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Journal de Hushpuppy (juillet 2016)
Juillet 2016
publié le dimanche 31 juillet 2016


JUILLET 2016

 



Dimanche 31 juillet 2016

 

À Paris, c’est l’été de l’Année du Singe.

Message personnel à ceux qui refusent les bouchons des autoroutes et à ceux que l’on plaint de ne pas partir en vacances : prenez les chemins de traverse, dérivez.

Au mois d’août, la ville est différente, plus belle, plus libre, moins sale, avec plein de trucs à faire, très souvent gratuits, et des coins de rue où se niche l’aventure.

Pas seulement Paris-Plage ou les parcs et jardins ouverts la nuit.

On peut par exemple aller guincher au bord du canal : chaque samedi et dimanche, il y a le Bal Barges.

Les jours de la semaine, on choisira le Parvis du Mk2 Bibliothèque (Paris 13e) les lundis, mardis, vendredis et samedis ou les Quais de Seine (Esplanade Jussieu, Quai Saint-Bernard, Paris 5e) les mercredis et jeudis.


 

Paris Quartier d’été, ça dure encore jusqu’au 7 août 2016.

Les festivals de cinéma en plein air des arrondissements, il faut juste vérifier s’ils ont été maintenus.

Hier samedi, on vous parlait du Cinéma en plein air de la Villette. Après une interruption depuis le 15 juillet 2016, il s’est réfugié sous abri, et il a recommencé hier soir.

Il y a aussi le Festival Black Movie Summer 7e édition, ou alors Musique en terrasse ou Classique au Vert.

Il y a les lieux traditionnels de contemplation.
Le Musée Guimet, le Musée d’Orsay, le Musée Dapper, le Quai Branly, le Jeu de Paume, Picasso, les Arts Décoratifs, etc.

Pour la photo, il y a la Maison Robert Doisneau, ou la MEP. ou aussi le Musée Jean-Delannoy.

À Beaubourg, la Beat Generation attend ceux qui l’ont zappée au printemps, alors qu’elle est incontournable.

On est bien dans les musées. Ce sont des lieux de paix et rien à voir avec les églises : on peut y mener toutes sortes de jeux de pistes avec les œuvres comme avec les gens.

Et il y a ceux auxquels on ne pense pas forcément comme la Maison de Victor Hugo ou le Musée de l’histoire de l’immigration.

Et bien sûr, ces deux refuges anciens (et encore protégés car hors des guides), que sont Jean-Jacques Henner et Gustave Moreau. Ils nous racontent le temps où il ne s’agissait que de fin de siècle et pas de fin de civilisation.

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Les Parisiens peuvent, sans honte, jouer les touristes car personne ne les verra à part les troupeaux de Japonais qui s’en foutent. C’est parfaitement exotique de prendre ces bus à impériale, à arrêts multiples, "Open Tour".

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Redécouvrir la plus belle ville du monde, elle qu’on ne voit jamais, faute de temps, ou parce qu’on prend le métro même pas aérien, c’est se nourrir.
Cette ville, il faudra la fuir quand tout s’effondrera parce qu’on n’y trouvera plus à manger, ni herbes ni rats. Les survivants - nous bien sûr - on aura alors besoin de solides souvenirs.

On n’est d’ailleurs jamais obligé de sortir. Ni les vacances, ni l’été n’obligent à l’agitation. Savoir demeurer en repos dans une chambre ne sauvera plus l’espèce humaine, il est trop tard, vieux Blaise P.
Mais chacun peut essayer, parfois, cette parenthèse. C’est délicieux, les longs après-midis, la solitude, et même l’ennui, ce temps si précieux qu’on voit enfin passer.

Sans machine ou avec machine.

Les vrais geek tout comme les hikikomori peuvent se contenter de quelque filon pour quelques très riches heures.

En voici un, de filon.

Ce sont les territoires secrets de l’hypertexte.



Samedi 30 juillet 2016

 

Salut les câblés !
La semaine télé de Jeune Cinéma du 30 juillet au 5 août 2016.


À Paris, le Festival de cinéma de plein air de la Villette 26e édition, avait été annulé pour des raisons de sécurité, après l’attentat de Nice du 14 juillet 2016.
Il reprend aujourd’hui,ce samedi 30 juillet 2016, en intérieur dans la Grande Halle (et jusqu’au 21 août 2016).
Ouverture des portes à 20h30.
Entrée côté prairie du Triangle, au bout de la galerie.
Libre et gratuit.


 

Ce soir, dans la cadre de la thématique 2016, Dress Code :

* À 21h30 : Casino Royale de Martin Campbell (2006).

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Revoyez donc votre programme.

Parc de la Villette, 211 avenue Jean-Jaurès, 75019 Paris.



Vendredi 29 juillet 2016

 

D’abord un message personnel : un petit coucou à notre ami de Quimper dont nous avons eu des nouvelles, à Lyon, par notre collaborateur Jean-François Camus, qui, toujours fidèle, était là, aux côtés de Bernard Chardère, entouré de ses amis de Lyon, et accourus de partout. Alice aussi était là, évidemment.


Jolie Môme a quitté Saint-Denis et pris ses quartiers d’été dans son village en Auvergne, à Saint-Amant-Roche-Savine. (29-31 juillet 2016).

La Belle Rouge 2016, c’est du théâtre, des concerts, des films, des ateliers politiques, des tables de presse, et des spectacles "hors programme mais pas hors sujet".

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On regarde leur site, on saute dans une voiture en covoiturage, on trouve des places dans les campings gratuits (mais il y a aussi des logemenst en dur), on s’occupe d’un forfait (même si les inscriptions se terminaient le 22 juillet 2016, peut-être y a-t-il moyen de négocier), on se fait quatre jours ailleurs, à l’abri de la pollution des corps et des esprits de notre douce France actuelle.

Faites votre programme.

La Belle Étoile, 14 Rue Saint-Just, 93000 La Plaine Saint-Denis.
& 63890 Saint-Amant-Roche-Savine.



Mercredi 27 juillet 2016

 

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Alice Chardère à Bologne en juin 2009 ©Jeune Cinéma.


Sorties et ressortie :

* La Couleur de la victoire de Stephen Hopkins (2016).

* Déesses indiennes en colère de Pan Nalin (2015).

* L’Insoutenable Légèreté de l’être (The Unbearable Lightness of Being) de Philip Kaufman (1987).



Mardi 26 juillet 2016

 

Toute cette année, l’année 1936 a 80 ans.

On la "fête" pour des tas de raisons, l’anniversaire de Ken Loach, de Jan Nemec, ou de Georges Perec, celui de Une partie de campagne, celui de ce Front populaire inespéré et ses bienfaits…

C’est l’occasion de rappeler le tour de France de l’exposition 36/36, les artistes fêtent les congés payés.

Après ses débuts à l’Assemblée nationale (17-20 juin 2016), elle est partie vers le reste de la France, et elle finira à la Fête de l’Huma (le 10 septembre 2016).

Jusqu’au 30 juillet 2016, elle est à Gruissan, au Palais des congrès, en entrée libre.

Prochaines étapes :

* Thonon-les-Bains, Les Ursules (13-22 août
 2016).
* La Ciotat, Chapelle des Pénitents Bleus (26 août-4 septembre 2016).
* La Courneuve, Fête de l’Humanité (10 septembre 2016).


 

On la "commémore" aussi, cette année 1936, parce que c’est le début de la guerre d’Espagne, le 18 juillet.

Le 1er août 2016, on n’aura rien à dire, et pourtant.
C’est ce jour là qu’ont commencé les Jeux Olympiques, XIe Olympiade (1er-16 août 1936).
Tout y était, ce fameux "esprit", ces principes fondamentaux de l’Olympisme moderne, conçu par Pierre de Coubertin en juin 1894, développement harmonieux de l’humanité, société pacifique, dignité humaine, tout ça.

