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Semaine télé du 19 au 25 décembre 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 19 décembre 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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On n’est jamais trop prudent !

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 19 décembre 2020

 

20.50 : Quelques minutes après minuit de Juan Antonio Bayona (2016), Premier
Premier film hollywoodien pour le réalisateur du mémorable L’Orphelinat (2007) et après son passage dans l’également mémorable série Penny Dreadful (2014). On retrouve l’étonnante maîtrise qui fait de lui un des cinéastes les plus intéressants du nouveau cinéma fantastique espagnol, même si son incursion dans l’univers de Jurassic Park avec Fallen Kingdom (2018) est nettement plus formatée. A Monster Calls (en VO) n’a recueilli que 70 000 spectateurs en France, ce qui est trop peu. En revanche, l’Espagne lui a décerné sept Goyas, ses César locaux.

20.50 : Viens chez moi, j’habite chez une copine de Patrice Leconte (1981), Club
Inédit - on a du mal à le croire, mais pas de trace dans nos signalements. Après le succès des Bronzés (1978 et 1979), Leconte a continué dans le même esprit, avec les acteurs venus du café-théâtre ; ici, Michel Blanc et Marie-Anne Chazel, d’après une pièce de Luis Rego. Un vent nouveau soufflait sur la comédie à la française, que les quarante ans écoulés n’ont sans doute pas fait disparaître. On retrouvera dans des petits rôles des visages qu’on aime bien, Jean Champion, inoubliable dans Muriel de Alain Resnais (1963), et Christine Dejoux, inoubliable dans L’Apprenti-salaud de Michel Deville (1977).

20.50 : La Couleur de la grenade de Serguei Paradjanov (1968), Classic
Rareté. Seule apparition du nom du réalisateur, à l’exception du passage des Chevaux de feu (1965), sur cette même chaîne, le 21 mai 2016. Quelle version verrons-nous ? La première, Sayat Nova, du nom du poète arménien que Serguei Paradjanov fait revivre, fut interdite dès 1969, puis remontée par Serge Youtkevitch en 1977, sous le titre de ce soir. Mais il semble qu’une version conforme à celle du cinéaste arménien a été édité récemment en DVD. Souhaitons qu’il s’agisse de celle-là. L’audace était grande : isoler quelques moments de la vie de Nova, interprété par plusieurs acteurs (dont la compagne de Paradjanov, Sofiko Tchiaourelli), le tout en muet ou presque. C’est moins drôle que le film de Leconte, certes.

22.05 : Sergueï Paradjanov, le rebelle de Patrick Cazals (2003), Classic
En complément de la soirée Paradjanov, un documentaire réalisé par un de ses spécialistes, auteur d’un des rares ouvrages parus en français sur S.P. (éd. Cahiers du cinéma, 1993).

22.10 : Hope and Glory de John Boorman (1987), Club
Dernier passage le 29 mars 2015. Sans doute le plus beau film de l’auteur, récréation attentive et attendrie de son enfance londonienne sous les bombardements allemands. Il lui donnera une suite, vingt-sept ans plus tard, avec Queen and Country, qui n’atteindra pas la même émotion. Sebastian Rice-Edwards, reflet de l’auteur à 7 ans, ne tournera pas d’autres films.

23.00 : The Wicker Man de Robin Hardy (1973), Classic
Ne pas confondre avec le remake de Neil LaBute (2006), passé en novembre 2019 sur Paramount. Il s’agit de l’original, pas programmé depuis le 20 septembre 2015, il y a cinq ans. Joli cadeau pour une semaine de Noël que ce chef-d’œuvre du conte horrifique.

 

Dimanche 20 décembre 2020

 

On pouvait espérer, pour une période de Noël sans possibilité de cinéma à l’extérieur, quelques efforts de programmation. On ne sait ce que la suite réserve, mais une soirée qui nous propose Mamma Mia !, Dune, Whiplash, Les Demoiselles de Rochefort, Bagdad Café, The Big Lebowski, Fargo et Basic Instinct résonne d’une impression intense de déjà-vécu.
Le seul titre inédit de début de soirée est Quelqu’un derrière la porte de Nicolas Gessner (1971), à 20.50 sur Classic, film que l’on aurait pu laisser reposer tranquillement dans son placard.

