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Semaine télé du 21 au 27 décembre 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 21 décembre 2019

Jeune Cinéma en ligne directe

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Anna Karina et Eddie Constantine dans Alphaville de Jean-Luc Godard (1965)

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 21 décembre 2019

 

20.40 : L’Extrême Limite de James B. Harris (1993), Paramount Channel
L’excellent scénariste de Kubrick dans sa meilleure période (1956-1962) n’a réalisé que peu de films, cinq en trente ans (dont l’inoubliable Sleeping Beauty, 1973). Pour quelles raisons le titre de ce soir n’éveille-t-il aucun souvenir ? IMDB indique pourtant une sortie en mai 1994 et le générique aurait dû attirer notre curiosité : Wesley Snipes et Dennis Hopper, Seymour Cassel, de chez Cassavetes, et Valerie Perrine, rescapée de Abattoir 5. Et Viggo Mortensen (qu’on avait repéré dans The Indian Runner de Sean Penn, deux ans avant). Alors ?

20.50 : I Want to Go Home d’Alain Resnais (1989), Club
Eh oui, Resnais lui-même a pu rater un film. On se souvient avoir beaucoup ramé ( Jeune Cinéma n°190, novembre 1989) pour lui trouver quelque intérêt. Bon, il y a des détails, des private-jokes, qui montrent que l’univers du maître n’est pas totalement déserté. Mais ils ne sont pas nombreux. Pourtant, un auteur de BD, inspiré de Stan Lee (dont Resnais rêvait d’adapter les héros au cinéma) et interprété par Adolphe Green (le coscénariste de Singin’ in the Rain), il y avait de quoi faire. Le film n’a jamais été repris, c’est donc une rareté.

20.50 : La Valse de Paris de Marcel Achard (1949), Classic
Encore une rareté. Achard n’était pas seulement le dramaturge à succès qui terminera à l’Acadéfraise, il a tâté un peu du cinéma, autrement que comme scénariste, avec Jean de la Lune (1948) et cette biographie d’Offenbach, qui permit à Yvonne Printemps, dans son avant-dernière apparition à l’écran, de gazouiller tout un pot-pourri d’airs célèbres. Achard connaissait un peu la musique : il avait réalisé en 1935 la version française de L’Homme des Folies-Bergère de Roy Del Ruth, avec Maurice Chevalier. Après 1949, il abandonna la réalisation, ce dont aucun cinéphile ne s’est plaint.

22.20 : La Marseillaise de Jean Renoir (1938), Classic
Le film date de la belle époque où Renoir s’était découvert une fibre engagée, victoire du Front populaire oblige. La production du film est une aventure exemplaire de coopération, bien avant le crowd-funding - prière de se reporter aux biographies de JR, qui ne manquent pas (celle de Pascal Mérigeau étant la mieux informée). Malheureusement, ni l’imagerie d’Épinal ni les bons sentiments ne garantissent un bon film et le résultat ne fut pas à la hauteur des espoirs. Reste une tentative mémorable, assez unique dans le cinéma des années 30.

22.50 : Une bringue d’enfer de Kevin Reynolds (1985), TCM
Premier film, inconnu (il semble n’être sorti qu’en vidéo), de Reynolds, dont les produits suivants, à l’exception de son Robin des Bois, prince des voleurs (1991), avec Kevin Costner, comme ici), ne nous ont pas beaucoup marqué. À cette date, Costner faisait ses gammes - ce doit être son premier rôle important. Une découverte.

 

Dimanche 22 décembre 2019

 

20.40 : Soirée vide sur l’ensemble des chaînes du bouquet OCS, sauf à revoir Snow Therapy de Ruben Östlund (2014) à 22.15 sur City) ou les deux films d’animation japonais Miraï, ma petite sœur de Mamoru Nosoda (2018) à 20.40 sur City et Mutafukaz de Shoujirou Nishimi & Guillaume Renard (2017) à 22.15 sur Choc.

