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Semaine télé du 28 mars au 3 avril 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 28 mars 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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Une télé douteuse, infectée et intrusive, dans The Antenna de Orçun Behram (2019).

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 28 mars 2020

 

20.40 : Les Doigts croisés de Dick Clement (1971), OCS Géants
On ne se souvient pas que d’autres films de ce cinéaste britannique nous soient parvenus. Au vu de celui-ci (son souvenir est lointain), on ne s’en plaindra pas. Mais c’est un des films de Kirk Douglas les moins connus et Marlène Jobert était alors au sommet de sa courbe.

20.50 : La Tête contre les murs de Georges Franju (1959), Classic
Apparemment jamais programmé depuis six ans, ce qui est scandaleux. Une seconde recherche montre qu’aucun autre film de Franju, ni Judex, ni Thérèse Desqueyroux, ni Pleins feux sur l’assassin ne serait passé sur le câble, ce qui semble improbable. À vérifier. Ce soir, son film le plus fort, même si Jean-Pierre Mocky, qui l’interprète, devait le réaliser et l’avait préparé. Serait-il parvenu à retranscrire le roman d’Hervé Bazin avec une telle puissance ? Pas sûr. Aznavour, pour son premier vrai rôle, est extraordinaire.

22.50 : Capitaine Corelli de John Madden (2001), Émotion
Seul inédit de la soirée sur le bouquet Ciné+. On ne touche pas les sommets de l’émotion, mais l’île grecque de Céphalonie est bien filmée, Penélope Cruz est bien là, et ça peut donner l’occasion de (re)lire le roman original de Louis de Bernières.

23.00 : L’Ambassadeur de Jack Lee Thompson (1984), TCM
Surprise : malgré Robert Mitchum, Rock Hudson, Ellen Burstyn et Donald Pleasence, on n’a pas trouvé trace de sortie du film, ni à Cannes 1984, comme l’indique imdb. Mystère. Le sujet est actuel : l’antagonisme entre Israël et la Palestine. 36 ans déjà…

 

Dimanche 29 mars 2020

 

20.40 : Soirée Lars von Trier, OCS City
Deux titres au programme, qui ne font pas partie de ceux qu’on préfère, son dernier, The House That Jack Built (2018), que l’on persiste à trouver douteux, pour ne pas dire plus, suivi, à 23.10, de Nymphomaniac (2013), avec Charlotte Gainsbourg. Étant donné la durée indiquée, 115 mn, il ne peut s’agir que de la première partie, puisque l’ensemble du film atteint 325 mn.

20.40 : Le Tigre du Bengale de Fritz Lang (1959), OCS Géants
Dernier passage du diptyque (la suite, Le Tombeau hindou, à 22.20) le 26 décembre 2016. On laissera les exégètes de Lang délirer sur la beauté absolue de cette ultime version du scénario d’après le roman de Thea von Harbou, son ex-épouse. Sans les commentaires, il s’agit d’un film d’aventures à l’ancienne, fort entraînantes et joliment bariolées (ah, Debra Paget et la danse du serpent !). Les amateurs qui possèdent le coffret ont pu apprécier en supplément la version de Richard Eichberg de 1938, en n&b, certes, mais d’une naïveté plus naturelle.

20.50 : Cry Baby de John Waters (1990), Club
Dans la filmographie de Waters, le film se situe entre Hairspray et Serial Mother et ne dépare pas la lignée. L’auteur n’a pas été cherché très loin pour nourrir son scénario, juste West Side Story et Grease, les Sharks et les Jets, les Mods et les Rockers, etc. Tout se joue sur le degré de parodie et c’est réussi, comme souvent chez Waters. Johnny Depp, pour son premier rôle en vedette, est superbe, et Iggy Pop, également à ses débuts d’acteur, déjà tel qu’en lui-même.

