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Semaine télé du 16 au 22 janvier 2021
Salut les câblés !
publié le samedi 16 janvier 2021

Jeune Cinéma en ligne directe

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Installation à usage personnel-DR

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 16 janvier 2021

 

20.50 : Soirée Roger Corman, Classic
Bonne idée de consacrer une soirée à Corman - quoique, au rythme de deux titres quotidiens, sa filmographie permettrait de tenir un mois entier (et avec les films qu’il a produits six mois de plus). Souvenir : lorsque Henri Langlois lui avait rendu hommage à Chaillot, en juin 1964, seul Mitraillette Kelly (1958) était sorti, deux ans plus tôt, dans un circuit minuscule, Charles Bronson commençant à se faire un nom. Mais celui de Corman était déjà connu des amateurs, grâce à Robert Benayoun et au numéro quasi spécial de Positif (n° 59, mars 1964). La découverte d’une quinzaine de titres, certains flamboyants (ceux du cycle Edgar Poe), certains fauchés - Un baquet de sang (1960) -, avait confirmé les dithyrambes de Benayoun. L’alliance d’inventivité dans la création d’une atmosphère gothique et le laisser-aller dans les films tournés en trois jours composait un cocktail séduisant, qu’on n’a pu goûter pleinement que tardivement, lorsque de nombreux films inédits ont été édités en DVD (par Bach films) - plusieurs atteignent des sommets dans le Z, comme La Créature de la mer hantée (1961) ou, notre préféré, La Saga des femmes vikings et leur voyage dans les eaux du Grand Serpent de mer (1957). Ce soir, c’est fête, car ce sont deux des meilleurs titres de la série Poe qui sont proposés, La Tombe de Ligeia (1964), à 20.50, puis Le Masque de la Mort rouge (1964), à 23.00.
Tous les deux avec Vincent Price, comme un poisson dans l’eau dans l’univers de Poe revisité par Corman (et ses scénaristes qui n’étaient pas des manchots, Robert Towne pour le premier, et Charles Beaumont pour le second). Entre les deux, à 22.10 : Roger Corman, le roi de la série B, documentaire inconnu de Bertrand Tessier (2020) qui ne devrait pas nous décevoir.

22.10 : 21 Jump Street de Phil Lord & Christopher Miller (2012), 0CS Max
Inédit, jamais revu depuis sa sortie discrète en 2012. Adaptation sur le grand écran de la série TV homonyme (1987-1990) qui fut un tremplin pour Johnny Depp, buddy-movie avec deux jeunes flics, ici Channing Tatum et Jonah Hill.

22.25 : L’Orphelinat de Sharbanoo Sadat (2019), OCS City
Inédit et inconnu (1876 spectateurs en novembre 2019). Poly-coproduction, entre Danemark, Allemagne, France, Luxembourg, Afghanistan et Qatar. Dans l’Afghanistan de 1989, un ado à la rue est placé dans un orphelinat, jusqu’à l’arrivée des talibans en 1992. À découvrir.

 

Dimanche 17 janvier 2021

 

20.40 : Red Penguins de Gabe Polsky (2019), OCS City
Doc inédit (sorti en VOD en décembre 2020) et inconnu. Au vu du sujet, on imagine qu’il s’agit de la suite de l’excellent doc Red Army (cf. infra), sur la fameuse équipe de hockey sur glace de l’Armée rouge. Les vaillants sportifs vont devenir les éléments d’un show, sorte d’Holiday on ice à la russe. Les temps ont changé.

20.50 : Balade entre les tombes de Scott Frank (2014), Frisson
Un seul passage, récent (4 octobre 2019), mais à horaire tardif. Les yeux bien ouverts, on peut apprécier la performance de Liam Neeson, acteur capable de tout interpréter, héros romantiques, révolutionnaire irlandais, curé de choc, Zeus, Jean Valjean et même Matt Scudder, le détective créé par Lawrence Block - déjà incarné par Jeff Bridges dans Huit millions de façon de mourir de Hal Ashby (1986). Neeson est à sa place en héros miné par l’alcoolisme, la culpabilité et toutes ces sortes de choses.