C’est que ces JO de 1936, ils ont eu lieu à Berlin et qu’on connaît la suite.

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Leni Riefenstahl (1902-2003) était une artiste, belle, bourrée de talents divers, et reconnue dans les années 30.
Toujours aussi talentueuse mais compromise avec le nazisme, elle fut rejetée après 1945.
Sans jamais devenir vraiment une paria tricarde.
Rien ne l’a pas empêché de continuer son travail de création tous azimuts, et elle a réorienté sa carrière vers la photographie, avec des expositions universellement admirées dans les années 70.
Plus elle approchait de ses cent ans, avec une chance et une résistance exceptionnelles, et plus les cinéphiles et les critiques du monde entier se sont intéressés à son œuvre, découvrant de très belles choses.

Dans les années 90, on peut même dire qu’elle a mondialement triomphé.
Pas de justice immanente pour les centenaires.
Le documentaire Leni Riefenstahl, le pouvoir des images (Die Macht der Bilder : Leni Riefenstahl) de Ray Müller (1993), qui la montre déformée par les liftings et toujours aussi énergique, fut primé aux Emmy Awards et diffusé au MOMA, à New York.

On la connaît d’abord en tant que réalisatrice, même si on n’a pas toujours vu ses films.

On a entendu parler de son documentaire de propagande Le Triomphe de la volonté (Triumph des Willens, 1934), commandé par Hitler, et qui fut couronné à la Mostra de Venise de 1934, puis présenté à l’exposition universelle de 1937 à Paris.

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On a aussi entendu parler du court métrage qu’elle a produit en 1944 : Arno Breker, Harte Zeit, starke Kunst de Hans Cürlis & Arnold Fanck, 13 minutes consacrées à l’œuvre monumentale du sculpteur Arno Breker (1900-1991), artiste officiel du régime nazi, pour qui, plus tard après la guerre, Cocteau ou Dali ont bien volontiers posé.

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L’INA nous raconte le vernissage de l’expo en 1942, à l’Orangerie, à Paris.

En 1936, c’est Les Dieux du stade (Olympia), en deux parties : Fête des peuples (Fest der Völker) et Fête de la beauté (Fest der Schönheit).
Le film fut projeté pour l’anniversaire de Hitler le 20 avril 1938, et ensuite reçut quelques récompenses (Mostra de Venise, Médaille d’or du Comité international olympique, notamment).


 

Ce long préambule pour vous annoncer sa programmation, ce soir à Marseille chez Vidéodrome 2.

* À 20h30 : Les Dieux du stade de Leni Riefensthal (1938).

Naturellement, encore aujourd’hui, ce choix fait l’objet des contestations habituelles (comme on dit "suspects habituels").
Mais il est bon de rappeler que Leni Riefenstahl est depuis longtemps redevenue "fréquentable", quand on sait qu’elle a été accréditée comme photographe aux JO de Munich (1972) et invitée d’honneur aux JO de Montréal (1976).

"Lorsque des millions de personnes regardent des retransmissions de rencontres sportives (et cet été 2016, des millions de personnes regardent des retransmissions télévisées de rencontres sportives), regardent-elles vraiment autre chose, des images d’une autre nature, que celles que Leni Riefensthal tourna lors des jeux Olympiques de 1936 à Berlin ? " rétorque Vidéodrome 2.

Question récurrente et sans fond de l’engagement - ou pas - de l’art, de l’œuvre et de l’artiste. Tout spécialement du documentaire.
Et, en l’occurrence, duplicité des déclarations de Leni Riefensthal, avant, pendant, après, notamment dans ses Mémoires (1987).

Que penser par nous-mêmes, sans sombrer dans les clichés politiquement corrects, sur ces questions-bateau, nous qui lisons, par exemple, au hasard, Céline ?

On pourrait adopter la position de Émile Durkheim qui postulait que "les faits sociaux devaient être traités comme des choses". Les œuvres d’art sont (aussi) des faits sociaux. On se laisserait glisser vers Marcel Duchamp, et ses ready-made. "Ce sont les regardeurs qui font les œuvres". Comme eux, on détacherait les œuvres de ses émotions, elles deviendraient extérieures. Comme pôle récepteur distant, on aurait alors cet immense pouvoir de décider s’il s’agit d’un urinoir ou de Fontaine.

Pour l’œuvre de Leni Riefensthal, morte depuis longtemps et dont la vie n’est plus qu’une curiosité biographique parmi d’autres, on aurait à cœur d’aller voir par soi-même, en travaillant son innocence, l’œuvre qui lui survit.
Dépouillé soi-même, autant que possible, de tout idée préconçue.
Dépouillant l’œuvre, autant que possible, de toute gangue.

Ce qui n’excluerait nullement le travail nécessaire de reconstruction des écosystèmes historiques et des conditions de production des œuvres d’art, les deux chantiers cohabitant en bonne intelligence.

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Videodrome 2 a raison de programmer Les Dieux du stade, là, maintenant, avant les JO de Rio (5-21 août 2016).
Et c’est comme une espèce de devoir d’aller voir ce film, finalement assez rare.
Il va nous donner la profondeur de champ nécessaire à une vision plus juste de cet événement : pas seulement les performances des athlètes, mais aussi la façon dont elles sont relatées et dont ils sont utilisés.

Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille.



Lundi 25 juillet 2016

 

Ça saute partout, chaque jour, une boucherie quelque part, quel que soit le mode opératoire.

Aujourd’hui, c’est Fort Myers en Floride, une boîte de nuit.
Hier soir, vers 22h00, c’était à Ansbach, Bavière, à proximité d’un festival de musique.
Avant-hier, c’était à Kaboul.
Avant-avant-hier, c’était à Nice, le jour de la fête nationale.
Avant, c’était Orlando, Médine, Istanbul, Oslo et Utoya, mais même Ferguson (les tueurs sont parfois protégés).
Colombine, peut-être, à la fin du siècle dernier, le 20 avril 1999, aurait été un des premiers signes.

Ça a toujours existé la folie meurtrière ?
Certes, mais pas comme phénomène de masse quotidien.
Et, les individus, Pierre Rivière ou Roberto Zucco, on les a étudiés de près.
On est mieux informé ? Oui. Les tueurs aussi.
Les armes partout ? Tout peut devenir arme.

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Aujourd’hui, qu’elle soit revendiquée ou pas, la boucherie, cela devient presque anecdotique, tellement cela semble absurde.
Les années de plomb, les Twins Towers, la Palestine, l’IRA, au moins on savait pourquoi : des Blitzkrieg rationnelles.
Peut-être qu’on "croyait" seulement savoir pourquoi ?

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Le revêtement humain de la planète devient géologique : ces mouvements désordonnés ressemblent à des séismes, des tsunamis, des volcans énervés.
Dans ces catégories catastrophes, la "folie" des éléments (individus) de l’espèce humaine s’intègre aisément.

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Résumé des chapitres précédents.

Avant on appelait ça des crises économiques. On les enseignait en cours d’Éco Po.
Elles étaient régulières et inhérentes au capitalisme. Il tombait malade de temps en temps, ça coûtait en vies humaines, mais c’était un mal pour un bien. Tout compte fait, il était le meilleur système, celui de la liberté, et la jungle était préférable au zoo.
Il se relevait toujours, le système, et c’était reparti de plus belle en magnifique "croissance", mondiale à défaut d’être internationale, exponentielle.

Avec la crise de 2008, le système, de plus en plus complexe et "enrichi" par Internet, a vacillé si méchamment qu’on a commencé à s’inquiéter.

