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Journal de Hushpuppy (janvier 2016)
Janvier 2016
publié le vendredi 29 janvier 2016


 

JANVIER 2016

 



Samedi 30 janvier 2016

 

À Paris, Au cinéma du Panthéon, ce matin, à 11h00, c’est "l’Italie à travers son cinéma" :

* Le Conformiste (Il conformista) de Bernardo Bertolucci (1971).

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La projection sera suivie d’une discussion animée par Geneviève Morel (psychanalyste, revue Savoirs et Clinique) et Paolo Modugno (enseignant à l’IEP de Paris).

Tous ceux qui, par chance, auront vu le film de Michael Almereyda, Experimenter (2015), sorti mercredi sur les écrans, auront de quoi alimenter le débat, avec la psy et le politique.

Profitez-en pour, ensuite, aller faire un tour à la librairie Cinélittérature, juste à côté, c’est la seule librairie de cinéma de tout Paris..

Cinéma du Panthéon, 13 rue Victor Cousin, 75005 Paris.


À Toulouse, à l’ABC, ce week end, le programme c’est l’Iraq, avec, en avant-première, Homeland : Irak année zéro de Abbas Fahdel (2015), en plusieurs fois.
Il ne faut pas rater cette chronique de la vie quotidienne en Irak, pendant un an et demi, avant et après l’invasion américaine de 2003.

* À 10h00 donc ce samedi 30 janvier 2016 : Homeland : Irak année zéro - partie 1 : avant la chute.

Et pour ceux qui trouvent que ça fait tôt le samedi, séance de rattrapage de la partie 1, demain.

* À 17h00, ce dimanche 31 janvier 2016 : Homeland : Irak année zéro - partie 1 : avant la chute.

Suivi de la partie 2 (sans rattrapage) :

* À 19h00, ce lundi 1er février 2016 : Homeland : Irak année zéro - partie 2 : après la bataille. En présence du réalisateur.

Cinéma ABC Toulouse
, 13 rue Saint-Bernard, 
31000 Toulouse.


Salut les câblés !

La semaine télé de Jeune Cinéma du 30 janvier au 5 février 2016.

 



Vendredi 29 janvier 2016
 

Jacques Rivette (1928-2016) est mort aujourd’hui, 29 janvier 2016.

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Le New York Times cite la ministre française de la culture, qui l’a nommé "A filmmaker of intimacy and loving impatience". En anglais, c’est joli.

Dans son long hommage, le NYT privilégie La Belle Noiseuse (1991), se référant à Gilles Jacob, qui, sur Twitter, décrit le film comme le plus accompli "for its emphasis on creative helplessness."

Helplessness, ce mot généralement traduit par impuissance, nous touche.
Il est si chargé de connotations, dérivant tout de suite vers le mot allemand Hilflosigkeit. Car de l’impuissance créatrice à la détresse panique face à la perte de l’inspiration et l’abandon des dieux, il y a tant de terreurs.

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Le NYT cite pratiquement tous ses films, jusqu’à son dernier, 36 Vues du pic Saint-Loup (2008).

Nous, pour le moment, nous sommes encore plongés dans Out One : Noli me tangere, datant de 1971 et redécouvert en 2015.

* Voir la critique de Out One : Noli me tangere, dans Jeune Cinéma n°369-370 de décembre 2015.

* Voir l’entretien entre Lucien Logette et Pierre-William Glenn, chef-opérateur de Out One.

* Voir aussi le site de En attendant Nadeau : Note sur un film fantôme par Lucien Logette.



Jeudi 28 janvier 2016

 

À Paris, ce soir à 19h00, la Société Louise-Michel (avec le laboratoire Sophiapol (Paris X Nanterre) et les éditions La Découverte) nous invite à une soirée de discussion, à l’occasion de la publication du livre Marx & Foucault (La Découverte, 2015).

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Michel Foucault : quels rapports avec Marx ?

C’est Razmig Keucheyan et Arnault Skornicki qui introduiront la discussion.

Seront présents les directeurs de la publication : Christian Laval, Luca Paltrinieri et Ferhat Taylan.

Ainsi que de nombreux contributeurs du livre, dont Judith Revel, Laurent Jeanpierre, Stéphane Haber, Hervé Oulc’hen…

Lieu-Dit, 6 rue Sorbier 75020 Paris.


Toujours à Paris, au Centre culturel irlandais, à partir de 18h30, on vernit l’exposition Silent Testimony du portraitiste Colin Davidson, qui nous vient de l’Ulster Museum de Belfast. (29 janvier-6 mars 2016).

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Demain, vendredi 29 janvier 2016, à 19h30, Colin Davidson proposera une visite commentée de son exposition.

Celle-ci sera suivie d’une lecture par Clara Simpson de la pièce de Jean-Pierre Siméon, Stabat Mater Furiosa.
(Entrée libre, en anglais).

Centre Culturel Irlandais, 5 rue des Irlandais, 75005 Paris.


À Angoulême, le Festival de la bande dessinée, 43e édition, ça commence aujourd’hui (28-31 javier 2016).

Le Grand prix de la ville d’Angoulême, l’un des plus prestigieux prix de la bande dessinée remis dans le monde, a été attribué hier au dessinateur belge Hermann.
C’est très bien, Hermann, rien à dire.

Le problème, c’est la polémique qui a précédé, à propos de la liste des 30 nommés de l’édition 2016, qui apparut le 5 janvier 2016 avec uniquement des mecs.

Le mardi 12 janvier 2016, le Journal de Hushpuppy donnait la parole à Gilles Ciment. Il nous expliquait ça en détails.

Attendons samedi soir, pour voir comment ça évolue, les déclarations, les critiques, les prix, les commentaires, tout ça.
Mais, dans tous les cas de figure, il aura été un cru un peu pitoyable, au moins dans sa gestion et dans sa forme.

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Ah mais !


Et où que vous viviez, si vous l’avez raté depuis lundi 25 janvier 2016, sur France-Culture, vous pouvez réécouter À voix nue, qui est, toute la semaine, consacré à Barbet Schoeder.

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Mercredi 27 janvier 2016

 

Ce soir, à la Clef, à 21h30, ne manquez pas, en sortie nationale et en exclusivité, une fable zen qui ne peut que faire du bien dans cette agitation et ce tapage environnants.

* Koan de printemps de Lou Ma Ho (2014)

En présence du réalisateur et de Roger Itier ( Le Grand Livre du Wu Shu ).

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Si vous le manquez ce soir, une séance de rattrapage aura lieu dimanche 31 janvier 2016 à 16h, aussi avec Lou Ma Ho et, cette fois, André Cognard sur le thème : "L’art martial, la voie du cœur par excellence".

Cinéma La Clef, 34 rue Daubenton, 75005 Paris.


La Cinémathèque française nous propose, à 20h00, le début d’une rétrospective Luigi Zampa, un cinéaste méconnu, qui s’est fait rare, historique pourtant. (27 janvier-14 mars 2016).

Avec une belle soirée d’ouverture, salle Langlois :


* Domenico modugno : provino di ammissione al centro sperimentale di cinematografia (1950).

* Anni ruggenti 
(Les Années rugissantes) 
 (1961).

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Faites votre programme du trimestre pour ne rien rater.

Mais les "inaugurations-événements" qui se succèdent ne doivent pas faire oublier les rétrospectives en cours qu’ils éclipsent.

* Annett Wolf jusqu’au 31 janvier 2016.

* Im Kwon-taek jusqu’au 29 février 2016

Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris.


Les sorties sur les grands écrans :

* Les Filles du Moyen-Âge de Hubert Viel (2015)

* Le Chanteur de Rémi Lange (2014).

* 45 ans de Andrew Haigh (2015).

* Tout en haut du monde de Rémi Chayé (2015).

* Les Délices de Tokyo de Naomi Kawase (2015).

* Experimenter de Michael Almereyda (2015)

* Les Saisons de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud (2015).

* Koan de printemps de Lou Ma Ho (2014).

* Contre pouvoir de Malek Bensmail (2015).

* Jane Got a Gun de Gavin O’Connor (2015).

Les ressorties en versions restaurées :

* Scandale à Paris (A Scandal in Paris) de Douglas Sirk (1946).

* Vacances romaines (Roman Holyday) de William Wyler (1953).

* The Thing de John Carpenter (1982).

* Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany’s) de Blake Edwards (1961).

* Mysterious Object At Noon de Apichatpong Weerasethakul (2000).



Mardi 26 janvier 2016

 

Le mardi, c’est ciné-club.
Nos deux favoris sont toujours au Quartier latin à Paris.

À l’Institut finlandais, à 19h30, le ciné-club nordique invite l’Islande et le Danemark.

* Horizon de Bergur Bernburg & Fridrik Thor Fridriksson (2015), sous-titres anglais. Un documentaire sur le peintre islandais Georg Guðni.

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N.B. : Fridrik Thor Fridriksson est le réalisateur de Rock in Reykjavik (1982), le premier film islandais que nous avons connu.

Institut finlandais, 60 rue descÉcoles 75005 Paris.


Au ciné-club de l’ENS, à 20h30,

* Silvia Prieto de Martin Rejtman (1999).

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Ciné-club de l’ENS, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris.



Lundi 25 janvier 2016

 

Au musée Guimet, c’est toujours la saison de la Corée.

* À 12h15 : La Mélancolie des beaux jours de Lee Hongki (2013).

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Musée Guimet, 6 place d’Iéna, 75016 Paris.


Ce soir, on peut rester à la maison, c’est presque une priorité.
Sur Arte, une soirée spéciale Ettore Scola, avec deux films qu’on peut considérer comme ses deux chefs-d’œuvre :

* À 20h55 : Une journée particulière (1977).

* À 22h40 : Affreux, sales et méchants (1976).