Tout de même :
23.30 : Inland Empire de David Lynch (2006), Club
Passer un tel film, avec ses trois heures chrono et sa construction expérimentale, à une telle heure est une provocation. Nous l’aurions pourtant revu avec intérêt afin d’essayer d’en éclaircir les mystères.

 

Lundi 21 décembre 2020

 

Pas de Cinéma de minuit sur France 5 ce soir. Patrick Brion serait en vacances ?
Quant au reste, se reporter au commentaire d’hier, en remplaçant les titres cités par La Mule, Galveston, Sunshine, Connasse princesse des cœurs, Noureev, Les Affranchis, 5 est le numéro parfait, Elizabeth l’âge d’or, Apocalypto, Ninotchka, tous films programmés les semaines précédentes.

À sauver cependant du naufrage, trois inédits :

20.40 : Indiscret de Stanley Donen (1958), Paramount Channel
Ce n’est pas la pire des comédies non-musicales de Donen - la pire doit être Un cadeau pour le patron (1960) -, mais c’est un peu triste de voir sa caméra s’ankyloser à filmer des pièces de théâtre, même servies par des acteurs haut de gamme, Cary Grant et Ingrid Bergman. Le boulevard élégant, après Chantons sous la pluie (1952) ou Beau fixe sur New York (1955), c’est un peu rude.

20.50 : Le Bal des cinglés de Richard Quine (1957), Classic
Inédit. Ce n’est pas le meilleur des six films que Jack Lemmon tournera pour Quine : entre Ma sœur est du tonnerre (1955) - quand reverrons-nous ce chef-d’œuvre du musical ?- et Comment tuer votre femme (1965). Mais, aussi bien que Billy Wilder, Quine a su utiliser et canaliser la force comique de Lemmon. Ainsi même sur un scénario aussi réduit - comment rapprocher une garnison de militaires hommes avec une garnison de militaires femmes -, le charme agit.

22.35 : Maldonne pour un espion d’Anthony Mann (1968), Classic
Ultime film de Mann, terminé par Laurence Harvey après le décès du cinéaste pendant le tournage. Les années 60 furent un lent déclin pour l’auteur, empêtré dans des superproductions inutiles, La Ruée vers l’Ouest (1960), Le Cid (1961), La Chute de l’empire romain (1964), Les Héros de Télémark (1965), qui, toutes réunies, ne valent pas un seul de ses westerns de la décennie précédente, Winchester 73 (1950) ou Je suis un aventurier (1954). Mais on y voit, outre Harvey, Tom Courtenay et Mia Farrow, alors…

 

Mardi 22 décembre 2020

 

20.50 : Tolkien de Dome Karukoski (2019), Premier
Pour les fanatiques des Hobbits et du cycle des Anneaux - mais qui savent déjà tout sur le créateur de la Terre du Milieu. Comme Tolkien était tout sauf un personnage pittoresque, mais un savant immobile, avec ses treize années d’études de philologie à Oxford, reconstituer cette jeunesse studieuse était un pari dont le réalisateur (un Finlandais inconnu de nos services) s’est bien sorti et Nicholas Hoult (qu’on n’avait jamais vraiment identifié dans ses nombreux films) incarne un J.R.R. très correct.

20.50 : Micmac au Montana de Peter Tewksbury (1968), Classic
Inédit. Stay Away, Joe est un des films d’Elvis Presley que l’on voit très peu souvent ; il est pourtant intéressant, bien qu’il fasse partie de sa période tardive, musicalement la moins riche (il ne chante d’ailleurs que quatre chansons). L’intérêt : il tient le rôle d’un sang-mêlé et tous les acteurs qui l’entourent sont des vieux routiers, avec trente ans de métier, Burgess Meredith, Joan Blondell, Katy Jurado et Thomas Gomez.