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Qui ça, "on" ?
C’est sans doute la vraie question.
Un "lanceur d’alerte" (quelle que soit l’alerte), et même plusieurs, ce n’est pas un "décideur".
Et d’ailleurs que peut faire désormais un "décideur" (et même plusieurs) ?

Toujours est-il que, parmi les désordres prévisibles, figurent les nouveaux mouvements sociaux (et individuels) de toutes sortes, bien différents de nos anciens répertoriés et argumentés (les guerres, les mouvements ouvriers, les révolutions).

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Ils ont déjà commencé : les migrations, par exemple, parfois nécessaires, parfois déraisonnables et épidémiques.

Parmi eux, on peut placer ces agitations mimétiques, amplifiées par Internet, que sont les surgissements des fous suicidaires sans cause apparente.

C’est peut-être l’occasion de repenser aux questionnements des années 60 et 70 sur la folie comme mise en cause objective de la société.
Que pouvons-nous faire de plus, pour l’instant, que réfléchir au nouveau, avec les outils anciens dont nous disposons, par exemple avec nos vieux penseurs prémonitoires de l’antipsychiatrie ? La folie est aussi une maladie sociale.

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Depuis mercredi dernier, et jusqu’à la fin du mois, partout en France, le Centre national du livre (CNL) organise une grande fête du livre pour la jeunesse : Partir en livre, 2e édition (20-31 juillet 2016).

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À Paris, aujourd’hui, dans ce cadre, la librairie Tschann, nous fait une proposition qui ne se refuse pas quand on aime la Grèce, les livres et l’amitié, ce qui redevient furieusement tendance à la belle saison.

* À 20h00 : Michel Volkovitch.

Il va nous lire une page de lui-même sur quelques livres qui ont marqué sa vie, puis des poèmes traduits du grec, deux traductions d’un passage de Dostoievski, et une ou deux phrases de Proust.

Ce ne sera pas long.
Ensuite on trinquera (tchin-tschann) puis on ira manger dans le coin.

Les douze livres du Miel des anges seront tous là.

Qu’est-ce que le Miel des anges ?
C’est une maison d’édition minuscule, fondée en 2013 sous la forme d’une association loi de 1901, qui travaille à faire connaître la poésie et la prose grecque d’aujourd’hui.

Librairie Tschann, 125 boulevard du Montparnasse, 75006 Paris.



Dimanche 24 juillet 2016

 

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C’est ce soir la fin de Jazz à Juan 2016, 56e édition (14-24 juillet 2016).


 

Nous nous souvenons de la 1ère édition, c’était en juillet 1960, au pied du Fort Carré (pas "dans les murs" comme on l’a trouvé sur le Net.) La pinède, le square Gould à Juan, c’est venu plus tard. Nous n’en retrouvons pas de traces dans nos vieux carnets. Il a dû y avoir deux éditions au pied du fort de Vauban. 1960 et 1961 ?
Il faudrait vérifier dans les archives de la Mairie. Ah que le grand océan du Net est périlleux ! Et combien nous aimons les chercheurs, les archivistes, les bibliothécaires, les vieux bouquins et les carnets personnels ! Leur temps viendra après le Big One informatique qui ne manquera pas d’advenir.

Sur cette 1ère édition, l’INA, avec Jean-Claude Averty, s’est polarisée sur la musique, pas sur le cadre. Et c’est normal.

Il y avait aussi eu une parade, le 10 juillet 1960, pour fêter Sidney Bechet (1897-1959), citoyen d’honneur, le patron, qui venait de mourir, avec Claude Luter (1923-2006) pour inaugurer sa statue.
L’INA s’en souvient.

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Nous nous souvenons aussi du festival de juillet 1966, où avait triomphé Charles Lloyd.

Nous nous souvenons de ce que, 10 ans après, Philippe Carles & Jean-Louis Comolli célébraient : "l’inouï" corrosif et discordant free jazz, et de ce qu’ils dénonçaient : "le calibrage du jazz-consommation", où tout se dissout.
La récup, quoi.
Les imprécations peuvent-elles devenir divertissement ?

Ils citaient Michel Leiris :
"Il faut qu’on s’habitue à ne pas chercher partout que l’agréable. La musique n’est pas plus faite pour charmer les oreilles, même de façon austère que la peinture pour enchanter les yeux. […] Qu’il en soit fini une fois pour toutes de ce principe hédonistique qui, au fond, se retrouve - sous une forme plus ou moins déguisée - à la racine d’à peu près toute attaque contre une nouveauté ! (1)

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1. Michel Leiris, Brisées, Mercure de France (1966), cité par Philippe Carles & Jean-Louis Comolli dans Free Jazz Black Power (Champs libre, 1971 ; Galilée, 1979, p. 344).

Tant de temps a passé, les idéologies et les musiques se sont métamorphosées.
Les métissages, on doit les accueillir avec la plus grande attention et la plus grande bienveillance, les "races" pures n’existent pas. Quant au Diabolus In Musica, avec ses avatars (les plaisirs, les péchés), il semble désormais, en Occident du moins, faire partie d’un monde archaïque.

À Juan en tout cas, lieu profane s’il en est, ils sont tous là, maintenant, les musiciens, laissant leurs traces sur le bitume, côte à côte.

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Juillet 2016.
Le programme de cette édition était habituel et brillant.
Avec des soirées gratuites, "sur invitation", mais des invitations distribuées par l’Office du tourisme.

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Ouverture, dans la Pinède, le mercredi 13 juillet 2016 avec Les Victoires du jazz, 14e édition.

Le jeudi 14 juillet 2016, le programme, c’était JZ Music All Stars, orchestre des Carabiniers du Pince, Didier Lockwood, les Violons barbares et Guo Gan.
Lockwood a joué du violon au milieu de la foule, ignorant tout du drame qui se jouait dans le même temps à Nice, sur la Prom’.

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Aparté de l’année du Singe : Nice est la concurrente jazz de Juan, pour des raisons historiques et des méli-mélos humains que nous refusons de prendre en compte.

C’est ainsi que le Nice Jazz festival (jazz assez métissé) se présente comme le premier, "depuis 1948", alors qu’il s’est interrompu ensuite jusqu’en 1971.

C’est ainsi que Jazz à Juan (jazz plus exigeant) se présente comme uniquement juanais, sans même évoquer le Fort Carré, de l’autre côté du Cap, du côté d’Antibes, comme s’il ne pouvait y en avoir que pour le Square Gould. Question de sponsoring ?

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L’origine, c’est toujours important, il ne faut jamais dénier ou éluder une naissance sous peine de piper les dés.
En 1960, au Fort Carré, à mi chemin entre Nice et Juan, loin de la foule bruyante des nuits du Pam Pam au Voom Voom et du petit casino blanc et provincial, à distance respectueuse de la Siesta qui venait d’ouvrir au bord de la mer (avec ses vampires en cage et son karting), et pas encore gagné par l’extension du vieux Port devenu un port de parvenus, l’espace était plus sauvage, en accord avec les accords du free.

C’est que les odeurs de la mer et celles de la nuit ne sont pas les mêmes d’un côté et de l’autre du Cap, à l’Ouest le sable et à l’Est les galets. En bas du Fort Carré, en 1960, il y avait aussi la magie et la lenteur des commencements. C’est dommage de reléguer dans l’oubli ces événements des sens, qui ont besoin d’être racontés pour ne pas être perdus, et que ni les cartes postales anciennes vendues sur Delcampe, ni même nos propres vieilles photos, ne peuvent restituer.

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Tout ce qu’on sait, en cette année 2016, nous autres, c’est que Nice avait programmé son festival aux mêmes dates que Juan : du 16 au 20 juillet 2016, et que les amateurs était squeezés, esquichés dans un stupide double bind. Ah oui, c’est "pris en otages" qu’on dit aujourd’hui. Quoiqu’il en soit, après les horreurs du 19 tonnes, il y a eu prescription de cette minuscule sous-guerre.

