home > Au fil du temps > Salut les câblés ! > Salut les câblés ! (2021) > Semaine télé du 14 au 20 août 2021
Semaine télé du 14 au 20 août 2021
Salut les câblés !
publié le samedi 14 août 2021

Jeune Cinéma en ligne directe

JPEG - 490.5 ko

 

© Olivier Ledroit, Soul Vengeance (2000)

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 14 août 2021

 

20.40 : The Monster Squad de Fred Dekker (1987), Paramount Channel
L’inconnu du soir. Pas d’exploitation connue ni de sortie vidéo. Une découverte complète, donc. Dekker a signé depuis un Robocop 3 (1993) dont on ne se souvient pas très bien. Le scénariste, Shane Black, a tourné ensuite Kiss Kiss Bang Bang (2005), assez savoureux hommage à Raymond Chandler, et un Iron Man 3 (2013) oubliable.

22.20 : Himalaya d’Éric Valli (1999), Famiz
Second film inédit parmi tous les programmes de la soirée. Tout est dans le titre. Ce n’est pas Le Narcisse noir de Powell & Pressburger (1947), mais c’est tout de même très dépaysant et gentiment fait.

22.30 : Mine de rien de Mathias Mlekuz (2020), Émotion
Le film n’a pas eu de chance. Il est sorti en salles le 26 février 2020 juste avant le 1er confinement. Et pourtant, il figure parmi les meilleurs feelgood movies de nos réserves. Truffé de finesses et de drôleries, il est un film d’acteur pour les acteur. Il mérite d’être découvert, et revu. Cf. note du 4 novembre 2020.

 

Dimanche 15 août 2021

 

20.40 : Soirée Jacques Tati, OCS Géants
Comme le paysage alentour ressemble au désert de Gobi, on peut se satisfaire, au retour de la procession, de ces deux films, à 20.40, Trafic (1971), et, à 22.15, Parade (1974), tous deux passés plusieurs fois. Respectables, évidemment, mais ni l’un ni l’autre ne sont proches des sommets atteints par les Tati anciens, ceux des années 50.

20.40 : Clueless d’Amy Heckerling (1995), Paramount Channel
Inédit. La réalisatrice est passé du film de bébé - Allô, maman, ici bébé ! (1989) et ses sequels - au film d’adolescents déjà abordé dans son premier, Ça chauffe au lycée Ridgemont (1982). Le film a si bien marché qu’il a donné lieu à une série télévisée (62 épisodes entre 1996 et 1999). On attend de voir (on n’avait pas osé alors).

 

Lundi 16 août 2021

 

20.40 : Complices de Frédéric Mermoud (2009), OCS Choc
Inédit. Mermoud n’a tourné que deux films en dix ans, et c’est fort dommage, car celui-ci et l’autre, Moka (2016) sont tout à fait intéressants. Ici, les codes habituels du polar sont bousculés. Gilbert Melki et Emmanuelle Devos (également dans Moka) assurent, comme on s’y attend. Mais Nina Meurisse et Cyril Descours étaient alors des découvertes.

20.40 : Harlow, la blonde platine de Gordon Douglas (1965), Paramount Channel
Dernier passage le 27 mai 2016. S’il fait partie de la liste des films de Douglas pas encore vus, il faut le voir. Dans le cas contraire, une seule vision a suffi largement. Le talent ne peut pas toujours tout.

20.50 : Les Ailes de l’espérance de Douglas Sirk (1957), TCM
Un Sirk inédit, ça ne se trouve pas tous les jours. Alors, profitons-en, même si le film est un peu trop bien-agissant - Rock Hudson, bourrelé de remords d’avoir jadis bombardé des civils en 1944, se rattrape en bâtissant un orphelinat pour les petits Coréens (sans s’interroger sur la présence de l’armée US là-bas). Sirk venait de tourner un de ses chefs-d’œuvre, Écrit sur du vent (1956), il en tournera encore trois autres, La Ronde de l’aube (1958), Le Temps d’aimer et le temps de mourir (1958) et Mirage de la vie (1959).

