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Semaine du 25 avril au 1er mai 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 25 avril 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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©Sounak Das, Seismic Movements.
Dhaka Art Summit (7-15 février 2020).

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 25 avril 2020

 

20.40 : Dollars de Richard Brooks (1971), OCS Géants
Inédit. Le titre original le plus court de l’Histoire : $. Brooks a toujours varié les genres : après l’hyper réalisme de De sang-froid (1967), la comédie romantique, The Happy Ending (1969) et avant un western saignant, La Chevauchée sauvage (1975), il revient au polar moderne, argent sale et Cie. Warren Beatty est bien, comme toujours, Goldie Hawn, moins, comme souvent.

20.50 : Pas de larmes pour Joy de Ken Loach (1967), Classic
Premier film de celui qui signait alors Kenneth, sorti tardivement, lorsque le statut de Loach fut un peu mieux établi, après Kes (1969) et Family Life (1971). Mais c’est déjà du Loach, de part en part : banlieue londonienne, mère partagée entre mari braqueur et amants de passage. Pas vraiment le bonheur. La bande musicale de Poor Cow (titre en VO) fut connue ici très vite, car elle était signée Donovan, alors au sommet de sa popularité.

22.30 : Retour de flamme, Classic
Serge Bromberg nous a concocté un nouveau programme, dont on ne connaît que le titre, Compte à rebours. Mais on ira les yeux fermés.

22.40 : Un homme est mort d’Olivier Cossu (2018), OCS City
Film d’animation sur un sujet politique, la grève des ouvriers du bâtiment de Brest, en 1950, pour une hausse de leurs salaires - ah, ces ouvriers qui ne pensent qu’à leur satisfaction immédiate… Édouard Mazé, l’un des grévistes, est tué par les forces de l’ordre (elles tiraient à balles réelles à l’époque). La CGT fait alors appel à René Vautier qui vient tourner son premier film, Un homme est mort. Le film a disparu depuis, mais une BD, signée Kris et Davodeau, a repris les faits, en 2006. Le film de Cossu est une adaptation de la BD (cf. Jeune Cinéma n° 391, décembre 2018).

22.45 : Campus de Richard Rush (1970), OCS Géants
C’était alors le sommet de la contestation de la guerre du Vietnam et le film est sorti à peu près en même temps que Des fraises et du sangde Stuart Hagmann. Même thème, les remous dans les universités US contre l’engagement, même traitement à la matraque par la police. Quatre mois après MASH, le film nous confirma qu’Elliott Gould était un acteur d’avenir.

 

Dimanche 26 avril 2020

 

20.40 : Les requins volent bas de David Miller (1968), OCS Géants
Inédit (on se souvient d’un passage vers 2010), ce film peu connu (Hammerhead en VO) du réalisateur irrégulier, n’est pas du niveau du Masque arraché (1952) et de Seuls sont les indomptés (1962), ses deux grands succès. Mais c’est un thriller d’espionnage solide, avec Peter Vaughan dans le rôle-titre (original) et, pour ses nostalgiques, Diana Dors.

20.50 : Europa de Lars von Trier (1991), Club
Dernier titre de la trilogie de l’Europe, même si les précédents, Element of Crime (1984) et Epidemic (1987) n’avaient de rapports entre eux que théoriques. Il ne fit qu’accentuer l’ambiguïté qui flottait sur les intentions de l’auteur, quant à sa position idéologique. On s’est senti mieux ensuite, après sa série étonnante L’Hôpital et ses fantômes (1997). Ce soir, la loi des coproductions fait apparaître des acteurs fort différents, Jean-Marc Barr et Barbara Sukowa, Udo Kier et Eddie Constantine, et Max von Sydow en couronnement.

20.50 : Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon d’Elio Petri (1970), Classic
Pour mémoire, car absent des programmes depuis le 8 juin 2017 et à une heure de passage bien tardive.

22.10 : Retour à Bollène de Saïd Hamich (2017), OCS City
Un premier film fort estimable : un couple (un jeune Maghrébin né à Bollène et sa fiancée américaine) débarque dans la ville où vivent encore les parents de Nassim. Coincé entre la municipalité d’extrême droite et sa famille de musulmans pratiquants, il vit mal ce retour. Le film est un peu court (67 mn), mais sonne juste - un des mérites de l’autobiographie.

