Chronique 2016
Anthropocène, le vécu
publié le dimanche 25 décembre 2016

Journal de Hushpuppy 2016  : Juillet 2016 (4, 15, 18 & 25 juillet 2016) ; Août 2016 (8, 9, 12, 20 & 30 août 2016) ; Septembre 2016 (21 & 24 septembre 2016) ; Octobre 2016 (29 octobre 2016) ; Novembre 2016 (1er novembre 2016) ; Décembre 2016 (2 & 25 décembre 2016).

 

Les autres années : * L’année 2014 ; * L’année 2015 ; * L’année 2016 ; * L’année 2017 ; * L’année 2018 ; * L’année 2019

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Lundi 4 juillet 2016

 

Accablés, consternés.
À chaque nouvelle information, économique, politique, sociale, nous voyons notre civilisation techno-industrielle hyper connectée vaciller.

Le Grand Soir, finalement, ce sera sans doute, pour nous les vivants, son collapse.

Lecteurs des anthropocénistes, ces lanceurs d’alertes réalistes éloignés de toute vision apocalyptique, nous ne faisons que suivre Paul Valéry. Les civilisations sont mortelles, c’est pas nouveau.
Ils nous consolent en nous enjoignant de regarder la réalité en face au lieu de la dénier. Et nous sommes heureux d’apprendre que le capital le plus précieux sera le capital social : nos amis.

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Où se réfugier ? Dans les communautés de nos amis ?
Comment se préparer ? Sûrement pas en remplissant les baignoires d’essence.

Nos grands-parents étaient économes et gardaient tout, "pour si y avait la guerre".

Les jeunes d’aujourd’hui seraient étonnés de savoir quelques uns de leurs secrets, nés de leur expérience du siècle dernier (14-18 ou 39-45), et qu’on n’a pas forcément voulu écouter.
Par exemple ce qui manque le plus en temps de guerre et de restrictions : ça peut être juste des récipients pour récupérer l’huile à laquelle on a droit (inutile de la stocker, elle rancit vite).
Autre exemple : stocker des pâtes ou du riz semble raisonnable, mais c’est qu’on ne pense pas aux charançons.

Nos grand-parents avaient acquis une certaine pensée du troc, et elle sera bien utile quand ils vont fermer les distributeurs de monnaie et qu’on n’aura plus accès à nos économies. Personne n’a de raison d’en rire : ça arrive tout le temps, souvenez-vous de la Grèce ou de l’Argentine. Et les survivants de Detroit le disent très bien à Florent Tillon : "Ils ont fabriqué des voitures. Mais les voitures, ça ne se mange pas".

Anyday Now, anyway.


 

Ah que la vie a été belle quand on accélérait, quand l’horizon était progrès, quand on dépensait sans compter ou qu’on revendiquait de le faire, et qu’on ne savait pas (ou pas vraiment) ce qu’on faisait, en consommant selon les tentations qu’on ignorait être des injonctions.

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Ici et maintenant, pour se distraire et commencer le mieux possible cet été 2016, temps de déclin, on peut choisir l’art et le rire, qui nous seront d’un grand secours.

Par exemple avec les Monty Python de cette belle époque-là.


 


Vendredi 15 juillet 2016

 

"À trois heures de l’après-midi, tout le monde élégant se retrouve sur la Promenade des Anglais, une charmante avenue fort large, bordée de palmiers, de fleurs et d’arbustes tropicaux, limitée d’un côté par la mer, de l’autre par des hôtels et des villas derrière lesquels s’étendent les vergers d’oranges et les collines. Beaucoup de nations sont représentées, on y parle de nombreuses langues, on y porte des costumes très divers et par une journée ensoleillée, le spectacle est aussi gai et coloré qu’un carnaval. Des Anglais hautains, des Français animés, des Allemands massifs, de beaux Espagnols, de vilains Russes, des Juifs humbles, des Américains insouciants, tous roulent carrosse, se promènent ou occupent les bancs en échangeant les nouvelles, en critiquant la dernière personnalité arrivée, Ristori ou Dickens, Victor-Emmanuel ou la reine des Îles Sandwich."

Louisa May Alcott, Les Quatre Filles du Docteur March (Little Women) (1868), in Christian Artaud & Éric L. Paul, La Côte d’azur des écrivains, Édisud, 1999.

C’était au temps où l’on s’avisa de construire le malchanceux Palais de la Jetée (1889-1944), imité de celui de Brighton, avec sa vocation aux plaisirs, avec son faux départ en 1883 et finalement avec son destin agité, détourné, réquisitionné, fermé, détruit.

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À Nice, les feux d’artifice de la fête nationale sur la Baie des Anges sont splendides. La Promenade des Anglais, bordée d’hôtels de grand luxe, ce soir-là spécialement, appartient à tout le monde. Et pas seulement à Jean Lorrain ou Marie Bashkirtseff et leurs amis choisis, cette haute société parisienne des villas, qui autrefois y passait l’hiver et fuyait dès les premières chaleurs.

