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Semaine télé du 14 au 20 mars 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 14 mars 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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Confiné mais peinard.

Et heureux : Patrick Brion est revenu avec son Cinéma de minuit sur France 5.
Merci à Marc Saffar.

Dernière minute : Canal+ en clair à partir de lundi 16 mars 2020, pour nous consoler du confinement.

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 14 mars 2020

 

20.40 : La Finale de Robin Sykes (2018), OCS Max
Seul inédit du soir parmi les 24 titres proposés par les bouquets cinéma. Et ce n’est vraiment la révélation de l’année, même si Thierry Lhermitte, atteint par l’Alzheimer et contraint de suivre son petit-fils jusqu’à Paris pour un match de basket, est, comme d’habitude, attachant. Attendons son second film pour décider si Sykes est un réalisateur d’avenir.

20.50 : Étreintes brisées de Pedro Almodovar (2009), Émotion
Dernier passage (à une heure tardive) le 15 mai 2017. Il y a prescription. Un bon Almodovar, et pas seulement à cause de Penélope Cruz, mais d’un scénario astucieux, avec son écrivain aveugle.

20.50 : Le Parfum de Tom Tykwer (2006), Frisson
C’est la soirée du recyclage de l’ancien sur Ciné+ : dernier passage le 21 février 2016. Mais quatre ans plus tard, l’adaptation du roman de Patrick Susskind, pourtant pas facile à transposer, est sans doute toujours aussi plaisante et Alan Ryckman & Ben Whishaw toujours aussi remarquables.

20.50 : Un homme pour l’éternité de Fred Zinnemann (1966), Classic
Recyclage n° 3 du bouquet (et on oublie Max la menace et Thelma et Louise sur Famiz et Club), mais le film de Zinnemann était alors programmé au seuil de la nuit, le 24 novembre 2018. Rattrapage conseillé, car le film est un grand moment de classicisme - l’affrontement entre Thomas More et Henry VIII, sur fond de remariage royal, est superbement servi par Paul Scofield, Robert Shaw, avec en supplément Orson Welles, Susannah York et Vanessa Redgrave.

20.45 : La Fugue d’Arthur Penn (1975), TCM
Cf. note du 9 février 2017.

22.30 : Le Vent de la violence de Ralph Nelson (1974), TCM
Seul passage à 00.40, le 11 octobre 2017, ce qui était scandaleux pour un tel film.
Cf. note 11 octobre 2017.

 

Dimanche 15 mars 2020

 

Nouvelle soirée avec un seul film inédit sur toutes les chaînes cinéma confondues. Et comme il s’agit de Avengers : Infinity War d’Anthony & Joe Russo (2018), à 20.50 sur Premier, et que l’on n’a pas envie de le conseiller… Heureusement, il y aura un peu plus d’inconnu sur les chaînes généralistes, avec les résultats et commentaires du premier tour des municipales, et leur lot de super-héros. Sinon, on peut toujours revoir The Big Lebowski sur Club à 20.50, ou La Liste de Schindler sur OCS Max à 20.40, ou Les Adieux à la reine sur OCS Max à 23.50, ou S.O.S. Fantômes sur OCS Géants à 22.10. Mais est-ce vraiment nécessaire ?

 

Lundi 16 mars 2020

 

20.40 : Ce soir, avantage à Ciné+, la programmation du bouquet OCS étant à base de séries, ou de nanars français (tout un poème : 16 ans ou presque de Tristan Séguéla, (2013) à 20.40, suivi de Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron (2019) à 22.05 sur OCS Max). Ou alors Spielberg, avec le trentième passage de Rencontres du troisième type (1977) à 20.40 sur Géants.

