Chronique 2020 II
Anthropocène, le vécu (depuis le 12 mai 2020)
publié le mercredi 23 décembre 2020
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Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Abla 2020.

En France, le confinement anti-coronavirus a eu lieu du 17 mars au 11 mai 2020.
Cf. Chronique 2020 I (1er janvier-9 mai 2020)
Après un déconfinement d’été mal contrôlé, et un intermède avec couvre-feu après l’été : reconfinement à partir du 1er novembre 2020.
Ce "confinement II" s’est assoupli le 28 novembre 2020.
Il s’est durci le 10 décembre 2020, évacuant les "fêtes".

Cf. Chroniques (et vagabondages) de l’Anthropocène (2014-2021).
Cf. aussi :
* Filmographie Anthropocène.
* Bibliographie Anthropocène.

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Mercredi 23 décembre 2020

 

La revue Terrestres, - la revue des livres, des idées et des écologies - vient de mettre en ligne son n°18, "S’organiser" de décembre 2020.

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* On s’inscrit à la newsletter.

* On la soutient.


Avec WWF, on comprend tout du cheminement des épidémies.

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* On soutient WWF.



Lundi 21 décembre 2020

 

Aujourd’hui est un jour particulier : c’est le solstice d’hiver 2020, à 11h02, temps universel, disons à midi en heure locale européenne, le jour le plus court, la nuit la plus longue, le début de l’hiver, que nous nous souhaitons moins chaud que ces dernières années.

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Tout le monde l’annonce ce solstice particulier (y compris Google), parce que c’est aussi le jour d’une grande conjonction entre Saturne et Jupiter, cet soir à 19h22, temps universel (20h22, heure locale), la dernière fois qu’ils ont été aussi proches, c’était en 1623, et la prochaine fois, ce sera en 2080.

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Les astrologues parlent de ces jours-ci, comme de la première étape du véritable passage à l’ère du Verseau, promise depuis des décennies.
Elle ne devrait pas avoir la même forme que celle qu’on imaginait en 2009.


 

La seconde étape aurait lieu, quand Pluton, lui aussi, entrera en Verseau en 2024.

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L’idée, traditionnelle, c’est qu’il s’agit d’une inévitable transition du monde, dont la couche humaine terrestre - qui appartient au cosmos - ne pourra pas s’exonérer, quelles que soient les rodomontades des potentats.
L’autre idée, celle de l’astrologie moderne, c’est que l’humanité, dans son ensemble et dans chacune de ses incarnations individuelles, possède un certain taux de liberté, et qu’il va lui falloir s’adapter, physiquement et mentalement, et innover. Le plus tôt serait le mieux.

Sur National Geographic.


Les écologistes, les collapsologues, ne disent pas autre chose, qui posent des questions (bien classiques pour la forme) : "Dans quel monde veut-on vivre ?" et "Que faire" ?

Frédéric Tadddéï, dans son émission Interdit d’interdire diffusée depuis 2018 sur RT France (chaîne subventionnée par le gouvernement russe, on dit ça, on dit rien), a reçu Pablo Servigne à propos du livre collectif qu’il vient de publier avec Raphaël Stevens : Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? (2020). On pose la question, mais on donne aussi quelques clefs pour déverrouiller les culs-de-sac, les impasses, et autres diverticules.


 

On rappelle une autre de ses publications, porteuse de tous les espoirs (malgré la couverture, quasiment prémonitoire si on la regarde trop vite) :

* Pablo Servigne & Gauthier Chapelle, L’Entraide, l’autre loi de la jungle, Paris, Les Liens qui libèrent, 2017.

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On se souvient de la phrase de Martin Luther-King : "Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots."

Et puis, parce qu’à défaut de magie (plus le mot est répété, plus la chose disparaît), on peut respecter la trêve de Noël, alors on se trouve des excuses.
Certes l’humanité - surtout l’Occidentale, la dominante, qui a bénéficié d’un climat clément - a trop opposé la Nature et la Culture au lieu de les harmoniser.
On s’est fourvoyé, mais la Nature est puissante et dangereuse.
Espérons qu’il est peut-être encore temps de tirer des leçons, et de revoir les visions. Réinventer, disent-ils.
Une "grande leçon d’humilité", comme on commence à dire à propos de la mutation du covid-19 en Grande Bretagne ?

* Jungle de Greg McLean (2017).


 



Vendredi 11 décembre 2020

 

Les cinémas, les théâtres, les musées ne rouvriront pas la semaine prochaine.
Le 20 janvier 2021, ça finit par ressembler aux calendes grecques.
C’est insupportable, sur le moment et sur le principe.
On y reviendra, sans doute longuement, car c’est, à coup sûr, plus qu’un sale temps qui dure, mais à la fois la fin d’une belle époque, et le début d’une autre qui s’esquisse à peine.

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Aujourd’hui, on essaye de penser à autre chose de pas plus joyeux, mais de très essentiel, le dérèglement climatique, cette toile de fond, soigneusement reléguée au fond, comme son nom l’indique, les premiers plans faisant écran.


 

On en profite pour aller revoir les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, cette initiative qu’on avait cru naïve quand Cyril Dion l’évoquait avec Daniel Schneidermann et Hervé Kempf dans Arrêt sur images en septembre 2019, qu’on avait fini par respecter dans ses travaux et ses 149 "recommandations", et qui semble avoir désormais des difficultés d’ajustement avec le capitalisme blessé, donc d’autant plus dangereux.

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À l’heure où le Programme alimentaire mondial (PAM) reçoit le Prix Nobel de la paix, où les inégalités se creusent de jour en jour, où on crève de faim de plus en plus dans un monde richissime, on surveillera avec attention les derniers rebondissements de la petite initiative de bonne volonté, après la 3e rencontre de cette année avec les autorités, ce lundi 14 décembre 2020 au Conseil économique, social et environnemental.

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Les bonnes lectures ne manquent pas.

On choisit :

* François Gemenne, Aleksandar Rankovic, & al., Atlas de l’Anthropocène, préface de Jan Zalasiewicz, postface de Bruno Latour, Paris, Presses de Sciences Po, 2019.