Le 14 juillet, c’est le "Bastille Day" pour le monde entier.

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Dix heures et demie du soir en été, l’heure où tout devient possible.

Ce 14 juillet 2016, à cette heure-là, à la fin du feu d’artifice, un camion 19 tonnes, conduit par un humain, a foncé dans la foule joyeuse. Carnage pendant 2 km.

La vision politicienne des guerres et des attentats, elle est relativement facile, confortable même intellectuellement, quel que soit le point de vue. C’est facile de désigner les responsabilités de ceux qui essayent et/ou feignent de contrôler la situation. On a les outils historiques nécessaires pour un encadrement rationnel, des explications, des débats, des supposés remèdes. Et même - c’est terrible - on peut finir par s’habituer et vivre avec.

Mais, hélas, vu en surplomb, ce chaos ressemble bigrement et de plus en plus à une fin de civilisation, avec ses inévitables mouvements sociaux erratiques, et, nichée en son cœur, comme un cancer métastasé, une puissante pulsion de mort qui s’épanouit, désormais absurde, "in-signifiante".

Nous pensons à Sigmund Freud et son intuition de 1920 (Au delà du principe de plaisir) qu’il peaufine (Malaise dans la culture), juste avant le Mardi noir du krach, le 29 octobre 1929.

Nous pensons à Bernard Maris, alias Oncle Bernard, qui, avec Gilles Dostaler, rassemblait Keynes et Freud dans un fécond dialogue, avant d’y passer le 7 janvier 2015.

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Lundi 18 juillet 2016

 

Il y a 80 ans, commençait la guerre d’Espagne (18 juillet 1936-1er avril 1939).

C’est le moment de revoir les films de Henri Cartier-Bresson.

L’Espagne vivra (1938), par exemple.

On pleure encore sur les horreurs du 20e siècle.


 

Préparons-nous à celles du 21e siècle.

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Aux infos quotidiennes : Business as usual.

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Mais, en 2016, plus personne ne tente de ridiculiser les craintes écologistes.
Coup d’œil sur la Mer d’Aral en 1989 et en 2013.

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Les changements climatiques, puis sociaux et humains sont inéluctables, et irréversibles. Ils ont déjà commencé.

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Longtemps, il s’est agi de "maîtriser" la Nature.
Aujourd’hui, il serait prudent de (re)penser, un peu plus avant, la dialectique maître-esclave.

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Le concept de cet Anthropocène, qui succéderait, dans l’échelle des Temps, à l’Holocène du Quaternaire où vit actuellement l’espèce humaine, n’est pas (encore) validé scientifiquement dans le monde de la géologie et de ses diverses spécialités. (1)
Il a été examiné au cours du 34e Congrès international de géologie de Brisbane (5-10 août 2012) sans qu’une décision soit prise.
Le 35e Congrès se tiendra au Cap, du 27 août au 4 septembre 2016.

Le mot et la notion "Anthropocène" existent depuis longtemps, popularisés à partir de 2000 par le Prix Nobel de chimie 1995, Paul Josef Crutzen (né en 1933). Ils sont de plus en plus utilisés et discutés sur les terrains des écologies politiques et sociales ainsi que de l’anthropologie traditionnelle (où on trouve les vieilles recettes sages de la survie).
Ce qui autorise ceux qui refusent de céder au catastrophisme à élargir le champ de la réflexion avec la relecture de certains utopistes, comme Murray Bookchin (1921-2006).

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La datation du début de "l’Anthropocène" est variable selon ses penseurs.

Mais son accélération (exponentielle) fait consensus : elle date du milieu du 20e siècle.

La prévision du moment de l’effondrement à venir est (encore) impossible, même si les signes avant-coureurs se précipitent.

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Pour éviter la panique et la mélancolie inhérentes à toute "révolution" (le terme ayant changé de connotation historique et rejoignant celle du vocabulaire képlérien), les béotiens que nous sommes peuvent se réfugier dans l’abstraction linguistique.

L’Anthopocène, ce serait un nouveau temps géologique.
Il s’agit donc, si on veut comprendre ce qui nous arrive, déjà, par exemple, de bien faire la différence entre les ères, les périodes, les époques, les étage, etc.

Bonnes lectures :

Voici, pour les vacances, une première esquisse de bibliographie.

1. L’Union internationale des sciences géologiques (UISG) a mis en place une commission : la Commission stratigraphique internationale (ICS) qui s’occupe de cette question.

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Lundi 25 juillet 2016

 

Ça saute partout, chaque jour, une boucherie quelque part, quel que soit le mode opératoire.

Aujourd’hui, c’est Fort Myers en Floride, une boîte de nuit.
Hier soir, vers 22h00, c’était à Ansbach, Bavière, à proximité d’un festival de musique.
Avant-hier, c’était à Kaboul.
Avant-avant-hier, c’était à Nice, le jour de la fête nationale.
Avant, c’était Orlando, Médine, Istanbul, Oslo et Utoya, mais même Ferguson (les tueurs sont parfois protégés).
Colombine, peut-être, à la fin du siècle dernier, le 20 avril 1999, aurait été un des premiers signes.

