ray Bradbury (1920-2012), cent ans aujourd’hui.

Il était aussi pessimiste que Isaac Asimov (1920-1992) son contemporain, ils eurent tous les deux 10 ans au moment de la Grande Dépression. Il était moins allumé et plus jovial que Philip K. Dick (1928-1982), né avec elle. Mais comme eux, c’était un grand visionnaire.

* Un pitch de 60 secondes.


 

* Sa vie plus sérieusement.

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* Le Fahrenheit 451 de François Truffaut (1966).


 

* Le Fahrenheit 451 de Ramin Bahrani (2018).


 

Sur France Culture.



Lundi 10 août 2020

 

À Paris, Le festival Gare aux Docs, 3e édition, commence à la Recyclerie (10-26 août 2020).

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C’est gratuit (sur inscription évidemment) et c’est une occasion parfaite de découvrir un lieu unique et nécessaire.


 

Ainsi que la plateforme vidéo gratuite de la transition écologique, co-organisatrice Imago. née en décembre 2018.

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Ce soir, deux films, à 21h00 :

* L’Ours, simplement sauvage de Laurent Joffrion & Vincent Munier (2019).


 

* Roi de la jungle de Alexis Font & Thomas Font (2020).


 

Faites votre programme du mois d’août 2020.

La Recyclerie, 83 boulevard Ornano, 75018 Paris.



Samedi 8 août 2020

 

Bernard Stiegler (1952-2020) est mort ce jeudi 6 août 2020.

* Le témoignage de son ami Paul Jorion.

* L’état d’urgence géopolitique, entretien du 17 avril 2019.


 

Sur France culture : À voix nue (février 2020).

* Épisode 1 : Du plomb dans l’âme.

* Épisode 2 : Errer, penser et bifurquer.

* Épisode 3 : Un laboratoire carcéral.

* Épisode 4 : La voie néguentropique.

* Épisode 5 : Prendre soin de nos désirs.

Bonne lecture :

* Bernard Stiegler, Qu’appelle-t-on panser ? Au delà de l’entropocène. Tome1 : L’Immense régression, Paris, Les liens qui libèrent, 2018.

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* Bernard Stiegler, Qu’appelle-t-on panser ? Au delà de l’entropocène. Tome 2 : La leçon de Greta Thunberg, Paris, Les liens qui libèrent, 2020.

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Alors que la canicule actuelle n’est que la partie émergée d’un climat à jamais déréglé, alors que la pandémie, dont on sait qu’il s’agit d’un virus très politique, repart à la hausse, une explosion historique par ci, ou une marée noire par là, ou, tout près, le Mont-Blanc qui s’effondre et les arbres qui s’embrasent, confirment qu’aucune leçon n’a été retenue.

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C’est devenu aveuglant : toutes les révolutions ont été trahies, et les puissances se font d’avidité et d’incurie, d’apostasie et de corruption, comme les reines (du spectacle) se font de distance et de fard (disait Degas, aurait pu rire Debord).

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On revisite le vécu de de cette année 2020, 1er semestre, 1er acte, dont les collapsologues prédisaient qu’elle serait cruciale.

Notre rubrique, Anthropocène, le vécu, a vu le flux des infos s’amplifier, et les auteurs référents et autres lanceurs d’alerte ont dû assister à cette accélération dans la sidération.
À la mi-temps, on peut déjà dire qu’elle l’aura été, au delà de toute crainte et de façon surprenante : on s’attendait à une de ces crises capitalistes classiques, en plus grave, mais pas à sa matrice sanitaire.

Les vieux sont désolés, les jeunes, même pas militants, commencent à être vraiment inquiets.

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Jeudi 6 août 2020

 

À Hiroshima, c’était il y a 75 ans, à 2h45 heure locale.
C’était "la guerre", celle qui prétend avoir des lois, jamais respectées évidemment, et avec une limite relativement symbolique que serait la notion de crime contre l’humanité.

Il faut revoir Pluie noire de Shôhei Imamura (1989).


 

À Beyrouth, c’était le 4 août 2020 peu avant 18h, heure locale.
Une autre sorte de guerre, sans loi.