20.50 : Climax de Gaspar Noé (2018), Frisson
On ne peut pas dire que les films de l’auteur nous transportent, et depuis Carne (1991), on ne les a vus que du bout des yeux. Mais celui-ci, son avant-dernier, est une expérience surprenante de happening en vase clos qui rappellera aux anciens What a flash ! de Jean-Michel Barjol (1971) : une troupe de danseurs de hiphop rassemblés dans un hangar pour répéter et tout ce qui s’ensuit. C’est bruyant, fatigant visuellement, à cause de la caméra embarquée derrière chaque participant, et pourtant supportable - surtout dans cette version raccourcie ; l’originale durait plus de deux heures et Noé en a supprimé toutes les présentations de danseurs. En tout cas, un film comme on en voit rarement.

20.50 : Soirée Julia Roberts, Émotion
Deux films pas souvent montrés - peut-être parce qu’ils ne valent pas les précédents qui ont rendu l’actrice justement célèbre. Le premier, Valentine’s Day de Garry Marshall (2010), tient les promesses de son titre : film choral accumulant les vedettes dans des saynètes brodant sur le thème pas mal baveux de la journée des amoureux. Le second, Blanche-Neige de Tarsem Singh (2012), tient également les promesses de son titre : Julia Roberts a désormais l’âge de jouer la méchante reine et elle s’en sort (un peu moins bien que Nicole Kidman dans Blanche-Neige et le chasseur, tourné par Rupert Sanders la même année). Mais tous cela était-il vraiment utile ?

20.50 : Everybody Knows d’Asghar Farhadi (2018), Club
Inédit, le seul film de Farhadi dans ce cas. Malgré la maîtrise de la mise en scène (avec un trio de choc : Juan Bardem, Penélope Cruz et Ricardo Darin), pas sûr que l’atmosphère occidentale réussisse aussi bien à l’auteur que celle de son pays natal ; ce qu’il a signé d’exceptionnel, À propos d’Elly (2009) ou Une séparation (2011), ou même Le Client (2016), reposait sur un socle naturel, malgré les contraintes. Le Passé (2013) et ce dernier titre sont de bons films, mais qui ne font pas preuve de la même respiration.

20.50 : Cinquième Colonne d’Alfred Hitchcock (1942), Classic
Il existe donc des films de sir Alfred encore inédits ! Celui-ci est de circonstance, comme bien des films des années 1940-1944, prévus dans le cadre de l’effort de guerre de la dénonciation des espions nazis. Ici, un ouvrier est soupçonné d’un attentat contre son usine ; quoique pourchassé, il parviendra à découvrir le véritable saboteur et en viendra à bout, statue de la Liberté à l’appui. Robert Cummings n’est pas un acteur enthousiasmant, mais Priscilla Lane, bien oubliée (ce fut pourtant la plus connue des sœurs Lane), est une actrice intéressante.

23.30 : Un revenant de Christian-Jaque (1946), France 5
Patrick Brion, décidément insubmersible, refait surface. Réjouissons-nous. Son choix de ce soir n’est pas d’une nouveauté étourdissante, mais ce film demeure le meilleur de son auteur. S’appuyant sur un superbe scénario de Jeanson et Louis Chavance (à partir du roman de Henri Béraud, Ciel de suie, qui développait un scandale local des années 20), Christian-Jaque a tourné, dans le Lyon glauque de l’immédiate après-guerre, une histoire parfaitement sinistre, dans laquelle la bourgeoisie locale des soyeux est étrillée de belle manière. Jouvet y est d’un cynisme grandiose, face à sa famille de larves nanties. Et Marguerite Moreno se paie une scène anthologique, aussi mémorable que sa visite aux nécessiteux dans Douce d’Autant-Lara.

 

Mardi 17 mars 2020

 

20.40 : The Wave de Roar Uthaug (2015), OCS Choc
Lors de son premier passage, le 31 mai 2018, on le déclarait "inconnu de nos services". Méconnaissance rattrapée : film-catastrophe norvégien, mais ce n’est pas sa nationalité, rare sur les chaînes, qui fait son intérêt. Thomas Bo Larsen y est aussi bon que dans les films danois de Lars von Trier ou Thomas Vinterberg, et la réalisation tout à fait correcte.