Ça a toujours existé la folie meurtrière ?
Certes, mais pas comme phénomène de masse quotidien.
Et, les individus, Pierre Rivière ou Roberto Zucco, on les a étudiés de près.
On est mieux informé ? Oui. Les tueurs aussi.
Les armes partout ? Tout peut devenir arme.

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Aujourd’hui, qu’elle soit revendiquée ou pas, la boucherie, cela devient presque anecdotique, tellement cela semble absurde.
Les années de plomb, les Twins Towers, la Palestine, l’IRA, au moins on savait pourquoi : des Blitzkrieg rationnelles.
Peut-être qu’on "croyait" seulement savoir pourquoi ?

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Le revêtement humain de la planète devient géologique : ces mouvements désordonnés ressemblent à des séismes, des tsunamis, des volcans énervés.
Dans ces catégories catastrophes, la "folie" des éléments (individus) de l’espèce humaine s’intègre aisément.

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Résumé des chapitres précédents.

Avant on appelait ça des crises économiques. On les enseignait en cours d’Éco Po.
Elles étaient régulières et inhérentes au capitalisme. Il tombait malade de temps en temps, ça coûtait en vies humaines, mais c’était un mal pour un bien. Tout compte fait, il était le meilleur système, celui de la liberté, et la jungle était préférable au zoo.
Il se relevait toujours, le système, et c’était reparti de plus belle en magnifique "croissance", mondiale à défaut d’être internationale, exponentielle.

Avec la crise de 2008, le système, de plus en plus complexe et "enrichi" par Internet, a vacillé si méchamment qu’on a commencé à s’inquiéter.

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Qui ça, "on" ?
C’est sans doute la vraie question.
Un "lanceur d’alerte" (quelle que soit l’alerte), et même plusieurs, ce n’est pas un "décideur".
Et d’ailleurs que peut faire désormais un "décideur" (et même plusieurs) ?

Toujours est-il que, parmi les désordres prévisibles, figurent les nouveaux mouvements sociaux (et individuels) de toutes sortes, bien différents de nos anciens répertoriés et argumentés (les guerres, les mouvements ouvriers, les révolutions).

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Ils ont déjà commencé : les migrations, par exemple, parfois nécessaires, parfois déraisonnables et épidémiques.

Parmi eux, on peut placer ces agitations mimétiques, amplifiées par Internet, que sont les surgissements des fous suicidaires sans cause apparente.

C’est peut-être l’occasion de repenser aux questionnements des années 60 et 70 sur la folie comme mise en cause objective de la société.
Que pouvons-nous faire de plus, pour l’instant, que réfléchir au nouveau, avec les outils anciens dont nous disposons, par exemple avec nos vieux penseurs prémonitoires de l’antipsychiatrie ? La folie est aussi une maladie sociale.

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Lundi 8 août 2016

 

Avez-vous une idée de ce qu’est l’empreinte écologique, un concept apparu en 1992 lors du Sommet de la Terre à Rio ?

Connaissez-vous le Earth Overshoot Day (Jour du dépassement) ?

Les ressources naturelles de la planète Terre ne sont pas illimitées, et, celles qui se renouvellent, de toute façon, il leur faut un temps. Pour parler comme le "bon père de famille" (celui qui gère raisonnablement et sans excentricité son patrimoine) le Earth Overshoot Day, c’est le jour de l’année où l’humanité a consommé son revenu et où elle pioche dans son capital.

Eh bien, en 2016, c’est aujourd’hui, lundi 8 août 2016.
En 2000, ça tombait le 1er octobre ; en 2008, le 23 septembre ; en 2015, le 13 août ; et cette année le 8 août. Ça avance chaque année.

En 2015, le Huffington Post l’illustrait très clairement.

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Si vous achetez un t.shirt de moins, ça ne changera rien : il est déjà fabriqué.
Et si vous ne mangez plus de steak, d’autre le mangeront à votre place.
C’est une société non durable qui a été choisie. Individuellement, personne n’y peut plus rien. Et collectivement, il faudrait un effort unanime, ce qui semble improbable ces jours-ci.

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Dans les années 1970, l’économiste Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994) écrivait : "Tout se passe comme si l’espèce humaine avait choisi de mener une vie brève mais excitante, laissant aux espèces mons ambitieuses une existence longue mais monotones".
Il avait raison : quand on jette un coup d’œil en arrière, l’espèce humaine s’est quand même bien éclatée au long des siècles.
Ils sont devenus si courts, les siècles.
Désormais, un siècle, c’est le temps de la vie d’un humain chanceux.

Quelques liens :

* Chronique de l’Anthropocène.

* Bibliographie de l’Anthropocène.

* Site de la collapsologie.

Par ailleurs, on peut vous confirmer que le réchauffement climatique n’est pas du tout bon pour le marché de l’art.

