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Semaine télé du 29 février au 6 mars 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 29 février 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 29 février 2020

 

20.40 : Miraï, ma petite sœur de Mamoru Hosoda (2018), OCS Max
La soirée sur les autres chaînes OCS étant consacrées à des séries, on peut se reporter, pour rentabiliser son abonnement, à ce très beau film d’animation, pour une fois non venu des studios Ghibli. Takahata est mort, Miyazaki a renoncé depuis 2013 aux longs métrages, il reste Hosoda, un jeune (52 ans).

20.50 : L’Enfance nue de Maurice Pialat (1968), Classic
Le premier et, sans doute, le meilleur film de son auteur, avec son court L’amour existe (1961) et sa série TV La Maison des bois (1970). Sur un sujet qui le tenaillait (un gamin "difficile" qui va de foyer en foyer), Pialat inventait un regard et une méthode, qu’il n’a fait que décliner dans les films qui ont suivi. Tous ont eu plus de succès que celui-ci, assurément le moins vu, avec La Gueule ouverte (1974), mais peu ont atteint cette justesse dans l’émotion.

22.55 : Fatima de Philippe Faucon (2015), OCS City
Cf. note du 11 septembre 2017.

23.45 : Voyage à travers le cinéma français (1) de Bertrand Tavernier (1017), Classic
Reprise de la série proposée il y a un peu plus de deux ans (14 octobre 2017) sur cette même chaîne. Si on l’a déjà vue, c’est un plaisir de la revoir, dans le cas contraire, c’est un plaisir de la découvrir.

 

Dimanche 1er mars 2020

 

20.40 : The Crying Game de Neil Jordan (1992), OCS City
Le réalisateur n’est pas très gâté par les programmateurs, puisque seuls deux de ses films sont passés depuis six ans, Entretien avec un vampire (1994) et Michael Collins (1996). Il est vrai qu’il n’a pas réussi tous ses titres, par exempl son remake de La Cuisine des anges (1989). Mais ici, il y a un sujet, sur le conflit irlando-britannique, et des surprises.

20.50 : Les Yeux dans les ténèbres de Fred Zinnemann (1942), Classic
La rareté du soir. Le film aurait été distribué en France en 1950, mais on n’a pas trouvé trace d’une critique d’époque. Même Tavernier-Coursodon l’ignorent dans 50 ans de cinéma américain. C’est le troisième long du cinéaste, le deuxième produit par un studio, son premier Les Révoltés d’Alvarado (1935) étant une production militante. Ce film est apparemment un polar métissé d’espionnage, comme nombre de titres antinazis du moment, avec un détective aveugle, comme Zatoichi, le masseur japonais. Donna Reed est là, presque débutante, et sa belle-mère est Ann Harding, l’inoubliable Mary de Peter Ibbetson d’Hathaway (1935).

22.45 : Kick-Ass de Matthew Vaughn (2010), Frisson
Passage unique le 26 septembre 2016, sur une chaîne très parallèle (W9). Même s’il ne s’agit pas du film le plus étonnant de Vaughn (moins que Layer Cake ou Kingsman), on suit avec intérêt l’éclosion de Chloé Grace Moretz, 13 ans à l’époque et déjà treize films.

22.45 : Killing Bono de Nick Hamm (2011), Émotion
Le héros n’est pas vraiment le chanteur de U2, mais son copain de lycée, Neill McCormick, chanteur de Shook up, un groupe concurrent, qui s’enfonce à mesure que celui de Bono grimpe. Au point que le loser rêve de révolvériser son collègue. Ni Ben Barnes (Neil), ni Martin McCann (Bono) n’ont profité depuis du (petit) succès du film, ne tournant chacun que quelques titres.

 

Lundi 2 mars 2020

 

20.50 : De chaque instant de Nicolas Philibert (2018), Club
Documentaire sur une école d’infirmières, comme l’auteur sait les réaliser, c’est-à-dire avec précision, sympathie, respect du sujet filmé et interventions minimales. La série de portraits qu’il nous offre de ces futures héroïnes du quotidien est tout à fait sensible. Que lui manque-t-il pour être notre Frederick Wiseman ?

