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Semaine télé du 28 janvier au 3 février 2017
Salut les câblés !
publié le samedi 28 janvier 2017

Samedi 28 janvier 2017

20.40 : Police de Maurice Pialat (1985), OCS Géants
Comme il faut bien choisir un titre sur le bouquet OCS, il faut se rabattre sur celui-ci. Les inconditionnels du réalisateur trouvent le film génial, on n’essaiera pas de les convertir. Depardieu se donnait alors encore un peu de mal pour interpréter ses rôles, Sophie Marceau n’avait pas 20 ans - toute une époque.

20.45 : Lost in Translation de Sofia Coppola (2003) ; Émotion
Ce n’est pas parce que la chaîne passe le film tous les six mois qu’on ne peut pas encore y prendre un certain plaisir. De toutes façons, "la fille de" n’a jamais fait mieux que cette promenade immobile de Bill Murray et Scarlet Johansson dans l’hôtel de Tokyo.

20.45 : Mémoires du sous-développement de Tomas Guttierez Alea (1968), Classic
Ça ne nous rajeunit pas, mais c’est fort agréable de se replonger dans la révolution cubaine, alors porteuse d’enthousiasme (bien que tourné en 1968, le film se passe en 1962). Depuis sa sortie en 1974, on avait perdu de vue cette chronique des années d’illusion - et rien vu de l’auteur, excepté son savoureux Fraise et chocolat (1993). Copie restaurée, impeccable.

22.15 : La colline a des yeux de Wes Craven (1977), Club
Comme c’est le grand désert du samedi sur les chaînes Ciné+, et si l’on a pas envie d’en savoir plus sur les documentaristes cubains (cf. + bas), les charmes terrifiques du film de Craven sont toujours efficaces, même si on les a déjà appréciés.

22.20 : Mémoire cubaine d’Alice de Andrade & Ivan Napoles (2009), Classic
Documentaire (pas vu) sur les Noticieros de Santiago Alvarez, le cinéaste créateur des Actualités cubaines, dont les films ne nous sont parvenus que partiellement - quelques-uns au Festival de Tours dans les années 60, d’autres dans une rétrospective à la Cinémathèque en 2003. Godard lui aurait dédié un chapitre de ses Histoire(s) du cinéma, c’est dire l’intérêt de la chose.

Dimanche 29 janvier 2017

20.40 : Driver de Walter Hill (1978), OCS Géants
Les débuts ou quasiment de l’auteur. Le scénario est remarquable, la réalisation tout autant : les personnages n’ont pas d’identité - "le chauffeur", "la joueuse", "le détective" -, le film est brillant et glacé. Pour sa première (et seule, sauf erreur) incursion dans le cinéma américain, Isabelle Adjani avait tout bon.

20.45 : Le Bossu d’André Hunebelle (1959), Famiz
Après Lagardère-Daniel Auteuil la semaine dernière, Lagardère-Jean Marais. On peut donc comparer et juger lequel avait le plus de fougue et de panache. L’avantage des films tournés d’après Paul Féval ou Dumas : les scénarios. On connaît par cœur les aventures de Dantès, d’Artagnan ou Lagardère, on y retourne avec la même joie.

20.45 : Birdy d’Alan Parker (1984), Club
Enfin un inédit (au moins depuis 2014). Et de haut niveau. Les films les plus renommés de Parker (Fame, The Wall) ne sont pas forcément les plus réussis. Celui-ci est un des plus justes de la série "traumatismes post-Vietnam" : Nicolas Cage en fait un peu trop, comme d’habitude, mais Matthew Modine est très bon.

22.10 : Le Gang Anderson de Sidney Lumet (1971), OCS Géants
Encore un film qui passe tous les six mois - mais tous les autres programmés à cette même heure sont passés la semaine dernière…

22.25 : Electric Boogaloo de Mark Hartley (2014), Paramount Channel
Un doc bien fait sur les deux producteurs qui ont fondé Cannon, Menahem Golan et Yoram Globus. Des magnats à l’ancienne, qui ont beaucoup fourni dans le bas de gamme et le très lourd (Portés disparus, Delta Force, Ninja, Cobra, etc.) et qui, parfois, se sont abandonnés à financer des films d’auteurs - Altman, Yates, Schroeder, Godard même ! -, avant de vendre leur maison à la MGM.

00.05 : À trois, on y va de Jérôme Bonnell (2015), Émotion
Pour ceux qui ne l’ont pas regardé la semaine dernière. Rattrapage obligatoire.

00.35 : L’Air de rien de Grégory Magne & Stéphane Viard (2012), Famiz
Déjà recommandé en novembre, mais on s’obstine : "La mort de Michel Delpech a donné une dimension différente à ce joli film, dans lequel le chanteur incarnait un certain Michel Delpech, ruiné, qu’un huissier compatissant remettait en selle. La mise en abyme entre situations réelles et fictionnelles est très réussie."