Comme à Toulouse, le 21 septembre 2001, à 10h17, du nitrate d’ammonium, mal stocké, mal surveillé. À quoi ça sert ? À faire des engrais (interdits en Suisse).


 

Les nuages, les merveilleux nuages de l’Anthropocène.

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Samedi 18 juillet 2020

 

Les collapsologues prévoyaient que l’année 2020 serait une étape importante dans un effondrement du système qu’ils pensent inéluctable et proche, si celui-ci persiste en son état de fonctionnement.
La pandémie, et son corollaire le confinement, les ont surpris pourtant, et leur a donné raison au delà de leurs pronostics les plus sombres, avec ses premiers ravages, sanitaires directs et économiques indirects, cet "arrêt cardiaque mondial" constituant un expérimentation grandeur nature, une leçon de choses qui pourrait être salutaire, pensent (pensaient ?) les plus optimistes. Pour la première fois, le Jour du dépassement ( de notre crédit) pourrait reculer, du 19 juillet en 2019, au 22 août 2020.

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Alors que la très ancienne nébuleuse écologiste - cf. notre bibliographie - s’épanouit et n’en finit plus de se redistribuer, de la plus molle à la plus radicale (cf. les résultats des élections municipales en France), on a eu tendance à oublier la toile de fond planétaire (le changement climatique) au profit des préoccupations plus immédiates. L’imaginaire humain prend rarement de la hauteur et l’antienne brechtienne est toujours d’actualité : la bouffe d’abord, la morale ensuite.

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Il semble bien que ce soit reparti - "En avant comme avant !" disait-on du temps de la Figuration libre -, la sacro-sainte "croissance", idole du système, étant censée apporter avec elle, mécaniquement, tous les bienfaits que les humains désirent vraiment, loin des besoins artificiels, la santé, le bien-être, la paix, le bonheur pourquoi pas. Et cela malgré toutes les preuves du contraire, l’état des hôpitaux du monde, en état d’urgence, en sont le témoignage éclatant ainsi que l’appropriation privée des communs qui se profile déjà.

La Convention citoyenne pour le climat, constituée en octobre 2019, c’était un exercice de démocratie inédit, et une belle idée, même si elle semblait naïve aux misanthropes. La "réception" de ses travaux s’est faite le 29 juin 2020.

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Dans Arrêt sur images, l’émission de Daniel Schneidermann, on a examiné le projet, avec Cyril Dion et Hervé Kempf (20 septembre 2019).
Et, hier, on a fait un premier bilan, désabusé devant les violentes déformations médiatiques du travail accompli, avec Cyril Dion, Hugues Olivier Brillouin et Marine Rogovitz (17 juillet 2020).

Quels que soient les résultats effectifs de ce travail considérable, cela demeurera un précédent. Les citoyens de la Convention, tirés au sort, ne se sont pas dispersés mais se sont constitués en association, et comptent donner de la voix : Les 150.

Quant à Pablo Servigne, il déclarait en avril 2020 vouloir désormais "choisir des stratégies et des alliés, et, en faisant de la politique, sortir du champ de la collapsologie stricto sensu."

La société civile est peut-être en train de prendre la parole, et pas seulement en manifs.
Les temps sont peut-être venus où elle va être audible.

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Samedi 13 juin 2020

 

Nouvelles du front :

On aime bien la remarque de Gérard Miller, le psychanalyste insoumis, sur la cohérence de l’inconscient collectif : I can’t breathe.
En substance : l’espèce humaine asphyxie la planète qui somatise.
Les pathologies et la mortalité de la pollution sont effrayantes mais insidieuses, les protestations humaines inaudibles.

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Alors les dieux, dans leur infinie sagesse, s’en mêlent, avec un avertissement plus spectaculaire, les malades du covid-19 meurent, sur le ventre (siège de l’âme), étouffés.
Le présage est mal compris et mal traité, alors arrive un symptôme majeur : le martyre de George Floyd, porte-voix de l’alarme. L’apparente magie de l’inconscient planétaire a fait son travail.
Et là, tout se déclenche, le "fait social total" s’épanouit sur la planète bleue, sous nos yeux, et nous parle. Si on veut bien l’écouter, ce fait social total : il s’agit du souffle, il s’agit du vivant, qu’il faut manipuler avec encore plus d’humilité que le feu.
En d’autres termes que ceux de Marcel Mauss : Et à cause des pensées stupides inspirées par leur injustice, tu leur envoyas un châtiment pour qu’ils sachent qu’on est puni par où l’on a péché. La Bible, Livre de la Sagesse, XI, 16.