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Samedi 28 novembre 2020

 

Aujourd’hui, partout en France, on est scandalisé comme jamais, depuis longtemps.

Depuis le 17 novembre 2020, on dénonce la proposition de loi Sécurité Globale, sur les outils de surveillance (caméras piétons, drones…) qui protège surtout les forces de l’ordre.

Alors même que le peuple n’a jamais été aussi calme et obéissant - confinement oblige -, ces mêmes "forces de l’ordre", déjà pas mal repérées en actions violentes inappropriées depuis les Gilets jaunes, se déchaînent soudain dans une haine invraisemblable, pathologique. Qui fait honte y compris dans leurs rangs et sidère la presse étrangère.

Lundi 23 novembre 2020, elles évacuent avec une brutalité inouïe un campement de migrants, réfugiés place de la République après avoir été délogés de Saint-Denis, et les bénévoles qui les accompagnent. La misère, ça rend furieux et ça se cogne ?

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Jeudi 26 novembre 2020, elles rouent de coups le passant tranquille d’un beau quartier, sur qui elle s’acharne jusque chez lui en hurlant des insultes racistes. Le frère de George Floyd en France ?

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Pendant ce temps, l’IGPN, c’est des flics qui jugent des flics devant des flics, sans autre regard ni intervention de quiconque, la société civile par exemple.

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Alors on va à la Marche des libertés, manif finalement autorisée, avec une attestation spéciale confinement.

Et on se renseigne sur ses droits, c’est prudent : en manif, en cas de contrôle, en garde à vue.

À Paris, le rendez-vous est à 14 heures, place de la République jusqu’à la place de la Bastille, où devrait se tenir un rassemblement avec discours en défense des libertés.


Aujourd’hui, on retrouve ses librairies et sa bibliothèque, leurs biens essentiels, leurs lieux de paix.

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Ce soir, on voit des films gratuits, en ligne comme toute cette année.
Se déconfiner, c’est comme se désintoxiquer, faut y aller doucement.
Les cinémas ne rouvriront que le 15 décembre 2020.

* Arte.TV, c’est épatant, on peut voir et revoir un nombre impressionnant de fictions, documentaires, ou séries, on ne sait où donner de la tête.

Par exemple :

* Histoire bruyante de la jeunesse (1949-2020) de Aurélien Guégan (2019), en deux parties.


 

Ce n’est pas un documentaire d’auteur, pas de vision cohérente et une pseudo-chronologie. Mais ce travail de documentaliste en archives coupée-collées montre des images inédites et le texte de Marie Andrieu est alerte.

Surtout, bien qu’il ne mentionne pas la pandémie, il rappelle que les événements historiques importants produits par la jeunesse avec leurs ruptures générationnelles, ont toujours été le fait de groupes et de collectifs, puis parfois de foules. Les solitaires crient dans le désert. Si un leader apparait, si un écrit ressemble à une iskra, il ne faut jamais oublier que c’est le soutien social, même souterrain, qui lui donne le rôle principal.

Voir ce film riche mais imparfait, c’est réaliser combien les confinements, malgré le maintien virtuel des contacts, brisent les liens sociaux en profondeur, et, avec eux, toute possibilité de dynamique des sociétés.
Voir ce film joyeux, c’est réaliser, par exemple, que les collapsologues, tous jeunes et innovants mais épars, n’ont pas, pour l’instant, de groupe musical emblématique qui porte leur voix. Successeurs des Provos (premiers écologistes) ou des Punk (No Future), mais sans héritage.

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Et on commence à avoir une frousse sérieuse de ce monde déboussolé, et de celui, sans mémoire et sans projet, qui s’annonce.



Mercredi 25 novembre 2020

 

À Reykjavik, le RIFF 2020, 17e édition, a bien eu lieu, entre deux confinements (24 septembre-4 octobre 2020).

En attendant l’édition 2021, il s’associe à la plateforme Kabinett qui se préoccupe, à travers l’art (arts plastiques, musique, cinéma), de l’avenir de la planète et des défis auxquels l’humanité va se confronter dans les décennies à venir.
Kabinett considère que l’art est souvent devenu trop élitiste. Il veut promouvoir une approche plus démocratique et construire une communauté avec les amateurs d’art-house. Il accueille donc le travail d’artistes confirmés aux côtés des travaux d’artistes émergents.
Il proclame aussi : "Nous sommes les anti-Instagram. Nous sommes l’anti-Snapchat". Dans sa screening room, un grand choix de vidéos.


 

Le RIFF et Kabinett présentent trois joyaux cinématographiques pour nous aider à lutter contre notre crise sociale et climatique actuelle : Kolapse (19 novembre 2020-21 février 2021) :

* Last and First Men de Jóhann Jóhannson (2020).


 

* Earth (Erde) de Nikolaus Geyrhalter (2019).


 

* On Time and Water de Andri Snær Magnason (2020).


 



Mercredi 28 octobre 2020

 

À Paris, à la librairie Quilombo, était prévue une rencontre avec Florent Bussy, ce soir à 19h30, sur l’œuvre visionnaire de Günther Anders (1902-1992), lanceur d’alerte et semeur de panique. On n’en trouve plus trace et le prochain débat du 4 novembre 2020 est reporté.
C’est l’occasion de se remettre à lire et de méditer sur cette idée de Anders que "C’est en tant que morts en sursis que nous existons désormais".

Bonnes lectures :

* Florent Bussy, Günther Anders et nos catastrophes, Paris, Le passager clandestin, 2020.

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* Günther Anders, Die Antiquiertheit des Menschen 1. Über die Seele im Zeitalter der zweiten industriellen Revolution, Munich, C. H. Beck, 1956. L’Obsolescence de l’homme, t. 1 : Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle, traduction de Christophe David, Paris, Éditions Ivrea et Encyclopédie des Nuisances, 2002.

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* Günther Anders, Die Antiquiertheit des Menschen II. Über die Zerstörung des Lebens im Zeitalter der dritten industriellen Revolution, Munich, C.H. Beck, 1984. L’Obsolescence de l’homme, t. 2 : Sur la destruction de la vie à l’époque de la troisième révolution industrielle, traduction de Christophe David, Paris, Éditions Fario, 2011.

