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Semaine télé du 28 novembre au 4 décembre 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 28 novembre 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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La télé des lockdowns

Humeurs de Lucien Logette



 

Samedi 28 novembre 2020

 

Black Saturday sur l’ensemble des chaînes : pas un seul inédit et tous les films proposés l’ont déjà été récemment. Restent les séries sur OCS (mais Game of Thrones, saison 4, ça sent le réchauffé). À la rigueur, Popaul emploi de Tony Carrera (2009), le porno de minuit sur OCS Max. Une découverte ?

 

Dimanche 29 novembre 2020

 

Black Sunday, la série continue : sur les 21 films programmés, rien de neuf. Revoir Bridget Jones (les deux), Les Affranchis, Paris brûle-t-il ?, Inception ou Les Dents de la mer ? Non merci ! Rouvrez les salles !

 

Lundi 30 novembre 2020

 

Black Monday, à ne pas croire ! Peut-être les bouquets gardent-ils leurs titres-phares pour Noël ? En tout cas, c’est encore la disette : que du ressassé (The Pledge, pour la quatrième fois en trois semaines, une soirée Percy Adlon, la même qu’en septembre 2020).
Une éclaircie tout de même : à 20.50 : Dunkerque de Leslie Norman (1958), Classic
60 ans avant celui de Christopher Nolan, le film conte la débâcle des troupes britanniques en mai 1940 et leur embarquement en déroute. Il nous semble pourtant bien l’avoir revu sur le câble il y a quelques années, mais sans le signaler. Que des acteurs sobres : John Mills, Richard Attenborough, Bernard Lee, Lionel Jeffreys.

23.40 : Sixième édition de Michael Curtiz (1935), France 5
Heureusement qu’il nous reste Patrick Brion, avec ce soir, un film bien plus rare que les semaines précédentes. Toujours les journalistes, puisque tel est le thème de sa série, avec une variante : il s’agit d’une journaliste et pas n’importe laquelle, Bette Davis, alors dans sa période la plus tonique, et qui incarne cette "front page woman" (le titre original) avec l’aplomb qu’on lui connaît. Curtiz n’était pas un délicat, à s’attarder sur la psychologie - sinon il n’aurait pas tourné 21 films entre 1932 et 1935. Rapide, efficace, du pur Warner des années 30.

 

Mardi 1er décembre 2020

 

20.40 : La Crème de la crème de Kim Chapiron (2014), OCS Choc
Inédit. Il ne s’agit pas d’une adaptation du premier roman de Robin Cook, paru il y a bien des lurettes dans la Série Noire. Il y a pourtant des rapprochements possibles, puisque le film raconte, comme le livre, les méfaits d’une caste, celles d’étudiants d’une sorte de HEC, qui organisent un réseau de prostitution. On remarque surtout Alice Isaaz, presque débutante. Chapiron n’a rien tourné depuis, doit-on s’en plaindre ?

20.50 : Premières vacances de Patrick Cassir (2018), Émotion
Premier film inédit. Un couple réuni par le Net décide de tester son lien tout neuf en partant en vacances. On comprend que l’intérêt de la chose est mesuré. Mais les acteurs sont des noms en pointe, Camille Chamoux et Jonathan Cohen. Alors, si on n’est pas déjà fatigué de les voir si souvent, on peut embarquer pour la Bulgarie avec eux, en sachant que ce n’est pas le Pérou.

20.50 : La Caravane des hommes traqués d’Harmon Jones (1956), Classic
Inédit - mais qui aurait eu l’idée de programmer un film de ce cinéaste, auteur de ce joyeux nanar qu’était La Princesse du Nil (1954, avec Debra Paget) ? Vu l’état des propositions sur les chaînes, on peut vérifier si George Montgomery (110 films et presque uniquement des westerns de série B) est aussi piètre acteur que réalisateur - on se souvient avec tristesse de son Dernier Train de Santa Cruz (1961).

22.10 : Alleluia de Fabrice Du Welz (2014), OCS Choc
Cf. note du 26 août 2017.

22.30 : La Llorona de Jayro Bustamante (2019), Club
Pas vu. Mais le souvenir qu’on conserve de Ixcanul (2015) est suffisamment fort pour qu’on regrette de ne pas connaître ce troisième titre du cinéaste guatémaltèque. Un général, responsable d’un génocide contre les Mayas et acquitté, est hanté par l’esprit d’une llorona, une pleureuse légendaire. Le nouveau cinéma fantastique latino-américain est étonnant, cf. L’Étreinte du serpent de Ciro Guerra (2015), profitons-en.