20.50 : Le Port de l’angoisse de Howard Hawks (1944), TCM
Inédit !!! On le signale des fois qu’il resterait des amateurs qui n’ont pas encore vibré à la phrase "If you want me, just whistle". Hemingway aurait demandé à Hawks de porter à l’écran son plus mauvais roman, To Have or Have not. La traduction française, assurée par Marcel Duhamel, est sortie en 1945 sous le titre En avoir ou pas. Quel distributeur a trouvé ce titre accrocheur (il n’y a guère d’angoisse dans le port de Fort-de-France) ?

 

Mercredi 23 décembre 2020

 

20.40 : Les Siffleurs de Corneliu Porumboiu (2019), OCS City
Premier volet d’une soirée roumaine sur City. Très étrange film sur la préparation extrêmement compliquée d’un braquage inédit, vu par un des cinéastes roumains les plus doués de la nouvelle génération. Le Trésor (2015) était un sommet d’humour noir, Les Siffleurs est un polar tordu qui nous apprend la langue des oiseaux.

20.50 : Nadia et les hippopotames de Dominique Cabrera (1999), Club
À notre connaissance, premier film de la cinéaste à avoir droit au câble. Pourtant, L’Autre Côté de la mer (1997) ou Corniche Kennedy (2016) valent bien des films programmés par l’une ou l’autre chaîne. Lorsque Cabrera a réalisé Nadia, les grandes grèves de l’hiver 1995 étaient encore dans toutes les mémoires. Depuis vingt-cinq ans, il s’est passé tant de choses qu’il faudra bientôt faire des éditions commentées pour la compréhension des spectateurs oublieux. Une nuit, une jeune mère qui recherche le père de son enfant, des grévistes en piquet, le souvenir qu’on en garde est fait de moments et de dialogues justes, avec Ariane Ascaride, Marilyn Canto, Thierry Frémont et Olivier Gourmet, qu’on n’était pas encore habitué à voir si souvent.

20.50 : Les Sept Femmes de Barberousse de Stanley Donen (1954), Classic
Jadis, les semaines festives étaient semées de comédies musicales de haute cuvée, de Un jour à New York à Brigadoon, via Tous en scène ou Ziegfeld Follies, de quoi se requinquer l’esprit et s’injecter une dose de bonheur visuel. Cette année, la situation extérieure est elle-même si festive que les programmateurs ont jugé inutile d’en rajouter dans nos intérieurs. La seule bouffée de fraîcheur annoncée est donc ce Donen inédit, bien réjouissante histoire des sept frères Pontipee, montagnards célibataires qui, pour faire comme leur frère aîné récemment marié, vont renouveler le vieux récit de l’enlèvement des Sabines. S’il n’y a pas de grands acteurs, Jane Powell et Howard Keel (+ Russ Tamblyn) n’étant pas des têtes de série, la chorégraphie de Michael Kidd est un régal et le bal (et la bagarre qui suit) une petite merveille.

22.15 : Baccalauréat de Christian Mungiu (2016), OCS City
Attention, un seul c au titre original. Mungiu ne tourne pas beaucoup : seulement un court et un long métrage depuis sa palme d’or de 2007. Toujours aussi peu de chichis, un filmage austère et la description sans failles de la corruption ordinaire ou comment un père est prêt à tout faire pour que sa fille ait accès aux études supérieures. Pour que la soirée roumaine soit parfaite, il ne manque qu’un film de Cristi Puiu, Sieranavada (2016), par exemple.

 

Jeudi 24 décembre 2020

 

19.00 : Soirée Jacques Demy, OCS Géants
Trois titres à la suite, pour mémoire, car on les connaît tous par cœur : d’abord Model Shop (1969), suivi à 20.40 par Peau d’Âne (1970) et couronnement à 22.10 avec Les Demoiselles de Rochefort (1967). Rien à dire.

