Chronique 2021
Anthropocène, le vécu
publié le lundi 19 avril 2021
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Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Wayne Hays 2021.

* 16-31 janvier 2021 (28, 30 janvier 2021) ; * 16-31 mars 2021 (16, 20, 27 mars 2021) ; 1er-15 avril 2021 (3, 17 avril 2021)
 

Cf. Chroniques (et vagabondages) de l’Anthropocène (2014-2021).
Cf. aussi :
* Filmographie Anthropocène.
* Bibliographie Anthropocène.

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Samedi 17 avril 2021

 

Pendant le 1er confinement, en 2020, on a entrevu qu’un autre monde était possible.
Certes cela nécessitait des changements radicaux, structuurels et idéologiques. Mais même l’autorité l’a reconnu, dans un discours étonnant, par exemple, qu’il fallait de vrais services publics dignes de ce nom.
Pour que les paroles deviennent des actes, il y eut deux vagues d’actions, les 17 juin et 17 novembre 2020.

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En ce printemps 2021, force est de constater que les actions n’apparaissent pas, et que les paroles se diluent au fil du temps, lorgnant l’éternelle et sacrée "croissance".
"Alors que nos sociétés modernes semblent s’ancrer dans un état de semi-confinement permanent, que le lien entre le covid et la folie écocide n’est plus à faire, les sociétés marchandes semblent tout prêtes à poursuivre l’empoisonnement du monde jusqu’à leur dernier souffle."

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Aujourd’hui, 17 avril 2021 : Nouvel appel à agir contre la réintoxication du monde, 3e vague.

À Paris, rendez-vous à 14h00, place de l’Hôtel de ville, avec Le collectif contre la 5G, et, dans le Ve arrondissement, avec Écocampus ENS, l’association écologiste de Normale Sup.

Sur Médiapart.

Sur LundiMatin.



Samedi 3 avril 2021

 

À Lyon, au Musée des Confluences, une exposition temporaire aux vastes perspectives bien d’ouvrir :

* La Terre en héritage, du Néolithique à nous (2 avril 2021-30 janvier 2022).

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Il s’agit d’observer les grands défis environnementaux contemporains à l’aune d’une période charnière, le Néolithique, qui marqua le début de l’exploitation de la Nature. L’exposition tente d’identifie les moments-clefs de l’histoire où s’amorcent des modifications environnementales d’une ampleur sans précèdent, dessinant l’Anthropocène.

Après tout, La Genèse 3 ne dit pas autre chose, on mange la pomme interdite, on se fait virer du Jardin d’Eden, on se corrompt de plus en plus, y a plus qu’à se préparer au Déluge.
On ne saurait mieux figurer le collapse qui vient que l’atelier de Jérôme Bosch (circa 1450-1516).

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En attendant la réouverture du musée, on pouvait découvrir en direct en guise de vernissage, les coulisses de l’expo, jeudi dernier, le 1er avril 2021, à partir de 19h00.
En différé depuis lors.


 



Samedi 27 mars 2021

 

L’actualité urgente, c’est la dégradation climatique qui s’accélère.
2020 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée.

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La pandémie de coronavirus elle-même n’est qu’une illustration parmi d’autres des dégâts, irréversibles, qui se préparent.


 

On ne se lamente pas sur ses conséquences en blablatant et en posant, ici et là dans le monde, chacun à sa façon, des rustines hasardeuses et désordonnées sur la crise sanitaire, on fait face aux causes : déforestation, surexploitation, agriculture et élevage intensifs, surproduction, surconsommation, trafic illégal, inégalités, gigantisme (derniers avatars, l’obstruction du canal de Suez par l’Ever Given, ou l’esbrouffe de la 5G).
Et on on s’attaque à elles, à la racine du mal.
Il est (peut-être) encore temps.


 

Ce soir, c’est le dernier samedi de mars, et, comme chaque année depuis 2008, avec WWF, dans le monde entier, de Wellington à San Francisco, en passant par Sydney (qui fut à l’initiative) et Paris, c’est la Earth Hour : on éteint toutes les lumières et tous les appareils électriques pendant 1 heure.

En 2021, à Paris, c’est à 20h30.
On participe aussi en s’inscrivant.


Demain, dimanche 28 mars 2021, on prolonge la protestation dans la foulée.