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Pour se remonter le moral, - car un autre monde est (encore) possible - on se confirme que les ouvrages de la bande à Pablo Servigne sont toujours accessibles.

Cette semaine, est sorti le Manifeste du CNNR, un petit texte pour commencer à clarifier qui sont les adversaires, pour retrouver la puissance de la base, pour allier rouge, jaune et vert, pour faire renaitre des maquis...

Ne pas confondre le Conseil national de la nouvelle résistance (CNNR), le rejeton, avec son ancêtre, le Conseil national de la Résistance (CNR).

* Ensemble créons de nouveaux jours heureux, Manifeste du Conseil national de la nouvelle résistance, Massot, 2020.

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Librairie Quilombo, 21ter rue Voltaire, 75011 Paris.



Samedi 24 octobre 2020

 

À Paris, à la Fondation Cartier, commencent deux nouvelles expositions.

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* Artavazd Pelechian, La Nature, Les Saisons (24 octobre 2020-7 mars 2021).

Artavazd Pelechian est né en 1938.
Ses derniers films étaient, comme la plupart de ses films, des courts métrages, et ça remonte à 1992 et 1993, son dernier long métrage, Notre siècle (Mer dare) datait de 1983, alors on finissait par l’oublier, lui et sa vision du monde.

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Cette première exposition qui lui est consacrée en France propose un dialogue entre Les Saisons (1975) et La Nature (2019). Avec cette quarantaine d’années qui séparent les deux œuvres, on a le sentiment qu’il semble nous rappeler que l’homme ne sortira pas victorieux du désordre écologique qu’il a créé.

* Les Saisons (Vremena goda) de Artavazd Pelechian (1975).


 

Et l’autre exposition, immersive :

* Sarah Sze, De nuit en jour (24 octobre 2020-7 mars 2021).

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Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261 boulevard Raspail, 75014 Paris.


Ces soirs-ci, il y a couvre-feu, on reste à la maison, on regarde des films, on lit des livres.

Un autre monde est possible. Il ne faut pas flipper, il faut se préparer.
On trouve 25 minutes pour écouter un petit film simple et très utile sur l’élément de survie de base : L’eau potable.


 



Jeudi 22 octobre 2020

 

À Londres, au British Museum, : Arctic Culture and Climate (22 octobre 2020-21 février 2021).


 

British Museum, Great Russell St, Bloomsbury, London WC1B 3DG.



Mercredi 21 octobre 2020

 

À Paris, à la Cité des sciences il y a des expositions permanentes.
Ne jamais se dire : "On a donc le temps".


 

On vient d’en inaugurer, le 18 septembre 2020, une nouvelle : Bio-inspirée. Une autre approche.
Avec la devise de Léonard de Vinci : Va prendre tes leçons dans la nature, c’est là qu’est notre futur.

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Sur France Culture.

Bonnes lectures :

* Gauthier Chapelle & Kalina Raskin, éds., Bio-inspirée. Une autre approche, préfaces de Bruno Maquart, Philippe Mauguin et Antoine Petit, Paris, Cherche-Midi, 2020.

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* Pablo Servigne, Raphaël Stevens & Gauthier Chapelle, Une autre fin du monde est possible, préface de Dominique Bourg, postface de Cyril Dion, Paris, Seuil, 2018.

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* Pablo Servigne & Gauthier Chapelle, L’Entraide, l’autre loi de la jungle, Paris, Les liens qui libèrent, 2017.

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Et, en vis-à-vis, en quasi symétrie du naturel, l’extrême artifice : Robots

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Tout ce qu’on voudrait savoir sur ces machines qui vont, progressivement, remplacer nos chair, nos os, nos esprits et nos inconscients, sans jamais oser le demander, par superstition peut-être. C’est plus confortable de dénier la réalité en reléguant, dans les placards du cinéma, les inévitables intermédiaires, androïdes, cyborgs, et autres réplicants, tous soupçonnés d’être dépourvus de morale. Et quand on voit le niveau moral de l’humanité totalement vivante, en effet, il y a de quoi être effrayé, si ça peut-être pire, Mais ne nous égarons pas.


 

Tant qu’on y est, il faut aussi voir l’exposition temporaire prolongée "jusqu’à l’été 2021".
Les temps sont si incertains qu’aucune date n’est précisée.

* Espions.

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Cité des sciences et de l’industrie, 30 avenue Corentin-Cariou, 75019 Paris.



Jeudi 15 octobre 2020

 

Donc, en France, au programme, un petit couvre-feu, pendant quelques semaines de 21h00 à 6h00 du matin. Les anciens qui s’en jouaient pendant la WWII sont morts. Heureusement qu’on a des machines pour l’apprendre, et il ne sera pas dit qu’on va devenir Amish.

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Qu’à cela ne tienne, après la fête, au lieu de repartir à une heure bourgeoise (et pas vraiment en état de conduire, ce qui est dangereux), on rassemblera tous les matelas de la maison dans le salon et on dormira tous ensemble, planant jusqu’au bout de la playlist.

Attention, c’est pas un conseil, mais une évidence des contournements qui ne manqueront pas de se produire. La gravité des trafics humains, ça ne se règle pas par un gentil couvre-feu, d’ailleurs pas non plus par un gros confinement, mais par une "réinvention", radicale (à la racine), comme on dit aujourd’hui, mot plus soft que "révolution".
Pour les conseils, cf. le Huffingtonpost.

Ça nous rappellera les belles années 60, la ganja du marché, les deux heures et demie de musique sur le magnétophone Uher, de Soft Machine et Pink Floyd à Richie Havens et Dylan, de la Maison bleue de Frisco aux rizières de Vientiane.
En ce temps-là, on était ensemble physiquement et l’avenir était radieux.


 

De nos jours, on est ensemble virtuellement, les machines-écrans abolissent les chairs, Wyatt et Dylan ont beaucoup vieilli, et l’avenir est obscur.

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Le 21e siècle est bien amorcé, la couche terrestre est plus agitée que dans les plus sales moments de la planète, le temps des guerres, même mondiales, c’était encore localisé.

Il y a ceux qui voient au loin, et avaient prévenu que 2020 pouvait être un tournant, les collapsologues tant moqués. Cf. Bibliographie Anthropocène.