21.30 : Vigilante de Sarah Daggar-Nickson (2018), OCS Choc
Inédit sur tous les plans, salles et câble. Premier film inconnu, le sous-genre "vigilante" inversant ici ses codes, puisque c’est une femme qui va se charger du nettoyage par le vide. Une découverte possible ? Pourquoi pas ?

22.20 : La nuit a dévoré le monde de Dominique Rocher (2018), Frisson
Premier film, inédit sur le câble. Histoire de survivaliste, le héros se découvrant au matin dernier occupant de Paris, apparemment tous les autres habitants de la ville étant transformés en morts-vivants. Il se barricade dans un immeuble haussmannien et s’organise. C’est fait avec peu de moyens - donc peu d’effets horrifiques -, en jouant simplement sur l’isolement individuel. Et ça marche, grâce à Anders Danielsen Lie, acteur (chez Joachim Trier, Lucie Borleteau, Michaël Herr, Assayas et Doillon) tout en intériorité. À la place de Vendredi, ce nouveau Robinson recueille une autre survivante, Golsfhifteh Faharani. Comment le plaindre ? Le film a recueilli un peu plus de 17000 spectateurs, ce qui est bien dommage.

22.30 : Nicolas Philibert, hasard et nécessité de Jean-Louis Comolli (2019), Club
Inédit. On pensait Comolli à la retraite : rien ne nous était parvenu depuis son doc, Rêves de France à Marseille, il y a sept ans. Bonne nouvelle qu’il ait repris la caméra, surtout pour un vrai film, puisque sa durée semble échapper à la norme des 52 minutes : il fallait bien 95 mn pour retracer l’itinéraire du réalisateur de Être et avoir (et le coréalisateur, avec Gérard Mordillat, de La Voix de son maître, il y a 42 ans).

22.30 : Lola de Jacques Demy (1960), OCS Géants
On ne songeait même pas à le signaler, ce chef-d’œuvre figurant dans la short list de tous les amateurs. Mais on a constaté que son dernier passage relevé datait du 30 novembre 2014. Alors, place au plaisir de retrouver Nantes, son passage Pommeraye, son manège, son cabaret rêvé, la décapotable blanche de Jacques Harden, le regard et la voix d’Anouk Aimée, etc.

00.55 : Les Conquérants de Michael Curtiz (1939), TCM
Pourquoi trois films de Curtiz - car suivront à 02.35 Le Vaisseau fantôme (1941) et à 04.15, L’Aigle des mers (1940) - en pleine nuit ? Pour faire fonctionner les enregistreurs ? En tout cas, les insomniaques ont de quoi se régaler, avec ces trois titres remarquables, du cinéma dont le secret est perdu.

 

Mardi 3 mars 2020

 

20.40 : Copycat de Jon Amiel (1995), Paramount Channel
Curieusement, eu égard à sa renommée, inédit sur le câble. Amiel n’était alors connu que pour son adaptation de Mario Vargas Llosa, Tante Julia et le scribouillard (1990), qui ne le prédisposait pas à un thriller d’aussi bonne tenue. Il faut dire que l’’interprétation était bétonnée : Sigourney Weaver, rescapée de plusieurs Aliens, Holly Hunter et Dermot Mulroney.

20.40 : La Vieille qui marchait dans la mer de Laurent Heynemann (1991), OCS Géants
Entre deux ou trois San Antonio, Frédéric Dard prenait le temps d’écrire des romans qu’il signait de son nom (on sait qu’il a utilisé 17 pseudonymes), et qui, s’ils n’avaient pas autant de succès, étaient bien plus intéressants. Heynemann s’est fait plaisir en dirigeant - en canalisant plutôt - Jeanne Moreau et Michel Serrault, en couple d’arnaqueurs sur le retour, fort agréables. Moreau décrocha le César 1992 pour son numéro épatant. Le réalisateur enchaîna par dix ans de télévision.