22.15 : Le Petit Baigneur de Robert Dhéry (1968), Famiz
Quitte à regarder un de Funès cette semaine, autant que ce soit celui-ci. Car Dhéry, c’est quand même autre chose que Jean Girault, son "yes-man" favori. Il n’a pas réalisé beaucoup de films, sept entre 1949 et 1974 (celui-ci est l’avant-dernier), mais tous évitaient la vulgarité et le laisser-aller des scénaristes habituels du comique national. Ce n’était pas Keaton, mais il a su, depuis sa troupe des Branquignols et avec ses acteurs restés fidèles, créer un petit monde personnel.

22.20 : Fleur de cactus de Gene Saks (1969), OCS Géants
Inédit. La pièce de Barillet et Grédy fut jouée sans interruption plus de deux ans à Paris, entre 1964 et 1967, et même montée à Broadway, avec Lauren Bacall, un peu avant que I.A.L. Diamond (scénariste de Wilder) ne l’adapte pour Hollywood. Le résultat est cohérent : les ressorts comiques du boulevard jouent à plein, Walter Matthau remplace Jean Poiret et Ingrid Bergman Sophie Desmarets. Du cousu main.

 

Lundi 27 avril 2020

 

20.40 : Tulip Fever de Justin Chadwick (2017), OCS Max
Pas génial, à la hauteur de ce que fait Chadwick couramment. Mais c’est du bon cinéma de bonne consommation (et les Pays-Bas du 17e siècle ne sont pas si fréquemment visités) et on persiste à suivre la carrière d’Alicia Vikander.

20.40 : Frost-Nixon : l’heure de vérité de Ron Howard (2008), OCS Choc
Cf. note du 7 mars 2018.

20.50 : Ne croyez surtout pas que je hurle de Frank Beauvais (2019), Club
Heureuse idée qu’a eue la chaîne de proposer l’étrange film de Beauvais, sorti en septembre dernier, expérience personnelle limite : l’auteur, reclus après une déception amoureuse, engloutit sa collection de DVD et en extrait un montage de plans, choisis selon son inspiration et son plaisir. Le film a cartonné dans divers festivals, de La Rochelle à Montréal, via Berlin et Lisbonne. Le passage au second long métrage sera-t-il facile ?

20.50 : C’étaient des hommes de Fred Zinnemann (1950), Classic
Dernier passage le 28 mai 2016. Pour Brando dans son premier rôle, déjà lui-même. Il passa un mois entier dans un hôpital spécialisé pour être certain d’incarner pleinement un paraplégique. Sans pathos, sans recours au mélo, le film reste exemplaire de la justesse du regard de Zinnemann (et du scénario de Carl Foreman, futur blacklisté).

23.50 : L’Habit vert de Roger Richebé (1937), France 5
Brion nous avait offert, il y a trois ans, un autre film de Richebé ("Pauvrecé", l’appelait Jeanson), Monseigneur (1949). Celui de ce soir a meilleure allure, d’abord parce que c’est une bonne pièce de Robert de Flers & Gaston Caillavet (adaptée par Louis Verneuil) qui, bien que datée de 1912, gardait son actualité (et en garde peut-être encore pour ceux qui s’intéressent à l’Académie française). Ensuite, parce que le générique est un bel exemple de la richesse en acteurs du cinéma du temps - Elvire Popesco et Meg Lemonnier côté féminin, côté masculin Victor Boucher, André Lefaur, Jules Berry, troïka étincelante (chacun cherchant à prendre le pas sur les autres) + Bernard Blier et Pierre Larquey pour boucher les trous. Toutes ces voix chères qui se sont tues…

 

Mardi 28 avril 2020

 

20.40 : Soirée Watergate, OCS Choc
Toute une soirée consacrée à l’Affaire, avec pour commencer le film, plusieurs fois programmé, de Peter Landesman, The Secret Man : Mark Felt (2017), qui a pour héros Deep Throat, l’informateur masqué des deux journalistes du Washington Post, premier lanceur d’alerte, et pour conclure, un documentaire inédit de Charles Ferguson, auteur en 2010 du magnifique Inside Job, tout simplement intitulé Watergate (2018). Pas vu, mais en 260 mn, le tout sur le tout doit être montré.