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Pendant ce temps, ici et maintenant, partout, on endure les catastrophes qui se multiplient, plus ou moins loin, plus ou moins près.

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On se soulève, aussi, avec des prétextes différents et rationnels, adaptés aux zones géographiques, des prétextes locaux, car en réalité, le feeling aussi est mondialisé : Tous les Terriens savent qu’ils sont en danger, même ceux qui ne comprennent rien, ou se trompent de stratégies.

En France, l’actualité, c’est lutter, toujours lutter, pour tenter d’obtenir qu’on tienne les promesses (des lits et des moyens supplémentaires pour l’hôpital), et une justice minimale (pas des rustines deci-delà, mais une vraie réforme de ce système dont les inégalités sont l’essence et le moteur).

Aujourd’hui, à Paris, on rejoint le Collectif Inter-Hôpitaux au rendez-vous de la place Vauban, à 12h00, vers la place de Fontenoy.

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Lundi 5 octobre 2020

 

À Paris, à la BPI, les rencontres du lundi sont de retour (entrée libre).

Aujourd’hui, dans le cadre du cycle Vie durable qui propose des pistes de réflexion et d’action pour une transition écologique, solidaire et équitable :

* À 19h00 : Des droits pour la nature ?

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Merci à National Geographic, et à ses somptueuses images (© David Doubilet)



Vendredi 2 octobre 2020

 

Et puis, le vendredi, c’est Climat, petites piqûres de rappel, des fois qu’on s’égare en oubliant le principal.

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La revue Terrestres, la revue des livres, des idées et des écologies, vient de mettre en ligneson n°16 avec des articles de Emilie Hache, Jean-Baptiste Vidalou, Isabelle Cambourakis, Sophie Gosselin, David Gé Bartoli, Lilian Ceballos, Thierry Thévenin, Christophe Bonneuil, Atécopol.

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Samedi 26 septembre 2020

 

La Terre, objectivement, n’est pas une sphère si grande que ça (diamètre équatorial : 12 756,28 km). Au long des siècles, les antipodes, au moins dans les esprits, se sont rapprochés, grandeur des explorateurs, cupidité des colonisateurs, progrès des communications.
Mais quelques archipels sont longtemps restés lointains, abandonnés ou protégés selon le point de vue. Les "territoires d’outre-mer", euphémisme de colonie, portaient bien leur nom, ils appartenaient à un au-delà.

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La Nouvelle-Calédonie, récupérée par la France en 1853 pour faire bonne figure face aux Néerlandais et aux Britanniques, fut longtemps tranquille, et l’exploitation de son sous-sol au profit de quelques familles sembla longtemps légitime. Une petite révolte kanake en 1878, une autre en 1917, réprimées comme il convient, et tout rentra dans l’ordre, le pillage du nickel put se déployer. En 1946, les population locales obtinrent leurs droits civiques.

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Après Mai 68, les étudiants revenaient au pays, de nouvelles figures émergeaient au sein de l’Union calédonienne, la conscience des inégalité progressait, de nouvelles organisations des Kanaks apparaissaient. Entre 1984 et 1988, il y eut quelques "événements", qui ressemblaient pas mal à une guerre civile, ça parvint jusqu’à nos terres civilisées, et la prise d’otages d’Ouvéa, en 1988, puis l’assassinat de Jean-Marie Tjibaou (1936-1989) s’invitèrent dans les médias, donc dans la vie politique de la métropole.

Deux films ont raconté la période :

* Les Médiateurs du Pacifique de Charles Belmont (1996).

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* L’Ordre et la Morale de Mathieu Kassovitz (2011).


 

Aujourd’hui, il y a une nouvelle actualité du bout du monde, qui s’insère dans une vision plus générale qui progresse, celle du "monde d’après". Après un premier référendum sur l’indépendance le 13 septembre 1987, boycotté par les Kanaks, et un deuxième le 4 novembre 2018 où la réponse a été non, il est devenu clair qu’une question sur "l’indépendance" est un piège.

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Un nouveau film raconte autre chose.
Tout en se situant au cœur des débats sur la décolonisation et le racisme, avec les indépendantistes "coutumiers" qui demandent l’application de la coutume comme système social à la place de l’appareil colonial, il pose la question désormais cruciale d’une forme de vie contre une autre, avec pour modèle la ZAD de Notre-Dame des Landes. "Le monde est une Zone à Défendre" est un des slogans coutumiers Kanak.
La lutte du peuple kanak est devenue une lutte d’intérêt mondial.

* Nation.s de Florent Tillon & Hélène Magne (2020).

Le trailer :

NATION.S - BANDE ANNONCE from florent tillon on Vimeo.

 

Le film a fait l’objet d’un net refus de la Commission de soutien à la création du CNC, des commissions de la région Nouvelle Aquitaine et d’autocensure de la part des milieux de la production documentaire française. Cf. Médiapart.

Le 4 octobre 2020 va avoir lieu un troisième référendum.
Les réalisateurs ont donc décidé d’accompagner l’événement en diffusant leur film autrement, en tournées pendant les mois de septembre et d’octobre 2020.
Et il est accessible gratuitement sur le Net du 25 septembre au 10 octobre 2020.

Rappel :

* Détroit, ville sauvage de Florent Tillon (2010).


 

* Messa Guerrillera de Florent Tillon & Hélène Magne (2017).

Messa Guerrillera - ZAD [Florent Tillon, 2017] from Mal Ana on Vimeo.

 

Bonnes lectures sur Lundi Matin :

* "Le noir vote blanc. La Kanaky est une Zone À Défendre", in Lundimatin #151, du 25 juin 2018.

* "Sur le Mouvement des groupes révolutionnaires koutumiers kanak (MGRK)", in Lundimatin #163, du 30 octobre 2018.

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Mercredi 23 septembre 2020

 

À Paris, à l’Agora, avec l’association Navajo France, devant l’urgence climatique qui se précise, et dans le cadre d’une prise de conscience qui se généralise, on se tourne vers la sagesse traditionnelle. La table rase est absurde, il ne faut couper aucun pont, il faut en construire d’autres. Ce "progrès" que l’humanité a toujours idolâtré et si souvent maltraité, il ne peut exister ni déraciné et hors-sol, ni sans généalogie

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Ce soir :

* À 19h30 : Le Chant qui Guérit la Terre (Navajo Songline) de Bruno Vienne. (2019).
En présence de Lorenza Garcia.
Projection suivi d’une conférence-débat.