22.30 : Les héros ne meurent jamais d’Aude Léa Rapin (2019), Frisson
Inédit. Si l’on accepte le postulat que le héros du film est (ou croit être) la réincarnation d’un combattant serbe criminel de guerre, on peut prendre un peu d’intérêt à ce voyage en Bosnie à la recherche - de quoi, d’ailleurs ? D’une preuve de l’identité commune des deux hommes ? Mais le film a de la peine à décoller de ce pitch improbable. Jonathan Couzinié est un acteur à suivre, Adèle Haenel est là constamment, ce qu’on peut regretter.

 

Mardi 17 août 2021

 

20.40 : Soirée Lina Wertmüller, OCS Géants
Sur ce créneau du cinéma ancien, la chaîne est bien plus inventive que sa concurrente de Ciné+, Classic, qui ronronne trop souvent. Mettre un coup de projecteur sur une des rares réalisatrices italiennes des années 60 et 70 (oublions Liliana Cavani) est une bonne idée - déjà développée par le Festival Lumière en 2019. Lina Wertmüller a eu 93 ans le 14 août 2021, c’est une belle façon de fêter son anniversaire. À 20.40, Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été (1974). LW s’est fait une spécialité des titres à rallonge, type Film d’amore e d’anarchia, ovvero ‘stamattina alle 10 in via dei Fiori nelle nota casa di tolleranza… (1973), ou La fine del mondo nel nostro solito letto in una notte piena di pioggia (1978), fort curieuse aventure sur une île déserte entre une grande-bourgeoise cynique et un marin communiste. Le scénario échappe aux stéréotypes attendus, fait entrevoir une évolution possible des rapports de classe et retombe finalement dans la lucidité : rien de commun, la lutte continue. À 22.30, I basilischi (1963), son premier film - elle en tournera 29 autres jusqu’en 2009 -, inédit en France, nous est donc malheureusement inconnu.

20.50 : Soirée Martin Scorsese, TCM
Strictement pour les nostalgiques du Scorsese première époque. À 20.50, Taxi Driver (1976), et à 22.45, Mean Streets (1973). No comment.

 

Mercredi 18 août 2021

 

20.40 : Soirée Yaron Shani, OCS City
Inédits. Encore une bonne invitation à la découverte d’un jeune réalisateur israélien, dont on connaissait ici Ajami (présenté à Cannes en 2009). À 20.40, Chained (2019) et à 22.30, Beloved (2019). La même histoire - un policier accusé de brutalité et suspendu - racontée selon deux points de vue différents, celui de l’homme (Chained), puis celui de son épouse (Beloved), et les conséquences que le drame déclenche chez chacun. Rien d’un exercice de style à la Cayatte - les deux volets de La Vie conjugale (1963), mais une mise en miroir extrêmement juste. Les films sont sortis à une semaine d’écart, en juillet 2020, pas la meilleure période pour faire un succès. En tout, plus de 40 000 spectateurs, pas si mal.

23.55 : Capitaine Mystère de Douglas Sirk (1955), TCM
Il pleut du Sirk cette semaine. Battle Hymn lundi (déjà sur TCM), ce soir, à 20.40, Taza, fils de Cochise (1954) sur OCS Géants. Et maintenant, cette ballade irlandaise, pas passée depuis le 22 mars 2018, et qui peut supporter sans peine une seconde vision, tant le cinéaste, empereur du mélo mais pas seulement, a su adapter le roman de W.R. Burnett avec jubilation. Rock Hudson a toujours été très à l’aise dans les films de Sirk. Et si on a encore les yeux ouverts, on peut enchaîner, à 01.25, avec Écrit sur du vent, la crème de la crème, toujours sur TCM.

