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Semaine télé du 12 au 18 juin 2021
Salut les câblés !
publié le dimanche 13 juin 2021

Jeune Cinéma en ligne directe

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Portrait of Nam June Paik, 1983 ©Lim Young-kyun

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 12 juin 2021

 

20.40 : La Scoumoune de José Giovanni (1972), OCS Géants
Inédit, le seul de la soirée sur OCS. Et si le film l’était resté, l’amateur câblé n’aurait pas perdu grand-chose. Car Giovanni, mécontent de l’adaptation que Jean Becker avait réalisée de son roman L’Excommunié, Un nommé La Rocca (1961), en a tourné un remake, toujours avec Belmondo, mais avec Claudia Cardinale à la place de Christine Kaufmann. Résultat : de faible intérêt, comme nombre de films signés par le romancier.

20.50 : Soirée Jean-Pierre Mocky, Classic
L’ensemble de la programmation du bouquet Ciné+ frise le scandale : aucun inédit parmi les dix-huit titres proposés. Excellent prétexte pour aller voir des films en salles.
Quant aux fidèles des lucarnes domestiques, on ne peut que leur conseiller de revoir, à 20.50, Les Compagnons de la Marguerite, un Mocky de grande cuvée, pour lequel on ne peut que reprendre la note du 31 janvier 2020 : "On ne trouve pas trace d’une note sur ce qui reste un des chefs-d’œuvre de Mocky, un des rares, avec Un couple, où la folie du scénario s’accorde avec une mise en scène constamment inventive. Et une troupe d’acteurs totalement synchrones (ce qui n’est pas toujours le cas), des plus relevés, Rich, Serrault, Blanche, Chauffard, Dubillard, aux clampins habituels, Zardi, Legris, Lenoir, Mansard (manquent Remoleux et Abeillé, pas encore dans le gang Mocky). Avec une pensée pour Paola Pitagora, tout juste sortie des Poings dans les poches de Bellocchio, et pour Micha Bayard-Paulette, tyran(e) domestique de Michel Serrault".
On enchaînera ensuite avec un autre Mocky de sa haute époque, Snobs ! (1962), pas passé depuis le 3 février 2017. La note de ce jour lointain : "Du Mocky antédiluvien, son troisième film - il en a tourné une centaine, longs et courts, depuis. Du Mocky que l’on adorait alors, grinçant, décapant, exagéré, animant un jeu de massacre saignant. Que raconte Snobs ! ? Pas d’importance, seul compte le défilé, dîner de têtes à la Prévert, de silhouettes grotesques : Pierre Dac, Francis Blanche, Lonsdale (pas encore Michael), Dufilho, Tissier, Roquevert, un régal. À force de se prendre pour un génie traqué, Mocky a viré aigre. Mais ça n’enlève rien à son œuvre".
Pour conclure la soirée, deux documentaires, le premier, à 23.50, La Parallèle Mocky de Hugues Baudoin (2017), le second, à 00.50, Mocky sans Mocky de Bernard Sasia & Clémentine Yelnik (2018).

 

Dimanche 13 juin 2021

 

20.40 : Guest of Honour d’Atom Egoyan (2019), OCS City
Doublement inédit, car jamais sorti dans les salles françaises, après son passage à Venise 2019, et même pas édité en DVD ou VOD. La cote critique de l’auteur, à son sommet dans les années 90 et au début de ce siècle, a subi un sérieux revers depuis : Les Trois Crimes de West Memphis (2013), n’est sorti qu’en vidéo, Captives (2014) ainsi que Remember (2014) ont été exploités de façon modeste (respectivement moins de 100 000 et de 30 000 entrées) et celui-ci est demeuré en rade depuis deux ans. On ne sait ce qu’il vaut, mais il serait étonnant que la finesse et l’intelligence d’Egoyan aient disparu soudainement. Et David Thewlis est un acteur magnifique.