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Justice immanente, sagesse, bon sens, inconscient, l’intuition de ce qui ressemble à une loi "divine" traverse les époques et les philosophies. Les sociétés comme les individus tricotent eux-mêmes leur histoire, comme le célibataire broie lui-même son chocolat, faut s’y faire.

C’est aujourd’hui qu’en France, on va pouvoir entendre et accompagner la forte respiration de Adama Traoré (1992-2016) qui nous revient, quatre ans plus tard, pour demander justice après une enquête bâclée et incohérente.

À Paris, rendez-vous place de la République à 14h30, vers l’Opéra.

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Vendredi 12 juin 2020

 

Nouvelles du front :

Le Brésil dépasse le seuil des 40 000 morts dus à la pandémie du covid-19.
Le gouvernement (vu par le street artist Aira Ocrespo) préconise "une journée de jeûne religieux pour délivrer le Brésil du mal".

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* Une manif de l’ONG Rio de Paz avec des tombes symboliques sur la plage de Copacabana à Rio. La vidéo.

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* La réalité des enterrements à Manaus. La vidéo.

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Sur France Culture : "Le Brésil sombre dans la peur et la mort"]

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Jeudi 11 juin 2020

 

Pendant ce temps, la catastrophe écologique reprend son cours de plus belle, après une courte pause. Produire moins, transporter moins, partager plus, ce ne sont pourtant pas les idées qui manquent.

Bonne lecture :

* Daniel Tanuro, Trop tard pour être pessimistes ! Écosocialisme ou effondrement, préface de Michael Lowy, Paris, Textuel, 2020.

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Lundi 8 juin 2020

 

Les économistes, même les atterrés, s’attendaient à la prochaine crise du capitalisme, suivant, normalement et régulièrement, celle de 2008, les climatologues alertaient de plus en plus bruyamment sur les changements et les dégâts inévitables, les collapsologues prédisaient des signes dès 2020, suivis de dégradations et de chocs. Les gouvernants et les banquiers faisaient semblant de rien, business et croissance as usual.
Tout le monde a été surpris par un petit virus qu’on croyait chinois et qui s’est révélé intensément internationaliste (i.e. dangereux et archaïque, après tout "mondialisé", on aurait peut-être pu contrôler).

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Le traumatisme s’avère plus grave qu’on ne pouvait l’imaginer. Les sociétés vont entrer dans des crises économiques inconnues parce que sans précédent. Et les individus - ceux qui ont survécu dans les zones libérées - commencent à entrevoir, en eux, une sorte de destruction inconsciente, l’ombre d’un stress post-traumatique. C’est que le pilonnage télévisuel versus propagande, lui, a contaminé 100% de la population.

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"Les jours d’après", ce n’est pas seulement une trouvaille médiatique et politique. La fameuse "résilience", les reconstructions, les réinventions (et les discours poudre aux yeux) sont au programme des citoyens et des "territoires".

L’impressionnante épidémie virale (qui n’est pas terminée et s’épanouit en Amérique du Sud et tout particulièrement au Brésil) était un séisme non-prévu. Il connaît une réplique d’une ampleur inédite : un choc de conscience d’une pourtant très ancienne injustice, à partir de 8 minutes de vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, et les hommages à George Floyd n’en finissent plus d’essaimer, de ville en ville.

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Même dans les ruines syriennes, on a trouvé des fresques.


 

Épidémie du mal puis et contagion du bien, une dialectique inattendue, tout n’est donc pas perdu, on a envie de renouveler le vocabulaire et le point de vue.
À la place de la récession : la décroissance.
À la place de la résilience molle et longue : l’iskra, l’étincelle, rapide et joyeuse, comme la rêvait Maïakovski.