20.50 : Revenge de Coralie Fargeat (2017), Frisson
Un des rares exemples français de "rape and revenge", un des genres les plus répétitifs qui soit, puisque sa thématique repose sur la seule action du viol et de la vengeance. Ce qui n’interdit pas les grands films, question de puissance de narration, mais même ceux-là ne jouent pas sur la surprise. On connaît le début, on connaît la fin, comme dans les films de Charles Bronson. Premier film, on attend la suite.

20.50 : MILF d’Axelle Laffont (2018), Émotion
Un autre premier "film de femme", non plus sur la brutalité mais sur la séduction, histoire de trois femmes qui choisissent des partenaires deux fois plus jeunes pour égayer leurs vacances. Ce pourrait être aussi un sous-genre, tout aussi peu surprenant. Tout est dans l’interprétation, ici celles de Virginie Ledoyen, Marie-Josée Croze et la réalisatrice, ex-miss Météo de Canal+ il y a une vingtaine d’années. On attend la suite (bis).

20.50 : Oliver Twist de Roman Polanski (2005), Famiz
Ce n’est pas un inédit, évidemment, mais peut-être devrait-on se mettre à revoir tous les films de Polanski, de crainte que les programmateurs ne décident bientôt de les éliminer pour éviter les remous. On sait que les cinéphiles ne chassent pas en meute, mais… De toutes façons, le film est une des plus belles versions jamais tournées du roman de Dickens.

22.45 : Buñuel après L’Âge d’or de Salvador Simo (2018), Club
Remarquable film d’animation sur un sujet curieux, celui du tournage de Terre sans pain, le chef-d’œuvre de Buñuel réalisé dans la région des Hurdes en 1933. Vérité historique et bonne représentation des héros de l’histoire, LB, Pierre Unik, Ramon Acin et Eli Lotar.

 

Mercredi 18 mars 2020

 

20.50 : Sweetie de Jane Campion (1989), Émotion
Inédit et pas signé par n’importe qui. C’est le seul film de la réalisatrice jamais programmé (en tout cas depuis 2014) et on peut s’en étonner. Premier long métrage après sa palme d’or pour son court Peel (1986) - il ne doit pas y avoir d’autres réalisateurs qui aient obtenu une médaille cannoise suprême pour un court et un long. Sorti en janvier 1990, Sweetie avait été bien reçu par la critique, plus mollement par le public : un film australien avec des inconnu(e)s au générique, pas de quoi remuer les foules. Même chose pour Un ange à ma table, qui suivit immédiatement, et il fallut attendre La Leçon de piano (1993) pour que le succès vienne.

20.50 : Jamais de la vie de Pierre Jolivet (2015), Club
Cf. note du 4 mai 2017.

20.50 : Les Conquérants de Michael Curtiz (1939), TCM
Déjà passé le 3 mars 2020, mais à 1 heure du matin, ce qui, même pour un western aussi entraînant, est rédhibitoire. On peut enfin se réjouir devant la cinquième rencontre d’Errol Flynn et Olivia De Havilland (104 ans dans trois mois), aussi à l’aise dans tous les genres que Curtiz les a fait illustrer.

22.20 : Pierre Jolivet, un réalisateur libre de Jérôme Wybon (2019), Club
Pas vu. Jolivet est un des cinéastes français dont la filmographie, sur la durée (35 ans depuis Strictement personnel), est parmi les plus pertinentes, creusant régulièrement un chemin personnel.

 

Jeudi 19 mars 2020

 

20.40 : La Reine Margot de Patrice Chéreau (1994), OCS City
Apparemment pas repassé depuis le 26 mars 2017, et à une heure tardive. En première partie de soirée, on a plus de chance de regarder les 155 minutes du film jusqu’au bout. Du sang, de la volupté et de la mort. Et Isabelle Adjani en majesté.