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Les vieux cinéphiles connaîssent les deux films qu’ils ont vus maintes fois du vivant de leur auteur. Les revoir ce soir sera leur façon de penser très fort à lui.

Pour les jeunes cinéphiles, eux, n’ont pas encore eu le temps de les voir, c’est l’occasion de vérifier que Scola ne vieillit pas, est immortel.


 



Samedi 23 janvier 2016

 

On ne vous reparle pas de la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et du programme Albatros.
Vous allez finir par croire que ce n’est pas de l’enthousiasme, mais de la publicité. Mais on vous conseille quand même d’aller voir leur programme (et ce qu’on en a dit les jours précédents dans le Journal de Hushpuppy.

Ailleurs, dans Paris, l’après-midi est chargé et la nuit sera blanche, sans dépenser un sou.


Au musée de l’Homme, aujourd’hui et demain, à partir de 14h00, projections des films primés lors de la 34ème édition du Festival :

* À 14h00 : La Sirène de Faso Fani de Michel K. Zongo (2014). Prix anthropologie et développement durable - Suez Environnement.

* À 15h45 : Des rêves persistants de Côme Ledésert (2015). Mention spéciale du jury.

et

* Tim Phonh de Tran Phuong Thao (2015). Grand Prix Nanook- Jean Rouch - CNRS images.

Et demain dimanche ça continue.

Faites votre programme.

Musée de l’Homme
, auditorium Jean-Rouch, 17 place du Trocadéro, 
75016 Paris.


À 15h30, Mélusine vous propose, à l’auditorium de la Halle Saint-Pierre,

* En compagnie d’Antonin Artaud de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, d’après le livre de Jacques Prevel (1993).

En présence de Jérôme Prieur et de Nicolas Rozier pour les Cahiers Artaud, , rencontre animée par Dominique Calmé.

(entrée libre, réservation conseillée : 01 42 58 72 89)


 

Halle Saint Pierre, 2 rue Ronsard, 75018 Paris.


Cette nuit, une bonne raison de rester à la maison :

Sur France Culture, à l’occasion des sorties des DVD / Blue-ray des films restaurés Les Disparus de Saint-Agil, Goupi Mains-Rouges, et L’Assassinat du Père Noël, à partir de minuit ("l’heure du crime"), commence La Nuit spéciale Pierre Véry, et cela jusqu’à 6h30 demain matin, avec Philippe Garbit et Noël Véry.

Pierre Véry avait dirigé l’émission Faits divers sur l’antenne de Paris-Inter dans les années cinquante, émission qui était devenue ensuite Les Maîtres du mystère, dirigée par Pierre Billard.
On se souvient du générique dû à André Popp, exécuté aux Ondes Martenot.

Cette nuit, on entendra (ou réentendra) des merveilles d’archives.

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Pour ceux qui vivent la nuit, pour ceux qui ne dorment pas, pour ceux qui se réveillent, pour ceux qui rentrent tard, pour ceux qui rentrent tôt, pour les accros qui auront pris du café, voici le détail de la nuit :

* À 00h00 : Entretien entre Noël Véry et Philippe Garbit I.

* À 0h35 : Les Anciens de Saint-Loup de Pierre Véry. Réalisation : Guy Delaunay (1ère diffusion le 3 octobre 1950 sur la Chaîne parisienne).

* À 2h00 : La Tribune de Paris. Le roman policier est-il essentiellement anglo-saxon ? par Paul Guimard avec Pierre Véry (1ère diffusion le 18 novembre 1948 sur la Chaîne nationale).

* À 2h30 : Actualité du cinéma. Par Georges Charensol et Simone Dubreuilh, avec Pierre Véry.

* À 2h45 : Entretien entre Noël Véry et Philippe Garbit II.

* À 3h18 : Les Maîtres du mystère. Le Pays sans étoiles de Pierre Véry. Réalisation : Pierre Billard (1ère diffusion le 18 octobre 1960 sur la Chaîne parisienne).

* À 4h23 : Actualité du livre. Pierre Véry pour Goupi à Paris, par Claudine Chonez (1ère diffusion le 13 mai 1949 sur la Chaîne nationale).

* À 4h50 : Goupi Mains rouges de Pierre Véry. Adaptation de Serge Douay et réalisation de Ange Gilles (1ère diffusion le 8 juillet 1956 sur la Chaîne parisienne).

* À 6h25 : Entretien entre Noël Véry et Philippe Garbit III.


Salut les câblés !

La semaine télé de Jeune Cinéma du 23 au 29 janvier 2016.



Jeudi 21 janvier 2016

 

À la Galerie Louis Gendre, ce soir à 18h00, on vernit Gilles T. Lacombe.

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L’exposition, Un rien de commun (22 janvier-27 février 2016), présente des œuvres encore inédites en France.

Scénographe de théâtre et de cinéma (1), réalisateur de films, concepteur et producteur de grandes expositions thématiques (2), ou simple architecte de ses nombreuses maisons, Gilles T. Lacombe a longtemps vagabondé, amateur éclairé, artiste "pluridisciplinaire", comme on dit.

Mais depuis 1994, Gilles T. Lacombe se consacre à la sculpture.

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Nul n’est prophète...
La galerie Louis Gendre fait un travail de précurseur en choisissant d’exposer quelques unes des œuvres de Lacombe, certaines déjà anciennes, présentées ailleurs en Europe, d’autres totalement inédites.
Car il est temps de découvrir en France cet artiste conceptuel à l’ample champ de conscience.

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Il continue à explorer, tous azimuts, les ressources de la matière et de l’esprit. Il ne manque aucun hasard objectif, aucune rencontre, et ne dédaigne aucune passerelle mentale entre son époque, ses mœurs et ses matériaux.

Mais le sillon qu’il creuse désormais se fait plus obsessionnel et plus engagé, à mesure que le nouveau siècle avance.
Quand il reconstitue une défense d’éléphant avec des touches de piano récupérées, ou des souches d’arbres détruits à partir de lambeaux de bois, au delà de la beauté ainsi révélée, sans doute fait-il aussi œuvre de justicier.

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1. Il a travaillé par exemple avec Armand Gatti.

2. On se souvient, par exemple, de quelques-unes des grandes expositions réalisées à la Cité des sciences de la Villette, par lesProductions de l’Ordinaire qu’il animait : L’Or (1986), La Vigne et le vin (1988), Le Jardin planétaire (1999), Le Soleil (2005)… Mais on peut citer aussi d’autres partenaires : la Cité de la Musique, le Centre Georges Pompidou, l’Institut Lumière, etc. Et à l’étranger, le MACBA de Barcelone), au Palazzo delle Esposizioni de Rome, à la Kunsthalle Charlottenborg de Copenhague…

Galerie Louis Gendre, 7, rue Charles-Fournier, 63400 Chamalières.


Ça ne peut pas vous avoir échappé, puisque le NYT en parlait depuis plus d’un mois, et que ça fait la Une de Variety : c’est aujourd’hui que le Sundance festival 2016, 32e édition commence, pour 10 jours (21-31 janvier 2016).

Il a lieu à Park City, Utah, et il est le seul festival de film indépendant des États-Unis.

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Il est né Utah /US Film Festival, à Salt Lake City, en 1978.
Il se déroulait en septembre, présentait surtout des rétrospectives et n’avait qu’une importance locale. Jusqu’à ce que le voisin, Robert Redford s’en occupe sérieusement, loin de Hollywood. En 1985, une association à but non lucratif est créée, le Sundance Institute, et, en 1991, naît le festival actuel, avec le nom de son second géniteur : notre Sundance Kid bien aimé.
Il a vieilli, mais il est toujours aussi charmant.

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Désormais, le festival a tout d’un grand, avec compétitions, marché du film, etc.
Et si vous n’y allez pas, vous pouvez avoir une idée de son style en regardant la chaîne télé Sundance Channel.

On est bien chez Sundance.
On est chez soi, loin des combats des grands requins et proche des luttes de la marge. Un monde lent et pacifique, des feelgood movies, et une cool attitude.

On vous en parlait, dans le Journal de Old Gringo le jeudi 22 janvier 2015.

Difficile tout de même de résister à la vision décalée des Américains sur leur ciné indé. Allo Ciné l’avait relayée et nous la renvoyons pour ceux qui l’avaient ratée. Les occasions de rire ne sont pas si nombreuses, et on ne se moque vraiment bien que de ce qu’on aime.

En clair, si vous avez du mal à trouver la vidéo :

"From Film Student with a rich uncle, and actor trying to be a director, the team that brought you 12 years old gets a period and bus full of migrants workers, baserd on a true story (that’s definitely worse than your life)"

avec quelques avis de médias d’intérêt local :

"Hit me right in my white guilt" ;
"Fit perfectly into my political agenda" ;
"So many people to feel sorry for… it made me feel so much better about my life" ;
"So many vintage pickup trucks" ;
"Featuring a stirring performance by a young ethnic girl that’s guarantee to be nominated for an Oscar but not win, subsequently leading her to fall back into obscurity, hit rock bottom and show up on celebrity rehab after having a child at sixteen" ;
"More incest than precious" ;
"With music by The Clapping Orphans Choir of Detroit".

À Park City, faites votre programme.



Mercredi 20 janvier 2016

 

Deux heures du matin.

Ettore Scola (1931-2016) est mort tout à l’heure, le 19 janvier 2016.

Il y a soudain un grand silence autour de nous.

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Andrée Tournès et Ettore Scola, Annecy, 2008.
 

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À Paris, au musée Guimet, c’est le jour des enfants, avec leurs parents.

* À 12h15 : Jeonju, une ville coréenne de Claire Alby (2012).

* À 15h00 : Oseam de Sung Baek-yeop (2003).

Musée Guimet, 6 place d’Iéna, 75016 Paris.