20.50 : Avis de mistral de Rose Bosch (2014), Famiz
Inédit. C’est une raison pour qu’on le signale (la proportion de films inconnus est la même qu’hier sur Ciné+, proche du zéro), car, sur le plan qualitatif, celui-ci ne se distingue guère de la centaine réalisée autour d’une réunion de famille, si possible à la campagne, avec aïeul ronchon et brouette d’enfants insupportables. Jean Reno est assez drôle, tout peut arriver, mais le niveau moyen est celui des films de la cinéaste : Animal (2005) ou La Rafle (2010).

23.05 : La Proie de Robert Siodmak (1948), Classic
Apparemment pas programmé depuis janvier 2015. L’impératif catégorique qui fait de chaque film signé Siodmak une obligation doit encore une fois être respecté. Cry of the City est une des perles de la demi-décennie (1945-1950) qui vit le cinéaste accumuler les chefs-d’œuvre du film noir. Ce soir, scénario de Ben Hecht & Richard Murphy d’après un roman de l’excellent Henry Edward Helseth. Avec Victor Mature (que Siodmak parvenait à animer), Richard Conte, Shelley Winters et Debra Paget. Et Fred Clark - qui se lancera un jour dans une étude de ce spécialiste des rôles de faux-cul ?

 

Lundi 14 juin 2021

 

20.50 : Baba Yaga de Cameron W. James (2016), Frisson
Inédit et inconnu (sorti en DVD en 2017), réalisé par un inconnu et interprété par des inconnus (Katee Sackhoff, Lucy Boynton). Une surprise ?

20.50 : Le Silence de la mer de Jean-Pierre Melville (1947), Classic
Inédit, un des rares de l’auteur, avec Les Enfants terribles (1949) et Quand tu liras cette lettre (1953) (qu’il aurait aisément retiré de sa filmographie s’il avait pu). Adaptation du récit de Vercors, à contre-courant de toute la littérature concernant les années de l’Occupation. Melville l’a porté à l’écran quasiment tel quel : huis clos, absence de dialogues, un côté gris qui sent bien l’époque. Nicole Stéphane y fit ses débuts d’actrice, activité vite abandonnée, après un second film avec Melville, dans Les Enfants terribles (1949), elle échoua chez Maurice Cloche puis Léo Joannon, c’est tout dire. Howard Vernon, en officier allemand, est très juste, comme il le fut dans près de deux cents films, même les pires Jess Franco.

21.55 : All Is Lost de J.C. Chandor (2013), OCS City
Déjà passé plusieurs fois depuis cinq ans, mais le spectacle offert sur les chaînes voisines du bouquet est tellement sinistre qu’il faut bien se rabattre sur du solide. À moins que l’on ne veuille à tout prix regarder Dragon Ball Super : Broly, film d’animation de Tatsuya Nagamine (2018), à 20.40 sur OCS Choc…

 

Mardi 15 juin 2021

 

20.40 : À chacun sa guerre de Jon Avnet (1994), OCS Géants
Inédit. On ne connaît guère l’auteur que pour son savoureux Beignets de tomates vertes (1991), souvent revu sur le câble. Deuxième titre - plus essentiel en anglais : The War -, d’un réalisateur qui a très peu tourné (huit films en trente ans), avec un Kevin Costner retour du Vietnam (on est dans les années 70), en proie à la dépression post-guerrière. Le film a été récompensé par le Political Film Society Award for Peace.

20.50 : Man on the Moon de Milos Forman (1999), Club
Inédit. L’avant-dernier film américain de Forman, avant Les Fantômes de Goya (2006). Il reviendra en 2009 tourner un ultime film en République tchèque, Dobre placena prochazka, inconnu ici. Puis, neuf ans sans rien filmer avant sa disparition en 2018. C’est sans doute un des meilleurs films de Jim Carrey, totalement identifié à son modèle (Dustin Hoffman avait fait la même chose avec Lenny Bruce), le comique Andy Kaufman, dont le nom n’évoque rien au public français. Avec Danny De Vito et Courtney Love, déjà employée par Forman dans Larry Flint (1996).