 

L’Agora, 64 rue du Père-Corentin, 75014 Paris.



Samedi 12 septembre 2020

 

Nouvelles du front :

Le photographe Jeff Frost, le bien nommé, fut, pendant des années, un chasseur d’incendies passionné, comme il existe des chasseurs d’orages.

Pendant des années, il avait photographié les habituels incendies de Californie - 70 enfers enragés, des terrifiants carbon fog à travers l’État, et, en 2018, en avait fait un film afin de documenter les effets dévastateurs du changement climatique.
Et puis il avait eu un coup de blues, post-partum, une compassion fatigue, selon son thérapeute. Le film a été sélectionné à Clermont-Ferrand.

* California on Fire de Jeff Frost (2018).

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Cette année, c’est le pire qu’il ait jamais vu.
Il s’est senti bien seul dans la communauté artistique.
Un témoignage sur ce danger mortel local et planétaire, est-ce que ça peut aussi être une œuvre d’art ?

Bonne lecture :

* Catherine & Raphaël Larrère, Le pire n’est pas certain. Essai sur l’aveuglement catastrophiste, Paris, Premier Parallèle, 2020.

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Sur Arrêt sur images, on en débat.

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Jeudi 10 septembre 2020

 

À Paris, à la librairie Quilombo, on examine de plus près la gestion réeelle des déchets et l’économie supposée circulaire du recyclage, le tout jetable se révélant évidemment un facteur de surconsommation.
Et on en débat.

Ce soir, à 19h30 : Rencontre avec Flore Berlingen.

Bonne lecture :

* Flore Berlingen, Recyclage. Le grand enfumage, Paris, Éditions Rue de l’échiquier, 2020.

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Quilombo, CICP, 21ter rue Voltaire, 75011 Paris.



Samedi 22 août 2020

 

Cette année, le Jour du dépassement mondial, calculé par Global Footprint Network c’est aujourd’hui, ce 22 août 2020.
L’humanité a dépensé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an, et jusqu’à la fin de l’année, elle va vivre "à crédit".


 

La pandémie est exemplaire des catastrophes qui peuvent advenir du fait de notre système mondial. Le confinement est une première, qui a privilégié la santé des humains par rapport au lucre devenu valeur dominante. Il nous a fait gagner quelques jours, le Jour du dépassement, qui avançait chaque année, aurait dû arriver 3 semaines plus tôt.
Il y a, dans cet épisode, deux éléments, le mal et son remède éphémère, qui pourraient générer de nouvelles visions, de nouvelles politiques.

Mais, en réalité, les problèmes du présent ont largement occulté les autres dangers, la dramatique question du climat notamment. C’est ainsi qu’on continue à entendre des phrases du genre : "Le trafic aérien ne reviendra pas à la normale avant 2024".
On se demande ce que c’est que "la normale", celle de 2019 en expansion, dans cette impossible croissance infinie ? La course vers l’abîme devrait se poursuivre, as usual.

Elephant in the room aurait dit Ivan Krylov (1769-1844).

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Admirons les incendies 2020 de Californie.


 

Pour la fonte de la calotte glaciaire du Groenland, les alertes datent de 40 ans, les vidéos datent de 2019, mais le constat de 2020, c’est l’irrémédiable
Contemplons-la.


 


Bon anniversaire à Ray Bradbury (1920-2012), cent ans aujourd’hui.

Il était aussi pessimiste que Isaac Asimov (1920-1992) son contemporain, ils eurent tous les deux 10 ans au moment de la Grande Dépression. Il était moins allumé et plus jovial que Philip K. Dick (1928-1982), né avec elle. Mais comme eux, c’était un grand visionnaire.

* Un pitch de 60 secondes.


 

* Sa vie plus sérieusement.

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* Le Fahrenheit 451 de François Truffaut (1966).


 

* Le Fahrenheit 451 de Ramin Bahrani (2018).


 

Sur France Culture.



Lundi 10 août 2020

 

À Paris, Le festival Gare aux Docs, 3e édition, commence à la Recyclerie (10-26 août 2020).

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C’est gratuit (sur inscription évidemment) et c’est une occasion parfaite de découvrir un lieu unique et nécessaire.


 

Ainsi que la plateforme vidéo gratuite de la transition écologique, co-organisatrice Imago. née en décembre 2018.

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Ce soir, deux films, à 21h00 :

* L’Ours, simplement sauvage de Laurent Joffrion & Vincent Munier (2019).


 

* Roi de la jungle de Alexis Font & Thomas Font (2020).


 

Faites votre programme du mois d’août 2020.

La Recyclerie, 83 boulevard Ornano, 75018 Paris.



Samedi 8 août 2020

 

Bernard Stiegler (1952-2020) est mort ce jeudi 6 août 2020.

* Le témoignage de son ami Paul Jorion.

* L’état d’urgence géopolitique, entretien du 17 avril 2019.


 

Sur France culture : À voix nue (février 2020).

* Épisode 1 : Du plomb dans l’âme.

* Épisode 2 : Errer, penser et bifurquer.

* Épisode 3 : Un laboratoire carcéral.

* Épisode 4 : La voie néguentropique.

* Épisode 5 : Prendre soin de nos désirs.

Bonne lecture :

* Bernard Stiegler, Qu’appelle-t-on panser ? Au delà de l’entropocène. Tome1 : L’Immense régression, Paris, Les liens qui libèrent, 2018.

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* Bernard Stiegler, Qu’appelle-t-on panser ? Au delà de l’entropocène. Tome 2 : La leçon de Greta Thunberg, Paris, Les liens qui libèrent, 2020.

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Alors que la canicule actuelle n’est que la partie émergée d’un climat à jamais déréglé, alors que la pandémie, dont on sait qu’il s’agit d’un virus très politique, repart à la hausse, une explosion historique par ci, ou une marée noire par là, ou, tout près, le Mont-Blanc qui s’effondre et les arbres qui s’embrasent, confirment qu’aucune leçon n’a été retenue.

