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Semaine télé du 26 septembre au 2 octobre 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 26 septembre 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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© Collectif Black Lines

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 26 septembre 2020

 

20.40 : Les Chatouilles d’Andréa Bescond & Éric Métayer (2018), OCS Max
Un des découvertes d’Un Certain Regard 2018. Premier film, mais d’après la pièce d’Andréa Bescond, déjà un succès à la scène, et qui raconte, de façon réfrigérante, son expérience enfantine de traumatisme sexuel. Pas de pathos, une interprétation parfaite, Karin Viard et Clovis Cornillac en parents aveugles et Pierre Deladonchamps en "ami" de la famille.

20.50 : Les Rats de Robert Siodmak (1955), Classic
À ne pas confondre avec, sur la chaîne voisine Famiz, La Souris de Gore Verbinski (1997), passé en avril 2020, excellent premier film de l’auteur de Pirates des Caraïbes. Le film de Siodmak n’est pas inédit, mais son unique passage date du 4 avril 2016, sur Arte et à une heure peu favorable. Rattrapage souhaitable, car cette ultime période de sa carrière est peu fréquemment visitée et l’adaptation de la pièce de Gerhart Hauptmann remarquable (malgré Maria Schell).

22.05 : The Great Buster : A Celebration de Peter Bogdanovich (2018), OCS Géants
Bogdanovich est meilleur documentariste qu’homme de fiction et les entretiens qu’il a faits avec certains réalisateurs (Alan Dwan, par exemple) sont étonnants. 105 minutes pour célébrer Keaton, il fallait bien ça. Les documents sont passionnants, évidemment. Le film a été présenté à Deauville puis à Lyon, lors de Lumière 2018, mais n’a pas connu de sortie en salles.

22.20 : Le Banni des îles de Carol Reed (1951), Classic
On évoquait il y a peu, à propos de La Clé (1958), le purgatoire dans lequel l’auteur était plongé. Ce qui était excessif, dans la mesure où ce n’est pas un oublié de la chaîne, plusieurs de ses titres ayant été programmés depuis six ans. Et qu’elle nous offre même un inédit ce soir, d’après le roman de Joseph Conrad, deuxième volet de la trilogie Almayer. L’écrivain a souvent réussi à ses adaptateurs, Richard Brooks ou Coppola (pas toujours, rappelons-nous La Folie Almayer de Chantal Akerman (2011) - il faut reconnaître qu’avoir tenté de faire passer Stanislas Merhar pour un héros conradien était une gageure). Ici, du British au carré : William Fairchild au scénario, Ralph Richardson, Trevor Howard, Robert Morley et Wilfrid Hyde-White sur l’écran. Une rareté.

 

Dimanche 27 septembre 2020

 

20.40 : Dos au mur d’Asger Leth (2012), OCS Max
Dos au mur, mais surtout debout sur une corniche, on ne sait plus à quelle hauteur (on n’a pas revu le film depuis sa sortie). En tout cas, les efforts de ce policier accusé à tort (d’après lui) pour être entendu sont convaincants. Même si on se doute que la fin ira dans le sens souhaité, les 100 minutes sont soutenues.

20.50 : La Grande Séduction de Jean-François Pouliot (2003), Famiz
Premier film d’un spécialiste québécois du cinéma publicitaire. Présenté à Cannes 2003, le film a mis un an pour sortir, ce qui n’étonne guère pour un film d’un inconnu avec des acteurs également inconnus. Et pourtant, c’est drôle et exotique - un village perdu sur la côte Nord du Canada, une usine prête à s’installer, un médecin réquisitionné. Est-ce que ça marcherait, transposé dans le Finistère, sur FR3 ? Peut-être pas, mais, avec l’accent, ça fonctionne.
C’est tout ? Tout le reste est déjà passé et repassé.

 

Lundi 28 septembre 2020

 

20.40 : Miss Daisy et son chauffeur de Bruce Beresford (1989), OCS géants
Cf. note du 24 mars 2016.