Fin de l’aparté.

Donc tout a été annulé à Nice. Et à Juan, on a annulé les concerts des 15, 16 et 18 juillet 2016, et le "Best of du Off" dans les rues programmé le 17.
Le 19, de toute façon, c’était une pause prévue.

On aura donc raté Johnny Gallagher et Earth Wind and Fire, Vintage Trouble et Buddy Buy, Archie Shepp, Charles Lloyd New Quartet, Gregory Porter.
Jazz à Juan aura eu aussi quelques soirées "normales".

Ce soir, on retourne à la Pinède Gould et c’est gratuit.

* À 20h30 : American Gospel Jr.

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Office de Tourisme, 60 chemin des Sables, 06160 Juan-les-Pins.



Samedi 23 juillet 2016

 

Salut les câblés !
La semaine télé de Jeune Cinéma du 23 au 29 juillet 2016.



Vendredi 22 juillet 2016

 


 

Alice Chardère-Yotnahparian (29 juillet 1931-22 juillet 2016). ©Jeune Cinéma.


Mercredi 20 juillet 2016

 

Attention, avant de sortir à Paris, vérifiez.

Après l’attentat de Nice, des évènements estivaux ont été annulés à Paris, faute de "garanties satisfaisantes de sécurité", vient d’annoncer la préfecture de police.
Par exemple, le festival de cinéma de plein air en juillet et août dans les parcs et jardins de Paris.


À Londres, aujourd’hui, à 13h00, chez Chiswick, a lieu la vente aux enchères (2e partie) de la collection surréaliste de John Lyle, libraire et collectionneur averti (beaux livres imprimés et manuscrits, 325 lots).

Parmi ces lots, nous découvrons avec plaisir, que Jeune Cinéma fait partie des miscellanées Benjamin Péret, quel honneur !

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John Lyle était l’ami de Jacques Brunius et il avait gardé toute sa bibliothèque.

À ce propos, nous rappelons la parution de l’ouvrage incontournable, les écrits de Brunius, dont nous vous parlions le mardi 5 juillet 2016, dans ce même Journal.

* Jacques-B. Brunius, Dans l’ombre où les regards se nouent. Écrits sur le cinéma, l’art, la politique (1926-1963). Éditions établie et présentée par Grégory Cingal avec la collaboration de Lucien Logette, Éditions du Sandre, Paris, 2016.

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Le 20 juillet 1969, c’est un dimanche. Il est 20h17 (en temps universel).
Neil Armstrong, qui vient d’alunir avec Apollo XI, annonce : "Houston, ici la base de la Tranquillité. L’Aigle a atterri".

Triomphe des États-Unis sur toute la Terre.
L’INA nous raconte ça.

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Et puis, il y a les complotistes.
Et c’est une autre affaire, dont Open Culture nous raconte quelques péripéties.

Pendant ce temps, la guerre du Vietnam (# 1955-1975) bat son plein. L’Offensive du Têt a eu lieu le 30 janvier 1968.
Le massacre de My Lai (16 mars 1968) est l’apogée de l’opération-génocide Wheeler / Wallowa, selon Noam Chomsky.
Il sonne comme une sinistre réplique du massacre de Sand Creek (29 novembre 1864).
Car non, les temps ne changent pas.

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Au début, on ne sait pas.
Plus tard, il y a des procès qui ne châtient et ne soulagent personne.
Les témoins commencent à disparaître. Les émotions sèchent.
On oublie vite les causes quand les conséquences s’éloignent.
Le binôme cause-conséquence, élément de base de toute rationalité, finit lui-même par devenir décoratif et rhétorique.

On en arrive aux temps modernes, chacun son tour d’aller au bal.

On fait quelques films qui ne sont pas vus...

* Interviews with My Lai Veterans de Joseph Strick (1970).

* La Moisson de My Lai (Harvest of My Lai) de Marcel Ophüls (1970).
Qui le mettra en ligne sur Internet ?

* My Lai de Barak Goodman (2010) (saison 22, épisode 6 de la série télévisuelle American Experience, créée par Henry Hampton & Stephen Fitzmeyer (depuis 1988).

... sauf peut-être...

* Soldier Blue de Ralph Nelson (1970).


À Paris, au Carreau du temple, dans le cadre du festival Paris Quartiers d’été 2016, dernières salves de l’année de la Corée (20-24 juillet 2016).

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Faites votre programme et vos réservations.

Le Carreau du Temple, 4 rue Eugène Spuller, 75003 Paris.


Les sorties sur les grands écrans

* Colonia de Florian Gallenberger (2015).

* Man on High Heels de Jin Jang (2015).

* Le Bon Gros Géant de Steven Spielberg (2016).

Les ressorties

* Little Big Man de Arthur Penn (1970).

* Fargo de Ethan & Joel Coen (1996).

* L’Été de Kikujiro de Takeshi Kitano (1999).

La sortie de Captain Fantastic de Matt Ross (2016) a été repoussée au 12 octobre 2016.
En l’attendant, on peut s’occuper du dit Anthropocène. (cf. aussi le Journal de Hushpuppy de lundi 18 juillet 2016)



Mardi 19 juillet 2016

 

À Paris, la "saison", comme on dit, est terminée.
Mais tout le monde n’est pas sous les pavés.
Eh non, ce n’est pas si terrible de ne pas "partir en vacances" avec tout le monde. Les vacances, c’est un état d’esprit et du corps, par un lieu obligatoire.

Profitons de "la ville" tant qu’elle triomphe encore, avec mille choses à faire et à découvrir (dont beaucoup gratuites), avec beaucoup moins de monde dans les rues et les transports et des rencontres à chaque coin de rue.

Paris Quartiers d’été, 27e édition (14 juillet-7 août 2016). C’est partout dans Paris.

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C’est la dernière année de Patrice Martinet.


 

Faites votre programme.

Festival Paris Quartier d’été, 
10, boulevard de Bonne-Nouvelle, 75010 Paris.



Lundi 18 juillet 2016

 

Il y a 80 ans, commençait la guerre d’Espagne (18 juillet 1936-1er avril 1939).

C’est le moment de revoir les films de Henri Cartier-Bresson.

L’Espagne vivra (1938), par exemple.

On pleure encore sur les horreurs du 20e siècle.


 

Préparons-nous à celles du 21e siècle.

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Aux infos quotidiennes : Business as usual.

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Mais, en 2016, plus personne ne tente de ridiculiser les craintes écologistes.
Coup d’œil sur la Mer d’Aral en 1989 et en 2013.

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Les changements climatiques, puis sociaux et humains sont inéluctables, et irréversibles. Ils ont déjà commencé.

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Longtemps, il s’est agi de "maîtriser" la Nature.
Aujourd’hui, il serait prudent de (re)penser, un peu plus avant, la dialectique maître-esclave.

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Le concept de cet Anthropocène, qui succéderait, dans l’échelle des Temps, à l’Holocène du Quaternaire où vit actuellement l’espèce humaine, n’est pas (encore) validé scientifiquement dans le monde de la géologie et de ses diverses spécialités. (1)
Il a été examiné au cours du 34e Congrès international de géologie de Brisbane (5-10 août 2012) sans qu’une décision soit prise.
Le 35e Congrès se tiendra au Cap, du 27 août au 4 septembre 2016.

Le mot et la notion "Anthropocène" existent depuis longtemps, popularisés à partir de 2000 par le Prix Nobel de chimie 1995, Paul Josef Crutzen (né en 1933). Ils sont de plus en plus utilisés et discutés sur les terrains des écologies politiques et sociales ainsi que de l’anthropologie traditionnelle (où on trouve les vieilles recettes sages de la survie).
Ce qui autorise ceux qui refusent de céder au catastrophisme à élargir le champ de la réflexion avec la relecture de certains utopistes, comme Murray Bookchin (1921-2006).