20.50 : Le Chacal de Fred Zinnemann (1973), Classic
De nouveau un Zinnemann inédit, comme l’était, il y a quelques semaines Les Yeux dans les ténèbres, qui repasse ce soir à 23.05, sur cette même chaîne. Lors de sa sortie, le film s’intitulait simplement Chacal (mais son remake de 1997, signé Michael Caton-Jones, Le Chacal). L’argument était branché sur l’Histoire qui venait de se faire, puisque imaginant un attentat contre de Gaulle, après l’échec de celui du Petit-Clamart en 1963. Edward Fox, en tueur de l’OAS, est impressionnant, et comme l’essentiel fut tourné en France, on peut reconnaître, outre les premiers rôles (Michel Auclair, Michel Lonsdale, Jean Sorel, Delphine Seyrig), une bonne cinquantaine d’acteurs français de second plan dans des rôles minuscules, Féodor Atkine, Howard Vernon ou Liliane Rovere.

22.15 : Pig de Mani Haghighi (2018), Club
Signalé, avant de l’avoir vu, le 16 octobre 2019, comme une rareté : une comédie iranienne annoncée comme grinçante. C’était exact. Et si cette histoire de meurtrier en série des cinéastes iraniens ne touche pas toujours la cible, elle cultive un ton inconnu dans le cinéma de Téhéran. Sorti fin décembre 2018, le film a recueilli 7000 spectateurs et peut donc mieux faire.

 

Lundi 30 mars 2020

 

20.50 : Le Cinquième Commando de Henry Hathaway (1971), Classic
Un Hathaway inédit (mais il en reste encore pas mal), son antépénultième titre. À 73 ans, il était moins en forme pour tourner ce Raid on Rommel que lorsqu’il filmait vingt ans plus tôt The Story of Rommel. À l’époque, c’est James Mason qui incarnait le feldmarechal ; cette fois, c’est Wolfgang Preiss, peut-être moins bon acteur, mais plus proche de la réalité. Et Richard Burton reprend du service, dix-neuf ans après avoir affronté Mason-Rommel dans Les Rats du désert de Robert Wise. On s’y perd.

22.35 : We the Animals de Jeremiah Zegar (2018)
Premier film d’un indépendant américain, primé à Sundance et dans une flopée d’autres festivals nord-américains. Les histoires de gamins, lorsqu’elles sont réussies, emportent toujours les suffrages - mais c’est bien mieux que Capharnaüm, pour prendre un exemple.

23.45 : Dans les faubourgs de la ville de Carlo Lizzani & Massimo Mida (1953), France 5
Brion tape dans son stock d’inédits et nous offre un film rare (passé sur CinéClassic en août 2002, ça ne nous rajeunit pas) de Lizzani (le coréalisateur nous est inconnu), cinéaste fort estimable et presque oublié. Beau polar social, comme savait les tourner l’auteur, avec Massimo Girotti et Giuletta Masina, pas encore Gelsomina.

00.10 : Shiraz de Franz Osten (1928), Arte
Encore une rareté, due à un cinéaste allemand qui a tourné plusieurs films en Inde, souvent étonnants. Qui a vu A Throw of Dice (1929), avec ses milliers de figurants chevauchant des centaines d’éléphants, s’en souvient. Ce soir, histoire de la construction du Taj Mahal. Le film a été restauré récemment et le BFI a édité le DVD.

 

Mardi 31 mars 2020

 

20.40 : La Cérémonie de Claude Chabrol (1956), OCS Choc
Seul passage le 9 janvier 2016. Ce n’est pas suffisamment ancien pour qu’on l’ait oublié, mais comme ça demeure un des meilleurs titres de son auteur et que le paysage sur OCS alentour n’est pas alléchant, on peut reprendre une leçon de lutte des classes sur le thème de Genet et des sœurs Papin.