On est à la veille de l’examen du projet de Loi Climat et Résilience en séance plénière à l’Assemblée nationale.
Alors que l’État a été condamné pour inaction climatique à l’appel de la Convention citoyenne pour le climat, quelque 400 organisations se mobilisent, pour dénoncer son manque d’ambition et exiger pour une vraie Loi climat à la hauteur de l’urgence écologique : Extinction Rebellion France, Greenpeace France, Alternatiba, Oxfam France, Attac France,
WWF-France, Les Amis de la Terre France, ANV Action non-violente COP2, Youth for Climate France...

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À Paris, le rendez-vous est place de l’Opéra à 14h00, vers la Place de la République.


Le nouveau numéro de la revue Terrestres est en ligne.
C’est le n°19.

On y célèbre, notamment Élisée Reclus (1830-1905), qui vécut d’une révolution à l’autre, et son histoire d’un ruisseau.

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Tous les numéros depuis 2018.


Du côté de chez Pablo Servigne, qui invite à la désobéissance civile.


 



Samedi 20 mars 2021

 

C’est le printemps, aujourd’hui, à 9h37, temps sidéral, à 10h37 heure de Paris.
C’est aussi un confinement, le troisième, mutant, comme le virus.

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Chaque matin, on se réveille avec trois niveaux de soucis, et ça commence à prendre la tête :

* L’immédiat : La crise sanitaire comme crise sociale.

Le message du virus, dans un film disponible sur Arte jusqu’au 31 mars 2021 : Tandis que je m’en prenais à vos poumons, votre machine s’attaquait aux poumons de la Terre. Je ne suis qu’une petite vague avant le tsunami. Je ne suis qu’un bout de code génétique, un minuscule message qui s’auto-détruira avec le temps :

* Le Grain de sable dans la machine de Alain de Halleux (2020).


 

* La toile de fond reléguée : Le changement climatique qui accélère face à l’inertie quasi totale des pouvoirs.

En France un "délit" d’écocide (pas un crime) a été voté le 18 mars 2021, vite qualifié de "Village Potemkine".
Hier, partout, on se remobilisait : Friday for Future.


 

Sur France Culture : Quand les œuvres d’art nous aident à comprendre le changement climatique.

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* L’horizon : "L’effondrement".

La notion a réveillé le mythe de la fin du monde, le mot est mal interprété. Tout est réuni pour provoquer polémiques et dénis.
Ce n’est pas une catastrophe brutale qui nous attend, les Big One seront locaux, c’est une succession de désastres, plus ou moins graves, ici et là, et des enchaînements en dominos. Si on regarde ailleurs que dans son pré carré, on voit bien que ça a commencé depuis un bon moment.
Six ans après le livre choc de Pablo Servigne & Raphaël Stevens, on fait le point.


 

* Proposition pour l’instant : On chante et on danse, on rigole avant que le ciel...


 



Mardi 16 mars 2021

 

Le Data Center OVH de Strasbourg a pris feu la nuit du 9 aux 10 mars 2021.

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Des tas de websites sont devenus inaccessibles, avec pertes de données irrécupérables, Maison de la poésie, Musée Guimet, Forum des images, etc. Certains s’expliquent. Le malheur des uns... Les bénéficiaires de la crise sanitaire et des catastrophes, ces temps derniers, c’est Facebook par exemple.

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Nous, nous nous méfions du cloud, un peu trop nuageux, et nous pensons que Small is beautiful, que le gigantisme est mortel, que l’échelle humaine est cruciale.
D’ailleurs, elle reste à définir, bien que personne, par ces temps pandémiques où règnent urgences et dissimulations de panique, ne semble songer à y travailler. Alors que ça fait 50 ans que le problème est identifié et qu’on y est.
Pensez donc, décroître, réduire, comme discours dominant, ça va pas la tête ? Même "l’austérité" augmente, pour les plus inégaux d’entre nous, bien sûr.

Quand le site de Jeune Cinéma était hébergé chez OVH, on était perdu dans la masse, et les problèmes de communication étaient innombrables.
Aujourd’hui, Jeune Cinéma est hébergé par Oxymium, à taille humaine.
Les relations y sont conviviales et personnelles, on est à la maison.

Bonnes lectures :

* Ernst Friedrich Schumacher, Small Is Beautiful : A Study Of Economics As If People Mattered, Londres, Blond & Briggs 1973. Small is beautiful. Une société à la mesure de l’homme, traduction de Danielle et William Day et Marie-Claude Florentin, Paris, Seuil, 1978.
À lire en ligne.