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La datation du début de "l’Anthropocène" est variable selon ses penseurs.

Mais son accélération (exponentielle) fait consensus : elle date du milieu du 20e siècle.

La prévision du moment de l’effondrement à venir est (encore) impossible, même si les signes avant-coureurs se précipitent.

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Pour éviter la panique et la mélancolie inhérentes à toute "révolution" (le terme ayant changé de connotation historique et rejoignant celle du vocabulaire képlérien), les béotiens que nous sommes peuvent se réfugier dans l’abstraction linguistique.

L’Anthopocène, ce serait un nouveau temps géologique.
Il s’agit donc, si on veut comprendre ce qui nous arrive, déjà, par exemple, de bien faire la différence entre les ères, les périodes, les époques, les étage, etc.

Bonnes lectures :

Voici, pour les vacances, une première esquisse de bibliographie.

1. L’Union internationale des sciences géologiques (UISG) a mis en place une commission : la Commission stratigraphique internationale (ICS) qui s’occupe de cette question.



Samedi 16 juillet 2016

 

Salut les câblés !
La semaine télé de Jeune Cinéma du 16 au 22 juillet 2016.



Vendredi 15 juillet 2016

 

"À trois heures de l’après-midi, tout le monde élégant se retrouve sur la Promenade des Anglais, une charmante avenue fort large, bordée de palmiers, de fleurs et d’arbustes tropicaux, limitée d’un côté par la mer, de l’autre par des hôtels et des villas derrière lesquels s’étendent les vergers d’oranges et les collines. Beaucoup de nations sont représentées, on y parle de nombreuses langues, on y porte des costumes très divers et par une journée ensoleillée, le spectacle est aussi gai et coloré qu’un carnaval. Des Anglais hautains, des Français animés, des Allemands massifs, de beaux Espagnols, de vilains Russes, des Juifs humbles, des Américains insouciants, tous roulent carrosse, se promènent ou occupent les bancs en échangeant les nouvelles, en critiquant la dernière personnalité arrivée, Ristori ou Dickens, Victor-Emmanuel ou la reine des Îles Sandwich."

Louisa May Alcott, Les Quatre Filles du Docteur March (Little Women) (1868), in Christian Artaud & Éric L. Paul, La Côte d’azur des écrivains, Édisud, 1999.

C’était au temps où l’on s’avisa de construire le malchanceux Palais de la Jetée (1889-1944), imité de celui de Brighton, avec sa vocation aux plaisirs, avec son faux départ en 1883 et finalement avec son destin agité, détourné, réquisitionné, fermé, détruit.

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À Nice, les feux d’artifice de la fête nationale sur la Baie des Anges sont splendides. La Promenade des Anglais, bordée d’hôtels de grand luxe, ce soir-là spécialement, appartient à tout le monde. Et pas seulement à Jean Lorrain ou Marie Bashkirtseff et leurs amis choisis, cette haute société parisienne des villas, qui autrefois y passait l’hiver et fuyait dès les premières chaleurs.

Le 14 juillet, c’est le "Bastille Day" pour le monde entier.

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Dix heures et demie du soir en été, l’heure où tout devient possible.

Ce 14 juillet 2016, à cette heure-là, à la fin du feu d’artifice, un camion 19 tonnes, conduit par un humain, a foncé dans la foule joyeuse. Carnage pendant 2 km.

La vision politicienne des guerres et des attentats, elle est relativement facile, confortable même intellectuellement, quel que soit le point de vue. C’est facile de désigner les responsabilités de ceux qui essayent et/ou feignent de contrôler la situation. On a les outils historiques nécessaires pour un encadrement rationnel, des explications, des débats, des supposés remèdes. Et même - c’est terrible - on peut finir par s’habituer et vivre avec.

Mais, hélas, vu en surplomb, ce chaos ressemble bigrement et de plus en plus à une fin de civilisation, avec ses inévitables mouvements sociaux erratiques, et, nichée en son cœur, comme un cancer métastasé, une puissante pulsion de mort qui s’épanouit, désormais absurde, "in-signifiante".

Nous pensons à Sigmund Freud et son intuition de 1920 (Au delà du principe de plaisir) qu’il peaufine (Malaise dans la culture), juste avant le Mardi noir du krach, le 29 octobre 1929.

Nous pensons à Bernard Maris, alias Oncle Bernard, qui, avec Gilles Dostaler, rassemblait Keynes et Freud dans un fécond dialogue, avant d’y passer le 7 janvier 2015.

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Mercredi 13 juillet 2016

 

Autrefois, on chantait pas seulement sous la douche, mais en public, dans les rues, à la maison, partout.

On dansait aussi, partout, dans les rues, les parcs, les restaurants, chaque fois que possible. On le sait par les souvenirs des anciens, on le voit dans les films et sur les photos de Brassaï ou Doisneau.


 

Plus tard, on avait laissé les machines chanter pour nous, et, au lieu de s’activer dans les surboums, on planait dans les soirées.

On dirait que ça revient, au moins dans les rues, et en tout cas chez les pompiers, les 14 juillet.

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* Tous les bals populaires à Paris, ce soir (et/ou demain), avec de quoi manger et de quoi boire.

* À partir de 21h00 : Les bals des pompiers. Treize casernes nous ouvrent leurs portes.

* À partir de 17h00 : Bal de l’UEC, place des Abbesses, 75018 Paris
Avec Réseau Tigré, Spinja, Selecta Dilo & Friends, Feezy Hussle, Jywell, Kimberley, Redisgood.

* À partir de 18h00 : Bal du PCF, place des Grandes Rigoles, 75020 Paris.
Avec Sofa Express, Elembo, et un DJ.

* À partir de 18h00 : Bal du PCF, place de Moro-Giafferi 75014 Paris.
Avec DJ Monkey Green.

* À partir de 19h00 : Bal des migrants, place Stalingrad 75019 Paris.


C’est ce soir que commence le Cinéma en plein air à La Villette, 26e édition, avec comme thème Dress Code (13 juillet-21 août 2016).


 

Attention aux horaires "dégressifs". Débuts de projection :

* du 13 au 17 juillet 2016 à 22h30
* du 20 au 24 juillet 2016 à 22h15
* du 27 au 7 août 2016 à 22h00
* du 10 au 14 août 2016 à 21h45
* du 17 au 21 août 2016 à 21h30

Faites votre programme.

Cinéma en plein air, Terrasse du Parc, 75019 Paris.


Les sorties sur les grands écrans

* L’Olivier de Iciar Bollain (2016).

* Colonia de Florian Gallenberger (2015).

* Florence Foster Jenkins de Stephen Frears (2016).

Les ressorties classiques

* Vacances à Venise (Summertime) de David Lean (1955).

* La Grande Vadrouille de Gérad Oury (1966).

* Les Poings dans les poches (I pugni in tasca) de Marco Bellocchio (1965).



Mardi 12 juillet 2016

 

Face à un avenir fortement aléatoire, de douces consolations du passé :

À Nantes, on n’oublie pas le communard Jean Baptiste Clément (1836-1903), qui a fêté ses 270 ans le 31 mai 2016 et n’a pas écrit que Le Temps des cerises  :


On n’oublie pas non plus que cette année, en février, Dada a eu cent ans.


 

Voilà un peu de matériel pour fêter ça dignement.


Dernière séance de la saison au Cinéclub CinéCaro

* À 19h30 : Dans le sillon du juge sans robe de Mika Gianotti (2005).
En présence de Mika Gianotti et de Anne Galland, chef op.