20.50 : Sibel de Cagla Zencirci & Guillaume Giovanetti (2018), Club
Un village turc, loin de tout, une jeune muette qui sait siffler la langue des oiseaux, un soldat déserteur, sur le papier, c’est hard. En réalité, c’est tout à fait surprenant, à la hauteur des précédents films du tandem - ceux qui ont vu Noor (2014) comprendront. Et, ô surprise, les spectateurs ont suivi : près de 120 000 l’an dernier.

20.50 : Correspondant 17 d’Alfred Hitchcock (1940), Classic
On pensait le deuxième titre de sir Alfred maintes fois programmé, mais il n’apparaît pas dans nos fiches. Il fait partie des films de circonstance, comme on en a tourné des malles à Hollywood dès le début de la guerre, comme Cinquième colonne qu’Hitchcock tournera deux ans plus tard. On n’y croit pas des masses, mais, derrière Joel McCrea, il y a des acteurs autrement intéressants, Herbert Marshall, notre cher George Sanders, Albert Basserman et Robert Benchley, personnalité étonnante - acteur (92 films), scénariste (58 scénarios), écrivains (une cinquantaine de recueils de nouvelles, dont certains encore disponibles en français - on recommande Psychologie du pingouin).
C’est tout ? C’est tout, cf. supra.

 

Mardi 29 septembre 2020

 

20.40 : À la recherche de Bobby Fisher de Steven Zaillian (1993), Paramount Channel
Premier film (mais il n’en a tourné que quatre) du scénariste de Spielberg, Scorsese, Pollack, De Palma, Ridley Scott, David Fincher, on en passe. Comme tous les films mettant en scène le monde des échecs, on est suspendu pendant les deux heures que dure cette biographie (enfin le début) de Joshua Waitzkin, entre sa découverte du jeu à 6 ans et son titre de maître international à 17.

20.50 : Histoire d’un regard de Mariana Otero (2019), Club
Le sous-titre du film : À la recherche de Gilles Caron. Photographe trop tôt disparu (à 30 ans, au Cambodge, en 1970), Caron a couvert tous les théâtres d’opérations durant les années 60, entre affaire Ben Barka, guerre des Six Jours, guerre du Biafra et Paris en mai 68. Il avait, effectivement, un regard, comme ses copains de l’agence Gamma, Depardon ou Vassal. Le film est superbe.

20.50 : Les Desperados de Charles Vidor (1943), Classic
Certes, Charles n’était pas King, mais un bon réalisateur à tout faire, capable de tout signer, une comédie exotique rigolarde avec Charles Laughton, The Tuttles of Tahiti (1942) un musical comme La Reine de Broadway (1944), un polar comme Gilda (1946), un mélo comme Les Pièges de la passion (1955) ou, d’après Hemingway L’Adieu aux armes (1957) qui, s’il ne vaut pas la version de Borzage, n’est pas indigne du tout. Ce soir, un de ses rares westerns (Boetticher est censé y avoir collaboré) avec des acteurs qui n’étaient pas encore de vieux routiers, Randolph Scott et Glenn Ford.

22.20 : Mariana Otero, un cinéma plus grand que la vie d’Estelle Fredet (2020), Club
Doc pas vu, mais dont le titre est explicite, même si on peut le considérer comme un cliché. De toutes façons, il complète la soirée Gilles Caron.

23.10 : Les Poings contre les murs de David Mackenzie (2013), OCS Choc
Unique passage le 17 août 2016, à une heure où les spectateurs sont à peine rentrés de la plage. Dommage pour ce film de prison, bien fait, de sorte qu’il est à peine supportable. Mackenzie a depuis tourné Comancheria, 2016, remarquable western polardeux.