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Avec la chute des cours, on peut même se payer un petit Dali.

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Mardi 9 août 2016

 

C’est le 9 août 1516, il y a 500 ans, que Jheronimus van Aken, dit Jérôme Bosch ou Jheronimus Bosch (circa 1450-1516) est mort.

On ne sait pas précisément sa date de naissance, mais on sait sa date de mort.
Jeune Cinéma ne fête pas les dates de morts, la mort n’étant qu’un incident de parcours, et ne fête que les naissances : Bosch a donc, en 2016, environ 550 ans.

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Il est éparpillé à Madrid, à Paris, à Venise, à Gand, à Berlin, à Lisbonne, à Rotterdam, à Francfort, à Bruxelles, à Vienne, à Bruges, à Philadelphie, à New Haven, à Washington, à Indianapolis, des villes qui pourraient être les étapes - les stations ? - d’un véritable voyage initiatique.

Les quatre dernières années, une équipe d’experts a parcouru le monde pour examiner toutes ses peintures connues, avec un outillage ultra perfectionné, pour, derrière le vernis et les surfaces, percer à jour les secrets de ses techniques et tenter ainsi de, peut-être, parvenir à l’origine de son inspiration.

Jeronimus Bosch, touched by the Devil de Pieter van Huijstee (2015).

Cette année, évidemment, des expositions un peu partout.

À Venise.

À s-Hertogenbosch (ou Den Bosch, ou Bois-le-Duc), sa ville de naissance, au Musée Noordbrabants.

et au Centre d’art Jérome Bosch.


 

Au Prado, à Madrid, et là, on a encore jusqu’au 11septembre 2016.


 

Les œuvres de Jérôme Bosch.

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Dans l’atelier de Jérôme Bosch (France Culture, en 5 parties).

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Vendredi 12 août 2016

 

Il y a 200 ans, l’année 1816 est réputée pour avoir été une année sans été : temps pourri sur toute l’Europe. En témoignent les tableaux météorologiques de l’Observatoire de Paris.

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En France, le prix du blé explose pour atteindre 36,17 francs l’hectolitre en 1817 contre 19,53 en 1815. En Bourgogne, les vendanges démarrent le 26 octobre 1816, la date la plus tardive constatée sur la période 1437-2003.

En Asie, la récolte de riz est quasi inexistante, ce qui entraîne la mort de milliers de personnes, notamment dans la province chinoise du Yunnan.
En Amérique du Nord, les conséquences sur les récoltes sont désastreuses. Les prix du blé et du maïs sont presque multipliés par deux.
À Boston, il neige en juin.

Merci Météo France.

La raison de ce déréglement climatique ?
L’éruption, à partir du 5 avril 1815, du volcan indonésien, le Tambora, une des plus violentes du millénaire, et ses projections de cendres sulfatées dans la stratosphère. À titre de comparaison, l’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull, en 2010, en a émis 400 fois moins. Mais on ne le comprendra que plus tard (le météorologue américain William Jackson Humphreys (1862-1949) en 1913).

En Angleterre, les couchers de soleil de William Turner deviennent rouges vers 1815, il devient le "peintre des incendies".

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C’est dans le mauvais temps du lac Léman, villa Diodati à Cologny, que Mary Shelley, la nuit du 16 juin 1816, invente Frankenstein pour ses amis (comme Hushpuppy vous le racontait, pour fêter son anniversaire, le 16 juin. (*)

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Les artistes sont les témoins et les sentinelles des temps. Ils ne sont que cela, et c’est ce qui nous sera le plus indispensable, quand "les temps viendront".

200 ans plus tard, l’été 2016 a déjà commencé à vieillir doucement. Les incendies partout dans le monde, plus personne ne doute qu’ils sont plus violents et répandus que jamais, et que c’est dû au réchauffement climatique, pas aux volcans cette année. Certains pensent même que les incendiaires eux-mêmes en sont aussi issus, dans ce grand ensemble terrestre où tout se tient.

200 ans plus tard, on a moins peur qu’en 1816, quand les cieux rouges et noirs étaient inexpliqués. Savoir nommer un mal, connaître sa cause, être capable d’envisager ses conséquences, ça a toujours rassuré les humains, ça leur suffit, c’est à peine s’il devient nécessaire de savoir le soigner et le guérir, le mal.

* Frankenstein : genèse d’un monstre, sur France Culture.

* Frankenstein créé des ténèbres, à la Fondation Martin Bodmer (13 mai-9 octobre 2016).

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Fondation Martin Bodmer, Route Martin-Bodmer 19-21, 1223 Cologny.

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Samedi 20 août 2016

 

Ricanement de l’année du Singe, tendance Anthropocène.
On adore.

Volkswagen, un des rois du monde, se croit tout permis.
Nul n’a oublié les truquages de ses tests antipollution.