20.50 : Soirée western, Classic
Programmation classique mais non sans valeur. On commence par Un jeu risqué de Jacques Tourneur (1955), déjà passé quelques fois (mais pas depuis quatre ans), une aventure de Wyatt Earp (Joel McCrea), sans Doc Halliday, et pas à Tomsbtone, mais à Wichita (titre en V.O.). En seconde partie, à 22.10, La Pampa sauvage (1965), un southern, plus qu’un western, puisque Hugo Fregonese est retourné dans son Argentine natale (et en Espagne également) pour tourner (avec tout de même des acteurs US, Robert Taylor, pas mal usé, et Ron Randell.

 

Mercredi 16 juin 2021

 

20.40 : Life in a Year de Mitja Okorn (2020), OCS Max
Inédit et inconnu, sorti en DVD en janvier 2020. Le nom de ce réalisateur slovène ne nous évoque rien, aucun de ses quatre films n’étant parvenu jusqu’à nos rivages. À découvrir.

20.40 : Ringo au pistolet d’or de Sergio Corbucci (1966), OCS Géants
Inédit. Le Ringo du titre français est en italien Johnny Oro, ce qui n’a pas de rapport avec le véritable Ringo, John Peters, alias Johnny Ringo (1850-1882), gunfighter du côté de Tombstone. C’est Duccio Tessari qui porta à l’écran le premier Ringo, sous les traits de Giuliano Gemma, dans Un pistolet pour Ringo (1965), un Gemma plus attachant que Mark Damon, le (faux) Ringo de ce soir. Mais Corbucci était un grand réalisateur et son Johnny Oro étincelle.

20.50 : Babylon de Franco Rosso (1980), Club
Inédit. C’est une des découvertes de Cannes 1980. Le film semblait avoir disparu depuis, jusqu’à sa réédition récente. Tourné dans les quartiers sud de Londres, il restitue parfaitement l’atmosphère qui y régnait alors, côté fans de reggae et de Bob Marley (encore vivant). On ne connaît rien d’autre ici de Rosso, auteur de documentaires sur la communauté jamaïcaine - il a réalisé en 1973 un doc sur les Mangrove Nine, sur lesquels Steve McQueen vient de tourner un remarquable film de fiction, Mangrove (2020).

20.50 : Falbalas de Jacques Becker (1945), Classic
Pour mémoire - mais il y a si peu de films à signaler ce soir… De toutes façons, le dernier passage date du 19 janvier 2017.

 

Jeudi 17 juin 2021

 

20.40 : Soirée The Raid, OCS Choc
Les deux films de Gareth Evans, The Raid (2011) et The Raid 2 : Berandal (2014) ont été proposés deux ou trois fois depuis sept ans, mais jusqu’à présent sur la chaîne Action, pas très confortable côté sous-titrage. L’accueil sera meilleur sur OCS. Le premier passe à 20.40, le second à 22.20, l’un et l’autre sont interprétés par Iko Uwais, en guerre contre les mafias et les trafiquants de Jakarta.

20.50 : La Chute du président de Ric Roman Waugh (2019), Premier
Inédit, à moins qu’on ait oublié de le signaler. Pas de quoi crier à la découverte, mais si l’on a supporté les deux précédents volets de la trilogie Mike Banning, La Chute de la Maison-Blanche de Antoine Fuqua (2013) et La Chute de Londres de Babak Najafi (2016), alors pourquoi ne pas boire la coupe jusqu’au fond ? De toutes façons, aucun espoir de trouver un film neuf dans toutes les cases de Ciné+ aujourd’hui. Alors, en voiture avec Gerard Butler / Mike Banning, pas pire (ni meilleur) que Jean-Claude Van Damme.