 

Jeudi 19 août 2021

 

20.40 : Stripped de Yaron Shani (2018), OCS City
Inédit. Le premier volet de ce que Shani a intitulé Trilogy of Love, les deux suivants étant passés hier sur la même chaîne. Si les n° 2 et 3 sont liés, celui-ci est indépendant, avec d’autres personnages, même si le mal-être y est tout aussi prégnant. Sorti fin septembre 2020, le film n’a pu rassembler qu’un peu plus de 3000 spectateurs avant de disparaître. Rattrapage bienvenu.

20.40 : La Course au soleil de Roy Boulting (1956), Paramount Channel
Inédit. Film d’aventures assez entraînant, avec Richard Widmark, Trevor Howard et Jane Greer, à partir de la nouvelle de Richard Connell, The Most Dangerous Game, déjà adaptée par Schoedsack et Pichel en 1932. Les jumeaux John et Roy Boulting ont souvent travaillé ensemble, échangeant leurs casquettes de réalisateur, producteur, scénariste ou monteur. Pas ici, mais le résultat est tout de même sympathique.

20.50 : Mais vous êtes fous d’Audrey Diwan (2019), Premier
Inédit. Le film souffre d’un détail peu crédible : le héros (Pio Marmaï), accro à la cocaïne (plusieurs grammes par jour), s’arrête brutalement et continue sa vie normalement, soignant ses patients (il est dentiste) sans tremblote. Bravo ! Sinon, le film montre avec justesse l’explosion d’un couple et les conséquences judiciaires induites. Marmaï est un peu limité dans ses expressions (c’est la drogue), mais Céline Sallette est parfaite et Valérie Donzelli également très bonne.

21.40 : Né quelque part de Mohamed Hamidi (2013), OCS Max
Inédit. Premier film (soutenu et interprété par Jamel Debbouze) des quatre réalisés par Hamidi, tous marqués par une ambition modeste - pas de "grands" sujets, mais des situations initiales précises et un développement qui leur apporte une dimension plus large. Comme ici, avec cet ado de banlieue parisienne envoyé au bled, où il n’a jamais mis les pieds, pour sauver la maison de la famille : le comique du départ se modifie en confrontation profonde entre deux mondes. La Vache (2015) et Une belle équipe (2019) seront bâtis sur le même modèle.

 

Vendredi 20 août 2021

 

20.40 : Charles et Lucie de Nelly Kaplan (1979), OCS Géants
Nouvelle soirée d’hommage à la réalisatrice. D’abord cet inédit, avec Daniel Ceccaldi et Ginette Garcin, qui aurait pu le demeurer sans que l’on éprouve un manque, tant le scénario peine à échapper à la banalité : un vieux couple tranquille, un voyage à deux, une escroquerie à l’héritage. On a du mal à ranger ça dans la même catégorie que La Fiancée du pirate ou Néa (1976). Puis, à 22.15, une reprise de Papa, les petits bateaux (1971), déjà au programme du 13 août 2021.

20.50 : L’Homme au complet blanc d’Alexander Mackendrick (1951), Classic
Pas inédit. Mais il faut bien sauver un titre de la soirée sur Ciné+, bouquet décidément à la dérive côté imagination - cette semaine, c’est Paramount Channel qui a été le plus cité, ce qui est un comble. Le film est passé une seule fois, le 17 janvier 2018, et c’est une des comédies Ealing les plus intelligentes et les plus pertinentes, avec Alec Guiness en inventeur génial et naïf, découvrant que la science n’est pas forcément synonyme de progrès.

20.50 : Tin Cup de Ron Shelton (1996), TCM
Inédit. Shelton s’est fait une spécialité de films traitant du sport, base-ball, basket, boxe, football et même le golf, comme ici. Kevin Costner est un ancien champion qui revient défier Don Johnson par amour pour Renée Russo. C’est du classique au carré, mais si l’on aime les acteurs (et le golf, toujours spectaculaire), on est gâté.



Revue Jeune Cinéma - Contacts