20.40 : The Hit de Stephen Frears (1984), Paramount Channel
Après un Gumshoe qui avait secoué les amateurs d’Albert Finney en 1971, le nom de Frears avait disparu des grands écrans - son œuvre télévisuelle a été rassemblée en plusieurs coffrets DVD - et The Hit, affublé de son sous-titre stupide, Le tueur était presque parfait, fut considéré comme la découverte d’un nouvel auteur. Il faut dire que le cinéaste, bien rodé par ses années BBC, était déjà brillant.

20.50 : La Fille du bois maudit de Henry Hathaway (1936), Classic
Passé en VF sur Action dans la nuit du 17 février 2015. Donc rattrapage conseillé de ce western (le premier, sauf erreur, en Technicolor trichrome), première rencontre de Henry Fonda et Sylvia Sydney avant J’ai le droit de vivre de Lang l’année suivante.

22.45 : Nuits magiques de Paolo Virzi (2018), Club
Virzi a la chance (que n’ont pas ses collègues, Carlo Verdone ou Giorgio Diritti) de vois tous ses films passer dans nos salles, même s’ils n’y restent pas longtemps, la curiosité des spectateurs français pour le cinéma italien non-patrimonial étant mesurée. Le scénario, signé Francesca Archibugi et Virzi est astucieux, renvoyant trente ans en arrière et à l’assassinat d’un producteur par trois scénaristes. À l’exception de Giancarlo Giannini et d’Ornella Muti, on ne connaît pas les protagonistes, ce qui ne les empêche pas d’être excellents.

 

Mercredi 1er avril 2020

 

20.40 : Je vais mieux de Jean-Pierre Améris (2017), OCS Max
Dernier film de l’auteur (on attend Profession du père). Douze titres en vingt-six ans - Le Bateau de mariage (1994), et quelques téléfilms de bon niveau, comme Maman est folle (2007) - , tous intéressants et personnels. Avec ce soir Éric Elmosnino en vedette, ce qui ne lui arrive pas suffisamment souvent.

20.40 : La fête est finie de Marie Garel-Weiss (2017), OCS City
Un premier film assez rude - la tentative de deux amies d’échapper à la dépendance de l’héroïne -, sorti de façon minimale (30000 spectateurs), avec un quatuor d’interprètes féminines impeccables : Zita Henriot, Clémence Boisnard, Marie Denarnaud et Christine Citti. Pas d’autre film depuis et c’est dommage. La soirée est thématique, puisque vient ensuite, à 22.10, Nos vies formidables de Fabienne Godet (2018), sur un sujet similaire, cf. note du 6 novembre 2019.

20.50 : Le Chien jaune de Mongolie de Byambasuren Davaa (2005), Club
Un film mongol, ça ne court pas les chaînes. La réalisatrice nous avait donné en 2003 L’Histoire du chameau qui pleure, jolie docufiction. Cette fois, d’après un conte traditionnel, avec Urjindorj, Buyandulam Daramdadi, Nansal, Nanselmas et Balthayar Batchuluun, toute la famille.

20.50 : Le Jardin des Finzi-Contini de Vittorio De Sica (1970), Classic
Après quelques titres mal accueillis (Sept fois femme, Le Temps des amants), le film a regonflé la cote du réalisateur, pas longtemps, puisque les films remarquables qu’il a enchaînés ensuite (Les Fleurs du soleil, Una breve vacanza) n’ont pas reçu l’accueil qu’ils méritaient. Au moins, celui-ci, Ours d’or à Berlin, Oscar du film étranger a fait un tabac et c’est tant mieux. Dominique Sanda y est presque vivante.

20.50 : Galaxy Quest de Dean Parisot (1999), Paramount Channel
Déjà passé, mais très tardivement, sur Famiz, le 28 mars 2015. Un régal de science-fiction parodique (les Thermiens venus de la planète Klatu kidnappent des acteurs d’une vieille série de SF pour qu’ils les aident à combattre le dictateur Sarris).

22.20 : L’Héritage de Mauro Bolognini (1976), Classic
Cf. note du 23 juin 2018 et Jeune Cinéma n° 399-400.