À Paris toujours, au musée de l’Homme, c’est comme si le super festival Jean-Rouch se prolongeait doucement toute l’année.

Un mercredi par mois, à 18h00, on a rendez-vous, en entrée libre, avec le cinéma documentaire ethnographique consacré aux relations de l’Homme avec son environnement. 
(Janvier-juin 2016).
Les films sont suivis d’une discussion avec des scientifiques et/ou les cinéastes.

Aujourd’hui, c’est :

* Avez-vous vu l’arana ? de Sunanda Bhat (2012).
Prix Monde en regards au Festival Jean-Rouch 2013.

Le film est suivi d’une discussion avec Nicolas Lainé.

Trailer - Ningal Aranaye Kando ? | Have you seen the arana ? from Sunanda Bhat on Vimeo.


 

Auditorium Jean-Rouch, musée de l’Homme, 17 place du Trocadéro, 75016 Paris.


À Lunéville, à 17h00, dans le cadre de l’Institut d’histoire culturelle européenne Bronisław Geremek, Didier Francfort invite Naïma Yahi au Château des lumières, pour un karaoké méditerranéen.
Au programme des chansons, des clips, des musiques à danser, des souvenirs.
Ça va chauffer.

Château de Lunéville, place de la 2ème Division de cavalerie, 54300 Lunéville.


À Toulouse, la Cinémathèque ne pense plus qu’à Fassbinder.

Ce soir, on en parle :

* À 18h30 : "Rainer Werner Fassbinder : le corps comme élément essentiel du discours critique", conférence de Claire Kaiser.
Suivie d’une lecture-installation par Julie Pichavant et Philippe Pitet.

* À 20h30 : Signature par Claire Kaiser de son ouvrage Rainer Werner Fassbinder. Identité allemande et crise du sujet (PU Bordeaux, 2015)

* À 21h00 : La Troisième Génération (Die dritte Generation, 1979).


Les sorties sur les grands écrans :

* Je veux être actrice de Frédéric Sojcher (2015).

* J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd de Lætitia Carton (2015).

* Les Chevaliers blancs de Joachim Lafosse (2015).

* Seuls les anges ont des ailes (Only Angels Have Wings) de Howard Hawks (1939).



Mardi 19 janvier 2016

 

Michel Tournier (1924-2016), le romancier poète et philosophe qui flirtait si bien avec les légendes, est mort hier, le 18 janvier 2016.

Dans les années 60, on aimait son Robinson Crusoë, son Vendredi et leurs mandragores. Ça se terminait bien avec la métamorphose des hiérarchies : comment d’esclave on peut devenir élève, puis égal : Vendredi ou les Limbes du Pacifique, (1967).

Le Roi des Aulnes (1970) est un des Goncourt qui perdure à travers les années, et ils ne sont pas si nombreux.
Nous étions fascinés par son héros, l’ogre Abel Tiffauges, qui nous faisait voyager, indemnes et protégés, côtoyant pourtant les récifs et les écueils, les déferlantes et les naufrageurs d’une époque diabolique.

Retour aux origines du roman avec Dietrich Fisher-Dieskau :

* Avec images (et sous-titres envahissants).


 

* Sans image, mais avec l’artiste.

* Avec le texte de Goethe.


Aujourd’hui, embarras du choix à Paris, pour les cinéphiles, des muets rares, de l’expérimental, nos ciné-clubs habituels du mardi, sans compter tout ce qui a été annoncé les jours précédents.

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Comme chaque jour, en ce moment, à la Fondation Jérôme-Seydoux-Pathé, nous suivons L’Aventure Albatros, qui nous ravit.

* À 14h00 : La Dame masquée de Viachestlav Tourjansky (1924), présentation de Élodie Tamayo.

* À 16h00 : Les Nouveaux Messieurs de Jacques Feyder (1928), présentation de Joël Daire.

On ne quitte pas les lieux et on rejoint un autre cycle de chez Seydoux : Le Grand Jeu.

Un mardi par mois à 19h00, depuis le 13 octobre 2015, Le Grand Jeu propose des ciné-concerts autour de "l’acteur dans le cinéma français des années 1910-1920".
À partir de films rares (longs, moyens ou courts métrages), on met en lumière les particularités du jeu et du talent d’un acteur ou d’une actrice du muet.

Des hommages ont été rendus :

* à Marthe Fabris par Manon Billaut (13 octobre 2015).

* à Lucien Bataille par Charlotte Servel (17 novembre 2015).

* à Raquel Meller par Céline Arzatian (1er décembre 2015).

Suivront, en 2016 : Ivan Mosjoukine par Myriam Juan (16 février 2016) ; Max Linder par Laurent Guido, Laurent Le Forestier et Dimitri Vezyroglou (15 mars 2016) ; Séverin-Mars par Élodie Tamayo (12 avril 2016) ; Léontine Massart par Méliossa Gignac (17 mai 2016) ; Antonin Artaud par Virginie Di Ricci (14 juin 2016).

Aujourd’hui, mardi 19 janvier 2016, à 19h00, donc, c’est Musidora qui est célébrée par Marién Gomez.

* Sol y Sombra de Musidora et Jacques Lasseyne (1922).

* La Tierra de los toros de Musidora (1924).

Présentation de Marién Gomez, accompagnement au piano de Adelon Nisi.

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C’est l’occasion de souligner tout particulièrement le talent des pianistes qui accompagnent ces séances.

On vous a déjà dit qu’il s’agissait des élèves de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel, en partenariat avec le Conservatoire national de musique et de danse de Paris.

Mais c’est une information insuffisante.

En effet, si les pianistes qui accompagnent les films muets ont toujours un rôle important, il est le plus souvent secondaire. Habituellement, ils sont aussi des compositeurs. Ils improvisent avec plus ou moins de talent. Leur musique peut être référentielle et illustrative, avec le risque d’être redondante ou confuse.

Mais quand ils sont inspirés, ils deviennent plus encore que des traducteurs, des créateurs simultanés.
Les meilleurs sont ceux qui ont des audaces.
Ceux qui trouvent le bon charleston, ou le one-step adapté aux danses rythmées mais muettes.
Ceux qui parviennent, parfois, à retrouver des thèmes improvisés au début du film, et retombent ainsi sur leurs pieds.
Ceux qui donnent, même à des films échevelés et vagabonds, une sorte de structure parallèle de secours.
Ceux, en somme, qui participent à la narration.

On aimerait alors que l’improvisation soit notée et demeure. C’est peut-être le cas.

Quoiqu’il en soit, nous remercions les pianistes qui accompagnent le cycle de L’Aventure Albatros, pour leur enthousiasme, au sens originel du terme ("possédé par les dieux") soit en termes moins métaphysiques, pour leur inspiration : Emmanuel Birnbaum, Camille El Bacha, Thomas Lavoine, Adelon Nisi, Axel Nouveau, Nicolas Worms.

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 73 avenue des Gobelins, 75013 Paris.


Les vieux muets et le cinéma expérimental ne sont nullement incompatibles.
Au contraire. Ils se télescopent et font surgir, dans nos propres fantasmes, et nos rêves personnels, des images nouvelles.

Au studio des Ursulines, ce soir, mardi 19 janvier 2016, à 20h30, il ne faut pas manquer l’hommage à Giovanna Puggioni que nous proposent Christian Lebrat et Paris-expérimental.

Un programme à couper le souffle.

Studio des Ursulines, 10, rue des Ursulines, 75005 Paris.


Il y a aussi nos ciné-clubs favoris du mardi.

Au ciné-club nordique de l’Institut finlandais, à 19h30, c’est la Suède, et Ingmar Bergman.

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On l’a tant aimé, Ingmar Bergman (1918-2007), toute son œuvre, de ses premiers films (amours et villes sinistres en noir et blanc), à ses derniers (somptueuses "sagas" en couleurs), en passant par ceux qui nous restent les plus précieux (Les Fraises sauvages, Monika ou À travers le miroir)…
Il faut retourner vers lui régulièrement.

* Trespassing Bergman de Jane Magnusson et Hynek Pallas (2013).

Institut finlandais, 60 rue des Écoles, 75005 Paris.

Au ciné-club de l’ENS, à 20h30.

* Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier (1978), en sa présence.

Ciné-club de l’ENS, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris.



Lundi 18 janvier 2016

 

Cent ans, c’est rien
Cent un ans, c’est bien.
C’est le signe qu’on a passé le seuil symbolique de son second siècle.

Aujourd’hui, Jacqueline V. a 101 ans.

Ses parents s’étaient mariés en mars 1914.

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Les hommes étaient partis pour la guerre le dimanche 1er août 1914 au soir.
Ses deux oncles, saint-cyriens en casoar et en gants blanc, étaient tombés dès août 14.

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Son père était sapeur-aérostier, spécialiste cordier. Il s’occupait des grééments et des nacelles des ballons captifs, matricule 2520 de la Compagnie 25/1. Il avait fêté se 26 ans sur le front, en décembre 1915.

Jacqueline était née le 18 janvier 1915.
Il avait fait sa connaissance, au cours d’une permission de hasard, le 3 février 1915.
Le 18 janvier 1916 était un mardi. Elle fêta sa première année de vie, avec sa mère, qui attendait, comme il convenait aux femmes de ce temps.

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Drôle d’entrée dans une nouvelle vie, dans un nouveau siècle.

Ils finirent par se retrouver.
Ils survécurent.
Il y eut une autre guerre. Ils survécurent encore.
Après longtemps de silence, il raconta.
Il y eut des étés, du soleil. "La vie" continuait.

Mais dans les cœurs des survivants, il y a toujours des cassures irréparables et des nécroses définitives.

Notre nouveau siècle n’en est qu’à son début.