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C’est devenu aveuglant : toutes les révolutions ont été trahies, et les puissances se font d’avidité et d’incurie, d’apostasie et de corruption, comme les reines (du spectacle) se font de distance et de fard (disait Degas, aurait pu rire Debord).

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On revisite le vécu de de cette année 2020, 1er semestre, 1er acte, dont les collapsologues prédisaient qu’elle serait cruciale.

Notre rubrique, Anthropocène, le vécu, a vu le flux des infos s’amplifier, et les auteurs référents et autres lanceurs d’alerte ont dû assister à cette accélération dans la sidération.
À la mi-temps, on peut déjà dire qu’elle l’aura été, au delà de toute crainte et de façon surprenante : on s’attendait à une de ces crises capitalistes classiques, en plus grave, mais pas à sa matrice sanitaire.

Les vieux sont désolés, les jeunes, même pas militants, commencent à être vraiment inquiets.

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Jeudi 6 août 2020

 

À Hiroshima, c’était il y a 75 ans, à 2h45 heure locale.
C’était "la guerre", celle qui prétend avoir des lois, jamais respectées évidemment, et avec une limite relativement symbolique que serait la notion de crime contre l’humanité.

Il faut revoir Pluie noire de Shôhei Imamura (1989).


 

À Beyrouth, c’était le 4 août 2020 peu avant 18h, heure locale.
Une autre sorte de guerre, sans loi.

Comme à Toulouse, le 21 septembre 2001, à 10h17, du nitrate d’ammonium, mal stocké, mal surveillé. À quoi ça sert ? À faire des engrais (interdits en Suisse).


 

Les nuages, les merveilleux nuages de l’Anthropocène.

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Samedi 18 juillet 2020

 

Les collapsologues prévoyaient que l’année 2020 serait une étape importante dans un effondrement du système qu’ils pensent inéluctable et proche, si celui-ci persiste en son état de fonctionnement.
La pandémie, et son corollaire le confinement, les ont surpris pourtant, et leur a donné raison au delà de leurs pronostics les plus sombres, avec ses premiers ravages, sanitaires directs et économiques indirects, cet "arrêt cardiaque mondial" constituant un expérimentation grandeur nature, une leçon de choses qui pourrait être salutaire, pensent (pensaient ?) les plus optimistes. Pour la première fois, le Jour du dépassement ( de notre crédit) pourrait reculer, du 19 juillet en 2019, au 22 août 2020.

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Alors que la très ancienne nébuleuse écologiste - cf. notre bibliographie - s’épanouit et n’en finit plus de se redistribuer, de la plus molle à la plus radicale (cf. les résultats des élections municipales en France), on a eu tendance à oublier la toile de fond planétaire (le changement climatique) au profit des préoccupations plus immédiates. L’imaginaire humain prend rarement de la hauteur et l’antienne brechtienne est toujours d’actualité : la bouffe d’abord, la morale ensuite.

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Il semble bien que ce soit reparti - "En avant comme avant !" disait-on du temps de la Figuration libre -, la sacro-sainte "croissance", idole du système, étant censée apporter avec elle, mécaniquement, tous les bienfaits que les humains désirent vraiment, loin des besoins artificiels, la santé, le bien-être, la paix, le bonheur pourquoi pas. Et cela malgré toutes les preuves du contraire, l’état des hôpitaux du monde, en état d’urgence, en sont le témoignage éclatant ainsi que l’appropriation privée des communs qui se profile déjà.

La Convention citoyenne pour le climat, constituée en octobre 2019, c’était un exercice de démocratie inédit, et une belle idée, même si elle semblait naïve aux misanthropes. La "réception" de ses travaux s’est faite le 29 juin 2020.

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Dans Arrêt sur images, l’émission de Daniel Schneidermann, on a examiné le projet, avec Cyril Dion et Hervé Kempf (20 septembre 2019).
Et, hier, on a fait un premier bilan, désabusé devant les violentes déformations médiatiques du travail accompli, avec Cyril Dion, Hugues Olivier Brillouin et Marine Rogovitz (17 juillet 2020).

Quels que soient les résultats effectifs de ce travail considérable, cela demeurera un précédent. Les citoyens de la Convention, tirés au sort, ne se sont pas dispersés mais se sont constitués en association, et comptent donner de la voix : Les 150.

Quant à Pablo Servigne, il déclarait en avril 2020 vouloir désormais "choisir des stratégies et des alliés, et, en faisant de la politique, sortir du champ de la collapsologie stricto sensu."

La société civile est peut-être en train de prendre la parole, et pas seulement en manifs.
Les temps sont peut-être venus où elle va être audible.

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Jeudi 18 juin 2020

 

Vera Lynn (1917-2020) est morte aujourd’hui, jeudi 18 juin 2020.

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We’ll meet again, chantait-elle, juste après l’explosion.
De son temps, elle pouvait y croire.


 



Samedi 13 juin 2020

 

Nouvelles du front :

On aime bien la remarque de Gérard Miller, le psychanalyste insoumis, sur la cohérence de l’inconscient collectif : I can’t breathe.
En substance : l’espèce humaine asphyxie la planète qui somatise.
Les pathologies et la mortalité de la pollution sont effrayantes mais insidieuses, les protestations humaines inaudibles.

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Alors les dieux, dans leur infinie sagesse, s’en mêlent, avec un avertissement plus spectaculaire, les malades du covid-19 meurent, sur le ventre (siège de l’âme), étouffés.
Le présage est mal compris et mal traité, alors arrive un symptôme majeur : le martyre de George Floyd, porte-voix de l’alarme. L’apparente magie de l’inconscient planétaire a fait son travail.
Et là, tout se déclenche, le "fait social total" s’épanouit sur la planète bleue, sous nos yeux, et nous parle. Si on veut bien l’écouter, ce fait social total : il s’agit du souffle, il s’agit du vivant, qu’il faut manipuler avec encore plus d’humilité que le feu.
En d’autres termes que ceux de Marcel Mauss : Et à cause des pensées stupides inspirées par leur injustice, tu leur envoyas un châtiment pour qu’ils sachent qu’on est puni par où l’on a péché. La Bible, Livre de la Sagesse, XI, 16.