00.45 : Lucrèce Borgia de Christian-Jaque (1953), France 3
Ultime titre de la série Borgia, après Hinrich et Gance. Pas plus qu’Edwige Feuillère, Martine Carol n’avait l’abattage pour incarner l’héroïne - mais quelle actrice française des années 50 aurait pu le faire ? Il n’empêche que le film est daté de façon agréable et Pedro Armendariz campe un César Borgia tout à fait présentable.

Lundi 30 janvier 2017

20.40 : Cent dollars pour un shérif de Henry Hathaway (1969), Paramount Channel
Pas programmé depuis septembre 2015, profitons-en. Un des meilleurs westerns de HH, qui en a pourtant tourné bon nombre. John Wayne, embringué dans la vengeance de la jeune Kim Darby, a de beaux restes (la preuve, il a décroché l’Oscar). Les frères Coen ont depuis habilement adapté le scénario, mais leur True Grit ne vaut pas l’original.

20.40 : Disparue en hiver de Christophe Lamotte (2014), OCS Choc
C’est la soirée des jeunes cinéastes français (cf. Hers + bas). Lamotte évolue entre grand (Un possible amour, 2000, Ravages, 2007) et petit écran (Je suis coupable, 2017), tous films intéressants, même s’ils ne lui ont pas apporté de renom, à l’image de Betbeder ou Peretjatko, alors qu’il les vaut largement. Ici, il dispose d’un lot d’acteurs plus connus que d’habitude - Kad Merad, Géraldine Pailhas - et les utilise bien.

20.40 : Une histoire simple de Claude Sautet (1978), OCS Géants
Un Sautet moins fréquemment programmé que les autres - il est inédit sur le câble -, sans que l’on sache pourquoi, car Romy Schneider y est aussi étonnante que dans Max ou Mado (César 1979).

20.45 : Ce sentiment de l’été de Mikhaël Hers (2015), Club
Un cinéaste à suivre, dont la filmo se résume pour l’instant à trois moyens métrages (tous primés dans les festivals de courts) et deux longs, distribués confidentiellement, Memory Lane, chronique d’une bande de jeunes, et celui-ci. Hers est le spécialiste des moment suspendus, de la fragilité des sensations, entre le je-ne-sais-quoi et le presque-rien. Et surtout, il y a Judith Chemla, l’héroïne de Une vie de Brizé.

20.55 : La Chamade d’Alain Cavalier (1968), Arte
Nécessaire pour compléter la connaissance de l’ensemble de la filmographie de l’auteur. Adapter Sagan en 1968, c’était aller à contre-courant et illustrer le cinéma bourgeois, haïssable. Cavalier a mis huit ans à se remettre de l’accueil fait au film, en changeant totalement de manière - improvisations pour Le Plein de super, radicalisation pour Ce répondeur ne prend pas de message. Le film n’était plus visible depuis sa sortie.

22.30 : Magic in the Moonlight de Woody Allen (2014), Club
Certes pas une découverte (le film passe régulièrement), mais dans cette soirée quasi vide, il faut bien se rattraper à un titre, et comme il s’agit d’un Allen d’un bon cru, grâce à Colin Firth et Emma Stone…

Mardi 31 janvier 2017

20.45 : Les Chemins de la liberté de Peter Weir (2010), Premier
Dernier en date des films de Weir, qui a moins marché que les précédents. Il faut reconnaître que la marche à travers la toundra des quelques prisonniers évadés d’un camp sibérien (nous sommes en 1940) n’était pas un sujet très grand public, malgré les paysages traversés, Mongolie, désert de Gobi, Himalaya. Mais quand on aime Ed Harris et Colin Farrell, on les suivrait partout.

20.45 : Good luck, Algeria de Farid Bentoumi (2015), Émotion
On pourrait penser à un pillage de Rasta Rocket, mais il paraît que le film repose sur une véritable anecdote, la participation d’un Algérien aux Jeux olympiques d’hiver de 2006. Anecdote fidèlement restituée, en forme de feelgood-movie.

20.45 : Les Massacreurs du Kansas d’André De Toth (1953), Classic
De Toth est un cinéaste gâté par le câble : une dizaine de ses films ont été montrés depuis deux ans, et La Chevauchée des bannis plusieurs fois. Pas celui-ci. Le Kansas n’est pas vraiment le lieu de l’action, plutôt l’Arizona (c’est là qu’échoue Randolph Scott, ancien membre des fameux maraudeurs de Quantrill pendant la guerre de Sécession), mais ça n’a guère d’importance. L’élégance, l’efficacité du petit-maître, et une bande de méchants délicieux, George Macready, Lee Marvin, Ernest Borgnine.