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Au musée Guimet, à l’Auditorium, à 12h15, dans le cadre de l’Année de la Corée :

* Matins calmes à Séoul (The Day He Arrives) de Hong San-soo (2012)

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Musée Guimet 6 place d’Iéna, 75016 Paris.



Dimanche 17 janvier 2016

 

Le musée Dapper, à 15h, propose le premier film d’animation ivoirien.

* Pokou, princesse ashanti de Kan Souffle (alias Abel Kouamé Nguessan) (2013).

Dans l’histoire de l’Afrique, il y a de nombreuses reines. Elles ont eu des destins fabuleux : l’Egyptienne Néfertiti, la Malgache Ranavalona III, l’Angolaise Zingha ou l’Ivoirienne Abla Pokou.
Abla Poukou est une très belle reine, pacifiste, qui a préféré l’exil à la guerre et sa légende est bien connue en Côte d’Ivoire.
C’est une chance de faire sa connaissance grâce à un film d’animation, qui convient aussi bien aux petits qu’aux grands enfants.

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Abel Kouamé Nguessan, alias Kan Souffle (né en 1978) est un dessinateur qui fait partie de la bande de la revue Gbich ! et de son studio d’animation (Abidjan).
Il a été invité au festival d’Angoulême en 2005, en compagnie des Ivoiriens Barly Baruti et Mfumu’eto, du Gabonais Pahé et du Malgache JariIl.
Les dessins de Abel Kouamé sont inflencés par l’école américaine des super-héros et par les mangas japonais.

Musée Dapper, 35 bis, rue Paul Valéry, 75016 Paris.


Nous vous en parlions mercredi 12 janvier 2016 à l’ouverture, à la Gaité lyrique, le week-end de clôture des Rencontres internationales (Nouveau cinéma et art contemporain, 12- 17 janvier 2016) a commencé hier, et se termine aujourd’hui, après des journées intenses en entrée libre.

Hier, samedi 16 janvier 2016, ceux qui n’y étaient pas ont raté trois séances importantes :

* À 15h30 : Meurtrière de Philippe Grandrieux (2015), second volet de sa trilogie sur l’inquiétude.

* À 17h00 : S’envolent les colombes de Benoît Peverelli (2015), en présence de Rodolphe Burger.

* À 19h00 : Dead Slow Ahead de Mauro Herce (2015)
 

Aujourd’hui, dimanche 17 janvier 2016, ne ratez pas :

* À 16h00 : la carte blanche de Pedro Costa..

* À 17h00 : Sans titre de Clément Cogitore (2006), suivi de Michael de Adel Abidin (2015).

* À 19h00 : The Thoughts That Once We Had de Thom Andersen (2015), présenté par Raymond Bellour.

Gaîté-Lyrique, 3 bis rue Papin, 75003 Paris.



Samedi 16 janvier 2016

 

À Paris, ce samedi, c’est journée continue.

Au cinéma L’Arlequin, le Goethe Institut nous invite aux Samedis du cinéma allemand.
Le programme s’appelle 1930-2010 : L´Allemagne en 10 films. Un parcours cinématographique et historique.

* À 11h00 : Ciel sans étoiles (Himmel ohne Sterne) de Helmut Käutner (1955)

La séance est présentée par Patrick Brion.

Cinéma L’Arlequin, 76 rue de Rennes, 75006 Paris.


À la Maison de la poésie, à 17h00, Denis Guénoun propose une soirée Théâtre et Poésie.

Denis Guénoun écrit :

L’écriture théâtrale est d’essence poétique.
Voici la thèse qu’on voudrait soutenir et mettre en discussion, pas seulement dans ses évidences (d’Eschyle à Claudel), mais même pour la comédie (entre Molière et Beckett), même lorsqu’il s’agit de prose (en se référant à l’époustouflant paradoxe de Walter Benjamin : "L’idée de la poésie, c’est la prose").
Et même lorsque, le texte parlé jouant le second rôle, c’est une poésie visuelle et spatiale, une écriture et une poésie proprement scéniques qu’il s’agit d’approcher.

Un dialogue avec Michel Deguy, Martin Rueff, Gabriel Dufay, Éric Ruf & ses autres invités devrait nous en dire plus encore.

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Maison de la poésie, passage Molière, 157, rue Saint-Martin 75003 Paris.


À l’Institut du monde arabe (IMA), à 20h00, c’est le flamenco qui est à l’honneur avec les Souvenirs d’Andalousie (16 janvier-8 avril 2016).

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Ce soir, ça commence avec l’authentique flamenco puro de Jerez de la Frontera avec Maria del Mar Moreno et Antonio Malena.

Faites votre programme jusqu’en avril.

Institut du monde arabe (IMA), 1 rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris.


Salut les câblés !

La semaine télé de Jeune Cinéma du 16 au 22 janvier 2016.



Vendredi 15 janvier 2016

 

À Saint-Ouen L’Aumône, ce soir on va voir :

* À 20h30 : L’Affaire Salah Hamouri de Nadir Dendoune (2015)

C’est un documentaire qui ne dure que 40 minutes.

Mais il est édifiant sur le traitement à deux vitesses de la question du Proche-Orient par les médias et les politiques : d’un côté l’omerta autour de l’emprisonnement pendant sept ans sans preuves dans les geôles israëliennes du franco-palestinien Salah Hamouri et de l’autre l’omniprésence de l’enlèvement du soldat franco-israëlien Gilad Shalit.

En présence du sémillant Nadir Dendoune (dit Le Tocard), et suivi d’une discussion avec des représentants de la gauche (la vraie, celle de gauche).

On y est invité par Jean-Jacques Rue (de Siné Mensuel).
C’est vous (pré)dire, la qualité et l’ambiance.

Cinéma Utopia 95, 1 place Mendès-France, 95310 Saint-Ouen-l’Aumône.


À Blois, Cinéfil vous invite à la Semaine du cinéma hispanique, 7e édition, qui a commencé mercredi.

Concoctée en étroite concertation avec des professeurs d’espagnol des collèges et lycées pour plusieurs séances scolaires, elle offre un regard sur l’actualité des productions espagnole et latino-américaine. Au programme, la jeunesse face au poids des dictatures et au franquisme qui ne passe pas.

Plein de films que nous avons aimés : Les Nouveaux Sauvages 
 de Damián Szifrón (2014), La Isla minima de Alberto Rodriguez (2014), Esto es lo que hay, Chronique d’une poésie cubaine de Léa Rinaldi (2015), Gente de Bién de Franco Lolli (2013), Le Bouton de nacre

 de Patricio Guzmán 
(2015), À peine j’ouvre les yeux de Leyla Bouzid
 
(2016), L’Étreinte du serpent de Ciro Guerra 
(2015).

Faites votre programme.

Cinéma Les Lobis, 12 avenue Maunoury, 41000 Blois.


Puisqu’on est chez les Latinos, le Collectif argentin pour la mémoire nous rappelle que 2016 est une année anniversaire :

* 200 ans de l’indépendance de l’Argentine (1816-2016)
* 40 ans du coup d’État militaire (1976-2016)
* 10 ans de la création du Collectif argentin pour la Mémoire (2006-2016)

Et il nous invite, ce soir 15 janvier 2016, à 20H00, à rendre hommage aux 43 étudiants disparus au Mexique.

Sergio Ferreira y présentera son ouvrage collectif : 43 por Ayotzinapa, préface de Estela de Carlotto.

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Pour y aller et tout bien entendre et comprendre, il vaut mieux parler espagnol. Mais l’entrée est libre (dans la limite des places disponibles), et la chaleur humaine de la communication non verbale peut suffire à faire une belle soirée.

Maison de l’Argentine de la Cité Internationale Universitaire de Paris, 27 boulevard de Jourdan, 75014 Paris.



Jeudi 14 janvier 2016

 

Le grand acteur britannique, de la Royal Shakespeare Company, Alan Rickman (1946-2016) est mort le 14 janvier 2016.

Nous nous souvenons surtout du Colonel Brandon dans Sense and Sensibility de Ang Lee (1995), ou de Eamon de Valera dans Michael Collins de Neil Jordan (1996).
Toujours la même classe, de Valmont à Snape en passant par Robin Hood.

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C’est Harry Potter (2001-2011), qui lui a apporté la notoriété mondiale, avec l’honneur insigne du bandeau "Dernière minute" sur les écrans télé, le jour de sa mort.

Cancer, 69 ans. Une génération à la mer, disait-on pour Bowie.

À propos de Bowie, notre collaborateur et ami Olivier Varlet nous évoque ses souvenirs :

"À la filmographie de David Bowie, j’ajouterais Labyrinthe.
Je l’avais vu enfant, il a longtemps peuplé mon imaginaire. Quand je l’ai revu adulte, il perdu en ampleur. Mais s’il m’est devenu naïf, reste le charme de ces films faits-main où les effets spéciaux ne sont que quelques ombres et marionnettes dont le grotesque et le papier-mâché crée l’envie de rêver, de s’emporter au-delà de soi-même. Comme les chansons de Bowie, comme ses personnages plus grands que la vie.

Et impossible d’oublier les deux génériques de Lost Highway, aussi bien pour le ruban de Möbius qu’y crée Lynch que pour la folie qu’y instille le cri intérieur, retourné sur lui-même, de la chanson l’m Deranged de Bowie."

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Hier a commencé le festival international de comédie de L’Alpe d’Huez, 19e édition (13-17 janvier 2016).

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C’est l’unique festival de cinéma en Europe consacré à la comédie.

Il se déclare "atypique, populaire dans le bon sens du terme".

Il considère qu’il est "snobé et peu honoré" par on voit bien qui (ces intellectuels parisiens des volailles qui font l’opinion).

Il constate que pourtant la comédie est "sans conteste le genre cinématographique le plus populaire et le plus fédérateur du 7e art !".

Il est fier d’avoir découvert les succès du box-office.