20.50 : L’Extraordinaire Voyage du fakir de Ken Scott (2018), Émotion
Le titre du roman de Romain Puertolas a été réduit pour tenir sur l’affiche (on a coupé "qui était resté coincé dans une armoire Ikéa"). Le livre avait été un gros succès en 2013 et son adaptation en BD également. 150 000 spectateurs, ce fut peut-être moins que ne le prévoyaient les producteurs - mais Dhanush, le fakir, s’il est une star en Inde, ne l’est pas ici. Avec Bérénice Bejo et Gérard Jugnot en chauffeur de taxi atypique.

20.50 : Soirée Anthony Mann, Classic
Rien de neuf, mais l’enchaînement - Les Affameurs (1952) et Je suis un aventurier (1954), à 22.20 - réjouira les nostalgiques de James Stewart.

 

Mercredi 29 avril 2020

 

20.40 : Le Havre d’Aki Kaurismaki (2011), OCS City
Pas trace d’un passage depuis le 13 janvier 2016. On a si peu de chances désormais de découvrir un nouveau film d’AK qu’on est bien obligé de reprendre une goulée de cet univers à nul autre pareil, même si on connaît le film dans tous ses recoins.

20.40 : Shangai Joe de Mario Caiano (1973), OCS Géants
Une curiosité, inédite. Le western italien était presque à bout de souffle et devait aller chercher des éléments neufs, carrément exotiques (comme Terence Young avait fait pour Soleil rouge (1971) en mélangeant Bronson, Delon et Toshiro Mifune). Ici, on met l’inconnu Chen Lee, maître en arts martiaux, face à Klaus Kinski. Caiano a illustré, assez platement, tous les mauvais genres successifs du cinéma italien.

20.50 : Les Animaux fantastiques : les crimes de Grindelwald de David Yates (2018), Premier
Faute d’avoir vu le premier, du même David Yates, nous n’avons pas vu le deuxième volet de l’adaptation, par J.K. Rowling lui-même, de son roman. Mais on en a entendu dire du bien par quelques-uns de ses 4 millions de spectateurs. De toutes façons, un film où figurent Jude Law et Johnny Depp (+ un tas de jeunes acteurs) vaut toujours d’être regardé.

20.50 : L’Histoire du chameau qui pleure de Luigi Falorni & Byambasuren Davaa (2003), Club
Tous ceux qui ont été charmés, au début du mois par Le Chien jaune de Mongolie, ne pourront pas manquer de voir le film précédent de la réalisatrice mongole (aidée par un documentariste italien), dont on n’a rien vu depuis Les Deux Chevaux de Gengis Khan (2011). Comment résister à l’appel du désert de Gobi ?

20.50 : La Dernière Chasse de Richard Brooks (1956), TCM
Après Dollars, un autre film de Brooks inédit et on se demande pourquoi car il s’agit d’un de ses meilleurs titres des années 50, le premier des trois westerns qu’il a réalisés. Toujours du bon côté, il montre comment l’extermination des bisons a contribué à l’extermination des Indiens. Robert Taylor campe, sans avoir à trop se forcer, un salaud, cynique et raciste, et Stewart Granger un gentil - et on est heureux de voir combien l’Indienne (Debra Paget, évidemment) l’apprécie.

22.10 : L’Autre Côté de l’espoir d’Aki Kaurismäki (2017), OCS City
Même motif que pour Le Havre, à 20.40 : même si ce film-ci est passé plus récemment (28 janvier 2019), difficile de ne pas y replonger avec délice.

 

Jeudi 30 avril 2020

 

20.40 : L’Étrangleur d’Arpad Sopsits (2016), OCS Choc
Passé sur cette même chaîne le 9 juillet 2019, mais tardivement. On n’a toujours pas trouvé trace d’une sortie, même en DVD ou VOD. Le mystère persiste. Le cinéma hongrois ne se résume pas à Ildiko Enyedi, Kornel Mundruczo ou Laszlo Nemes.

20.50 : Hypnose d’Arlo Halonen (2018), Frisson
C’est l’aventure : film pas vu, cinéaste (danois) inconnu, acteurs idem. Un polar à Copenhague, pourquoi pas - d’autant que les programmes environnants sur Ciné + sont poussifs.