20. 50 : La Route sauvage d’Andrew Haigh (2017), Premier
Inédit. Road-movie initiatique, mais comme il faut bien renouveler un peu les marcheurs, cette fois, il s’agit d’un adolescent et d’un cheval en pré-retraite, voué à l’abattoir. Ce n’est pas Le Cheval venu de la mer de Newell (1991), mais on suit d’un œil attendri la déambulation de Lean On Pete (c’est le nom du pur-sang) et de Charlie Plummer, remarquable, qu’on reverra chez Ridley Scott, dans Tout l’argent du monde (2017).

20.50 : Un sac de billes de Jacques Doillon (1975), Famiz
Le remake de Christian Duguay (2017) est passé plusieurs fois l’an dernier, mais l’original de Doillon n’était pas visible (en tout cas pas montré) depuis longtemps. On s’était un peu étonné, à l’époque, de voir un jeune réalisateur indépendant (L’An 01, Les Doigts dans la tête) plonger dans le cinéma grand public - le roman de Joseph Joffo ayant fait un tabac, c’était le succès assuré. On vérifiera si le film a tenu la distance.

22.25 : No habra paz : pas de répit pour les salauds d’Enrique Urbizu (2011), OCS Choc
Joli titre, devant lequel on sèche : le film a été présenté dans divers festivals (Beaune, Toulouse, Villeurbanne) mais s’il a été distribué, il n’a pas laissé de traces. On sait qu’il a obtenu plusieurs Goya, les César espagnols, donc un regard s’impose.

22.30 : Dieu existe, son nom est Petrunya de Teona Strugar Motevska (2019), Club
Inédit. Peut-être le premier film macédonien distribué ici. Cf. Jeune Cinéma n°394 (avril 2019).

22.45 : La Folle Histoire de l’espace de Mal Brooks (1987), TCM
Inédit. L’auteur a connu, il y a quelques décennies, une vogue démesurée, ses versions parodiques de films d’épouvante ou de westerns passant, pour les spectateurs qui ne connaissaient pas les Monty Python, pour des modèles de détournement comique. Si Frankenstein Jr. (1974) et Le shérif est en prison (1974) se recouvrent doucement de poussière, qu’en est-il désormais de cette adaptation de Star Wars ?

 

Mercredi 4 mars 2020

 

20.40 : L’Irlandais de John Michael McDonagh (2011), OCS Max
Cf. note du 29 juin 2018.

20.40 : Les Quatre Fils de Katie Elder de Henry Hathaway (1965), OCS Géants
Enfin un western, et presque inédit (dernier passage, 17 avril 2015). Pas de surprise - rares avec John Wayne -, mais du solide, comme à l’accoutumée chez Hathaway. Dean Martin est dans la course, mais ce n’est pas un remake de Rio Bravo.

20.50 : Red Sparrow de Frank Lawrence (2018), Premier
Inédit. Les retrouvailles entre le réalisateur de Hunger Games et sa vedette homonyme, Jennifer Lawrence. La trilogie leur avait pas mal réussi et ils auraient pu garder le même cap. Mais les voilà partis dans les rails de l’espionnage à la John Le Carré, CIA, SVR russe (ce ne sont plus les Soviets, mais c’est pareil), agents doubles ou triples, manipulations diverses, on est à la limite de la compréhension des enjeux et des détours, mais on peut se laisser aller. Et il y a des vieilles connaissances, Charlotte Rampling, Mary Louise Parker, Matthias Schoonaerts.

20.50 : Rider de Jamie M. Dagg (2015), Frisson
Inédit. Uniquement sorti en DVD. Réalisateur inconnu, acteurs tout autant (Rossif Sutherland, fils de, mais c’est tout). Pourquoi ne pas aller au hasard, on fait parfois d’heureuses découvertes sur Frisson. Et on aimerait savoir pourquoi le titre original, River, est devenu Rider.

20.50 : Un nouveau Russe de Pavel Lounguine (2002), Club
Trente ans déjà que l’on découvrait l’auteur (prix de la mise en scène à Cannes 1990 pour Taxi blues), qui est depuis parvenu à tourner une douzaine de films, en gardant un pied là-bas et l’autre ici. Un nouveau Russe, transposition du roman de Iouli Doubov sur l’ascension de l’oligarche Boris Berezovsky, est maintenant un document sur les années post-perestroïka, le pillage général et la formation de nouvelles fortunes. Comme c’est loin…

22.15 : Once de John Carney (2006), OCS City
Premier film de Carney, dont la chaîne a programmé l’an dernier Sing Street, autre film musical. Ici, un musicien dublinois rencontre une pianiste tchèque et tout ce qui s’ensuit. C’est un peu prévisible, mais attachant.