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Contraint de faire des économies (pour payer les escroqueries précédentes, VW décide unliatéralement de moins payer deux fournisseurs, deux sous-traitants minuscules.
Les gamins protègent leurs salariés et refusent de se laisser faire. Ils arrêtent la production d’éléments mineurs, revêtements de sièges et pièces de boîtes à vitesse.

Chômage technique, arrêt des chaînes de montage chez VW.
Audi, Seat et Skoda menacées.

VW, un des jolis symboles du capitalisme : fraude, incompétence, fuite en avant suicidaire.

Ce n’est pas d’un été difficile qu’il est question.
Mais d’un des galops d’essai de l’inévitable collapse.

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Mardi 30 août 2016

 

Adieux à l’Holocène, bienvenue dans l’Anthropocène !

Les géologues ont hésité longtemps pour valider la notion, qui, certes, était utilisable, poétique même, mais pas suffisamment étayée pour faire partie d’un outillage scientifique un peu rigoureux. Mais ça y est, c’est pratiquement acquis.

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Comme on vous l’annonçait dans notre Chronique de l’Anthropocène, le nouveau rendez-vous était en août 2016, en Afrique du sud, au cours du 35e Congrès géologique international (Le Cap, 27 août-4 septembre 2016).

L’Holocène a commencé à la fin de la dernière glaciation et a duré 11 700 ans.
L’Anthropocène a commencé dans les années 1940-1950 et deviendra une subdivision du Quaternaire.

Rappelons que le concepteur de la notion, le prix Nobel de chimie Paul Crutzen faisait débuter l’époque avec la Révolution industrielle au 19e siècle.
Les travaux de 2016 préfèrent dater ses débuts autour de l’après Seconde Guerre mondiale.

Pour la première fois en 4,5 milliards d’années, une espèce unique a radicalement changé la morphologie, la chimie et la biologie de notre planète : l’espèce humaine devenue une force telle qu’elle modifie la planète.
C’est Catherine Jeandel du Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiales (LEGOS, CNRS), et membre du groupe de travail, qui l’a déclaré à l’AFP, hier, 29 août 2016.

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En effet, les traces de l’humanité seront désormais détectables, pendant des millénaires : les matières plastiques, l’aluminium et les particules de béton, les traces des explosions nucléaires, les changements climatiques et le niveau de la mer, la circulation accélérée d’espèces favorisées par le transport humain, notamment.

Ces recommandations doivent encore être validées par la Commission internationale de stratigraphie puis par le Comité exécutif de l’Union internationale des sciences géologiques (IUGS), ce qui pourrait prendre un ou deux ans.

C’est beaucoup pour une vie humaine.
Mais si peu pour l’humanité, en cours de divinisation.

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Mercredi 21 septembre 2016

 

À Paris, ce soir, c’est une avant-première du Festival des Utopies Concrètes qui commence samedi prochain (24-30 septembre 2016).

Ça commence juste bien : union sacrée entre l’intellectuel Christophe Bonneuil (cf. notre bibliographie) et "l’artiviste" John Jordan.

* À 19h30 : Ce qui nous arrive.
Petite conférence-performance sur les grands changements de la Terre et de leurs enjeux pour nos existences.

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Les scientifiques se sont mis enfin d’accord au Cap, à la fin du mois d’août, pour prendre acte de ce que la Terre avait changé d’époque géologique et était sortie de l’Holocène. Il y avait trop d’arguments, difficile de résister plus longtemps.

Reste à se mettre d’accord pour tous, géologues et Terriens non-spécialistes, sur le nom de cette nouvelle époque géologique, le nom, c’est important.
Faut-il appeler "Anthropocène" le nouvel âge dans lequel nous sommes entrés ? Pourquoi pas plutôt "Occidentalocène", "Capitalocène", "Industrialocène" ou encore "Mégalocène" ?
Est-ce la fin du monde ou bien seulement la fin d’un monde ?
Et si la catastrophe avait déjà commencé depuis longtemps ?
Qui sont les victimes de l’Anthropocène ?
Pourquoi et comment pourraient-elles demander justice ?
Et nous, que pouvons-nous faire au milieu de ces grands changements ?

Lutter contre les projets comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mettre en place des alternatives locales ? Quoi d’autre concrètement ?

Libre participation aux frais.

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La Générale, 14 rue Parmentier, 75011 Paris.

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Samedi 24 septembre 2016

 

Pour une rentrée lucide, voici le Festival Utopies concrètes (FUC) 1ère édition (24-30 septembre 2016).

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Il ne faut pas avoir peur de la prochaine crise qui vient.
Il faut la regarder en face, réfléchir ensemble, trouver des alternatives et s’organiser.

Le festival a été créé par des membres du mouvement des Villes en Transition.

Avant de commencer vraiment, le festival a déjà émis quelques signes avant-coureurs, notamment la soirée du 21 septembre 2016, avec Christophe Bonneuil et John Jordan (Vous descendez un peu dans le Journal de Huspuppy jusqu’au mercredi 21).