22.00 : Red Army de Gabe Polsky (2014), OCS City
Il aurait été plus logique de programmer ce film-ci (sélectionné à Cannes 2014) avant son prolongement proposé à 20.40 - comme si on passait Vingt ans après avant Les Trois Mousquetaires. Montrer la transformation et la décadence marchande avant la création et l’apogée est un non-sens. Dommage. Red Army est passionnant, car l’histoire de l’équipe, la HKCSKA, sept fois championne du monde, deux médailles d’or aux JO, est racontée par Slava Felisov, son capitaine dès 1977 (il finira ministre des Sports de Poutine). Entraînement digne d’un bagne sportif, rôle du Politburo, etc. Un régal.

 

Lundi 18 janvier 2021

 

20.40 : Tout ce qui brille d’Hervé Mimram & Géraldine Nakache (2010), OCS Max
Dernier passage, le 26 décembre 2016. Ce n’est pas parce que les films suivants du tandem furent décevants - Nous York (2014) est pesant - qu’il faille rejeter celui-ci. Les rapports de Leïla Bekhti et Géraldine Nakache sont très justement montrés et leur découverte d’un univers différent de leur banlieue n’est pas schématique.

20. 40 : Soirée Luis Buñuel, OCS Géants
Pour mémoire - mais comment ne pas les signaler ? -, deux titres admirables, cent fois vus mais toujours visibles, Belle de jour (1967), suivi, à 22.30, de Tristana (1970). Que dire, sinon qu’on aimerait ne pas les connaître afin d’avoir le bonheur de les découvrir.

20.50 : Perdrix d’Erwan Le Duc (2019), Club
Premier film très réussi et qui change fort heureusement des schémas de la comédie à la française contemporaine. Un village des Vosges, un gendarme (Swann Arlaud) nanti d’une famille chabraque (Fanny Ardant, Nicolas Maury) et d’une brigade d’abouliques, une voyageuse qui s’incruste, une communauté de nudistes radicaux (dans les Vosges !), on a rarement vu tant de choses biscornues assemblées de façon aussi simple, avec un résultat aussi plaisant. Et enfin l’occasion d’offrir un vrai premier rôle à Maud Wyler, une des comédiennes les plus intéressantes apparues ces deux dernières années : c’était la fille de Corinne Masiero dans Louise Wimmer de Cyril Mennegun (2010), et l’amoureuse de Vincent Macaigne dans Deux automnes, trois hivers de Sébastien Betbeder (2013).

22.25 : Angel Heart d’Alan Parker (1987), Paramount Channel
Pour mémoire également - mais le film n’a pas été programmé depuis 2016. Un étrange roman - Le Sabbat dans Central Park de William Hjorstberg -, et le film le plus excitant de Parker. Du temps où Mickey Rourke avait figure humaine et Robert de Niro choisissait ses films.

23.40 : The Offence de Sidney Lumet (1972), Classic
Pas de trace d’un passage - il resterait des films de Lumet inédits sur le câble ? Oui, son chef-d’œuvre, Le Groupe (1966). Bonne façon de retrouver le regretté Sean Connery, souvent employé, et toujours superbement, par le réalisateur, dans un personnage de flic violent (mais comment lui en vouloir ?). Le distributeur (United Artists) détestait tant le film qu’il ne le sortit qu’au bout de 35 ans.

 

Mardi 19 janvier 2021

 

20.50 : Sahara de Breck Eisner (2005), Premier
Inédit. Film d’aventures dignes d’un serial à l’ancienne : le Dr. Matthew McConaughey part, avec son assistant Steve Zahn et la belle Dre / Penélope Cruz, en expédition au Sahara à la recherche d’un navire de guerre américain disparu. Ce n’est pas plus invraisemblable que L’Atlantide, il suffit d’avoir gardé ses yeux d’enfants.