 

Mercredi 30 septembre 2020

 

20.40 : Martin Eden de Pietro Marcello (2019), OCS City
Le film a connu un accueil critique soutenu, bien suivi par le public (près de 150 000 spectateurs). Tant mieux. Il n’empêche qu’on peut s’étonner. Par exemple d’avoir transposé l’action à Naples aujourd’hui (en conservant les noms anglais). Or le héros de Jack London est de son lieu et de son temps, très précisément : les premières années du 20e siècle, côté contexte social, lutte de classes et conditions de l’écrivain, ne sont pas les mêmes cent ans plus tard. C’est bien beau de bousculer la chronologie, de mélanger les époques, mais ça mène à des incongruités, comme de voir les ouvriers s’interroger sur le socialisme primitif alors que tout le monde a la télévision et que des TGV passent en fond de plan. L’interprétation de Luca Marinelli, quasi constamment dans l’excès, est pénible. Pourquoi ne pas relire le génial roman ? Et en attendant, revoir Una questione privata (2017), ultime film des frères Taviani, qui repasse sur la même chaîne à 22.50 - et relire Beppe Fenoglio par la même occasion.

20.40 : J’ai toujours rêvé d’être un gangster de Samuel Benchétrit (2007), OCS Choc
Inédit. Insatisfaisant, comme tous les films de l’auteur, qui partent toujours sur une idée intéressante et qui se perdent en cours de route, jamais suffisamment pour qu’on n’y prenne pas un certain intérêt, tout en regrettant le film qui aurait pu être. Mais on peut faire avec, d’autant que la structure en sketchs permet de maintenir l’attention. Avec Anna Mouglalis, Édouard Baer, Bouli Lanners, Jean Rochefort, Laurent Terzieff et Alain Baschung, que du beau monde.

20.50 : En liberté ! de Pierre Salvadori (2018), Premier
Très jolie comédie policière - pas tout à fait policière car si le héros est un flic exemplaire, il meurt dès le début. Salvadori ne tape pas toujours aussi juste. On applaudit bien fort les acteurs, Audrey Tautou, Pio Marmaï et Vincent Elbaz, qui semblent avoir pris plaisir à la chose.

20.50 : Quand meurent les légendes de Stuart Millar (1972), TCM
Inédit. Le premier (et avant-dernier) des films de Millar, plus souvent producteur. Richard Widmark, vieillissant - comme John Wayne dans le second titre de l’auteur, Une bible et un fusil (1975) - prend en main un jeune Indien pour en faire un as du rodéo. Du western aux personnages usés, comme les années 70 en raffolaient.

 

Jeudi 1er octobre 2020

 

20.40 : De l’autre côté du mur de Christian Schwochow (2013), OCS City
Inédit. Une vision un peu moins manichéenne de l’opposition RDA-RFA : des fuyards de Berlin-Est se réfugient à l’Ouest en 1975. Enfin le Paradis ! Eh non, rien d’idyllique pour les arrivants, la grisaille est là également, et les interrogatoires aussi kafkaïens. Cette nouvelle vision s’avère tardive - mais il n’était pas question, pendant la guerre froide, d’oser dire que l’Ouest n’était pas le meilleur régime au monde.

20.40 : La Disparue de Lee Chang-hee (2018), OCS Choc
Pour ceux qui ont raté le 27 février 2019 le passage de ce bon polar coréen.

20.40 : Spécial cinoche, Paramount Channel
Pour mémoire, car les deux titres ne sont pas neufs, mais des westerns à l’ancienne, c’est toujours bon à prendre. D’abord, Les rebelles viennent de l’enfer de Robert Benton (1972), suivi, à 22.25 par L’Aigle et le vautour de notre protégé Lewis R. Foster (1950). Vieux pots mais bonne soupe.

20.50 : La Nuit du carrefour de Jean Renoir (1932), Classic
Dernier passage le 4 octobre 2015, au Cinéma de minuit de Brion sur FR3. Donc, quasiment un inédit. On reprend ce qu’on écrivait alors : "Le film - deuxième adaptation de Simenon après Le Chien jaune - est d’une étrange beauté brumeuse. À peu près incompréhensible, et pas seulement parce que Jean Mitry en a, après le tournage, égaré définitivement une bobine. Mais Pierre Renoir est un Maigret crédible et Winna Winfried une comédienne très rare".

