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Semaine télé du 15 au 21 mai 2021
Salut les câblés !
publié le samedi 15 mai 2021

Jeune Cinéma en ligne directe

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Jetons la télé et ses fariboles et sortons dans la rue

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 15 mai 2021

 

20.50 : Les Horreurs de Frankenstein de Jimmy Sangster (1970), Classic
Le festival des inédits de la Hammer Films continue, avec le premier des trois films réalisés par le scénariste de Terence Fisher. Pour tenter de renouveler l’argument, Sangster imagine un fils au Dr. Frankenstein, ce qui n’est pas une nouveauté, puisque Rowland V. Lee, en 1939, lui en avait déjà fourni un, dans Son of Frankenstein. Débarrassé de son père, Ralph Bates va essayer d’être aussi inventif que lui.

22.20 : Quand passent les cigognes de Mikaïl Kalatozov (1957), Classic
Enfin la Palme d’or 57, dans une copie qu’on espère restaurée. Car si le film de Kalatozov a surtout touché ses cinq millions et demi de spectateurs français (et les 28 millions de Soviétiques) par son sujet et l’émotion devant le destin de Tatiana Samoïlova, c’est aussi un extraordinaire exercice formel, avec des mouvements de caméra impensables - Kalatozov et Serguei Ouroussevski, son opérateur génial, feront encore plus fort dans Soy Cuba, en 1963.

22.40 : Hollywood maudit. La Porte du Paradis de Claudia Collao (2019), OCS Géants
Continuation de la série, après Les Rapaces et, le 8 mai 2021, Le Conquérant de Dick Powell (1955), avec le film effectivement maudit de Michael Cimino - mais comme dans le cas de Stroheim, on ne peut pas dire que Cimino n’est pas en partie responsable de son échec et de sa malédiction. Sans doute croyait-il trop que son génie vaincrait les producteurs hollywoodiens. De toutes façons, eux et lui se sont retrouvés K.O et le Nouvel Hollywood également.

23.55 : Umberto D de Vittorio De Sica (1952), France 5
Patrick Brion propose, après la rareté de la semaine dernière - Cuore de Diulio Coletti & De Sica (1948) -, un film un peu plus connu (mais pas tant que ça). L’auteur le considérait comme son film préféré, et c’est sans doute le plus puissant issu de sa collaboration avec Cesare Zavattini : le plus dégraissé, le plus sec, qui ne cherche pas à émouvoir sur la situation pathétique du retraité pauvre et de son chien ; une sorte de point extrême du néoréalisme (et c’est d’ailleurs en partie son acte de décès). Quand on compare avec le remake exécuté par Francis Huster, Un homme et son chien (2008)…

 

Dimanche 16 mai 2021

 

20.40 : Le Dernier Vermeer de Dan Friedkin (2019), OCS Max
Inédit et inconnu, car sorti en VOD en mars dernier. "D’après des faits réels", comme un quart des films actuels, à savoir la vente d’un tableau du maître flamand à Goering. Deux arguments pour regarder : Guy Pearce, acteur caméléon, et Vicky Krieps, qu’on découvrira de plus en plus : elle était Jenny Marx dans le film de Raoul Peck, Le Jeune Karl Marx (2017).

20.40 : Ran d’Akira Kurosawa (1985), OCS Géants
Pour mémoire, car le film est passé eu moins trois fois depuis 2014. Mais il supportera sans peine une quatrième visite.

22.10 : Freedom de Rodd Rathjen (2019), OCS City
Inédit. Premier long métrage d’un réalisateur australien, sur un sujet peu abordé, l’esclavage dans le milieu de la pêche en Thaïlande et qui touche surtout des Birmans et des Cambodgiens que les réseaux d’immigration vendent à l’industrie piscicole. Ce n’est pas très feeling-good, mais c’est ainsi. 3500 spectateurs lors de sa sortie. Doit mieux faire.

 

Lundi 17 mai 2021

 

20.40 : Scènes de la vie conjugale d’Ingmar Bergman (1974), OCS Géants
Inédit ! Magnifique, éblouissant, tous les adjectifs peuvent être utilisés. C’est un des chefs-d’œuvre du Maître. Il s’agit là de la version pour le grand écran, courte (170 mn). Un conseil : se procurer ensuite le coffret présentant la version télé, diffusée l’année précédente, dont les 300 minutes se dégustent à petites gorgées.