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Justice immanente, sagesse, bon sens, inconscient, l’intuition de ce qui ressemble à une loi "divine" traverse les époques et les philosophies. Les sociétés comme les individus tricotent eux-mêmes leur histoire, comme le célibataire broie lui-même son chocolat, faut s’y faire.

C’est aujourd’hui qu’en France, on va pouvoir entendre et accompagner la forte respiration de Adama Traoré (1992-2016) qui nous revient, quatre ans plus tard, pour demander justice après une enquête bâclée et incohérente.

À Paris, rendez-vous place de la République à 14h30, vers l’Opéra.

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Vendredi 12 juin 2020

 

Nouvelles du front :

Le Brésil dépasse le seuil des 40 000 morts dus à la pandémie du covid-19.
Le gouvernement (vu par le street artist Aira Ocrespo) préconise "une journée de jeûne religieux pour délivrer le Brésil du mal".

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* Une manif de l’ONG Rio de Paz avec des tombes symboliques sur la plage de Copacabana à Rio. La vidéo.

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* La réalité des enterrements à Manaus. La vidéo.

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Sur France Culture : "Le Brésil sombre dans la peur et la mort"]

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Jeudi 11 juin 2020

 

Pendant ce temps, la catastrophe écologique reprend son cours de plus belle, après une courte pause. Produire moins, transporter moins, partager plus, ce ne sont pourtant pas les idées qui manquent.

Bonne lecture :

* Daniel Tanuro, Trop tard pour être pessimistes ! Écosocialisme ou effondrement, préface de Michael Lowy, Paris, Textuel, 2020.

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Lundi 8 juin 2020

 

Les économistes, même les atterrés, s’attendaient à la prochaine crise du capitalisme, suivant, normalement et régulièrement, celle de 2008, les climatologues alertaient de plus en plus bruyamment sur les changements et les dégâts inévitables, les collapsologues prédisaient des signes dès 2020, suivis de dégradations et de chocs. Les gouvernants et les banquiers faisaient semblant de rien, business et croissance as usual.
Tout le monde a été surpris par un petit virus qu’on croyait chinois et qui s’est révélé intensément internationaliste (i.e. dangereux et archaïque, après tout "mondialisé", on aurait peut-être pu contrôler).

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Le traumatisme s’avère plus grave qu’on ne pouvait l’imaginer. Les sociétés vont entrer dans des crises économiques inconnues parce que sans précédent. Et les individus - ceux qui ont survécu dans les zones libérées - commencent à entrevoir, en eux, une sorte de destruction inconsciente, l’ombre d’un stress post-traumatique. C’est que le pilonnage télévisuel versus propagande, lui, a contaminé 100% de la population.

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"Les jours d’après", ce n’est pas seulement une trouvaille médiatique et politique. La fameuse "résilience", les reconstructions, les réinventions (et les discours poudre aux yeux) sont au programme des citoyens et des "territoires".

L’impressionnante épidémie virale (qui n’est pas terminée et s’épanouit en Amérique du Sud et tout particulièrement au Brésil) était un séisme non-prévu. Il connaît une réplique d’une ampleur inédite : un choc de conscience d’une pourtant très ancienne injustice, à partir de 8 minutes de vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, et les hommages à George Floyd n’en finissent plus d’essaimer, de ville en ville.

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Même dans les ruines syriennes, on a trouvé des fresques.


 

Épidémie du mal puis et contagion du bien, une dialectique inattendue, tout n’est donc pas perdu, on a envie de renouveler le vocabulaire et le point de vue.
À la place de la récession : la décroissance.
À la place de la résilience molle et longue : l’iskra, l’étincelle, rapide et joyeuse, comme la rêvait Maïakovski.

Pas (encore) de journal, mais un vent nouveau, et la jeunesse qui se lève.

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Les librairies rouvrent peu à peu. Les livres ont été considérés comme des biens non-essentiels pendant le confinement, ce qui en dit long sur les consignes souterraines des dirigeants. En réalité, plus que jamais, on a besoin de se nourrir et de se "ressourcer", pour tenir debout, pour résister, pour muter. Au programme de ces jours-ci, un film et des livres.

Un film :

* L’urgence de ralentir de Philippe Borrel (2014).


 

De bonnes lectures :

* Razmig Keucheyan, Les Besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme, Paris, La Découverte, 2019.

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* Ágnes Heller, A Theory of Need in Marx, Londres, Allison & Busby, 1976. La Théorie des besoins chez Marx, traduction de Martine Morales, Paris, UGE, 1978.

Avec des commentaires en ligne :

* Theodor W Adorno, Agnès Heller, "Par-delà le vrai et le faux. Deux textes sur la théorie des besoins", Mouvements, 2008/2 (n° 54), p. 13-33.

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* André Gorz, Éloge du suffisant, édité et commenté par Christophe Gilliand, Paris, Presses universitaires de France, 2019.

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Et un livre gratuit en ligne :

* Collectif, Résistons ensemble, pour que renaissent des jours heureux, préface de Denis Robert, Paris, Massot éditions, 2020.

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Les bonnes lectures, d’ailleurs, ne manquent pas : cf. notre Bibliographie Anthropocène. Les librairies rouvrent progressivement, les bibliothèques vont suivre.



Samedi 6 juin 2020

 

Nouvelles du front :

Le Jour du dépassement de la Terre va reculer de trois semaines sous l’effet du Covid-19. La date qui marque le jour où l’humanité a consommé toutes les ressources que les écosystèmes peuvent produire en une année, c’était le 29 juillet 2019, et cette année, àa devrait tomber le 22 août 2020.

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C’est une bonne nouvelle, qui montre que des changements importants et rapides sont encore possibles.
Mais, bien sûr, ce n’aura été qu’une minuscule embellie passagère, s’il n’y a pas de changement systémique dans nos modes de production et de consommation.
Et ça, pour l’instant, on n’en voit pas l’ombre d’un début de commencement de l’idée d’un projet.