Pas (encore) de journal, mais un vent nouveau, et la jeunesse qui se lève.

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Les librairies rouvrent peu à peu. Les livres ont été considérés comme des biens non-essentiels pendant le confinement, ce qui en dit long sur les consignes souterraines des dirigeants. En réalité, plus que jamais, on a besoin de se nourrir et de se "ressourcer", pour tenir debout, pour résister, pour muter. Au programme de ces jours-ci, un film et des livres.

Un film :

* L’urgence de ralentir de Philippe Borrel (2014).


 

De bonnes lectures :

* Razmig Keucheyan, Les Besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme, Paris, La Découverte, 2019.

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* Ágnes Heller, A Theory of Need in Marx, Londres, Allison & Busby, 1976. La Théorie des besoins chez Marx, traduction de Martine Morales, Paris, UGE, 1978.

Avec des commentaires en ligne :

* Theodor W Adorno, Agnès Heller, "Par-delà le vrai et le faux. Deux textes sur la théorie des besoins", Mouvements, 2008/2 (n° 54), p. 13-33.

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* André Gorz, Éloge du suffisant, édité et commenté par Christophe Gilliand, Paris, Presses universitaires de France, 2019.

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Et un livre gratuit en ligne :

* Collectif, Résistons ensemble, pour que renaissent des jours heureux, préface de Denis Robert, Paris, Massot éditions, 2020.

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Les bonnes lectures, d’ailleurs, ne manquent pas : cf. notre Bibliographie Anthropocène. Les librairies rouvrent progressivement, les bibliothèques vont suivre.



Samedi 6 juin 2020

 

Nouvelles du front :

Le Jour du dépassement de la Terre va reculer de trois semaines sous l’effet du Covid-19. La date qui marque le jour où l’humanité a consommé toutes les ressources que les écosystèmes peuvent produire en une année, c’était le 29 juillet 2019, et cette année, àa devrait tomber le 22 août 2020.

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C’est une bonne nouvelle, qui montre que des changements importants et rapides sont encore possibles.
Mais, bien sûr, ce n’aura été qu’une minuscule embellie passagère, s’il n’y a pas de changement systémique dans nos modes de production et de consommation.
Et ça, pour l’instant, on n’en voit pas l’ombre d’un début de commencement de l’idée d’un projet.



Jeudi 4 juin 2020

 

C’est aujourd’hui que paraît :

* Groupe Cynorhodon, Dictionnaire critique de l’Anthropocène, Paris, CNRS Éds, 2020.

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Le Groupe Cynorhodon compte 16 géographes : Frédéric Alexandre, Fabrice Argounès, Rémi Bénos, David Blanchon, Frédérique Blot, Laine Chanteloup, Émilie Chevalier, Sylvain Guyot, Francis Huguet, Boris Lebeau, Géraud Magrin, Philippe Pelletier, Marie Redon, Fabien Roussel, Alexis Sierra, Didier Soto.



Lundi 25 mai 2020

 

Nouvelles du front :

Alors que le spectacle vivant est en panne et que les théâtres sont encore plus fermés que les salles de cinéma (qui trouvent des subterfuges virtuels), des idées refont surface.

À Göttingen, le Deutsches Theater continue son activité, autrement.
Il joue une pièce dans son parking souterrain, un drive spectacle, une jauge de 12 voitures.

* Corpus Delicti. Ein Prozess, d’après le roman de July Zeh.

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Le théâtre affiche complet tous les soirs. C’est que le spectacle est bon, inspiré d’un roman de SF parfaitement pertinent, et que le dispositif préserve les multiples émotions du théâtre, celles d’une intimité collective spéciale, rien à voir avec la communion des églises, tout à voir avec la communauté des manifs, avec distanciation sous-entendue.

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Il faut dire surtout que le théâtre "hors les murs" en a connu d’autres et que le détournement de la classique relation scène-salle n’est pas nouvelle.
Les amateurs de théâtre avertis se souviennent encore avec émerveillement des séductions - au sens étymologique - des créations du contrebandier André Engel.