20h50 : Soirée nulle sur l’ensemble des chaînes du bouquet Ciné+, sauf à revoir deux Jurassic Park, trois Agatha Christie, un Alien, et un Tim Burton de quand il avait encore de l’intérêt (Mars Attacks !). Seule découverte : The Calcium Kid de Alex De Rakoff, (2004) sur Famiz à 23.35, inédit en France (malgré Orlando Bloom) et dont le synopsis laisse transparaître une débilité assez grandiose.
La lecture, ça existe encore.

 

Lundi 23 décembre 2019

 

Patrick Brion fait relâche ce soir sur France 5.
Espérons qu’il ne s’agit que d’une pause et que janvier 2020 verra revenir ses programmes.

20.40 : Tootsie de Sydney Pollack (1982), OCS Géants
Seul titre qui émerge d’une soirée dramatiquement creuse (sauf pour les amateurs d’animation) sur OCS. Le film n’est pas passé depuis le 1er mai 2016 ; même s’il est difficilement oubliable, on peut toujours savourer le numéro de Dustin Hoffman et la douceur de Jessica Lange.

20.50 : In the Fade de Fatih Akin (2017), Club
Presque toute la soirée sur Ciné+ est constituée de recyclage de titres plusieurs fois passés ces derniers mois, Celui-ci également, mais on constate que sa première présentation a eu lieu durant une pause des "câblés". Rattrapage, donc : ce n’est pas le meilleur film de son auteur, mais Diane Kruger est très bien utilisée et on participe à sa vengeance de veuve.
La lecture, cf. supra.

 

Mardi 24 décembre 2019

 

20.40 : Bad Santa 2 de Mark Waters (2016), OCS Choc
Plutôt que regarder cette suite sinistre, mieux vaut emprunter à la vidéothèque municipale le Bad Santa de Terry Zwigoff (2003), dans lequel Billy Bob Thornton, en père Noël alcoolique, était dix fois plus drôle qu’ici.

20.40 : L’Étranger au Paradis de Vincente Minnelli (1955), OCS Géants
Ouf ! On craignait d’être privés de comédies musicales, le seul genre qui nous fasse accepter Noël. Il y eut d’heureuses années durant lesquelles les fanatiques de Tous en scène pouvaient s’en mettre plein les yeux, grâce à la multiprogrammation.
Mais ce temps semblait avoir disparu. OCS renoue avec cette bonne habitude. Dommage que Kismet, le film de ce soir, s’il est un des moins connus de Minnelli, soit hélas un de ses moins réussis. Sans doute est-ce dû à la faiblesse de la comédie originelle (déjà William Dieterle, pourtant bon à tout, avait buté, en 1944, sur Kismet, malgré Marlene Dietrich), mais aussi à Howard Keel, bon chanteur mais piètre acteur. Les connaisseurs repèreront dans les coins des seconds rôles peu fréquents dans le musical, Jack Elam, Ted de Corsia et Jay C. Flippen. Géants nous offre ensuite Le Magicien d’Oz, qui remplace toutes les crèches.

20.50 : Au-delà du Missouri de William A. Wellman (1951), Classic
Seul passage : 1er avril 2015. En piste donc, avec les trappeurs menés par Clark Gable et les Indiens conduits par Ricardo Montalban. Maria Elena Marques était Mexicaine et pouvait passer pour une Indienne Blackfoot ; le fait qu’elle épouse un Blanc n’était pas encore chose habituelle. La bagarre générale finale est un sommet, digne de celle de Her Man de Tay Garnett (1930). Pour conclure la soirée Clark Gable, à 22.05, Les Implacables de Raoul Walsh (1955), passé le 30 mai 2018.

20.50 : Un Américain à Paris de Vincente Minnelli (1951), TCM
Le film est passé sur TCM le 2 janvier 2016, mais on ne va pas chipoter. Même si sa réputation est plus grande que son véritable mérite (elle repose surtout sur la culture picturale manifestée pendant le ballet final, qui la fit accepter par un public plus large que celui des amateurs), le film regorge de moments superbes.