00.20 : Fantasmes de Stanley Donen (1967), TCM
Bien moins accessible que Chantons sous la pluie, qui passe à la même heure sur Classic. Dudley Moore et Peter Cook, les héros du film, étaient des stars comiques de la BBC, radio puis TV - on a vu le premier chez Blake Edwards, dans Ten et Micki et Maude -, mais dont l’humour, typically British, était peu perceptible aux spectateurs français (le même problème que Steve Coogan et Rob Brydon dans Tournage dans un jardin anglais (2005), succulente adaptation de Tristram Shandy par Michael Winterbottom mais trop référentielle pour nous). Le film de Donen, Bedazzled, est une transposition de Faust, passionnante, même si l’on risque de s’y égarer. Mais le voyage en vaut la peine.

 

Jeudi 5 mars 2020

 

20.50 : Un peuple et son roi de Pierre Schoeller (2017), Premier
Comme on attendait beaucoup de l’auteur de L’Exercice du pouvoir (2011) qui demeure un modèle accompli de film sur la politique, on a été fort déçu par cette tentative de revoir la période 1789-1793, non plus du côté du pouvoir mais du peuple parisien et de ses représentants à l’Assemblée. C’est l’imagerie d’Épinal, avec phrases historiques de Danton ou Marat, qui nous a paru plomber l’ensemble. D’autres points de vue critiques ont assuré le contraire, alors… Tout le cinéma français est sur l’écran ; Laurent Lafitte en Louis XVI est crédible, mais Denis Lavant, en Marat, pas plus que Louis Garrel en Robespierre.

20.50 : Le Bonheur de Marcel L’Herbier (1935), Classic
Le film - un des meilleurs de L’Herbier - est passé plusieurs fois depuis 2014, mais pour la première fois ce soir à une heure correcte. Cf. note du 11 janvier 2016.

00.30 : La Folle ingénue d’Ernst Lubitsch (1946), Classic
Un des quelques Lubitsch inédits, aussi éblouissants que les autres - son ultime, puisqu’il est mort pendant le tournage de The Lady in Ermine que Preminger termina. Programmer le film à une telle heure est un scandale, mais comme il vient d’être réédité et de sortir en salles récemment, on peut le revoir sur un écran à sa mesure.

 

Vendredi 6 mars 2020

 

20.50 : Les Vacances de Monsieur Hulot de Jacques Tati (1953), Classic
Oui, bon, ce n’est pas vraiment la découverte de l’année. Mais le film fait partie du petit nombre de ceux que l’on peut revoir sans fatigue : un regard sur une séquence prise en route et on est embarqué, plongé dans le délicieux plaisir de la connivence, le "blong" de la porte de la salle à manger, le vieux couple qui se promène, les tresses de la jeune fille, les borborygmes de Hulot. Inépuisable. Et comme tout ce qui est proposé sur Ciné+ au même moment est insignifiant…

22.40 : Muse de Jaume Balaguero (2017), Premier
Dernier titre du cinéaste, un de meilleurs représentants du cinéma d’horreur espagnol (même s’il tourne désormais en langue anglaise). On a déjà vu abondamment sa trilogie (REC), qui demeure ce qu’il a signé de plus fort. L’idée de départ de Muse est intéressante - deux personnes font, sans se connaître, des rêves prémonitoires et macabres -, mais le film se révèle moins convaincant que les précédents. Serait-ce parce qu’il ne l’a pas réalisé avec Paco Plaza ?

01.00 : Le Voyage de la peur d’Ida Lupino (1953), TCM
Cf. note du 15 décembre 2016. Et saluons la réédition de Outrage (1950), en ce moment, dans le cadre de Toute la mémoire du monde à la Cinémathèque de Bercy.



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