De plus, il se flatte d’avoir les moyens d’être "un Festival pour tous", en donnant un accès libre et gratuit au public à toutes les projections (dans la limite des places disponibles).

Sur tous ces points, il a raison.
Quelques bémols, pourtant.

C’est un grande gageure de se consacrer à la comédie (1), et nous soutenons ce choix. Tout le monde sait que c’est le genre à la fois le plus nécessaire mais le plus délicat. Il est infiniment plus facile de faire pleurer Margot que de la faire rire.

C’est d’ailleurs ce qui fait que les films primés de l’Alpe d’Huez ne soient pas systématiquement les préférés de ces "messieursdames" de la critique (qui eux-même d’ailleurs n’ont pas forcément raison, on en convient). La qualité des sélections des festivals ne dépend guère d’eux, mais de ce qui leur est proposé. Il y a de bons et de mauvais crus, ce n’est pas leur faute.

Les hiatus entre les choix de "la critique" (multiforme) et ceux du phénomène social du box-office (inconstant) font partie des grands mystères (même si nous en connaissons quelques menus ingrédients, le fric, le matraquage, l’influence, la mode, les humeurs du bouche à oreille, l’instinct grégaire).

Se vanter de flairer les succès du box-office, voire de soutenir ceux qui en ont trouvé les recettes de fabrication et les financements n’est pas forcément une preuve de grande vertu. Et l’ensemble fonctionne comme une tautologie : le drame d’une comédie, c’est de ne pas figurer au box-office.

Il est gratuit, certes.
Pour ceux qui ont les moyens d’aller passer un moment dans la station de ski à ce moment en janvier (à part les quelques 1400 habitants à l’année). Il fonctionne en fait comme une animation de la saison touristique, et pas comme une opération de consécration ou comme une démarche de découverte. Subventionné par le syndicat d’initiative ?

Quoiqu’il en soit, il ne faut pas bouder nos plaisirs et il faut toujours aller voir, en quête de bonnes suprises.

Cette année, la programmation est "cent pour cent comédie française", avec Kad Merad en président du jury, après Florence Foresti (2013), Dany Boon (2014) et Gad Elmaleh (2015).

Faites votre programme.


 

1. Pour ce qui nous concerne, il y a longtemps que ça ne nous est pas arrivé de rire à "l’humour ravageur" des comédies françaises.

En fouillant dans nos mémoires, on a trouvé La Cage dorée de Ruben Alves (2013), chouette premier film, mais plutôt portugais.

On avait dégusté aussi : Erreur de la banque en votre faveur de Michel Munz et Gérard Bitton (2008) et Le Prénom de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière (2011)

La dernière fois qu’on a vraiment ri, d’un rire de belle qualité, avec des arrière-mondes et des clins d’œil et des visions communes, et où on a accepté finalement la fin œcuménique, c’était pour une comédie italienne : Se dio vuole (Si Dieu le veut) de Edoardo Falcone (2015), présenté au festival d’Annecy 2015, et qui ne sortira peut-être jamais en France.
Prix du public, en effet.
C’est que le public, bon enfant, s’il se contente de peu quand on lui donne peu, sait aussi reconnaître les plaisirs de haut niveau.

Mais Bienvenue chez les Ch’tis de Dany Boon (2008), succès planétaire dit-on - on peut bien l’avouer maintenant, il y a prescription - : on a ri une fois et demie.
Et qui se souvient des récompensés cités par l’Alpe d’Huez : Juno ; La Première Étoile ; Tout ce qui brille ; L’Arnacœur ; Starbuck ; Babysitting ; Papa ou Maman ?

En fait, chez les acteurs, il n’y a pratiquement plus de "comiques" spécialisés et estampillés, mais des acteurs et des actrices qui nous font rire, si les films et les dialogues sont drôles.
Au passage un petit clin d’œil affectueux au dialoguiste pataphysicien Henri Jeanson (1900-1970).

Le genre lui-même de comédie est peut-être devenu un piège, tant il est vrai qu’on ne rit jamais autant que quand on a pleuré ou quand on va le faire et qu’il y a de si nombreuses natures de rires.

Pour la plaisir, citons quelques acteurs et actrices qu’on adore : Isabelle Nanty, Cécile de France, Agnès Jaoui, Yolande Moreau, Valérie Lemercier, Josiane Balasko, Albert Dupontel, Jean-Pierre Bacri, Michel Blanc, Édouard Baer, Jean Dujardin, Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot…
Oui, on adore rire, et on aime les acteurs.
Mais ils ne peuvent pas toujours tout porter sur leurs épaules.



Mercredi 13 janvier 2016

 

En attendant Nadeau , c’est La Quinzaine littéraire, 3e génération, désormais en ligne et gratuite.

La Quinzaine littéraire, créée en 1966 par Maurice Nadeau, malade et malmenée, a été déclarée en mort clinique, le 13 janvier 2016.

Pour l’histoire de son accident et de sa maladie, reportez vous à l’historique.

Toutefois la médecine fait des miracles.
Et tout le monde n’est pas aussi mécréant que Beckett, ni si en retard que Godot.

En attendant sa résurrection, elle, son corps et son esprit, continuent sous forme virtuelle, et gratuite : En attendant Nadeau.

Tous les amis, tous les abonnés, tous les souscripteurs, tous les fidèles doivent avoir à cœur de soutenir ce tout jeune site.
Il n’a besoin, pour l’instant, que d’être visité, lu, connu.

Faites passer.


Les sorties sur les grands écrans :

* Carol de Todd Haynes (2015).

* Je suis le peuple de Anna Roussillon (2014).

* A Second Chance de Susanne Bier (2014)

* Bang Gang (Une histoire d’amour moderne) de Éva Husson (2015).

* Arrête ton cinéma de Diane Kurys (2015).

* Et ta sœur de Marion Vernoux (2014).

N.B. : La France est le pays au monde où il y a le plus de réalisatrices.

* Inferno d’August Strindberg de Paul-Anthony Mille (2015).
Inferno n’est pas un roman. C’est le journal de Strindberg qui devient fou à Paris, longtemps oublié et relégué derrière son théâtre. On ne le trouvait plus que chez les bouquinistes.

Et puis les ressorties en versions restaurées :

* Écrit sur du vent (Written on the Wind) de Douglas Sirk (1956).

* Loin du paradis (Far from Heaven) de Todd Haynes (2002).



Mardi 12 janvier 2016

 

Dernière minute :

Y a de l’eau dans le gaz, au festival de la BD d’Angoulême, sur un sujet majeur : celui des l’exclusion des femmes.


Pour ceux qui n’ont pas suivi, on recommande d’écouter le point minutieux, clair et précis que fait Gilles Ciment.

Ça dure 15 mn, mais ça vaut vraiment le coup de prendre le temps.
Cet état des lieux au niveau local peut servir de boîte à outils pour pratiquement tous les lieux culturels, et plus que jamais pour la lecture de notre société.

À Angoulême, le 9e art est en majesté, et plus personne, depuis des années, ne le considère plus comme appartenant au second rayon.

Le festival 2016 a lieu du 28 au 31 janvier 2016.
Autant savoir de quoi il retourne un peu avant de s’y plonger.


 


À Paris, la soirée mensuelle de Bref au MK2, c’est ce soir.

À ceux qui ne l’ont pas noté, nous rappelons que chaque mois, Bref, le magazine du court métrage, propose une soirée spéciale.
Les courts métrages aussi nous marquent et sont ancrés dans nos mémoires, comme dans l’histoire du cinéma. Autrefois, ils accompagnaient chaque séance de cinéma, et précédaient, en première partie, le grand film.
Nous n’avons cessé de rêver à ce documentaire sur les sardines qu’on nous à tant promis dans les cinémas de province des années 50. (1)

Les séances mensuelles de Bref s’articulent autour d’un film plus ou moins ancien, précédé de découvertes contemporaines. Une façon de faire dialoguer passé et présent.

Ce soir, à 20h00, la soirée célébre le premier film professionnel de Maurice Pialat, L’amour existe (1960), Prix Louis Lumière 1961, Lion de Saint Marc au festival de Venise 1961.

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Et nous fait découvrir :

* Journée d’appel de Basile Doganis (2014)

* Le Dernier des céfrans de Pierre-Emmanuel Urcun (2015).

1. Les vieux de la vieille se souviennent de la pub Miko des années 50.
Le spectateur demandait à la caissière ce qu’il y avait au programme, une grosse dame avec chignon. "Un western", répondait-elle d’un air émerveillé, accompagnée d’une image de cow boys, elle retirait une flèche de son chignon. "Et en première partie ?" insistait le futur spectateur hésitant. "Un documentaire sur les sardines !", répondait-elle extasiée, retirant un poisson de son chignon. L’image, c’était carrément "Pêcheurs d’Islande" dans la tempête ou quelque chose comme ça. Le spectateur hésitait toujours : "Et à l’entr’acte ?". "À l’entr’acte, il y a Miko !". Le spectateur, alors sûr de son esquimau, tirait enfin ses sous de ses poches. On nous dit que cette pub était réservée à la province, et que nul ne l’a vue à Paris.

Nous, depuis tant d’années, nous la recherchons, cette pub.
Qui la trouvera sur Internet gagnera un abonnement à Jeune Cinéma.

MK2 Quai de Seine
, 14 quai de la Seine
, 75019 Paris.


À Paris toujours, à la Gaité lyrique, dont le nom a un parfum fin de siècle (19e), mais qui est devenu le lieu des cultures numériques, commencent les Rencontres internationales dédiées à la création audiovisuelle et aux pratiques contemporaines de l’image en mouvement (12-17 janvier 2016).

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Approches documentaires, fictions expérimentales, vidéos, formes hybrides : la programmation des Rencontres Internationales est le fruit d’un travail de recherche approfondi et d’invitations à des artistes marquants du cinéma et de l’art contemporain.