00.00 : Nuit Valerio Zurlini, OCS Géants
Ce n’est pas hélas une plaisanterie, mais deux des plus beaux films de Zurlini sont présentés aussi tardivement sur la chaîne, Été violent (1959) à minuit, et à 01.40, La Fille à la valise (1960). Il s’agit d’une machination contre les spectateurs qui ne peuvent enregistrer les programmes. Par bonheur, La ragazza con la valigia, en copie restaurée, est ressorti le 9 juin 2021 dans les salles. Il sera donc enfin possible de retrouver Parme en un noir & blanc sublime et Claudia Cardinale, dans ses années éblouissantes, auprès d’un Jacques Perrin rêveur.

 

Vendredi 18 juin 2021

 

20.40 : Soirée Virginie Efira, OCS Max
Deux titres, un inédit, à 20.40, L’amour, c’est mieux à deux de Dominique Farrugia & Arnaud Lemort (2010), le second, déjà vu le 11 septembre 2018, Victoria de Justine Triet, (2016). Virginie Efira a déjà été mieux mise en valeur ailleurs, mais c’est incontestablement une actrice surprenante. On s’en rendra bientôt compte avec Benedetta de Paul Verhoeven (2020), sélectionné à Cannes, où elle se sort avec panache d’un personnage difficile.

20.40 : Bobby Deerfield de Sydney Pollack (1977), OCS Géants
Inédit - pan sur le bec, puisque l’on annonçait la semaine dernière Trente minutes de sursis comme le dernier Pollack jamais programmé. Il est bon que celui-ci ressorte de son placard, car l’auteur a su jouer avec le mélo (l’amour, la maladie, la mort) sans y plonger. Al Pacino en as de la Formule 1 et Marthe Keller en leucémique débordante d’énergie semblent faits pour aller ensemble (d’ailleurs, ils le resteront sept ans après le tournage). Et pour les amateurs de circuit, on y voit le Bugatti du Mans, Magny-Cours, Spa-Francorchamps et Monte-Carlo.

20.50 : Les Amants du Pont-Neuf de Leos Carax (1991), Club
Seul passage le 18 février 2017. Notre avis était très mitigé, il n’a pas changé. Mais c’est l’occasion de saluer la projection du dernier film de l’auteur en ouverture de Cannes, dans quelques semaines. Car Annette (2020) est absolument remarquable et ses 140 minutes délivrent un plaisir soutenu. Adam Driver est étonnant dans un rôle inverse de celui de Patterson, et Marion Cotillard retrouve enfin un personnage à sa hauteur.

20.50 : Adorable menteuse de Michel Deville (1961), Classic
Inédit et on se demande pourquoi, car c’est un film enchanteur, de la première période de son auteur, lorsqu’il enchaînait les marivaudages brillants, comme Ce soir ou jamais (1960), À cause, à cause d’une femme (1962) et L’Appartement des filles (1963). Ce soir, Marina Vlady et Macha Méryl.

20.50 : Gloria de Sidney Lumet (1999), TCM
Un inédit de Lumet, ça ne se rate pas. Le film, tardif dans sa carrière, fut peu apprécié : comment oser faire un remake de celui de Cassavetes ? C’est un crime de lèse-majesté, eu égard à la légende qui entoure l’auteur de Shadows. Or Gloria n’est pas Shadows et c’est sans doute le film le moins proche formellement de l’univers du cinéaste, bien moins intéressant que Killing of a Chinese Bookie (1977) ou Opening Night (1977). Sharon Stone n’a rien à envier à Gena Rowlands.
De toutes façons, voir le film permet d’enchaîner, à 22.40, avec À bout de course (1988), qui demeure le chef-d’œuvre de Lumet, à déguster pour la vingtième fois.

22.40 : Manhattan Lockdown de Brian Kirk (2019), Frisson
Nous avions omis de le signaler lors de son premier passage, mais il s’agit d’un polar tout à fait consommable, dans lequel on voit Chadwick Boseman, pour stopper la cavale d’un cop-killer, bloquer les 21 ponts (c’est le titre anglais) qui relient Manhattan au reste de New York. On n’a pas beaucoup le temps de penser, mais on n’est pas là pour ça.



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