20.50 : Soirée Gaspar Noé, Frisson
Une soirée entière d’inédits, les films de Noé, Climax (2018) excepté, n’ayant jamais eu accès au programme. Cinq titres d’un coup, c’est-à-dire une œuvre presque complète. Pour qui ne connaît pas l’auteur, il eût mieux valu les passer en ordre chronologique plutôt qu’en commençant par la fin ; question de pertinence.
Quoiqu’il en soit, voici dans l’ordre, à 20.50, Lux Aeterna (2019, moyen métrage), puis, à 21.40, Irréversible : à l’envers et contre tout (2021, moyen métrage), à 22.30 : Irréversible : Inversion intégrale (2019, nouveau montage du film de 2002). Puis, à 23.55, Love (2015), et enfin, en couronnement, à 02.15, Carne (1991) moyen métrage, son premier. Regrettons qu’il manque Seul contre tous (1998), son meilleur film. Noé est un cinéaste controversé (et pas vraiment notre tasse de thé) mais qu’il faut prendre en compte.

20.50 : Seules les bêtes de Dominik Moll (2019), Club
Inédit. Moll est un réalisateur rare (cinq films en vingt ans), qui a eu du mal à se débarrasser du succès de son premier, Harry, un ami qui vous veut du bien (2000). Ni Le Moine (2011), ni Des nouvelles de la planète Mars (2016) n’avaient redressé la barre auprès du public. Le thriller de ce soir est nettement plus intéressant, grâce à un scénario costaud et à des acteurs qu’on aime bien, Denis Ménochet, Laure Calamy et Damien Bonnard.

20.50 : La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo (1966), Classic
Cf. note du 2 juin 2016.

22.45 : Festival de Cannes, une affaire d’État(s) de Pierre Pochart (2020), Classic
Doc inconnu, au sujet d’actualité (le festival, en période normale, aurait dû s’achever il y a quelques jours). Le film revient sur l’époque (1946-1972) où chaque pays était responsable de la sélection et envoyait à Cannes le film qui lui convenait. Heureusement, tout a bien changé depuis.

 

Mardi 18 mai 2021

 

20.40 : Soirée Guillaume Canet, OCS Choc
Deux titres dont seul le second est inédit. Le premier, Mon idole (2002) (dernier passage en 2015) est la première réalisation de l’acteur, et comme souvent, sa meilleure. François Berléand y est mémorable, et outre Canet, on découvre des visages alors peu connus, Diane Kruger, Gilles Lellouche, Laurent Laffitte. À 22.35, Vidocq de Pitof (2001), dans lequel Depardieu écrase Canet et qui vaut surtout par sa recréation du Paris de 1830.

20.40 : Mask de Peter Bogdanovich (1985), OCS Géants
Inédit. Assez rare, on ne se souvient pas de l’avoir vu dans le circuit d’exploitation depuis sa sortie. Bogdanovich est un cinéaste irrégulier - comme souvent, c’est dès le début qu’il signe ses meilleurs films, The Last Picture Show (1971) et Saint Jack (1978). Mais celui-ci est tout à fait honnête et Cher y fait un numéro remarquable.

20.50 : Le Grand Escogriffe de Claude Pinoteau (1976), Famiz
Inédit. On le signale uniquement à l’usage des admirateurs d’Yves Montand, car ce film n’est pas parmi ses plus réussis. Mais il y a Agostina Belli, ce qui rattrape un peu la chose.

20.50 : La Saveur des ramen d’Eric Khoo (2018), Club
Oui, passé il n’y a pas si longtemps, deux ans tout juste. Mais on l’aime beaucoup, ce film, et on souhaite qu’il ait toujours plus d’amateurs. Cf. note du 6 mai 2019.

 

Mercredi 19 mai 2021

 

20.40 : Ema de Pablo Larrain (2019), OCS City
Inédit. Sorti entre deux confinements, en septembre 2020, le film n’a peut-être pas eu l’accueil qu’il méritait : 11 000 spectateurs, c’est peu. Il est vrai que le sujet, une danseuse aux prises avec une adoption mal assumée, était moins porteur que les biopics de Jackie (2016) ou de Neruda (2016).

20.50 : Accatone de Pier Paolo Pasolini (1961), Classic
Inédit. Le premier film de PPP, celui qui traduit le mieux son univers d’écrivain : Rome, les quartiers mal famés, les ragazzi et les prostituées. Tout un monde encore très proche de la trilogie romaine de Bolognini dont Pasolini était le scénariste. On préfère ça à tout ce qu’il a signé ensuite.