 

Mercredi 2 décembre 2020

 

20.40 : Mauvaise éducation de Cory Finley (2019), OCS Max
Téléfilm inconnu - produit par HBO, c’est une référence. Avec Hugh Jackman, qui serait déjà une raison pour regarder s’il n’y avait en outre Allison Janney, la C.J. de À la Maison-Blanche.

20.40 : Instinct d’Halina Reijn (2019), OCS City
Inédit et inconnu, c’est la soirée. Film belge, le premier réalisé par une actrice et apparemment jamais distribué ici. Les acteurs - Carice Van Houten, Marwan Kenzari, Marie-Mae Van Zuilen - ne nous évoquent rien. L’aventure.

20.40 : 5 est le numéro parfait d’Igort (2019), OCS Choc
Adaptation par l’auteur (Igor Tuveri) de sa bande dessinée. Toni Servillo, tueur de la Camorra, reprend du service.

20.50 : Un fils de Mehdi Barsaoui (2019), Club
Inédit, presque totalement, puisque le film est sorti en salles le 4 mars 2020, ce qui ne lui a pas laissé beaucoup d’occasions d’être vu. Il ne nous semble pas qu’il était encore à l’affiche en mai et juin 2020, ni depuis, évidemment. Beau film à rattraper, avec Sami Bouajila, toujours remarquable (On le verra bientôt dans Rouge de Farid Bentoumi) dans le rôle d’un père en quête d’une greffe pour son fils.

20.50 : Rendez-vous d’Ernst Lubitsch (1940), Classic
Attention, chef-d’œuvre. Un des films les moins renommés de E.L., mais peut-être le plus émouvant. On n’est pas dans la comédie étincelante, mais dans le mélo, ou presque. À la dixième vision, on est toujours aussi secoué par la rencontre de James Stewart et de Margaret Sullavan, aussi magnifique que dans les chefs-d’œuvre de Borzage, Three Comrades, Shining Hours et Mortal Storm. Frank Morgan, l’indispensable, en patron de la "boutique du coin de la rue" (c’est le titre anglais). C’est ici que l’on voit la manière de Lubitsch : neuf ans plus tard, Robert Z. Leonard réalisa un remake fidèle (In the Good Old Summertime) de la pièce d’origine, d’une platitude extrême, malgré Judy Garland et Van Johnson.

20.50 : La Lance brisée d’Edward Dmytryk (1954), TCM
On peut reprocher beaucoup de choses à Dmytryk, comme d’avoir échappé à la prison en dénonçant ses camarades du Parti devant la commission McCarthy, mais pas d’être un cinéaste négligeable (au moins durant les années 40 et 50). Et cinq ans avant L’Homme aux colts d’or, grand western lyrique, il a signé ce bon western, remake de La Maison des étrangers de J.L. Mankiewicz (1949). Voir Robert Wagner se laisser condamner à trois ans de pénitencier pour ne pas dénoncer ses frères sonne assez curieusement - exorcisme de la part du réalisateur ? Distribution brillante : Spencer Tracy, Richard Widmark, Jean Peters, Katy Jurado.

22.25 : Lubitsch, le patron de Jean-Jacques Bernard (2010), Classic
Doc inconnu. Mais sur un tel sujet, comment rater un film ? Bien plus que Renoir, Lubitsch l’inimitable mérite le titre de patron. Car à la différence de JR, il n’a jamais connu de baisse de régime, aussi admirable du Le Palais de la chaussure Pinkus (1916) à Cluny Brown (1946).

22.25 : Voyage au centre de la Terre d’Henry Levin (1959), TCM
Levin n’était pourtant pas un grand cinéaste et sur la dizaine de ses films que l’on connaît, on ne conserverait que le très zinzin Kiss the Girls and Make Them Die, en français Ramdam à Rio (1966). Et pourtant il a signé cette superbe adaptation du roman de Jules Verne, sort de chef-d’œuvre d’art naïf qui lui a sans doute échappé. Il n’empêche : la magie du livre est restituée (avec en prime une visite de l’Atlantide que Verne avait gardée pour Vingt mille lieues sous les mers. James Mason est un Professeur Lidenbrok tout à fait crédible et Pat Boone ne chante pas

23.20 : Ninotchka d’Ernst Lubitsch (1939), Classic
Pour mémoire, car chacun l’a vu. Mais comment s’en lasser ?