Aujourd’hui, on entre dans le vif du sujet, pendant une semaine, en une dérive urbaine pleine d’idées et de surprises. Oui, c’est (encore) possible.

* À 10h00 (et jusqu’à 18h00) : Visite du Village associatif Zone des Utopies Concrètes.
Péniche Antipode, Quai de Seine au niveau de la rue Riquet, 75018.

Suivront, demain dimanche, une journée sans voiture et des ateliers sur les villes en transition, puis, pendant la semaine, des soirées :

* Transition et énergie.

* Vieillesse et Transition.

* Transition et travail.

* Zéro déchets.

Les lieux du festival :

* Quai de Seine au niveau de la rue Riquet, 75018.
* Maison des acteurs du Paris durable, 21 rue des Blancs-Manteaux, 75004 Paris.
* Maison des Babayagas, 93000 Montreuil.
* Fondation Charles-Leopold-Mayer, 38 rue Saint-Sabin 75011 Paris.
* Le Lieu-Dit, 6 rue Sorbier, 75020 Paris.
* Le TardiGrade, 39 rue de la Solidarité, 93000 Montreuil.

Faites votre programme.

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Samedi 29 octobre 2016

 

Le Word Wide Fund (WWF) a publié son rapport 2016 :

* Rapport Planète vivante 2016. Risque et résilience dans l’Anthropocène (2016).

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WWF nous dit en substance :

"58% des vertébrés de la planète ont disparu en 40 ans. Un chiffre qui pourrait atteindre 67% d’ici 2020.
Sous l’effet des activités humaines, notre planète s’apprête à faire un saut dans l’inconnu. En fait, il y a tout lieu de penser que nous sommes entrés dans une époque géologique façonnée par l’homme : l’Anthropocène. Avec pour résultat que les habitants du globe, Homo sapiens compris, se retrouvent face à un avenir incertain. La perte de biodiversité est un signe précurseur de bouleversements planétaires parmi d’autres. "L’empreinte écologique", qui mesure notre consommation de biens et de services générés par la Nature, indique que nous consommons autant que si nous avions 1,6 Terre à notre disposition. Depuis le début des années 70, l’humanité demande à la planète davantage qu’elle n’est capable de régénérer".

Pascal Canfin, directeur de WWF France, ni paranoïaque, ni excité, ni apocalyptique, nous parle clairement de la destruction massive de la vie sur la planète Terre.

Il nous dit que ce constat doit nous engager à mieux nous comporter, tous tant que nous sommes : sociétés, groupes, industries, individus.

Mais 2020, c’est demain. Et cela fait si longtemps qu’on alerte les bébés. depuis 1972, quand il était encore temps, dans le Nouvel Observateur.
Le Sauvage, premier journal écolo date de 1973. Les doux rêveurs partaient s’installer en Lozère. Des précurseurs.
Captain Fantastic, c’est au 21e siècle.


 

On a tendance à penser : All Is Lost.
Mais aussi, comme Robert Redford : Never Give Up.

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Mardi 1er novembre 2016

 

Before The Flood de Leonardio DiCaprio (2016) est en ligne gratuitement sur le Net pendant un moment.

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Toutes choses égales par ailleurs, le film nous (re)positionne dans l’Univers.
Comme Jheronimus Bosch le faisait en son temps.
L’ordre du jour de l’humanité devrait être l’humilité.


 

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Vendredi 2 décembre 2016

 

Anthropocène, actualité, illustrations

On focalise sur les mouvements politiciens, sur les humains en vue et/ou au pouvoir.

Pendant ce temps, où chaque minute compte désormais, sur les écrans, on évacue les humains de bonne volonté, qui, ensemble, tâchent d’imaginer les nécessaires solutions de la survie générale, COP 21, COP 22, etc., comme ceux qui, en petits groupes microscopiques, tentent leurs propres solutions alternatives.

Les chefs op des médias ne s’occupent que de gros plans parfaitement anecdotiques et de faux premiers rôles, là où il faudrait braquer les projos sur des plans moyens et des plans généraux.
Ce n’est d’ailleurs pas si grave : que ce soit dans l’ombre ou dans la grande lumière, "ça" continue son chemin. Pour ce qu’on en sait, et malgré nos rêves, l’irréversibilité - la flèche du temps - est la loi universelle.

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Révision.

I. La couche terrestre

La couche terrestre a été modifiée par les productions humaines.
Nous sommes entrés dans l’Anthropocène, c’est une affaire entendue depuis le 35e Congrès géologique international (Le Cap, 27 août-4 septembre 2016).

Mais c’est une idée qui demeure un peu abstraite.
On relègue soigneusement, par exemple, l’idée que la "couche terrestre" est composée de la couche terrestre proprement dite ET de la couche humaine, qui en est inséparable, à quoi on peut ajouter, d’ailleurs, tous les joujoux flottants de proximité. Même ceux qui planent hors-sol, ne leur en déplaise. Le vieux savoir astrologique, s’il n’était pas dévoyé par les charlatans depuis si longtemps, serait probablement un refuge moral et intellectuel. Remède de bonne femme, comme le savon noir et le vinaigre blanc.