20.40 : Soirée décalée, Paramount Channel
La chaîne a joué à contrepied : au lieu de passer des chefs-d’œuvre le soir de Noël, sachant que les spectateurs risquaient d’être ailleurs que devant l’écran, elle a choisi deux westerns sans intérêt, le premier Hellfire de R.G. Springsteen (1949), c’est tout dire, le second, à 22.25, Le Carrefour de la vengeance de Franklin Adreon (1957), et c’est pire.

20.50 : Le Merveilleux Magasin de Mr. Magorium de Zach Helm (2007), Famiz
Pas vu, mais paraît être un évident spectacle de Noël pour toute la famille. Dustin Hoffman, 243 ans, lègue son magasin de jouets magiques à Natalie Portman, sa jeune comptable.

22.10 : Valérie au pays des merveilles de Jaromil Jires (1970), Club
Première apparition de Jires sur le câble. Le film est inédit en France en salles, mais fut longtemps au catalogue de la Fédération Jean-Vigo et a été repris en DVD par Malavida, parmi bien d’autres grands titres tchèques. Le roman d’origine, Valérie ou la semaine des merveilles, écrit en 1935 par Viteslav Nezval, alors membre du Groupe surréaliste tchèque, semblait inadaptable, mais Jires en a fait une fort belle version.

00.50 : King Kong d’Ernest B. Schoedsack & Merian C. Cooper (1933), TCM
Cf. note du 23 juin 2017.

 

Vendredi 25 décembre 2020

 

20.40 : L.A. Story de Mick Jackson (1991), OCS Géants
Inconnu, le film n’ayant pas été repris depuis sa sortie en septembre 1991. Il faut reconnaître que malgré Les cadavres ne portent pas de costard de Carl Reiner (1982), dont le succès a plus tenu à sa facture qu’à sa performance d’acteur, Steve Martin n’a jamais eu, aux yeux des spectateurs français, le statut qui était le sien aux USA. Il s’agit ici du premier scénario dont il soit l’unique auteur, on peut donc imaginer qu’il s’est fait plaisir. Quant au réalisateur, seul Bodyguard (1992) nous est passé sous les yeux, et c’était assez agréable. Peut-être une découverte.

20.50 : Soirée comédie italienne, Classic
Pour mémoire, mais après les excès de la veille, autant choisir des films qui ne demandent pas d’effort : à 20.50, Les Monstres de Dino Risi (1963), et à 22.40, Le Pigeon de Mario Monicelli (1958). Les vieux pots font les meilleures soupes.

20.50 : The Last American Hero de Lamont Johnson (1973), TCM
Inédit et jamais de reprise en salles depuis sa sortie furtive en 1973. De Johnson, Club avait présenté en 2017 un très curieux western, Winchester et jupons courts (1981). Dans le film de ce soir, Jeff Bridges est un pilote de stock-cars ambitieux et accroché à son rêve de devenir le meilleur de sa catégorie. Rien de très original, mais les courses sont spectaculaires et bien filmées. C’est la deuxième apparition de Valerie Perrine après Abattoir 5 de George Roy Hill (1972).

23.10 : Écrit dans le ciel de William A. Wellman (1954), Paramount Channel
Le deuxième des trois films que John Wayne tourna sous la direction de WAW, entre Aventure dans le Grand Nord (1953) et L’Allée sanglante (1955). Le réalisateur n’aimait rien tant que les films avec des avions, de Wings (1927) à Lafayette Escadrille (1958) - il est vrai qu’il avait fait partie en 1917, sur le front français, de l’escadrille célébrée dans son dernier film. Au point de reprendre ici l’argument de son film précédent, la poignée de pilotes se posant en catastrophe dans le Grand Nord étant remplacée par une trentaine de passagers d’un DC4 dans un vol au-dessus du Pacifique. On a parfois considéré The High and the Mighty (titre de la VO) comme le premier des films avec une catastrophe aérienne, en oubliant Madame Satan de C.B. DeMille (1930) et son dirigeable maudit.

01.50 : Aventure dans le Grand Nord de William A. Wellman (1953), Paramount Channel
Dommage que l’heure de passage soit si tardive. Faute d’enregistreur, on peut se procurer l’excellente version DVD éditée par Paramount en 2007.



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