Jeudi 4 juin 2020

 

C’est aujourd’hui que paraît :

* Groupe Cynorhodon, Dictionnaire critique de l’Anthropocène, Paris, CNRS Éds, 2020.

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Le Groupe Cynorhodon compte 16 géographes : Frédéric Alexandre, Fabrice Argounès, Rémi Bénos, David Blanchon, Frédérique Blot, Laine Chanteloup, Émilie Chevalier, Sylvain Guyot, Francis Huguet, Boris Lebeau, Géraud Magrin, Philippe Pelletier, Marie Redon, Fabien Roussel, Alexis Sierra, Didier Soto.



Lundi 25 mai 2020

 

Nouvelles du front :

Alors que le spectacle vivant est en panne et que les théâtres sont encore plus fermés que les salles de cinéma (qui trouvent des subterfuges virtuels), des idées refont surface.

À Göttingen, le Deutsches Theater continue son activité, autrement.
Il joue une pièce dans son parking souterrain, un drive spectacle, une jauge de 12 voitures.

* Corpus Delicti. Ein Prozess, d’après le roman de July Zeh.

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Le théâtre affiche complet tous les soirs. C’est que le spectacle est bon, inspiré d’un roman de SF parfaitement pertinent, et que le dispositif préserve les multiples émotions du théâtre, celles d’une intimité collective spéciale, rien à voir avec la communion des églises, tout à voir avec la communauté des manifs, avec distanciation sous-entendue.

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Il faut dire surtout que le théâtre "hors les murs" en a connu d’autres et que le détournement de la classique relation scène-salle n’est pas nouvelle.
Les amateurs de théâtre avertis se souviennent encore avec émerveillement des séductions - au sens étymologique - des créations du contrebandier André Engel.

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D’abord, assistant de Klaus Michael Grüber (1941-2008) pour son légendaire Faust Salpêtrière, d’après Goethe à la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière (Festival d’automne 1975), André Engel se mit à déconfiner activement ses cérémonies théâtrales, pour toucher aussi les corps, capables d’émotions, et plus seulement les esprits, tentés par les raisons : Baal de Bertolt Brecht dans les haras de Strasbourg, en 1976 ; au TNS, la ville soviétique de Week-end à Yaik d’après Serge Essénine, en 1977 ; Prométhée-Porte-feu d’après Eschyle, sur les hauteurs du Val de Fer, au Festival de Nancy en 1980 ; Dell’inferno sur des textes de Dante, Virgile, Ovide, Rilke, dans une usine désaffectée de La Plaine Saint-Denis (1982), et quelques autres.

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Au passage, on peut saluer le grand scénographe Nicky Riéti, son compagnon de route, et ses dioramas.

Bonne lecture d’aujourd’hui :

* July Zeh, Corpus Delicti. Ein Prozess, Frankfurt am Main, Schöffling & Co, 2009. Corpus delicti. Un procès, traduction de Brigitte Hébert & Jean-Claude Colbus, Arles, Actes Sud, 2010.

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Jeudi 21 mai 2020

 

Nouvelles du front : à Times Square, les Messages for the City.

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Mardi 12 mai 2020

 

Si le système mondial n’avait pas disjoncté, c’est ce soir que se serait ouvert le Festival de Cannes 2020, 73e édition (12 au 23 mai 2020) avec une cérémonie d’ouverture retransmise sur toutes les télévisions du monde, et Spike Lee, président du jury, serait déjà présent.

Mais "quelque chose" est arrivé, plus tôt que prévu, et la machine s’est arrêtée.
C’était donc encore possible de freiner l’emballement ?

À Cannes, redevenue une petite ville de province tranquille, une balade avec le drone de Sébastien Botella.


 


Ce soir, à la télévision, on recommande fortement de ne pas rater sur France 5 , l’émission Le Monde en face :

* À 21h00 : Effondrement ? Sauve qui peut le monde de Alfred de Montesquiou & Julien Blanc-Gras (2020).

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Et surtout, il faut écouter le débat qui suit, animé par Marina Carrère d’Encausse, qui suit le documentaire, avec notamment Jean-Baptiste Fressoz, Thomas Coutrot, Pablo Servigne, qui rectifient les disproportions et les orientations du documentaire.

La pandémie ne doit pas distraire l’humanité de la montée des autres périls.
Elle doit, au contraire, être un enseignement.
Prévoir - après examen des signes et des preuves qui se multiplient, - n’est pas un signe de pessimisme ou de défaitisme, c’est un devoir.

En replay jusqu’au 11 juin 2020.


Les Éditions Syllepse continuent fidèlement le feuilleton en accès libre : Covid-19. Un virus très politique #7 édition du 11 mai 2020.

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Si on a raté les 6 premiers épisodes, c’est facile d’y retourner.

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Journal de Abla 2020  :
* 1er-15 janvier 2020 (2, 3, 4, 7, 9, 13 janvier 2020) ; * 16-31 janvier 2020 (16, 17, 23, 27 janvier 2020) ; * 1er-15 février 2020 (7, 14, 21, 22 février 2020) ; * 2-13 mars 2020 (4, 5 mars 2020) ; * 14-31 mars 2020 (confinement 1) (14-31 mars 2020) ; * 1er-15 avril 2020 (confinement 2) (1er, 2, 3, 6, 7, 8, 9, 10, 14, 15 avril 2020) ; * 16-30 avril 2020 (confinement 3) (16, 17, 18, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 27, 28, 29 avril 2020) ; 1er-15 mai 2020 (confinement 4) (1, 2, 6, 7, 8, 9, 12, 21, 25 mai 2020) ; 2-15 juin 2020 (4, 6, 8, 11, 12, 13, 18 juin 2020) ; 15-31 juillet 2020 (18 juillet 2020) ; 1er-15 août 2020 (6, 8, 10, 22 août 2020) ; 1er-15 septembre 2020 (10, 12, 23, 26 septembre 2020) ; 1er-15 octobre 2020 (2, 5, 15 octobre 2020) ; 16-31 octobre 2020 (21, 22, 24, 28 octobre 2020) ; 17-30 novembre 2020 (25, 28 novembre 2020) ; 1er-13 décembre 2020 (11 décembre 2020) ; 16-31 décembre 2020 (21, 23 décembre 2020)
 

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