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Mais voilà, la Terre est vaste, elle n’appartient pas seulement aux dits "Occidentaux", ceux du Nord, bien qu’ils aient été les plus actifs dans cette évolution.
Et les plus conscients d’entre nous continuent à rêver.

Il rêvent que l’espèce humaine va prendre conscience et se donner les moyens de s’adapter, qu’il est encore temps.
Pour leurs propres comptes, ils imaginent quelque île préservée, quelque part, dans le Sud probablement, ou plutôt tout au Nord au réchauffement encore mesuré pour un temps, avec autour un océan pas trop plastifié et dedans de l’eau douce, quelques terres arables, des montagnes pour amoindrir l’éventuelle immersion, bref quelque refuge, où - naturellement - ils auraient les moyens (l’argent et le temps) de parvenir avec ceux qu’ils aiment, juste avant le Big One planétaire.

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Et même si l’île n’est pas le paradis, il suffira de retourner ses manches et de la colorier.
Ils ont raison : les pouvoirs d’anesthésie de nos cerveaux sont incommensurables, et l’hyperlucidité rend fou. C’est pas le moment de devenir fou.

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Mais l’état de l’inconscient collectif, on s’en fout, l’urgence est à l’action.
Alors, dans la réalité, pour l’heure, l’espèce humaine colmate de-ci de-là.

Notamment les brèches les plus dangereuses et les plus urgentes de son écosystème.
Pas d’actualité brûlante sur Fukushima, faut quand même le temps de réaliser, et y a pas le feu.

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Mais sur Tchernobyl si. Trente ans de réflexion - après la catastrophe du 26 avril 1986, le sacrifice d’un million d’ouvriers dévoués, la pose d’un sarcophage bricolé mort jeune - on s’en occupe. Les nuages de césium et de plutonium, c’est pas bon pour les bronches. On ne pourra pas de contenter de masques et ça ne se soigne pas avec un inhalateur à l’eucalyptus.

Donc action : Le 29 novembre 2016, des représentants responsables de cette espèce humaine menacée, après 7 ans de rudes travaux (10 000 travailleurs, une trentaine de pays, financement grâce à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement) collent une rustine sur le réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl : un "dôme de confinement" de 110 mètres de haut et de 36 000 tonnes - Cocorico, c’est les Français (autres représentants responsables de l’espèce humaine) qui ont remporté le marché.

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Ça devrait durer cent ans, bel effort.
C’est long et pas long, cent ans, ça ne nous impressionne plus.
En 2016, il y a 21 000 centenaires en France. L’INSEE en prévoit 270 000 en 2070 – ça va être joli, mais on s’égare.

Sauvés pour un tour ?
Pas d’impatience : Le chantier ne sera vraiment achevé que dans quelques mois.
Mais des inquiétudes : Il y a déjà des vols. Ça doit venir sans doute des 3000 ouvriers évidemment sous-payés, et qui vont perdre leur emploi, maintenant que le dôme est achevé.
Et puis, il y aura la question de la surveillance et de la maintenance, ce qui coûte cher et qui aura les moyens ?
De toute façon, alentour, la terre est contaminée à jamais, on ne peut pas y planter ses choux, et il y a 190 tonnes de magma radioactif au cœur du réacteur accidenté.

Bonnes lectures :

* Svetlana Aleksievitch, La Supplication - Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse, Moscou, 1997 ; trad. Galia Ackerman & Pierre Lorrain, Éditions Jean-Claude-Lattès, 1999.

* Galia Ackermann, Traverser Tchernobyl, Éditions Premier Parallèle (2016).

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II. L’espèce humaine

Pour que l’espèce humaine s’adapte, il faut qu’elle soit d’attaque, en bonne santé physique, en bonne santé morale aussi, avec la foi et l’espérance, et pas au 36e dessous. Parce qu’il va y avoir du travail. Et c’est pas les centaines de milliers de nos vaillants centenaires qui vont faire le boulot.

Mais voilà, elle non plus, elle ne va pas très bien, empoisonnée qu’elle est, lentement mais sûrement, générations présentes, générations futures.

Hier, 30 novembre 2016, la télé de service public nous informe qu’avec les perturbateurs endocriniens, la dégénérescence a commencé. Triomphe du péché.

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Avec les joies de l’hypertexte, on peut remonter dans le temps et voir que les alertes ne datent pas d’hier. Plus précisément, on peut constater le temps de persistance dans nos corps du triclosan, des parabènes, des phtalates, du bisphénol A et autres methylchloroisothiazolinone.

* "Après le bisphénol A, les phtalates dans le collimateur", Rue89 (12 septembre 2012).
* "Faut-il avoir peur du triclosan dans nos savons ?", L’Obs (18 décembre 2013).

* "Envoyé spécial", France 2 (8 avril 2016).