 

Et rendez-vous à la rentrée, le mardi 27 septembre 2016.

Auditorium du Carreau du Temple, 2 rue Pérée, 75003 Paris.


À Marseille, c’est aujourd’hui que commence le Festival International de Cinéma de Marseille (FID), 27e édition (12-18 juillet 2016).

Pour ceux qui aiment les chiffres : 130 films, 150 invités, 25 00 spectateurs.
Mais c’est surtout bien autre chose, un glorieux passé et un rendez-vous devenu incontournable : un festival qui ne cesse de s’épanouir depuis 27 ans.

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Faites votre programme.

Repérez vos lieux.

Rebondissez sur France Culture.

FIDMarseille, Festival International de Cinéma, 14 allée Léon-Gambetta,
13001 Marseille.



Lundi 11 juillet 2016

 

Euro 2016, prolongations.
Ce matin, pour les médias, ce n’est pas le Portugal qui a gagné, mais la France qui a perdu.
Nuance et hiérarchie.
Le si instinctif des larges masses Vae Victis ?
NIMBY (not in my backyard).

Et si encore ça relevait du "perdant magnifique".
Mais c’est bien plutôt le repli identitaire, face à la compète dominante.

Le sport, plutôt que la guerre, comme lien vers l’Internationale...
Ah les Terriens ne sont pas pas rendus, qui ne parviennent pas à articuler le proche et le lointain, tous deux également dignes de soins, d’attention et d’amour.


À Lunéville, au Château, Didier Francfort consacre l’atelier d’été de l’Institut d’histoire culturelle européenne (IHCE) et du CERCLE aux choses.
Plus exactement aux "Objets", une approche interdisciplinaire (11-13 juillet 2016). Entrée libre.

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Et cette idée nous ravit, nous qui sommes fascinés par les amours perverses entre les mots et les choses, nichées au cœur des corps et des systèmes.

Nous qui avons découvert l’âme des objets inanimés dans notre adolescence avec Lamartine, puis leur mana avec Marcel Mauss.

Nous qui avons commencé à découvrir la société de consommation avec Les Choses de Georges Pérec (1965), et la réification avec Le Système des objets de Jean Baudrillard (1968).

Nous qui continuons à naviguer sans boussole (Marx et les Situs sont loin) entre valeur d’usage et valeur d’échange, et cette foutue valeur sentimentale, qui nous empêche de bazarder nos souvenirs et ceux de nos ancêtres.

Nous qui nous dépatouillons, dans la plus extrêmes solitude, abandonnés par nos doudous, avec l’objet (petit) a, enchaînés à Papa Lacan et sans solution (Freud est loin).

Heureusement qu’il y a Boris & Gudule, qui restent proches, eux.


 

Donc à Lunéville, ces trois jours passionnants commencent ce matin à 10h00 avec l’introduction de Didier Francfort : Les sciences humaines et sociales face aux objets.

Faites votre programme.

Et voyez aussi "l’objet" du jour, dont le premier est La machine à explorer le temps.

Suivent la personne et la merde, les couvertures, le voile, l’oboe, la lanterne rouge, les armes, la muraille, le globe, le robot, la télévision, l’entrecôte, le contrat, le couscous, le verre, le miroir, etc. jusqu’à la tourniquette à faire la vinaigrette.

En tout, 125 "objets" qui forment nos éco-systèmes physiques et mentaux, qui nous phagocytent et nous envahissent sans qu’on y prête attention.
Il est nécessaire, pourtant, qu’en retour, on les examine, on les manipule, on les séduise, on les détourne.

À Lunéville, c’est l’heure de la réification joyeuse, juste retour des choses.

Château des Lumières de Lunéville, Place de la 2ème Division de Cavalerie, 54300 Lunéville.


À Lyon, Les Inattendus proposent les Toiles d’été pendant l’été, en plein air et entrée libre, dans les quartiers de la Guillotière et de Gerland.

Ce soir, on voit un Burt Lancaster éblouissant et plus que jamais métaphysique.

* À 22h00 : The Swimmer de Frank Perry (1968).
Mais vérifiez l’heure.

Faites votre programme d’été à Lyon.

Ce soir : Place Bahadourian, 69003 Lyon.



Dimanche 10 juillet 2016

 

Euro 2016 : Ce soir, en finale, la France a perdu 1-0 face au Portugal.

Alors, c’est la faute à la journée de récup en moins, au malheureux poteau qui se trouvait là bêtement, aux papillons de nuit, au genou de Ronaldo, à Voltaire et Rousseau qui se sont probablement plantés tous comptes faits, etc.

Quelle vulgarité quand même, ce chauvinisme, exhibé ou à peine dissimulé des commentateurs, quel manque d’élégance !

Et qu’est-ce qu’il est bien, Rui Patricio !

Merci Charles Tatum !

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Jacques Rouffio (1928-2016) est mort vendredi 8 juillet 2016.

Nous avions beaucoup aimé son premier film, L’Horizon (1967), et son générique de luxe, technique comme casting. C’était un des premiers films à évoquer l’envers de 14-18, avec les révoltes de 1917.

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Cinquante ans après, c’était pas encore possible d’en parler, toujours incorrect, pas convenable, pas à la mode. Il restait encore trop de poilus, abîmés ou pas, que ça aurait pu faire souffrir : des héros inutiles ? des sacrifices pour rien ? des camarades courageux autrement ?
Rouffio, qui avait été l’assistant de ces grands réalisateurs, Delannoy (1908-2008), Verneuil (1920-2002) et Franju (1912-1987), - qualité française comme croyait les insulter l’insolente génération montante d’alors - , avait 40 ans.
Ce fut un échec, et il mit dix ans à s’en remettre.

Après quoi, il put, dans la seconde partie de sa vie, avec des co-scénaristes de haut niveau comme Georges Conchon, Jean-Loup Dabadie, Claire Denis, Gilles Perrault, faire des films à son goût, qui finit par correspondre à celui du public.

Personne, bien sûr, n’a oublié La Passante du sans-souci (1982), à cause de l’émotion et de Romy la très populaire.


 



Samedi 9 juillet 2016

 

"A qui construit des châteaux en Espagne, des tentes à la République, du bocage nantais aux rues de Mayotte, du Chili au Rojava…"

À Paris, place de la République, depuis hier et jusqu’à demain, on fête les cent jours de Nuit debout, cet événement extraordinaire, qui a commencé sous le déluge et a perduré par tous les temps, et sur tous les tons (8-10 juillet 2016).

Notre bonne vieille République de base est plus haut et plus haute que Wall Street.

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Nous méditons sur la mort violente, le mardi 5 juillet 2016, de Alton Sterling, 37 ans, qui vendait des CD sur le parking d’un supermarché, à Baton rouge, Louisiana.
Il était armé comme tout le monde mais il était noir. Achevé au sol.

"Contrôle de routine, les flics se sentent menacés".

Nous nous souvenons du meurtre de Michael Brown , 18 ans, non armé, à Ferguson, Missouri, le 9 août 2014, dont le meurtrier n’a jamais été condamné.
Ou de celui de Antono Martin, 18 ans, armé, le 23 décembre 2014, à Berkeley, Missouri.
Et de quelques autres, au long des mois.

Nous contemplons les lynchages, nous surveillons les manifs d’indignés, nous assistons aux émeutes. Puis les lynchages recommencent.

Nous méditons sur le destin tragique du menuisier-maçon Micah Xavier Johnson, 25 ans, de Mesquite, banlieue de Dallas, Texas, vétéran d’Afghanistan, soldat perdu qui croyait que la vendetta était une solution, alors que par définition elle est sans fin.
Et qui a raté son coup, puisqu’on ne parle que de "la tuerie de Dallas", vendredi 8 juillet 2016, de lui, le sniper super équipé, et de ses cinq flics blancs abattus.