00.35 : The Man Who Wasn’t There de Brice Malmuth (1983), Paramount Channel
Il ne s’agit pas du film presque homonyme des frères Coen, mais d’une comédie oubliée, avec Steve Guttenberg et Jeffrey Tambor, dont on ne sait pas grand-chose, sinon qu’elle semble reposer sur une idée de SF, avec une boisson qui rend invisible et tout ce qui peut s’ensuivre. Le reste de la soirée est tellement dépourvu d’intérêt que ce n’est pas bien grave de la terminer avec n’importe quoi.

 

Mercredi 21 janvier 2021

 

20.40 : Soirée djihad, OCS City
Deux films sur la thématique de la radicalisation et de l’embrigadement vers la Syrie, chacun mettant en scène non de jeunes musulmans, mais des adolescents sortis de famille bourgeoise traditionnelle avec Catherine Deneuve comme grand-mère d’un côté, Clotilde Courau comme mère de l’autre. À 20.40, L’Adieu à la nuit d’André Téchiné (2019), déjà vu le 26 février 2020, suivi à 22.20, par Le ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar (2016), inédit sur les chaînes. Le rapprochement fait un peu "Dossier de l’écran", sinon qu’on échappe aux débats. Le second titre manifeste la pesanteur habituelle aux films de M.-C. M.-S., mais il y a Noémie Merlant, toujours intéressante.

20.40 : Les Chasseurs de scalps de Sydney Pollack (1968), OCS Géants
Inédit. L’accueil français de Pollack s’est effectué doucement. Son premier film, Trente minutes de sursis (1965) était sorti sans grand tapage, malgré Sidney Poitier. Le deuxième, Propriété interdite (1966), n’avait pas fait vibrer la foule, malgré Natalie Wood (mais on y découvrit Robert Redford, si étonnant qu’on se souvient d’avoir revu trois fois le film la même semaine). Les Chasseurs de scalps fut considéré comme un western standard, malgré Burt Lancaster. Un château en enfer (1969), film guerrier à l’atmosphère digne des romans de Julien Gracq, découragea les amateurs du genre. Il fallut attendre On achève bien les chevaux (1969) pour que l’on remarque enfin le nom du réalisateur. The Scalphunters ne ressemble pourtant pas à un western classique : des Indiens échangent un esclave noir (plus savant que son nouveau maître) contre des fourrures et se font scalper par des chasseurs employés par l’État. Lancaster est un trappeur en grande forme.

20.50 : Border d’Ali Abbasi (2018), Club
On ne connaît pas Shelley (2016), premier long métrage d’Abbassi, toujours inédit. Mais n’aurait-il que le tiers de la moitié de l’intérêt de celui-ci qu’il vaudrait d’être vu. Tombé comme un aérolithe à Cannes, le film a obtenu haut la main le grand prix Un Certain Regard. Il y a longtemps que nous n’avions pas été aussi remués - la fin dans la forêt atteint un sommet. Très simple histoire de monstre(s) : une douanière (assez repoussante) flaire les passagers et détecte ceux qui ont peur. À partir de ce don, Abbassi a construit un polar fantastique de haute volée, qui mérite de ne pas être raconté plus.

20.50 : Soirée Max Ophuls, Classic
Pour mémoire - mais le premier titre n’est passé qu’une fois depuis 2014 : en ouverture, Lettre d’une inconnue (1948), sublime mélodrame d’après Stefan Zweig, et à 22.10, La Ronde (1950), superbe marabout-de-ficelle d’après Arthur Schnitzler. Après de tels films, même le silence ressemble à du Ophuls.

 

Jeudi 21 janvier 2021

 

20.40 : Yummy de Lars Damoiseaux (2019), OCS Choc
Inédit, sur le câble et en salles. Damoiseaux est un réalisateur hollandais, dont on ne connaît que quelques-uns de ses sept courts métrages. Un premier long d’horreur, annoncé comme "une orgie de sang, de violence et de rigolade", on peut s’en méfier, on peut aussi jouer le jeu et aller voir ça de près.