* "Perturbateurs endocriniens : halte à la manipulation de la science", Le Monde (29 novembre 2016).

Ce n’est plus le lourd smog des villes de Zola et de Dickens qui a amorcé le processus. Le monde a toujours connu les maladies nouvelles, les épidémies et les fléaux. Ce n’est plus la tuberculose, ni la silicose, ni même les suites de l’amiante. Ce n’est même pas un cancer pour tous et pour chacun. Ce n’est plus le triste destin d’un individu ou d’une classe sociale, ni même, sans doute, des seuls dits-Occidentaux.

Là, c’est plus grave, c’est autre chose. Au delà des cas évoqués dans les liens cités ci-dessus, c’est indicible. On se souvient de l’exposition de Hugo Arcier au Grand-Palais en 2013.

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C’est la capacité de l’espèce humaine de se reproduire qui est en cause. C’est l’espèce humaine elle-même - les Terriens en général - qui se voit retourner le boomerang. Les démographes démoralisés peuvent se réjouir : Si, d’un côté, la courbe explose, de l’autre, elle est rongée à l’origine. Arrive un temps où la contraception ne sera même plus nécessaire. Cool, les féministes !

On découvre que les plus atteints, ce sont ceux qui ont été élevés dans le bon air de la campagne, fruits et légumes à tous les repas et bon lait de vache. Les images d’Épinal des manuels d’avant 1914 - ça on le savait - , mais aussi celles de l’écologie tradi sont en train de s’évanouir au loin.

C’est pas pour vous faire de la peine qu’on vous dit de regarder les choses en face. C’est parce qu’on est nourri des valeurs des thrillers américains, qui sont encore dominants : "Never give up", et on surmonte les épreuves et happy-ending assuré. Pour l’instant, les documentaires et les SF désespérés, s’ils sont anciens, sont encore rares ou pas tout à fait branchés sur l’auto-destruction dont il est question.

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D’ailleurs même la télé de service public nous donne encore quelques secrets.
En gros, les "secrets" dont les libéraux avancés se moquaient chez les hippies et leurs grand-mères : vinaigre blanc, bicarbonate de sodium et savon noir. Porter des masques et se passer sous la douche quand on a été irradié.

Des secrets de "bonne continuation".

On attend donc tranquillement, avec le masque sur le nez, que la télé de service public, profère des alertes plus urgentes de survie, comme dans les films de science-fiction.
C’est son rôle, hein.
Jusqu’à la coupure d’électricité, la Big One, qui la fera taire.

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Désormais, il nous semble de plus en plus urgent de visiter le passé de cette espèce humaine en chute, les innombrables beautés créées par elle, toutes classes confondues, les unes travaillant (quasiment sous terre) à la vie quotidienne, pour que les autres puissent travailler à tenter de toucher le ciel.

À Lyon, au musée des Beaux Arts, c’est aujourd’hui que commence l’exposition Henri Matisse. Le laboratoire intérieur (2 décembre 2016-6 mars 2017).

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La paix des musées, la paix de Matisse, c’est bon à la santé.

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Musée des Beaux-arts de Lyon, 20 place des Terreaux, 69001 Lyon.

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Dimanche 25 décembre 2016

 

Pour la pollution sur les villes, quelqu’un a trouvé un mot, ce sera plus rapide pour communiquer les mauvaises nouvelles : l’airpocalypse.

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Sur Pékin, Chine, et tout le Nord-Est du pays : trois chiffres choc pour la dernière semaine, et ça a recommencé hier.

* 460 millions de personnes enfumées. L’équivalent de la population des États-Unis, du Canada, et du Mexique.
Des comparaisons qui ont peu de sens, puisqu’un homme n’est pas égal à un (autre) homme. Oui, d’accord, femme. Aussi.

* 40 fois le taux maximum. À Shijiazhuang, le taux de particules était 40 fois supérieur à celui jugé comme dangereux par l’OMS.
Ça prend quand même un peu plus de temps qu’à Hiroshima, et, Oh ! Eh !, il ne faut pas tout confondre.

* 150 000 voyageurs ont préféré partir en vacances en décembre 2016 pour échapper à cette mort insidieuse.
Ils en avaient les moyens. La régulation démographique de la Terre se fera d’abord par l’élimination des plus pauvres.

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Réactions, parfois : "C’est les Chinois, c’est le charbon".
Mais c’était pas le charbon sur Paris.

Bref, c’est le moment où jamais de réfléchir à ce que c’est que la "magie de Noël" (ou "l’esprit", ça dépend des tendances) dont les médias nous bassinent les oreilles.

Après quelques temps de considérations sur le sujet, on a conclu que c’était une sorte de climax, une rue vide de New York, avec plein de lumières roses, peut-être une fille en long manteau un peu perdue, dans un film qui passerait sur Emotion.
L’affiche ressemblerait à celle de Coup de cœur.

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Mais ce serait y a très très longtemps et sans le moindre Père Noël à l’horizon.

Alertez les bébés !


 

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