Soirée d’ouverture en deux parties (entrée libre) :

* À 19h30 : Vapour de Apichatpong Weerasethakul (2015) en première européenne.

Et à 21h00 : Alchimique (quatre courts métrages) :

* Errances de Enna Chaton avec Céleste Boursier-Mougenot (2014).

* Suspension de Sebastian Diaz Morales (2014).

* Rhus Typhina de Georgy Bagdasarov et Alexandra Moralesova (2014).

* Bunker de Sandro Aguilar (2015).

Faites votre programme de la semaine.

Gaîté Lyrique, 3 bis rue Papin, 75003 Paris.


N’oublions pas nos bonnes habitudes du mardi, dans un de nos ciné-clubs préférés, celui de l’ENS, avec ce soir :

* À 20h30 : Bouge pas, meurs et ressuscite de Vitali Kanevski (1989).

Ciné-club de l’ENS, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris.


À Toulouse, à la Cinémathèque, commence ce soir une rétrospective Fassbinder (12 janvier-23 février 2016).

Sa fidèle amie Hanna Schygulla, "sa poupée de chair" comme elle se décrit, sera présente à la Cinémathèque les 12 et 13 février 2016 pour évoquer son parcours avec le cinéaste, mais aussi pour un concert unique aux côtés de Jean-Marie Sénia.

On l’a beaucoup aimée dans Les Larmes amères de Petra von Kant (1972) avec Margit Carstensen. Son visage était encore si enfantin.

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Ce soir, ouverture de la rétrospective Fassbinder avec :

* À 19h00 : L’amour est plus froid que la mort (1969).

* À 21h00 : Lola une femme allemande (1981).

Faites votre programme de toute la rétrospective.

Cinémathèque de Toulouse, 69 rue du Taur, 31000 Toulouse.



Lundi 11 janvier 2016

 

ArtNet News nous envoie des nouvelles.


Bowie, toujours :

Naturellement tout le monde se demande si Lazarus ne serait pas le song-testament de Bowie.

On vous donne deux éléments qui compliquent peut-être un peu ce qui semble trop directement intelligible :

* Po Lazarus est une vieille chanson folk chantée par Woody Guthrie.
Dead or alive, it’s a hard road...

* Lazarus Effect est un film d’horreur de David Gelb (2015).

Lazarus
 


 


BlackStar
 


 


David Bowie (1947-2016).

Nous sommes inconsolables.


 



Dimanche 10 janvier 2016

 

À Paris, hier soir, c’est à la Galerie Marian Goodman, qu’on a verni Steve McQueen (9 janvier-27 février 2016). Il y a ses habitudes.

Avec Hunger (2008), nous avons découvert un réalisateur extra-ordinaire.
Mais nous ne connaissions pas encore l’artiste Steve McQueen, qui avait pourtant déjà une longue œuvre derrière lui.

C’est le cinéma qui l’a fait connaître hors du monde des arts plastiques.
Désormais il est double. Il demeure un plasticien.
Il dit aussi : "En même temps, je veux raconter des histoires".
Il fait donc des films.
Après Hunger (2008), il y eut Shame (2011), puis Twelve Years a Slave (2013), Oscar du meilleur film 2014.

Il continuait, dans le même temps, son œuvre de plasticien.

En 2009, à Venise, au pavillon britannique dans les Giardini, on a pu voir Rayners Lane (2008).

En 2015, à Venise à l’Arsenale cette fois, ce fut Ashes.

À gauche sur le long chemin familier, deux cellules noires, dos à dos, pile et face d’un parcours inversé.

* Dans la première cellule, l’endroit.
La construction d’un tombeau, l’inhumation.
Fascination de ce savoir-faire minutieux du ciment.

* Dans la seconde cellule, l’envers.
Le vivant, le jeune homme face à la mer.
Et le bruit, de l’autre côté de la mince cloison, venant de la première cellule, de ce qui l’attend.

"Est-il encore debout le chêne ou le sapin de mon cercueil ?".

Tous les cinéphiles qui admirent le cinéaste et n’ont pas été à Venise peuvent aller découvir le plasticien à Paris.


 

Car avec ses films fixes, ou ses installations, Steve McQueen raconte aussi des histoires.

Galerie Marian-Goodman, 79 rue du Temple, 75003 Paris.


André Courrèges (1923-2016) est mort le 7 janvier 2016.
On le célèbre.

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C’est vrai qu’on a adoré ses robes carrées, son optical look, et ses plastiques.
Et de ses imitateurs, tout ce qu’on trouvait à Prisunic où les stylistes se défonçaient, épanouis désormais et loin des pauvretés de l’après-guerre.

On avait complètement relégué au grenier les étoffes fluides et douces, les biais savants et les drapés de nos mères.
Et oublié les jupons crinolines, les tailles de guêpes et les seins tout pointus de la fin des années 50.

Nous nous souvenons avec émotion de la robe métallique de Joanna Shimkus. Pour les jeunes : Les Aventuriers de Robert Enrico (1967).

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Mais ce n’est pas Courrèges qui a "inventé" la mini-jupe.
C’était dans l’air depuis quelques années, et les miniskirts venaient plutôt de Londres, plus particulièrement du "Bazaar" d’une femme, Mary Quant (née en 1934), à Chelsea.

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Ça a commencé en 1965, et ça arrivait avec la maille des T.shirts pour tous les vêtements, préfigurant le stretch, et les bodies avant la lettre, couleur chair.


 

En France, c’est au printemps 1966, que c’est vraiment arrivé dans la rue : les filles ont commencé à montrer leurs jarrets en ville, en coupant 10 cm à leurs vieilles jupes dites "en forme", et l’hiver suivant, à leurs kilts. En 1967, la collection Courrèges proposait encore quelques jupes "au genou".

Ces mini-jupes avaient une belle allure parce qu’elles étaient portées avec des talons plats (ce qui permettait de courir dans les manifs).

On les portait, plus ou moins courtes selon l’humeur, avec ce qu’on appelait des "panties", plus proches des "shorties" que de la lingerie fine affriolante.
C’est que les miniskirts changeaient tous les comportements des femmes, comment s’asseoir, se lever, se pencher, se baisser.
Pas de culotte du tout, parfois, pour faire bicher qui était derrière soi dans les escaliers mécaniques. Mais c’était des actes isolés et ponctuels.
Mary Quant disait : "Good taste is death, vulgarity is life".
Mais toutes ses filles étaient la grâce même.

Plus tard, avec les bottes hautes arrivèrent les longs manteaux, l’hiver.
Pour les femmes comme pour les hommes, à chaque époque, la mode invente une allure générale, mais zoome - ostensiblement ou discrètement - sur telle ou telle partie du corps, et chacune a ses heures de gloire. Là, c’était la cuisse qui était devenue légère parce que seulement entrevue, entre la botte et le bas de la jupe, dans les mouvements du long manteau.

Dans l’esprit de Mary Quant, c’était une libération, pas une provocation ni une prison.

De nos jours, il y eut une période show off tous azimuts, jupes à ras le bonbon portées avec des talons aiguille de 15 cm, jean à taille de plus en plus basse ouvert sur le string, décolletés hyper pigeonnants, tout à la fois parfois, etc.
Une mode erratique, grossière, in-signifiante.
Qui, de plus, était contre-productive. Baisse tendancielle du taux de désir.
On sait ce qu’il advint de ces cul-de-sac, de ces excès incontrôlés.
De gros malentendus, on va dire.

Mention spéciale de l’exception Femen (ou de Lady Godiva).
La nudité utile. Là où il y a un sens, ou même seulement une intention mentale, il ne peut y avoir que de la vérité.

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Quelle que soit l’époque, quelle que soit la mode, Éros - créature extrêmement raffinée - n’apparaît qu’aux corps munis d’un esprit.

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Samedi 9 janvier 2016

 

À Toulouse, le cinéma ABC fête ses 50 ans (9-17 janvier 2016).
Cinquante ans, un demi-siècle, l’ABC commence son âge historique, et ça se fête dignement.

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Le cinéma est né en 1966.

C’était un temps où la télévision se généralisait dans les foyers français, déstabilisant les salles de ciné, qui commençaient à fermer.
Le Ciné-club de la jeunesse toulousaine (association) a alors acheté la salle de 400 places et proposé une programmation "Art et essai". Ça a marché. Superbement.


 

Au programme : des avant-premières, des rencontres, des conférences, des animations, des photographies, des archives, des témoignages, des cinéastes confirmés, de jeunes auteurs, bref tous les trésors et tous les amis offerts à son fidèle public pendant une semaine.

Cet anniversaire, le cinéma le fête en partenariat avec ACID
(Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), la section du festival de Cannes pour laquelle on a une affection toute particulière.
Et en collaboration avec les amis de toujours : Cinespaña, CinéLatino, les Rencontres du cinéma italien, Des images aux mots, Made in Asia, et la librairie Ombres Blanches.

Ça commence ce samedi :

* À 17h30 : Carol de Todd Haynes (2015) (avant-première).

* À 20h00 : L’ABC 50 ans de Dario Sajeva (2015) (entrée libre).

* À 21h00 : Truman de Cesc Gay (2015) (avant-première).

* "Un verre de l’amitié" offert par Cinespaña.

Tous les jours de la semaine, à 13h00, l’entrée sera libre et les autres séances seront au tarif unique de 5, 00€.

Faites votre programme de la semaine.

Cinéma ABC, 13 rue St-Bernard 31000 Toulouse.


Salut les câblés ! La semaine télé de Jeune Cinéma du 9 au 15 janvier 2016.



Vendredi 8 janvier 2016

 

À la Fondation Seydoux-Pathé, L’aventure Albatros (6 janvier-2 février 2016), Les cinéastes russes qui débarquaient à Paris, en 1920.