23.45 : Le Tigre du ciel de Jack Gold (1976), OCS Géants
Ce n’est pas le film homonyme de Gordon Douglas (1955), avec Alan Ladd, mais le remake (avec Malcolm McDowell) du premier film de James Whale, La Fin du voyage (1930). De toutes façons, une rareté.

 

Jeudi 2 avril 2020

 

20.40 : Saint-Amour de Benoît Delépine & Gustave Kervern (2016), OCS City
Le début de la baisse d’inspiration pour le tandem (mais déjà NDE, la même année…), que les films suivants manifesteront encore plus. Depardieu père de Poelvoorde et en vadrouille sur la route des vins, pourquoi pas ? Encore faudrait-il que l’on ressente quelque chose de leur complicité. Mais on n’est plus au temps de Louise-Michel ou de Mammouth, hélas. Il y a quelque chose de perdu au royaume de Groland.

20.50 : Girl de Lukas Dhont (2018), Émotion
La découverte d’Un Certain Regard 2018. Ou comment, né garçon, on devient fille à 15 ans pour assouvir sa passion de la danse. L’interprète, Victor Polster, est exceptionnel(le) et on a rarement vu les contraintes physiques de l’entraînement aussi bien restituées.

20.50 : Soirée Louis de Funès, Famiz
L’exposition consacrée à l’acteur à la Cinémathèque, qui devait ouvrir en ce début de printemps, a été repoussée - un des aspects positifs du confinement. Il n’empêche que les chaînes (Famiz en particulier) avaient conçu leur programmation en fonction de l’événement. Il y a donc avalanche de films - trois par soirée depuis avant-hier. Les fanatiques ont pu déjà apprécier L’Aile ou la cuisse de Claude Zidi (1976), Le Grand Restaurant de Jacques Besnard (1966), Des pissenlits par la racine de Georges Lautner (1964), La Zizanie de Claude Zidi (1978), Le Petit Baigneur de Robert Dhéry (1968), La Vie d’un honnête homme de Sacha Guitry (1952), Oscar de Édouard Molinaro (1967), Le Tatoué de Denis de La Patellière (1968), Le Gentleman d’Epsom de Gilles Grangier (1962), et demain La Soupe aux choux de Jean Girault (1981), Les Grandes Vacances de Jean Girault (1967) et L’Impossible Monsieur Pipelet de André Hunebelle (1955). On est épuisés à force de se boyauter. Notons que c’est dans les films des années 50, lorsque son activité se résume à une apparition, Pipelet, dans Ah, les belles bacchantes, La Traversée de Paris, etc.) qu’il se révèle extraordinaire.

20.50 : Soirée Georges Franju, Classic
On se plaignait et voilà le résultat : trois titres à la suite, tous mémorables. Judex (1963), Les Yeux sans visage (1960) à 22.20) et Thomas l’imposteur (1964). À quand Nuits rouges (1973) ?

23.45 : Hedy Lamarr, from Extase to wifi d’Alexandra Dean (2017), Club
Doc inconnu, mais revoir la belle Hedy Kessler dans ses œuvres, filmiques ou scientifiques est forcément un plaisir.

 

Vendredi 3 avril 2020

 

20.40 : Model Shop de Jacques Demy (1969), OCS Géants
Cf. note du 21 mars 2017.

20.50 : La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte (2000), Club
Un des grands films "sérieux" de Leconte, à partir d’un scénario de Claude Faraldo, reprenant une affaire criminelle survenue au 19e siècle sur l’île de St-Pierre. La veuve, c’est la guillotine (rappelons-nous le poème de Jules Jouy), qui doit punir Emir Kusturica (on le préfère en acteur plutôt qu’en cinéaste), assassin par ivresse. Juliette Binoche, l’épouse du capitaine Daniel Auteuil, tente de le sauver de la décapitation. Les paysages de l’Atlantique-Nord devant la caméra d’Edouardo Serra sont superbes, les acteurs, comme souvent chez Leconte, excellents.

That’s all, folks !



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