Et plus du tout des origines de ce massacre, et de sa "cause".

Qu’elles soient des raisons, des causes directes ou des prétextes n’importe plus, hélas.


Salut les câblés ! est de retour, avec son embarras du choix.
La semaine télé de Jeune cinéma du 9 au 15 juillet 2016.

Mais Hitch le fantasque a dû avantageusement nous remplacer, avec ses super coffrets DVD Elephant Films.

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Depuis le 5 juillet (et jusqu’au 10 juillet 2016), La Villette "s’est mise aux couleurs de l’Euro".
C’est Foot foraine, une fête avec exposition, jeux vidéo, Café des Sports, "tournois conviviaux sur terrains décalés", ateliers jeune public, tout ça.


 

Dans ce cadre, à la veille de la finale, le collectif d’artistes de Hambourg A Wall is a Screen (né en 2003) en collaboration avec le Goethe Institut nous propose, ce soir, une petite randonnée nocturne dans le parc de La Villette qu’il transforme en salle de cinéma pour des courts métrages.

* À 22h00 : A Wall is a Screen ; Entrée libre.

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C’est comme une avant-première du Cinéma en plein air qui commence mercredi 13 juillet 2016.

Parc de la Villette, 211 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris.



Vendredi 8 juillet 2016

 

À Avignon, le théâtre flirte avec le cinéma, leur attirance réciproque n’est pas nouvelle.
On sait depuis toujours, aussi, qu’on peut faire théâtre de tout, généralement, autrefois, on citait l’annuaire du téléphone.

Un scénario de film est un choix moins périlleux.
Ivo Van Hove a choisi celui du film Les Damnés, écrit par Luchino Visconti, Nicola Badalucco et Enrico Medioli, pour La caduta degli dei, aka Göttedämmerung (1969).
En français : Les Damnés, pourquoi pas, l’imagination de la machinerie économique du cinéma nous a toujours éblouis. En tout état de cause, tout le monde sait qu’il y en a au moins un autre : Les Damnés (The Damned) de Joseph Losey (1963).

Dans Jeune Cinéma n°45 de mars 1970, Luchino Visconti parlait de son film.

* À 22h00 : Les Damnés, mise en scène de Ivo van Hove. (6-16 juillet 2016).
Avec la troupe de la Comédie-Française.

Cour d’honneur du Palais des Papes.



Jeudi 7 juillet 2016

 

Ce soir, dans notre cinéclub le plus secret et le plus intime, celui de l’Aéro-Club de France, en projection privée.

* À 20h00 : Croisières sidérales de André Zwobada (1941).

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Un premier film de science fiction français parlant très réjouissant, dialogues de Pierre Bost, réalisé avec des bouts de ficelle (normal en 1941).

Avec en bonus, des extraits vidéo de divertissement et actualités de 1942.
Pas de contribution financière et pot de l’amitié.
Mais il faut prévenir de votre participation, en confirmant celle-ci auprès de :

* Jean-Louis Merle (06 08 55 20 37).
* L’Aéro-Club de France (01 47 23 72 72).

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Aéro-Club de France, 6 rue Galilée, 75016 Paris.



Mercredi 6 juillet 2016

 

On vous parle depuis un moment de l’association Cinémas indépendants parisiens née en 1992 et de ses activités multiples pour les enfants.

28 salles à Paris, toutes aussi sympas les unes que les autres..

L’association propose L’Enfance de l’art, tout l’été (29 juin-7 septembre 2016).

Faites votre programme.

Aujourd’hui, on choisit celui de La Clef :

* À 14h15  : Fatty se déchaîne de Roscoe "Fatty" Arbuckle avec Roscoe "Fatty" Arbuckle, Buster Keaton, Al St. John.

En trois parties :

* Fatty garçon boucher (The Butcher Boy) (1917).

* Fatty à la clinique (Good Night, Nurse !) (1918).

* Fatty amoureux (Love) (1919).


 

La Clef, 34 rue Daubenton, 75005 Paris.


À Marseille, Vidédrome 2 accueille Images Contre Nature (ICN),16ème édition, festival international de vidéo expérimentale (6-10 juillet 2016). Entrée à prix libre.

Tous les détails, faites votre programme.

Avec Mekas en ouverture.

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* À 16h00 : Programme animé (jeune public / tout public), 10 films.

* À 21h00 : Tribute to Mekas par P’Silo & Videodrome 2 & In Between de Jonas Mekas (1978).

Vidéodrome 2, 49 cours Julien, 13006 Marseille.


À Avignon, c’est aujourd’hui que commence le Festival, le plus grand festival de théâtre du monde, qui fête ses 70 ans (6-24 juillet 2016).

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Il ne rajeunit pas, il se métamorphose, il se bonifie, riche des sédimentations de sa mémoire magnifique.

Riche même de ses remous.

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Programme.

Histoire.

Festival d’Avignon, Cloître St-Louis, 
20 rue du portail Boquier, 84000 Avignon.


Les sorties de la semaine sur les grands écrans.

* Irréprochable de Sébastien Marnier (2015).
N.B. On adore Marina Foïs, et cela depuis longtemps.

* The Strangers de Na Hong-jin (2016).

* Lea de Marco Tullio Giordana (2015).

Les ressorties incontournables.

* Maculin féminin de Jean-Luc Godard (1966).

* Un mariage (A Wedding) de Robert Altman (1978).

* La Planète des vampires de Mario Bava (1965).



Mardi 5 juillet 2016

 

À Paris, ce soir, on parle du gentleman Jacques B. Brunius (1906-1967), à la librairie du Panthéon.

* À 18h30 : Rencontre avec Grégory Cingal et Lucien Logette.
Autour de la publication des écrits de Brunius dans un ouvrage au titre énigmatique : Dans l’ombre où les regards se nouent. Jacques-B. Brunius (Éditions du Sandre, 2016).

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Brunius semble méconnu, parce qu’il est mal connu.
En réalité, la plupart d’entre nous possède son propre Brunius dans sa mémoire.

Qui a oublié sa bonne bouille et sa marinière sur le tournage de Une partie de campagne de Jean Renoir (1936) ?

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Qui a oublié ses sarcasmes et son évident plaisir de jouer les salauds ?

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Sur le béret français (et pas bolchevik) plutôt que la casquette (qu’est pour les ouvriers) dans L’Affaire est dans le sac de Pierre Prévert (1932).


 

Ou sur les besoins des actionnaires et la nécessité des licenciements, dans La vie est à nous de Jean Renoir (1936).


 

On connaît moins le Brunius croqué par Maurice Henry.

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L’homme aux multiples centres d’intérêt, aux innombrables activités et à la longue liste de pseudos. L’assistant de Buñuel sur L’Âge d’or, (1930), le surréaliste, le journaliste de la BBC, le spécialiste de Lewis Carroll, le poète, l’artiste.

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Grégory Cingal et Lucien Logette vous raconteront tout ça ce soir.

N.B. le DVD chez Doriane Films et les Films de l’Équinoxe : Jacques Bernard Brunius. Un cinéaste surréaliste.
Avec un livre illustré de 36 pages et des bonus dont Le Palais Idéal de Ado Kyrou (1958) sur un texte de Ferdinand Cheval.

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Cinélittérature, Librairie du Panthéon, 15 rue Victor-Cousin, 75005 Paris.


À Grenoble, ce soir, la Cinémathèque nous invite à bien commencer l’été en plein air.

C’est Film cour en plein air, 39e édition qui commence (5-10 juillet 2016).

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Faites votre programme.

Cinémathèque de Grenoble, 4 rue Hector-Berlioz, 38000 Grenoble.