C’est absolument sensationnel, cet espace, cette délicieuse petite salle, ces merveilles de films inconnus restaurés, ces pianistes inspirés…

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Et nom d’un chien, ce que Mosjoukine était beau en 1920 !
(par exemple, dans L’Angoissante Aventure de Jacob Protozanoff.

Ce qui est plus magique encore, c’est que c’est encore un lieu un peu secret, hors du temps.

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Aujourd’hui :

* À 14h00 : À Les Ombres qui passent de Alexandre Volkoff (1924).

* À 16h00 : La Riposte de Viatcheslav Tourjansky (1922).

Toutes les copies du cycle L’Aventure Albatros proviennent de la Cinémathèque française et ont été restaurées à partir de matériaux de conservation et négatifs issus de ses collections.

Toutes les séances sont accompagnées au piano par les élèves de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel, en partenariat avec le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris.

Faites votre programme.

Fondation Jérôme-Seydoux-Pathé, 73 avenue des Gobelins, 75013 Paris.


Au Musée Guimet, à 12h15, Poetry de Lee Chang-dong (2010).


 

Musée Guimet, 6 place d’Iéna, 75016 Paris.



Jeudi 7 janvier 2016

 

Nous nous souvenons de ce 7 janvier 2015 à Paris.

Comme pour l’assassinat de Kennedy ce 22 novembre 1963, ou l’attaque des Twins Towers le 11 septembre 2001, chacun se souvient d’où il était et avec qui, de ce qu’il faisait. Et à qui il a téléphoné immédiatement. Chacun se souvient de ce moment de stupeur.

Frivolité de nos âmes : chacun se souvient aussi, s’il était déjà né, de la même façon ou à peu près, de la mort de Marilyn, le 5 août 1962.
Car nous avons aussi des idoles, et quand l’une d’entre elles chute, la déstabilisation s’installe un moment.
One Dies, Millions Cry. Millions Die, No-one Cries.

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La même chose, dans nos mémoires - toutes choses égales d’ailleurs, téléphones, radio, télévision, portables - pour le 19 août 1944 de Paris, pour le 17 avril 1961 de Cuba, pour le 11 septembre 1973 de Santiago… Plus pour les symboles souvent que pour les vivants, et on ne sait pas s’il faut le regretter.
On constate, pour ceux qui ont beaucoup vécu, que les "coups de foudre" commencent à s’émousser et que c’est désolant.

Pour en revenir au 7 janvier 2015, nous qui avons la collection complète de Charlie Hebdo, jusqu’à la scission avec Siné Hebdo, qui a pris la suite (donc une belle collection "rapiécée", qui tient compte de l’histoire) nous avons vu confirmées deux choses que nous savions déjà sans y prêter suffisamment attention :

* Le rire, comme l’amour, a une histoire.
On a changé d’époque. Nous, nous ne changerons pas de rire, mais ce sera en privé.

* Les larges masses sont lunatiques et ont la mémoire courte.
Ceux qui avaient fraichement découvert Charlie Hebdo et faisaient la queue devant les kiosques l’année dernière, avaient mieux à faire cette année.
Conclusion : comment demander aux dirigeants de ne pas naviguer dans le très très court terme ? Ceux qui ont de grands desseins ne sont pas réélus.

Reste une question sur la Une choisie par Charlie.

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À notre connaissance, tous les dieux (ceux qui vivaient en communauté autrefois ou ceux qui se prétendent monos aujourd’hui) sont des dieux de colère, et des assassins.
Seules les méthodes diffèrent, plus ou moins frontales, plus ou moins hypocrites.
Car les dieux ressemblent à leurs géniteurs, les humains : plus ou moins "politiquement corrects".


À 18h30, à la librairie du Panthéon, Cinélittérature, Javad Zeiny dédicace son livre Le Cinéma iranien. Un cinéma national sous influences, de 1900 à 1979 (avant la révolution). Préface de Jean-Luc Godard.

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L’ouvrage est issu de sa thèse qui analysait les influences étrangères (occidentales, arabes, indiennes) qui se sont exercées sur le cinéma iranien sous le règne des Pahlavi, depuis ses débuts tardifs, à la veille du parlant, jusqu’au déclenchement de la révolution islamique.

L’espace de la seule librairie de cinéma de Paris est vraiment chouette.
Et Marc Benda est un hôte délicieux.
Si vous ne connaissez pas encore, c’est une excellente occasion.

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Librairie du Panthéon, Cinélittérature, 15 rue Victor Cousin, 75005.



Mercredi 6 janvier 2016

 

Pierre Boulez (1925-2016) est mort hier, le 5 janvier 2016.

Pour l’aimer, il fallait être moderne.
Il fallait aussi aimer les êtres supérieurs.
On l’aimait.

De près, on appréciait, sous ses airs sévères, son exquise courtoisie qui ne semblait jamais convenue.

De loin, on écoutait le compositeur et on observait sa place dans le monde, parmi les plus grands. Pour nous, c’était lui (et quelques autres, mais très peu) cette fameuse "élite" qui fait régulièrement retour dans les médias par fournées

Pour tel d’entre nous, le 1er vinyle de "musique classique" fut son Marteau sans maître, avant même de connaître René Char.

Pour tel autre, c’était son rapport au théâtre et aux théâtreux.
Patrice Chéreau évidemment, notamment pour Le Ring en 1975, mais aussi Peter Stein ou Klaus Michael Grüber.

Nous avons connu un homme historique.


 


À la Fondation Jérôme-Seydoux-Pathé, c’est le cinéma russe en exil qu’on célèbre et la grande figure de Joseph Ermolieff, avec L’Aventure Albatros (6 janvier-2 février 2016).

À Montreuil, au 52, rue du Sergent-Bobillot, il y avait un hangar, au début des années 1920, où l’industrie cinématographique russe tentait de survivre à la révolution d’Octobre.
Charles Vanel raconte ainsi : "C’était plein d’émigrés qui couchaient dans les loges. Le tailleur et raccommodeur était un général tsariste ; le cuisinier, un pope ; le chef machiniste, un colonel cosaque".

Une rencontre qu’il faut suivre aussi à la Cinémathèque, à Bercy.

Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 73 avenue des Gobelins, 75013 Paris.
Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris
.


Les sorties sur les grands écrans :

* Beijing Stories de Pengfei Song (2014).

* La Fille du patron de Olivier Loustau (2015).

* Les Huits Salopards (The Hateful Eight) de Quentin Tarantino (2015). Parce que "Respect" pour Tarantino, un des plus grands cinéphiles devant l’Éternel.

* Je vous souhaite d’être follement aimée de Ounie Lecomte (2015). Parce que Céline Sallette.

Il y a aussi une offensive Carlos Saura avec un de ses albums de famille en deux volumes, qui nous réjouit fort. On vous confirme : ça n’a pas vieilli d’une minute.

* Anna et les loups (Ana y los lobos) de Carlos Saura (1972).

* Maman a cent ans (Mama cumple cien anõs) de Carlos Saura (1979).

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Enfin, un André de Toth de derrière les fagots :

* La Chevauchée des bannis (Day of the Outlaw) de André de Toth (1959)


 



Mardi 5 janvier 2015

 

Michel Galabru (1922-2016) est mort dans son sommeil, le 4 janvier 2016.

Plus ou moins 93 ans, c’est toujours un cap difficile à négocier. À cet âge, on commence à ne plus partager aucun souvenir avec personne, parce qu’ils sont morts. Souvent, on choisit de les rejoindre.

Tout les médias célèbrent Michel Galabru, à juste titre.
Ils occultent son travail théâtral et ses livres.
Ils mettent l’accent sur quelques acmés de sa carrière de cinéma : son couple avec Louis de Funès ( Le Gendarme de Saint-Tropez de Jean Girault, 1964), son couple avec Philippe Noiret ( Le Juge et l’assassin de Bertrand Tavernier, 1976), son trio avec Ugo Tognazzi et Michel Serrault ( La Cage aux folles de Édouard Molinaro, 1978).

C’est le joli hommage de Jean-Pierre Mocky qui nous a touchés :
"C’était un Français moyen de grande qualité".

Une phrase lapidaire pleine de lourdes connotations multicolores, surtout quand on sait de qui elle émane.

Qui nous renvoie à nos éternelles questions, qui ne reçoivent jamais que des réponses évasives et fuyantes, et qu’il est bon de reposer régulièrement tant il est vrai que, comme les traductions, elle doivent être révisées tous les dix ans.

Qu’est-ce que le cinéma populaire ?
Qu’est-ce que le peuple et son rapport au "divertissement" ?
Qu’est-ce que la "vulgarité" ?
Comment est-elle relative ?
Qu’est-ce qui nous autorise à juger ?

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À Paris, sur notre agenda, un seul rendez-vous important aujourd’hui (ce qui ne devrait pas vous étonner) :

* À 18h30, la librairie du Panthéon, Cinélittérature (anciennement Ciné-Reflet), la seule librairie de cinéma de Paris, invite Jeune Cinéma à présenter son dernier numéro : le n°369-2370 de décembre 2015.

L’invitation a été libellée ainsi par le patron, Marc Benda :

"Après avoir fêté son cinquantième anniversaire à la librairie Ciné-Reflet, le 25 octobre 2014, la revue Jeune Cinéma vient présenter son numéro d’hiver le 5 janvier 2016 à la librairie Cinélittérature.
Les enseignes changent, mais Jeune Cinéma ne change pas, toujours en quête de découvertes hors des sentiers balisés.
Ainsi, au sommaire de ce numéro double 369-370, quelques cinéastes notables, mais peu célébrés par la mode, comme Ermanno Olmi, Alexandre Sokourov ou Dominique Delouche. Un entretien avec Pierre-William Glenn, responsable de la restauration du film de Jacques Rivette, Out 1. Un retour sur le cinéma allemand des "années de plomb", à propos du documentaire Une jeunesse allemande. Quelques explorations patrimoniales du côté de Philippe Garrel, Jacqueline Audry, Henri Fescourt et Barbara Stanwyck. Le compte rendu d’un festival inconnu du Vieux-Monde, celui de Cartagena. Sans oublier les rubriques habituelles, DVD, livres et films d’actualités.
Tout cela en 152 pages, comme on n’en trouvera nulle part ailleurs."