 

Jeudi 3 décembre 2020

 

20.50 : Continuer de Joachim Lafosse (2018), Émotion
Inédit. Même s’il ne réussit pas tous ses films - Les Chevaliers blancs (2015) était fort raté -, l’auteur est un des cinéastes belges les plus intéressants de ces dernières années. L’Afrique des bénévoles ne l’avait pas inspiré, le désert du Kirghizistan beaucoup plus. Et l’étrange road-movie - mais à cheval - qui mène Virgini Efira et son fils Kacey Mottet-Klein à travers la steppe est étonnamment intéressant, alors qu’il ne se passe rien, sinon des rapports mère-fils épineux. 44 000 spectateurs, le film méritait mieux.

20.50 : Soirée René Clair, Classic
Clair a eu un tort, celui de postuler et d’être admis à l’Acadéfraise. Parallèlement, il fut Transcendant Satrape du Collège de ‘Pataphysique, ce qui était nettement plus glorieux. Il a connu le purgatoire après sa disparition - il faut reconnaître que ses ultimes films ne sont pas les meilleurs. Mais sa filmographie est suffisamment fournie pour qu’on y revienne. Ce soir, c’est galette complète, puisque que la séance commence, à 20.50 par À nous la liberté (1931), auquel le Chaplin des Temps modernes (1936) doit beaucoup, suivi à 22.10 par Entr’acte (1925), qu’on ne présente plus. À 22.30, Paris qui dort (1924), son premier film et un des plus beaux tournés sur la Ville. Le Dernier Milliardaire (1934), à 23.40, se situe au-dessus de sa faible réputation, et à 01.10, Le silence est d’or (1947) est une très charmante recréation des années héroïques du cinéma muet. L’œuvre de Clair demeure visitable et pas comme un musée.

 

Vendredi 4 décembre 2020

 

20.40 : Soirée Carl Reiner, OCS Géants
Sans doute pour saluer la mémoire de l’acteur-réalisateur, disparu il y a quelques mois, à 98 ans. Pour commencer, à 20.40, Un vrai schnock (The Jerk, 1979), le premier film dans lequel Steve Martin avait le rôle principal. Rencontre productive, puisque Reiner (accessoirement le père de Rob, le cinéaste) le fera tourner dans trois autres films, dont, à 22.10, le fameux Les cadavres ne portent pas de costard (1982), passé il y a peu. On aurait pu achever la soirée avec un autre Reiner-Martin, comme L’Homme aux deux cerveaux (1983), plutôt qu’avec Pique-nique à Hanging Rock de Peter Weir, 1975), mais c’est très bien quand même.

20.50 : Kanzo sensei de Shôhei Imamura (1998), Club
Inédit, comme tous les films d’Imamura. Et pourtant, il y a de quoi faire, dans une filmographie frappée par l’ange du bizarre, depuis La Femme insecte (1963), L’Évaporation de l’homme (1967) ou L’Histoire du Japon d’après-guerre racontée par une hôtesse de bar (1970). Étrangeté qui ne l’a pas empêché de décrocher deus Palmes d’or avec La Ballade de Narayama (1983) et L’Anguille (1997). Sacré bonhomme. Quand nous l’avons vu, Kanzo sensei s’intitulait encore Dr. Akagi, ce qui est plus juste, puisque c’est le nom du héros, un médecin obsédé par le virus de l’hépatite C, qui touche tous ses patients (on est à la fin de la Seconde Guerre mondiale). Les films rares d’Imamura ont été réédités il y a quelques années par Luna Park Films - sont-ils encore disponibles ?

22.55 : Texas Trip de Steve Balestreri & Maxime Lachaud (2020), Club
Inédit, sur le câble et en salles. Le sous-titre de ce doc - A Carnival of Ghosts - décrit bien le sujet. Le film démarre comme un reportage sur les drive-in abandonnés du Texas, avec leurs écrans en béton mangés par la végétation, leurs cabines en ruines, avec des exemples des films qui y passaient majoritairement, produits d’horreur fauchés de série Z, auprès desquels Corman, c’est Kubrick. Une fois l’exploration terminée, on va visiter les héritiers de cet esprit, une bande de crypto-punks et gothiques qui hantent les lieux. On voit même le grand auteur de polar du coin, Joe R. Lansdale.



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