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D’abord, assistant de Klaus Michael Grüber (1941-2008) pour son légendaire Faust Salpêtrière, d’après Goethe à la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière (Festival d’automne 1975), André Engel se mit à déconfiner activement ses cérémonies théâtrales, pour toucher aussi les corps, capables d’émotions, et plus seulement les esprits, tentés par les raisons : Baal de Bertolt Brecht dans les haras de Strasbourg, en 1976 ; au TNS, la ville soviétique de Week-end à Yaik d’après Serge Essénine, en 1977 ; Prométhée-Porte-feu d’après Eschyle, sur les hauteurs du Val de Fer, au Festival de Nancy en 1980 ; Dell’inferno sur des textes de Dante, Virgile, Ovide, Rilke, dans une usine désaffectée de La Plaine Saint-Denis (1982), et quelques autres.

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Au passage, on peut saluer le grand scénographe Nicky Riéti, son compagnon de route, et ses dioramas.

Bonne lecture d’aujourd’hui :

* July Zeh, Corpus Delicti. Ein Prozess, Frankfurt am Main, Schöffling & Co, 2009. Corpus delicti. Un procès, traduction de Brigitte Hébert & Jean-Claude Colbus, Arles, Actes Sud, 2010.

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Jeudi 21 mai 2020

 

Nouvelles du front : à Times Square, les Messages for the City.

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Mardi 12 mai 2020

 

Si le système mondial n’avait pas disjoncté, c’est ce soir que se serait ouvert le Festival de Cannes 2020, 73e édition (12 au 23 mai 2020) avec une cérémonie d’ouverture retransmise sur toutes les télévisions du monde, et Spike Lee, président du jury, serait déjà présent.

Mais "quelque chose" est arrivé, plus tôt que prévu, et la machine s’est arrêtée.
C’était donc encore possible de freiner l’emballement ?

À Cannes, redevenue une petite ville de province tranquille, une balade avec le drone de Sébastien Botella.


 


Ce soir, à la télévision, on recommande fortement de ne pas rater sur France 5 , l’émission Le Monde en face :

* À 21h00 : Effondrement ? Sauve qui peut le monde de Alfred de Montesquiou & Julien Blanc-Gras (2020).

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Et surtout, il faut écouter le débat qui suit, animé par Marina Carrère d’Encausse, qui suit le documentaire, avec notamment Jean-Baptiste Fressoz, Thomas Coutrot, Pablo Servigne, qui rectifient les disproportions et les orientations du documentaire.

La pandémie ne doit pas distraire l’humanité de la montée des autres périls.
Elle doit, au contraire, être un enseignement.
Prévoir - après examen des signes et des preuves qui se multiplient, - n’est pas un signe de pessimisme ou de défaitisme, c’est un devoir.

En replay jusqu’au 11 juin 2020.


Les Éditions Syllepse continuent fidèlement le feuilleton en accès libre : Covid-19. Un virus très politique #7 édition du 11 mai 2020.

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Si on a raté les 6 premiers épisodes, c’est facile d’y retourner.

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Journal de Abla 2020  :
* 1er-15 janvier 2020 (2, 3, 4, 7, 9, 13 janvier 2020) ; * 16-31 janvier 2020 (16, 17, 23, 27 janvier 2020) ; * 1er-15 février 2020 (7, 14, 21, 22 février 2020) ; * 2-13 mars 2020 (4, 5 mars 2020) ; * 14-31 mars 2020 (confinement 1) (14-31 mars 2020) ; * 1er-15 avril 2020 (confinement 2) (1er, 2, 3, 6, 7, 8, 9, 10, 14, 15 avril 2020) ; * 16-30 avril 2020 (confinement 3) (16, 17, 18, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 27, 28, 29 avril 2020) ; 1er-15 mai 2020 (confinement 4) (1, 2, 6, 7, 8, 9, 12, 21, 25 mai 2020) ; 2-15 juin 2020 (4, 6, 8, 11, 12, 13 juin 2020) ; 15-31 juillet 2020 (18 juillet 2020) ; 1er-15 août 2020 (6, 8, 10, 22 août 2020) ; 1er-15 septembre 2020 (10, 12, 23 septembre 2020)
 

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