20.50 : Une intime conviction d’Antoine Raimbault (2018), Premier
Un premier film, bâti sur l’affaire Jacques Viguier, qui fit l’actualité entre 2000, date du procès, et 2010, date du procès en appel. Accusé du meurtre de sa femme, Viguier fut acquitté par deux fois. Affaire médiatique, puisque l’avocat du prévenu était Éric Dupont-Moretti, qui a fait du chemin depuis. Olivier Gourmet, sous la robe, est aussi à l’aise que partout. Laurent Lucas, en accusé, cultive l’ambiguïté, comme d’habitude. Et Marina Foïs, en juré active (c’est le seul personnage de fiction), se bat comme une diablesse. Les films de procès sont toujours captivants, celui-ci ne déroge pas.

20.50 : Comme une image d’Agnès Jaoui (2004), Club
Pas inédit, d’accord, mais il n’a été proposé qu’une seule fois, le 25 mai 2018, vers 23 heures. Or c’est un beau film de première partie de soirée, lorsque l’attention est maximale. Le Goût des autres (2000) fut une découverte, celui-ci confirma le talent de l’actrice-cinéaste et du duo de scénaristes qu’elle composait avec Jean-Pierre Bacri. Jaoui a fait depuis autre chose, et parfois plus ambitieux comme Place publique (2018), mais on conserve une tendresse certaine pour Comme une image.

 

Vendredi 22 janvier 2021

 

20.40 : Elmer Gantry de Richard Brooks (1960), OCS Géants
Inédit - on n’en revient pas ! On ne connaît pas de mauvais film de Brooks, à peine de moins bons, comme The Last Time I Saw Paris (1954), ou The Catered Affair (1956), Mais cette adaptation de son roman est un des points hauts de sa filmographie. Et sa dénonciation du charlatanisme évangélique (Burt Lancaster est magnifique en prêcheur itinérant) n’a hélas rien perdu de son actualité.

20.50 : 8 mm de Joel Schumacher (1999), Club
Inédit. On sait que Schumacher a donné dans tous les genres, avec plus ou moins de conviction. Le polar lui convient - ou peut-être est-ce dû au scénario d’Andrew Kevin Walker, habituel fournisseur de David Fincher. Mythologie à l’ancienne, détective privé, la Californie, snuff-movie, mais l’impression de déjà-vu n’est pas gênante, car Nicolas Cage est juste (ça lui arrive) et Joaquin Phoenix aussi (comme toujours).

20.50 : Robert et Robert de Claude Lelouch (1978), Classic
Pourquoi pas un Lelouch pour clore la semaine ? Il a trop tourné pour que ses films tiennent la distance, mais certains ont mieux survécu que les autres. Une fille et des fusils (1964) demeure un film très libre, et Mariage (1974), un sommet dans l’aigreur et la méchanceté, étonnant de la part d’un homme si débordant d’humanité. Ici, Jacques Villeret et Charles Denner s’entendent comme larrons en foire, et c’est une des rares apparitions de Nella Bielski à l’écran, sa cinquième et ultime depuis Les Gauloises bleues de Michel Cournot (1968).

20.50 : Soirée bonne soupe dans de vieux pots, TCM
La chaîne joue la sécurité, mais ça fait parfois du bien. Ce soir, hommage à Redford, avec deux locomotives : à 20.50, Nos plus belles années de Sydney Pollack (1973), suivi par Willie Boy d’Abraham Polonsky (1969). Du cinéma comme on n’en fait plus.

22.15 : Bad Lieutenant d’Abel Ferrara (1992), OCS Choc
Un seul passage en sept ans, le 24 mars 2018. C’est sans doute le titre de Ferrara qui nous fera lui pardonner une bonne partie des autres qu’il a signés. Harvey Keitel est inoubliable au long de sa descente aux enfers - on se demande pour quelle raison Werner Herzog s’est laissé entraîner dans un remake inutile, en 2009.



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