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* Ivan Illich, Tools for conviviality, New York, Harper & Row, 1973. La Convivialité, traduction de Luce Giard, Paris, Seuil, 1973.

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* Donella Meadows, Dennis Meadows, Jørgen Randers, William W. Behrens III, The Limits to Growth, Universe Books, Chelsea, Green Publishing, 1972. Halte à la croissance ? Rapport du Club de Rome, sur les limites de la croissance, Paris, Fayard, 1973.
À lire en ligne.

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Cf. Bibliographie Anthropocène.



Samedi 30 janvier 2021

 

En cas de détresse, sociale, politique, et même individuelle, une solution : la philosophie. On a suggéré, mardi dernier, d’écouter Bruno Latour sur France Culture. On le recommande à nouveau.

Pendant des dizaines d’années, il y a eu d’innombrables lanceurs d’alerte, cf. la bibliographie.

Ces dernières années, il y a eu un tournant, dans la conscience écologique générale, et a surgi une nouvelle vision du monde, la collapsologie, d’abord fortement controversée - tellement d’intérêts étaient en jeu.
Depuis l’an dernier, depuis les ravages de la pandémie inattendue, qui ne semble pas régresser, elle commence à prendre place dans les postulats.

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Parmi ses courants collatéraux, figurait le transhumanisme, et le "devenir robot" se profilait déjà, qui induisait, pour les humains, un "changement de logiciel".
Ce que défend Bruno Latour, c’est, comme en symétrique, "un changement de métabolisme", et c’est nouveau.

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Merci à Éric Costa.

En prenant comme métaphore modèle l’histoire de Gregor qui se réveile un matin sous la forme d’un cafard, dans le conte métaphysique de Franz Kafka, La Métamorphose (1915), il développe une pensée simple à comprendre, mais difficile à appliquer.

Nous ne pouvons pas faire la guerre au covid, un virus parmi tous les autres. Ils ne sont pas chez nous, c’est nous qui sommes chez eux, et c’est grâce à eux que nous sommes vivants, on le sait depuis longtemps, non seulement ils sont notre éco-système naturel mais encore ils nous constituent.

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Merci à National Geographic, ©William Daniels.

Les humains arrogants définissent les virus, comme des "agents infectieux", qui peuvent être pathogènes, qu’on peut tenir à distance, comme des éléments extérieurs.
On sait beaucoup sur les virus, éléments constitutifs du sytème Terre. Mais on ne les a pas intégré aux pratiques, et, surtout, on n’en a pas la version politique.
Le covid-19 semble plus diabolique, certains s’aventurent même à le dire "intelligent". C’est peut-être un peu excessif, et il nous faudra aussi, sans doute, adapter nos langages et nos mots.

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Bruno Latour, qui utilise à propos du virus le terme "être", dit en substance : "Ce n’est pas une crise que nous vivons mais une mutation. Il est temps de repérer les limites et la "consistance" de l’espace que nous habitons. Plus la leçon est dure, plus elle est durable".



Jeudi 28 janvier 2021

 

Les Amis du Monde diplomatique, en collaboration avec l’Université populaire de Toulouse, la Fondation Copernic et Attac, invitent à une visio-conférence (avec Zoom) :

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* À 18h00 : Face à l’effondrement, que faire ?
avec Daniel Tanuro.

Bonne lecture :

* Daniel Tanuro, L’Impossible Capitalisme vert, Paris, La Découverte, 2012.

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Sur France Culture, on écoute Bruno Latour] : "Ce virus est là pour nous préparer à l’épreuve suivante, le nouveau régime climatique"

Bonne lecture :

* Bruno Latour, Où suis-je ? Leçons du confinement à l’usage des terrestres, Paris, La Découverte / Les empêcheurs de penser en rond, 2021.

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Sur France Cullture, aussi, une nouvelle série consacrée à ce que la crise sanitaire a changé au rapport des humains à la Nature et à ce qu’il serait encore possible de changer pour s’adapter à ce monde post-covid.

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* Anthropocène : le virus de la dernière chance.

Quatre épisodes sont disponibles :

* Feu vert pour la relance ?(1er juin 2020).

* Pétrole : plus dure sera la chute (2 juin 2020).

* Fin de règne pour les métropoles ? (3 juin 2020)

* Humains / Nature, vers la réconciliation ? (4 juin 2020)

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Chroniques (et vagabondages) de l’Anthropocène (2014-2021).



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