22.40 : Celui par qui le scandale arrive de Vincente Minnelli (1960), TCM
Deux Minnelli ce soir (+ celui sur OCS Géants), c’est la fête. Le titre original est moins explicite (Home from the Hill). Comme déjà dit, lors de son dernier passage, le 4 janvier 2016 (au cœur de la nuit), c’est du lourd, du grand roman américain moulé à la louche, avec des jeunes prometteurs (les deux George, Hamilton et Peppard), Mitchum et surtout Eleanor Parker, qui n’a pas tourné que des films d’aventures exotiques.

 

Mercredi 25 décembre 2019

 

20.40 : Le Grinch de Ron Howard (2000), Paramount Channel
Inédit. Nous sommes de tout cœur avec Jim Carrey, ce croque-mitaine aux poils verts qui déteste Noël. Le livre originel, How the Grinch Stole Christmas, était signé Dr. Seuss, déjà auteur des Cinq Mille du Dr. T, référence impeccable. Ron Howard n’est pas un génie, on l’a souvent constaté depuis, mais il venait de tourner En direct sur Edtv et avait la bonne foulée.

20.40 : Gigi de Vincente Minnelli (1958), OCS Géants
Superbe adaptation du roman de Colette - rien à voir avec celle, en droite ligne, de Jacqueline Audry (1948) : le roman, devenu pièce de théâtre signée Anita Loos, fut réécrit par Alan Jay Lerner et musiqué par Frederick Loewe. Pour le film, Cecil Beaton fit costumes et décors et Arthur Freed produisit le tout. Avec autant de bonnes fées autour du berceau, comment rater le film ? Mission accomplie. Il s’agit sans doute de la copie restaurée montrée à Bologne cet été, qui rend au film toute sa splendeur. Leslie Caron, huit ans après Un Américain à Paris, parvient encore à nous faire croire qu’elle est une adolescente. Maurice Chevalier, célébrant, l’œil en vrille, toutes les petites filles qu’il voit jouer au Bois, se verrait aujourd’hui sévèrement hashtagué.

20.50 : Love, Cecil (Beaton) de Lisa Immordino Vreeland (2017), Club
Doc pas vu, mais un film sur le génial styliste-décorateur- photographe-etc. est a priori intéressant. La réalisatrice vient de tourner un doc pas mal réussi sur Peggy Guggenheim.

20.50 : Chantons sous la pluie de Gene Kelly & Stanley Donen (1952), Classic
Cf. note du 25 décembre 2016.

22.25 : Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy (1967), Classic
Tout de suite après Singin’, on ne peut pas dire qu’il s’agit d’une soirée de découvertes. Mais des jours de Noël comme ça, on souhaiterait en voir plus souvent.

 

Jeudi 26 décembre 2019

 

20.40 : Caravane vers le soleil de Russell Rouse (1959), Paramount Channel
Cf. note du 23 juin 2016.

20.40 : Soirée Jim Hanson, OCS Géants
Deux titres. D’abord Dark Crystal (1982), coréalisé par Frank Oz, extraordinaire film d’animation, fort inventif pour l’époque, suivi par Labyrinthe (1986), dans lequel David Bowie, androgyne roi des gobelins, fascine Jennifer Connelly.

20.50 : Une pluie sans fin de Dong Yue (2017), Frisson
Ce n’est pas vraiment du frisson que le film éveille, mais un cafard bien poisseux, comme tous ces polars chinois de la dernière génération (il s’agit d’une première œuvre), de Jia Zhangk à Diao Yinan, sur fond de dénonciation sociale (mesurée, pas trop de vagues). Si l’action se passe en 1997, le film est très actuel.

20.50 : Moi, Tonya de Craig Gillespie (2017), Émotion
Très curieux biopic d’une patineuse peu connue par ici, Tonya Harding, qui brisa sa carrière de haut niveau en agressant, en 1994, sa principale rivale, Nancy Kerrigan. L’intérêt est que le portrait est ambigu, ni à charge ni à décharge : la championne est décrite à partir de témoignages contradictoires, on n’est pas dans l’exaltation du sport mais dans la description des conditions selon lesquelles il s’exerce.