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C’est sympa, on biche.

Cinélittérature, 15 rue Victor Cousin, 75005 Paris.


La bonne idée, c’est de rester ensuite dans le Quartier latin, et de rejoindre un de nos cinés-club favoris du mardi, celui de l’École normale supérieure de la rue d’Ulm :

* À 20h30 : Les Grandes Manœuvres de René Clair (1955). Ce qui complètera notre bonne humeur.


 

Ciné-club de l’ENS, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris.


À Marseille, Vidéodrome 2 n’a pas pris de vacances et continue, tout frais, à nous accueillir.
Commencez bien l’année, en janvier il y a des réductions sur les adhésions.

Et faites votre programme du 5 au 17 janvier 2015.

Ça commence ce soir.

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* À 20h00, L’Héritage de la chouette : épisode 1 : Symposium ou les idées reçues de 
Chris Marker (1989).

suivi de

* Stella, femme libre
 de Michel Cacoyannis (1955).

Vidéodrome 2, 49 cours Julien, 13006 Marseille.



Lundi 4 janvier 2016

C’est lundi, le jour des bonnes résolutions.
On passe la semaine à ne pas les tenir, ce qui nous permet, le lundi suivant, de remettre ça. C’est la seule façon vraiment fiable qu’on a de tenir les rênes du temps.

On en profite pour vous rappeler ce site merveilleux qu’est La Belle Équipe.

Et pour rebondir sur l’article de Nicolas Villodre avec quelques coupures de presse du bon vieux temps.

Il y a cent-vingt ans, c’était encore " la belle époque".
On s’en souvient comme si c’était hier, c’est ce qui nous conserve notre jeunesse.

D’ailleurs voilà notre carte de ciné :

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À propos de bonnes résolutions, notre ami Le Moine bleu nous rappelle que l’exposition L’estampe visionnaire : de Goya à Redon, se tient encore au Petit-Palais jusqu’au 17 janvier 2016.
Et que ceux qui n’y auront pas été voir auront raté une étape majeure de leur vie.

Il nous en parle avec sa façon inimitable, docte et ferme, tel le guide sage qu’il est la plupart du temps.

Sauf quand il s’énerve, bleu de colère.
Sur sa montagne, il se met alors à écouter sa musique de sauvages, et on court tous aux abris.
Car c’est un moine qui tonne comme un dieu.

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Dimanche 3 janvier 2016

 

Michel Delpech(1946-2016)

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Comme tout le monde on connaissait ses chansons, "qui couraient dans les rues" et on les aimait. Il n’était pas tout à fait de notre bande, mais pas non plus un tricard.

Et puis on l’a approché de plus près, et même découvert dans Moi et Michel de Grégory Magne et Stéphane Viard (2011), devenu L’air de rien à sa sortie en novembre 2012.
Il n’aura jamais eu 73 ans.


 


"Après nous le déluge", c’était la devise dominante, même si on ne la claironnait pas.

Aujourd’hui, Pékin, Rome, Naples sont noires de pollution, et habitées par des condamnés. En 2015, la température mondiale a augmenté de 0,9°.

Grâce à une prise de conscience aussi aiguë que soudaine voire inattendue (on rappelle que le journal Le Sauvage date de 1972), le déluge est repoussé.

On fait amende honorable, on va faire tout ce qu’il faut, on va s’entendre, et, promis, demain on rasera gratis.

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Dans son court métrage, Glory at Sea (2008), Benh Zeitlin, réalisateur des Beasts of the Southern Wild (2012), invente une superbe arche de Noë.

Glory At Sea ! from Court 13 on Vimeo.

 



Samedi 2 janvier 2016

 

Naissance de la nouvelle année, vraie naissance du cinéma, destins contrastés des précurseurs de l’avant-garde et des héros-hérauts en accord avec leurs temps.

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Nicolas Villodre, avec sa présentation du film de Jean-Dominique Lajoux, Pas à pas (2010), nous envoie quelques images de ce passé glorieux.

Nous ne pouvons résister à vous les faire passer. Elles sont de ce noir et blanc obstiné (sauf exception notable et significative), image de marque de Jeune Cinéma.

Évidemment, vous devez plutôt aller chercher sur le Net les films, là où ça bouge.

Mais les arrêts sur image ont aussi un charme fou.
Les annoter, les légender, les détourner, les envoyer à ceux qu’on aime… et voilà le travail.

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Salut les câblés ! La semaine télé de Jeune Cinéma du 2 au 8 janvier 2016.



Vendredi 1er janvier 2016

 

Où on en était déjà ?

Depuis 2008, dans une crise économique sans fin.
Avec nos instruments d’analyse traditionnels, nous étions assez démunis.
Ne faisant plus confiance au genre humain et aux vraies personnes, Jeune Cinéma avait décidé de donner la parole à des personnages.
Eux, au moins, étaient fiables et ne pouvaient ni décevoir, ni trahir.

En 2014, ce fut Ma’ Joad, la bonne mère.

En 2015, à peine le temps de se souhaiter courageusement une bonne année avec Old Gringo, le journaliste désabusé, qu’éclatèrent les premiers attentats de Paris, éliminant à la fois nos amis et notre humour, détruisant notre vision du monde.
Engendrant, aussi, une étrange union sacrée, inédite, à nulle autre pareille, énigmatique.

L’année passa, comme d’habitude, avec des guerres partout dans le monde.
Différentes pourtant : des vagues de réfugiés, par mer et par terre, s’ébranlèrent, telles qu’on n’en avait pas vu depuis soixante-dix ans.

Des marées humaines comme des tsunamis, comme des faits géologiques.
Il devenait nécessaire d’élever nos habituelles visions sociologiques au ras du sol. (1)
Les agents des mouvements terrestres étaient de tous les genres et se mélangeaient, conjuguant leurs forces.
Il y eut des petites alertes ici ou là, inondations ou tremblements de terre locaux.
Puis vint Fukushima, hommes et éléments acteurs d’une même catastrophe polymorphe. Personne ne semblait pourtant vouloir accepter l’évidence qu’il s’agissait d’un commencement.

La fin de 2015, avec les attentats du 13 novembre, précisa la nature des unions sacrées : elles étaient régressives. Patriotiques. Elles auraient plu à nos poilus de cent ans.

Le roi apparut nu comme un ver.
Ceux qui, tel Prométhée, se croyaient aux manettes, grands capitalistes ou petits politiques, s’exhibèrent tels qu’ils étaient : absolument dépassés.

2016 est là.
L’idée que nous sommes entrés dans une nouvelle époque, l’anthropocène, nous séduit, même si elle est controversée. Nous n’avons jamais douté que les humains appartenaient à la Terre, à ses marées, à ses saisons, à ses cycles.

Dans cinq ans, il n’y aura plus de banquise. Les volcans, anciens et nouveaux, ouvriront les portes de l’Enfer.

Mais l’espèce humaine ne devrait pas avoir encore disparu.
Maintenant qu’elle connaît les dangers de sa puissance, elle pourrait en connaître les vertus. Il faudra peut-être encore quelques catastrophes majeures, mais on entrevoit le grand dessein.

Ma’ Joad et Old Gringo étaient de la vieille école. Ils pensaient, comme leurs "gouvernements", en termes politiques.

Loin du désespoir, du fatalisme, de l’activisme, il y a la place, dans les tempêtes, pour une navigation de raison : on ne commande aux vents qu’en leur obéissant.

En 2016, c’est avec une petite fille, Hushpuppy (2), que nous vagabonderons dans les méandres de l’hypertexte mondial. Nous savons, comme les Indiens que l’homme occidental n’a de chance d’être sauvé que s’il réapprend à rêver.

Hushpuppy pense en termes métaphysiques.

* L’univers tout entier marche bien quand tout est à sa place. Si un morceau se casse, même un tout petit morceau, tout l’univers se cassera. Quelquefois les choses sont si cassées qu’on ne peut pas les réparer.

* On perd tous ce qui nous a faits. C’est aussi comme ça dans la Nature. Les braves restent et regardent ça en face. Ils ne fuient pas.

* Je vois que je suis un tout petit morceau dans un très grand univers. Et alors tout va bien.

Jeune Cinéma
 

1. C’est Thomas Malthus (1766-1834), Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865) ou Pierre Naville (1904-1993) qui seraient heureux qu’on prenne enfin en compte leurs pensées de la démographie.

2. Les Bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild) de Benh Zeitlin (2012). Hushpuppy Doucet : Quvenzhané Wallis.
 


JEUNE CINÉMA VOUS SOUHAITE UNE BONNE ANNÉE 2016 !


 


Rétrospective de l’année 2014 : Journal de Ma’ Joad

* Ma’ Joad-édito * Janvier 2014 * Février 2014 * Mars 2014 * Avril 2014 * Mai 2014 * Juin 2014 * Juillet 2014 * Août 2014 * Septembre 2014 * Octobre 2014 * Novembre 2014 * Décembre 2014


Rétrospective de l’année 2015 : Journal de Old Gringo

* Old Gringo-édito * Janvier 2015 * Février 2015 * Mars 2015 * Avril 2015 * Mai 2015 * Juin 2015 * Juillet 2015 * Août 2015 * Septembre 2015 * Octobre 2015 * Novembre 2015 * Décembre 2015



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