20.40 : Quand parle la poudre de Lesley Selander (1965), Paramount Channel
145 titres en trente ans (1936-1967) et presque uniquement des westerns, la plupart tournés sans grand effort d’invention - quand on en signe 8 ou 9 par an, il faut assurer - et avec des acteurs de série. Sur le tard, Selander employa des comédiens en fin de course, comme ici Dana Andrews. Strictement pour amateurs. Mais on aimerait découvrir un jour, du même "auteur", Flight to Mars (1951), où Cameron Mitchell allait visiter les habitants de la planète rouge.

20.50 : Kings de Deniz Gamze Ergüven (2017), Premier
On se posait la question après Mustang (2015), César du premier film : était-ce une bonne surprise sans lendemain ? La réalisatrice turque, poussée par le succès, a été tourner son second à Los Angeles, reconstituant la guerre des gangs de South Central en 1992, avec Halle Berry et Daniel Craig. Depuis, rien et c’est dommage.

20.50 : Comment réussir quand on est con et pleurnichard de Michel Audiard (1974), Famiz
Pas passé depuis le 1er décembre 2015. Cela nous a-t-il manqué ? Pas vraiment. Mais un film franchouillard de temps en temps, ça ne fait pas de mal. Et Jean Carmet et Jean Rochefort, c’est mieux que Dany Boon et Jean-Paul Rouve.

22.25 : To Be or Not to Be d’Ernst Lubitsch (1942), Classic
Certes, on l’a vu vingt fois. Mais c’est ça ou, dans le même créneau, À propos de la femme de Claude Pierson (1969) sur Club), roi de l’érotique soft, ou Summer Camp d’Alberto Marini (2015) sur OCS Choc), nanar horrifique…

00.35 : En quatrième vitesse de Robert Aldrich (1955), TCM
Cf. note du 5 mars 2017.

 

Vendredi 20 mars 2020

 

20. 50 : Sunchaser de Michael Cimino (1996), Club
Seul film de Cimino encore inédit sur le câble. Son ultime, d’ailleurs, et pas son plus réussi - mais c’est le cas de la plupart de ceux qu’il a tournés après La Porte du Paradis (1980). C’est plus intéressant tout de même que La Maison des otages (1990), à condition de se sentir concerné par la quête initiatique vers le site Navajo, qui permettra au jeune délinquant Jon Seda, mené par le Dr. Woody Harrelson, de guérir son cancer.

20.50 : Ces messieurs de la Santé de Pierre Colombier (1933), Classic
Seul passage : 13 février 2015. La description cynique des cercles politiques et financiers véreux préfigure la crise affairiste de 1934. Raimu en fait des tonnes, comme il excellait à en faire - il n’y a guère qu’Harry Baur qui pouvait atteindre cet état grandiose. Colombier (Pierre ou Pière selon les années) est un réalisateur méprisé (il ne connut que des succès populaires, la honte), alors que plusieurs de ses films valent largement une visite, comme Paris en cinq jours (1926), Dolly (1928) ou Tricoche et Cacolet (1938). Dans Le Roi du cirage (1931), Georges Milton faisait chanter "J’ai ma combine" à des centaines de voyageurs de la gare Saint-Lazare. Tout cela mériterait une annexe au Voyage dans le cinéma français de Tavernier.

20.50 : Les Quatre Filles du docteur March de Gillian Armstrong (1994), TCM
Déjà vu, mais cette version pas si souvent où Gabriel Byrne y est si touchant…
Cf. note du 10 octobre 2015.

22.40 : Lolita malgré moi de Mark Waters (2004), Famiz
Passé le 13 septembre 2017, mais tous les autres titres proposés sont des recyclages récents. Ne pas se fier au titre français, qui est un leurre pour attirer les lecteurs de Nabokov. Mean Girls, l’original, est bien plus juste, puisqu’il s’agit de la peinture d’un milieu de college girls de l’Illinois particulièrement déplaisantes.



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