20.50 : Les Nuits de la pleine lune d’Éric Rohmer (1984), Club
On est curieux de revoir le film, trente-cinq ans après sa sortie ; pour vérifier comment le bon souvenir que nous en avions gardé a évolué. Pour avoir vu, lors d’une révision récente, s’effondrer deux des "Comédies et proverbes", Le Beau Mariage et Pauline à la plage, insupportables de pose et de superficialité (Arielle Dombasle était déjà une catastrophe), caricatures de marivaudages pensants, on craint le pire, mais on l’affrontera.

20.50 : La Résidence de Narciso Ibanez Serrador (1969), Classic
Honte à nous, mais nous n’avons jamais vu ce premier film (le cinéaste n’avait encore tourné que pour la TV espagnole). La découverte, beaucoup plus tardivement de son Les Révoltés de l’an 2000 (1976) (titre parfaitement ridicule pour traduire Quien puede matar un niño ?), et qui est un des thrillers les plus angoissants que l’on ait vus dans le sous-genre "enfants inquiétants", nous fait espérer beaucoup du film de ce soir. Serrador n’a réalisé depuis que des téléfilms.

22.25 : La Nuit du chasseur de Charles Laughton (1955), Classic
Cf. note du 3 octobre 2019, pour le plaisir de relire la citation de Truffaut.

 

Vendredi 27 décembre 2019

 

20.40 : Silent Night de Steven C. Miller (2012), OCS Choc
Inconnu, car c’est un téléfilm canadien en première diffusion. Le réalisateur n’est pas plus connu (de nous) que son film, mais le fait que le principal rôle soit tenu par Malcolm McDowell est une raison suffisante pour y jeter un œil.

20.40 : Le Pirate de Vincente Minnelli (1948), OCS Géants
Encore un musical rare sur le câble. Judy Garland s’ennuie dans son île des Caraïbes et, promise au répugnant Walter Slezak, rêve de Macoco, le pirate qui la fera échapper à son destin. Gene Kelly, saltimbanque, va se déguiser en Macoco pour plaire à la belle. C’est beau comme tout, enlevé, chorégraphié au petit point. Et la chanson du numéro final, Be a Clown, sera reprise par Donald O’Connor dans Singin’. En une semaine, les principaux musicals de Minnelli (sauf The Bandwagon et Brigadoon) nous ont été proposés. À quand Yolanda et le voleur, maillon manquant ?

20.50 : Un roi à New York de Charles Chaplin (1957), Classic
CC, expulsé des USA (ou plutôt interdit de retour) en pleine période de chasse aux sorcières maccarthyste, s’installe dans son pays natal, l’Angleterre. Après Limelight (1952), et son succès mondial, il décide de régler ses comptes avec l’Amérique. Pas sûr que le pamphlet ait été bien compris, en tout cas par le public français, qui, malgré le mélo précédent, attendait un nouveau film comique. Or, côté comique, le film est sacrément grinçant. Chaplin rangea sa caméra durant dix ans, jusqu’à La Comtesse de Hong Kong.

20.50 : The Truman Show de Peter Weir (1998), TCM
Cf. note du 7 janvier 2016.

22.35 : Les Affamés de Léa Frédeval (2017), Émotion
À 27 ans, l’auteure a déjà publié un essai, réalisé un court et un long métrage. Bravo. Mais l’essai est une anthologie de son blog, saluée par Elle, La Croix, Le Parisien, Le Nouvel Obs, ce qui prouve qu’elle est au cœur du monde. Quant à son court, La Répétition, ce n’était qu’un brouillon de son long, qui en développe les linéaments : la description d’un groupe de jeunes, étudiants à petits boulots et en colocation ; la chronique est générationnelle, ce n’est ni la première ni la dernière. Si le film était interprété par des amateurs un peu plus doués (la seule actrice connue est Louane, bof), il gagnerait en crédibilité et en intérêt. Mais un premier film se doit d’être vu, impérativement.



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