21.45 : Vendeur de Sylvain Desclous (2016), OCS Max
Un premier film, inédit sur le câble - on attend le suivant. Gilbert Melki, père de Pio Marmaï, c’est crédible. Rapports familiaux contrariés, vente itinérante (de cuisines équipées, ce qui n’est pas facile), ambiance de province sinistre, tout cela pouvait tomber à plat, mais ça marche. Le scénario est cosigné par Olivier Lorelle, une bonne marque.

 

Vendredi 1er mai 2020

 

20.40 : Romulus et Remus de Sergio Corbucci (1962), OCS Choc
Corbucci n’a réalisé que quelques péplums avant de passer au western, suivant l’évolution du cinéma populaire italien. C’est le plus intéressant des trois - Maciste contre le fantôme (1961) et Le Fils de Spartacus (1962) -, peut-être à cause de ses huit scénaristes (dont Sergio Leone et Duccio Tessari) et de son générique : Gordon Scott et Steve Reeves pour incarner les jumeaux, mais aussi Virna Lisi et Massimo Girotti.

20.50 : Wild Rose de Tom Harper (2018), Émotion
Pas vu, comme les autres titres du réalisateur, sauf ses quelques épisodes de la série Peaky Blinders, qui suffisent comme carte de visite. Une chanteuse écossaise qui, sortie de la prison de Glasgow, rêve d’aller à Nashville pour interpréter de la country, le pitch est excitant. Jessie Buckley (inconnue également, par ailleurs Irlandaise) a décroché le BAFA de la meilleure actrice.

20.50 : Boxes de Jane Birkin (2007), Club
Soirée Birkin, qui commence par son unique réalisation de fiction - outre un "film de chambre" pour la télé, Oh ! pardon, tu dormais (1992) -, totalement personnel, dans lequel elle ouvre ses boîtes à souvenirs. Tous les amis de la maison passent par là, Géraldine Chaplin, Piccoli, John Hurt, Annie Girardot, Lou Doillon, évidemment, et même Adèle Exarchopoulos, 9 ans alors, et que l’on n’avait pas remarquée à l’époque.

20.50 : L’Impossible Monsieur Pipelet d’André Hunebelle (1955), Classic
Inédit. La programmation n’est pas due à la présence de Louis de Funès au générique, car il ne fait qu’une apparition, comme dans la majorité de ses films des années 50, mais parce que Michel Simon en est la vedette et que la soirée lui est consacrée. Hunebelle reste Hunebelle, mais Simon n’a jamais été décevant, même dans ses films les moins prestigieux de ces mêmes années. Ce soir, concierge et facteur, il est marié à Gaby Morlay et père d’Etchika Choureau, heureux homme.

22.10 : Boudu sauvé des eaux de Jean Renoir (1932), Classic
Le film est plus visité que M. Pipelet, et évidemment, bien meilleur. C’est même un des Renoir qu’on peut revoir avec le plus de plaisir. On attend l’étude attentive annoncée chez l’éditeur Gremese pour la prochaine saison.

22.30 : Jane Birkin, simple icône de Clélia Cohen (2019), Club
Doc inédit. 55 mn seulement, alors que le sujet avait assurément de quoi remplir un long métrage. On l’avait repérée dans The Knack… de Richard Lester, en 1965, simplement parce qu’elle était, anonyme, sur une moto, avant qu’elle n’illumine une séquence de Blow Up (1966), participant ainsi à deux Palmes d’or successives. Depuis… Elle a beaucoup tourné, avec les plus intéressants cinéastes français et étrangers, aussi remarquable dans la comédie (celles avec Claude Zidi) que dans l’émotion (Daddy Nostalgie (1990) de Bertrand Tavernier.

22.45 : Fahrenheit 451 de Ramin Bahrani (2018), OCS Choc
Cf. note du 3 juin 2018.

23.25 : La Pirate de Jacques Doillon (1984), Club
Parmi les trois films que Jane Birkin a tournés avec son compagnon de l’époque, ce n’est peut-être pas celui que l’on préfère - elle était bouleversante dans La Fille prodigue (1980) et étonnante dans Comédie ! (1987). Mais c’est du Doillon pur jus, qui traque ses personnages jusqu’au craquement. À noter les débuts de Laure Marsac, César mérité du meilleur espoir féminin.



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