22.40 : Pasolini Motore ! de Valentino N. Misino (2017), Classic
Doc inédit et inconnu. On peut y aller en confiance, sujet oblige

23.35 : Il importe d’être constant d’Anthony Asquith (1952), Classic
Dans le cycle "Hommage à Oscar Wilde", cette version de sa célèbre pièce, très fidèlement représentée par un réalisateur qu’il serait temps de réhabiliter. Le spectacle est brillant, intelligent et vif. On regrette que les programmateurs aient négligé L’Éventail de lady Windermere (1925), dans l’étourdissante version de Lubitsch, assurément la plus belle adaptation de l’écrivain.

00.55 : Hors normes d’Olivier Nakache & Éric Toledano (2019), OCS Max
Inédit (en tout cas dans nos signalements). Remarquable dernier film des duettistes, réalisé avec une rare efficacité et un tout autre style que leurs comédies sociales. Vincent Cassel et Reda Kateb en lutte contre l’administration qui veut fermer leur association d’aide aux autistes, ce n’est pas plaisant a priori. Mais le film nous embarque avec lui 115 minutes durant.

 

Jeudi 20 mai 2021

 

20.50 : Le Fantôme de Canterville de Jules Dassin (1944), Classic
Inédit, le seul de la soirée sur le bouquet Ciné+. Bonne idée de nous épargner, dans l’hommage à Wilde, la version de Yann Samuell, maintes fois programmée. Celle-ci, cinquième film de Dassin, vaut le détour, car c’est Charles Laughton le fantôme du château de Canterville, et il s’est fait manifestement plaisir en l’incarnant. Mais le second plaisir, c’est la longue partition de Margaret O’Brien (7 ans et déjà 9 films), d’habitude vouée aux rôles de petite sœur, comme on le verra la même année dans Le Chant du Missouri de Minnelli. Elle est parfaite, sorte de Shirley Temple sans les minauderies.

22.10 : Baby Phone d’Olivier Casas (2016), OCS Max
Comme il y a peu d’inédits ce soir, on se rabat sur des titres inconnus (c’est un premier film), dont on ne sait pas grand-chose - sinon, qu’il y a Pascal Demolon, ce qui peut être une raison de le regarder. Peut-être une surprise.

22.10 : Parfum de femme de Dino Risi (1974), OCS Géants
Inédit, curieusement car l’auteur n’est pas un exclu des programmes (quatorze titres depuis 2014). Il s’agit d’un de ses plus grands films de la décennie 70 et Vittorio Gassman, dans son rôle d’aveugle de guerre à l’odorat affiné, assure un de ses numéros les plus mémorables. Avec Agostina Belli, encore, qui s’en plaindrait ?

 

Vendredi 21 mai 2021

 

20.40 : Remember Me de Martin Rosete (2019), OCS Max
Inédit. Sorti au mauvais moment (septembre 2020) donc perdu corps et bien. Jolie histoire d’un vieux critique mis sur la touche (Bruce Dern, évidemment) qui, apprenant qu’une actrice avec qui il eut jadis une liaison, est atteinte d’Alzheimer, va la rejoindre dans sa clinique. Ça marche, car l’émotion n’est pas sollicitée abusivement et que, pour une fois, Dern est sobre, face à Caroline Silhol, dans son premier film américain.

20.50 : Nevada de Laure de Clermont-Tonnerre (2019), Émotion
Inédit. Un premier film surprenant, histoire d’un détenu mutique (Matthias Schoenaerts) qui entame un programme de réinsertion dans une ferme du Nevada en dressant des mustangs (titre original). Il est étonnant qu’une jeune comédienne française ait pu capter avec autant de justesse l’Ouest américain (Redford a coproduit le film, présenté au Sundance Festival). Les détenus sont joués par d’ex-prisonniers, ce qui accentue la crédibilité.

20.50 : L’Échelle de Jacob d’Adrian Lyne (1990), Club
Cf. note du 3 juin 2018.

20.50 : Soirée Ettore Scola, Classic
Pour mémoire, car on sait que chacun des titres a été vu et revu : à 20.50, Nous nous sommes tant aimés (1974) et à 22.50, Une journée particulière (1977). No comment.

22.00 : Ainsi va la vie de Rob Reiner (2014), OCS Max
Inédit. Même si Reiner ne retrouve pas les sommets qu’il a connus, il a toujours la patte pour faire passer une situation convenue et dont on croit deviner les méandres : Michael Douglas hérite d’une petite-fille dont il ne connaissait pas l’existence et va chercher du soutien chez Diane Keaton, sa voisine. Tout réside dans la confrontation entre ces deux vieux renards, toujours impeccables.



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