22.20 : Simenon et l’affaire du cinéma de Benjamin Clavel (2020), Classic
Doc inconnu. Mais rien de ce qui concerne Simenon ne nous est étranger. Notons que l’auteur le plus adapté au cinéma et à la TV du siècle dernier affichait mépris ou indifférence pour l’écran - affichait seulement, car on sait qu’il y était attentif, au point d’être juré à Cannes, ce qui ne lui déplut pas. 50 minutes pour traiter le sujet, on craint que le tour de la question ne soit qu’esquissé. On verra, avant de revoir, à 23.10, Maigret voit rouge que Gilles Grangier a tourné en 1963, troisième et dernière incarnation de Maigret par Gabin (pas sa meilleure).

 

Vendredi 2 octobre 2020

 

20.40 : Soirée Formule 1, OCS Max
Formule 1, pas la chaîne d’hôtels (si on peut les appeler ainsi), mais la course automobile, à une époque où le bilan carbone d’un Grand Prix n’entrait pas encore dans les bilans. Une fiction d’abord, Rush de Ron Howard (2013), sur l’histoire de la bagarre entre Niki Lauda, alors champion du monde, et James Hunt, son challenger, qui, après l’accident du premier, devint à son tour champion. Le genre "film de pilotes" laisse peu de place à l’imprévu, mais c’est toujours grisant, surtout lorsque c’est bien réalisé. Daniel Brühl en Lauda, on n’y pensait pas, mais il s’en sort bien.
Un documentaire ensuite, à 22.40, signé en 2010 par Asif Kapadia, Senna, remarquable évocation du plus grand pilote de l’Histoire, fourmillant de documents rares. Un régal.

20.50 : Karaté Kid : Le Moment de vérité de John G. Avildsen (1984), Famiz
Inédit. S’agit-il du premier de la série, comme la date indiquée et le résumé semblent le laisser penser - auquel cas, le titre est simplement Karaté Kid -, ou le deuxième volet, sorti en 1986 sous ce titre, trois ans avant le troisième, Karaté Kid 3 ? De toutes façons, premier ou deuxième, les deux étaient bâtis sur le même schéma (sauf que dans le 2, Daniel avait déjà reçu l’enseignement de M. Miyagi). Quelques millions de spectateurs sur la planète et un sérieux regain d’intérêt pour cet art martial chez les ados mal à l’aise dans leur peau.

20.50 : Sous le sable de François Ozon (2000), Club
Apparemment inédit, ce qui est curieux, Ozon n’étant pas un exclu du câble. Il signe ici son quatrième long en trois ans - il avait déjà pris sa cadence - et son premier succès, les précédents n’ayant touché qu’un public réduit. L’appel à des vedettes comme Charlotte Rampling, Bruno Cremer et Alexandra Stewart joua, certes, mais le film était abouti, grâce à un scénario soigné, signé, outre Ozon, par Emmanuèle Bernheim, Marina De Van et Marcia Romano.

20.50 : Préparez vos mouchoirs de Bertrand Blier (1978), Classic
Les Valseuses (1974) nous avait laissé froids, Calmos (1976) mis en colère, celui-ci nous a réconcilié avec BB, avant que Buffet froid (1979) ne nous transporte. Depardieu et Dewaere de nouveau, qui s’efforcent de sauver, grâce au sexe, Carole Laure de sa tristesse. Mais c’est avec un gamin de 13 ans (Riton Liebman dans son premier rôle) qu’elle y échappera. Un détournement de mineur aussi effrontément proclamé vaudrait aujourd’hui quelques levées de hashtags.

22.20 : Gaspard et Robinson de Tony Gatlif (1990), Club
Passé il y a deux semaines. Si on insiste, c’est que, revu trente ans après, le film se révèle un des meilleurs de Gatlif, échappant totalement aux clichés et au vieillissement : les déambulations des trois héros ont gardé tout leur charme et leur pouvoir poétique (si, si, on peut utiliser les grands mots).

22.50 : Retour à la fac de Todd Phillips (2003), Famiz
Avec Road Trip (2000), Phillips avait trouvé son créneau : les émois des trentenaires cultivés, pendant et après la fac. One more time ici, avant la trilogie Very Bad Trip, devenue une véritable franchise. Si on supporte le genre, la bande originale est sympathique.



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