Lundi 4 juillet 2016

 

Abbas Kiarostami (1940-2016) est mort aujourd’hui, juste à la fin du temps des cerises. Cancer bien sûr. C’est une hécatombe autour de nous.
Kiarostami.

Il faisait des films depuis 1970.
Jeune cinéma l’a découvert en juillet 1992, dans son numéro 216. C’était pour Et la vie continue (1991), au festival de Cannes 1992.

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Des articles pour ses films, de nombreux entretiens avec Heike Hurst, le point de son œuvre en 2008, avec René Prédal… Jeune Cinéma n’a cessé de le suivre ensuite.

Nous repensons à son tout dernier film, il y a 4 ans, Like Someone in Love, en compétition au festival de Cannes 2016, "comme du champagne".
Qui savait que ce serait le dernier ?


Christian Petr (1951-2016) est mort hier, dimanche 3 juillet 2016.
"Les médecins tentaient de faire face à plusieurs cancers, survenus chez lui simultanément, de manière brutale".
Tous les amis de Roger Vailland ont pris le deuil. Nous aussi.

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On en a un peu marre d’annoncer les morts et on préfèrerait annoncer les naissances comme Gabriel.

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Mais pas le moindre ange dans le monde de Jeune Cinéma, hélas.

À part ceux de Wenders et de Benjamin, qui ont vieilli et perdu de leur inspiration.

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Et le nôtre perso, un peu cassé, tout petit et sans influence ni pouvoir.

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Accablés, consternés.
À chaque nouvelle information, économique, politique, sociale, nous voyons notre civilisation techno-industrielle hyper connectée vaciller.

Le Grand Soir, finalement, ce sera sans doute, pour nous les vivants, son collapse.

Lecteurs des anthropocénistes, ces lanceurs d’alertes réalistes éloignés de toute vision apocalyptique, nous ne faisons que suivre Paul Valéry. Les civilisations sont mortelles, c’est pas nouveau.
Ils nous consolent en nous enjoignant de regarder la réalité en face au lieu de la dénier. Et nous sommes heureux d’apprendre que le capital le plus précieux sera le capital social : nos amis.

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Où se réfugier ? Dans les communautés de nos amis ?
Comment se préparer ? Sûrement pas en remplissant les baignoires d’essence.

Nos grands-parents étaient économes et gardaient tout, "pour si y avait la guerre".

Les jeunes d’aujourd’hui seraient étonnés de savoir quelques uns de leurs secrets, nés de leur expérience du siècle dernier (14-18 ou 39-45), et qu’on n’a pas forcément voulu écouter.
Par exemple ce qui manque le plus en temps de guerre et de restrictions : ça peut être juste des récipients pour récupérer l’huile à laquelle on a droit (inutile de la stocker, elle rancit vite).
Autre exemple : stocker des pâtes ou du riz semble raisonnable, mais c’est qu’on ne pense pas aux charançons.

Nos grand-parents avaient acquis une certaine pensée du troc, et elle sera bien utile quand ils vont fermer les distributeurs de monnaie et qu’on n’aura plus accès à nos économies. Personne n’a de raison d’en rire : ça arrive tout le temps, souvenez-vous de la Grèce ou de l’Argentine. Et les survivants de Detroit le disent très bien à Florent Tillon : "Ils ont fabriqué des voitures. Mais les voitures, ça ne se mange pas".

Anyday Now, anyway.


 

Ah que la vie a été belle quand on accélérait, quand l’horizon était progrès, quand on dépensait sans compter ou qu’on revendiquait de le faire, et qu’on ne savait pas (ou pas vraiment) ce qu’on faisait, en consommant selon les tentations qu’on ignorait être des injonctions.

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Ici et maintenant, pour se distraire et commencer le mieux possible cet été 2016, temps de déclin, on peut choisir l’art et le rire, qui nous seront d’un grand secours.

Par exemple avec les Monty Python de cette belle époque-là.


 



Dimanche 3 juillet 2016

 

Week-end meurtrier.

Vendredi 1er juillet 2016 : le poète Yves Bonnefoy (1923-2016) est mort.

Samedi 2 juillet 2016 : l’homme politique Michel Rocard (1930-2016) est mort et le Prix Nobel de la Paix Élie Wiesel (1928-2016) est mort.

Dimanche 3 juillet 2016 : le cinéaste Michael Cimino (1939-2016) est mort.

Ainsi va toute chair.

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D’ailleurs, ce matin, au moins 75 morts dans un attentat à Bagdad revendiqué par Daech.

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Ainsi va le monde.


Arriverderci Cineteca di Bologna !

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Samedi 2 juillet 2016

 

Ce soir, à Bologne, sur la piaza Maggiore, dans la nuit chaude, au pied de San Petronio, c’est le dernière séance du cinema ritrovato.

Tandis que Kris Kristofferson entonne son petit country paresseux, Help Me Make it Through the Night et que commence Fat City, s’élèvent les hurlements des supporters italiens devant les télés de la ville. Aux dernières nouvelles : l’Allemagne bat l’Italie aux tirs au but (1-1, 6-5) et se qualifie en demi-finale.


À Bologne, le programme de toute la journée.

Pour la dernière journée du festival 2016, on va honorer Peter von Bagh (1943-2014) qui nous a quittés beaucoup trop tôt.

* À 17H30 : Peter von Bagh de Tapio Piirainen (2016).
Présentaion de Anna von Bagh avec Tapio Piirainen et Liselott Forsman.

Piazza Maggiore

* À 21h45 : Fat City de John Huston (1972).


 

Piazzetta Pasolini

* À 22h15 : Gran finale. Il Cinema Ritrovato compie trent’anni
Un programme raffiné ccompagné au piano par Daniele Furlati.
Réservation obligatoire.


Salut les câblés !

Et à la semaine prochaine !

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Vendredi 1er juillet 2016

 

À Bologne tout le programme de venerdi.

* À 12h00 : Distribution des prix du DVD et du Blu-ray, 13e édition. Auditorium.

Le jury :
Président : Paolo Mereghetti.
Lorenzo Codelli, Alexander Horwath, Lucien Logette, Mark McElhatten, Jonathan Rosenbaum. Mark McElhatten, absent de Bologne cette année, est toujours membre actif du jury.

Suspense.
En attendant le communiqué officiel, voyez les finalistes.

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Et voici le palmarès.


* À 14h30 : A Woman of the World de Mal StClair (1925), avec Pola Negri. Salle Mastroianni.

* À 15h30 : Muriel ou le Temps d’un retour de Alain Resnais (1963). Cinéma Arlecchino.

* À 18h15 : Le Double Amour de Jean Epstein (1925). Salle Mastroianni.

Piazza Maggiore

* À 21H45 : Quai des orfèvres de Henri-Georges Clouzot (1947).


À La Rochelle, c’est ce soir que commence le Festival international du film, 44e édition (1er-10 juillet 2016).

Un vaste programme, comme d’habitude, un incontournable.


 

Faites votre programme.

Et complétez avec France Culture.

Les lieux du festival.


À Toulouse, les projections en plein air de la Cinémathèque commencent ce soir (1er juillet-20 août 2016).

500 places par séance et, durant sept semaines, une quarantaine de grands films de l’histoire du cinéma. On en profite pour vous rappeler que, désormais, c’est Robert Guediguian, le patron.

Ce soir

* À 22h30 : Le Sortilège du scorpion de jade (The Curse of the Jade Scorpion) de Woody Allen (2001).

Les jours raccourcissent, depuis un moment déjà, hélas.
Alors, en faisant votre programme, faites attention : à partir du mardi 19 juillet, ce sera à 22h00.

Cinémathèque, 69 rue du Taur, 31000 Toulouse.



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