20.45 : Big Easy de Jim McBride (1987), TCM
Pas un inédit, comme la plupart des films de ce soir, mais un titre rare, passé la dernière fois en mars 2015. La Nouvelle-Orléans il y a trente ans, avant Katrina, avec un couple Dennis Quaid-Ellen Barkin qui produit des étincelles magnétiques. Ensuite, on peut revoir un ou deux épisodes de la série Treme pour rester dans l’ambiance louisianaise.

22.25 : El club de Pablo Larrain (2015), OCS City
Faute d’avoir vu ce film de Larrain, qui tourne plus vite que son ombre - Neruda (2016) et Jackie (2017) sont à l’affiche en ce moment -, on ne peut que le recommander.

23.05 : Mange tes morts de Jean-Charles Hue (2014), OCS Choc
La manière de filmer de l’auteur est un peu essoufflante, qui tente de suivre les déplacements incessants des personnages hyper actifs de ce docufiction, mais son regard sur les roms, les Yéniches plus exactement, est intéressant.

00.35 : L’Escadron noir de Raoul Walsh (1940), TCM
Scandale ! Pourquoi, après avoir programmé x fois Rio Grande, L’Homme tranquille, Feu magique et L’Homme de Lisbonne, avoir attendu le dernier jour de l’hommage à la production Republic pour passer ce rare film de Walsh, qu’on ne voit plus jamais ? Il y a du beau monde, John Wayne, Claire Trevor (et même Roy Rogers !) et un roman de W.R. Burnett à l’origine. Étrange : on retrouve le Kansas, comme chez De Toth, et Quantrill (devenu Cantrell) dans ses exploits de massacreur. Soirée théma ?

00.45 : La BM du Seigneur de Jean-Charles Hue (2010), OCS Choc
Les mêmes personnages, la famille Dorkel, que dans le film de 23.05, filmés quelques années plus tôt, selon le même point de vue ethno-docu-fictionnel. Le film avait beaucoup frappé par sa nouveauté, lors de sa sortie en 2011.

Mercredi 1er février 2017

20.45 : Bande de filles de Céline Sciamma (2014), Club
Note du 5 septembre 2016 : "L’accueil enthousiaste (et un peu outré) réservé à Divines ne doit pas faire oublier les films qui l’ont précédé. Et celui-ci a ouvert le chemin et de façon autrement plus forte, car Céline S. est une vraie réalisatrice, qui, depuis Naissance des pieuvres et Tomboy n’a cessé de nous surprendre."

20.45 : Le Caporal épinglé de Jean Renoir (1962), Classic
L’ultime film de Renoir, pas génial, mais considérablement moins éprouvant que ses précédents, Le Testament du docteur Cordelier et Le Déjeuner sur l’herbe. Car le roman de Jacques Perret était fort bon (comme la plupart de ses livres) et la guerre était une chose sensible pour le cinéaste, même si la Seconde n’était pas la Grande qu’il avait faite et si l’infanterie n’était pas l’aviation. Un camp de prisonniers montré sur le mode comique, pourquoi pas ?

20.45 : Alamo de John Wayne (1960), TCM
Pour son premier film, JW a taillé large : presque trois heures d’une tranche d’histoire américaine, quasiment mythologique, la défense de Fort Alamo - l’équivalent des 300 Spartiates aux Thermopyles. Davy Crockett (Wayne) et Jim Bowie (Widmark), nous sommes dans la légende. Huit ans plus tard, Wayne reviendra derrière la caméra (et devant) pour tourner Les Bérets verts - il aurait mieux fait de rester sur la réussite de Alamo.

20.55 : Hannah Arendt de Margarethe von Trotta (2012), Arte
Il ne s’agit pas d’une biographie de la philosophe, mais d’un épisode bien précis, celui qui la vit suivre à Jérusalem le procès Eichmann - et des critiques qui lui furent adressées ensuite quant à ses analyses. Le film ressemble à ce que fait MvT d’habitude : sérieux, appliqué, irréprochable. Et Barbara Sukowa est remarquable.

22.40 : Ali de Michael Mann (2001), OCS Max
Certes, le film est passé le 23 avril 2016, mais c’était avant la disparition du boxeur, assurément un des plus grands de l’Histoire. Will Smith n’est pas Mohammed Ali mais il n’est pas ridicule. À complter avec Cassius le Grand de William Klein et When We Were Kings de Leon Gast.

Jeudi 2 février 2017

20.40 : Les Granges brûlées de Jean Chapot (1973), OCS Géants
Du costaud - mais avec un tel casting, Delon et Signoret, comment faire dans la légèreté ? La ferme du Haut-Doubs est cinégénique, l’atmosphère d’après crime est épaisse, la famille autour de Signoret est composé d’acteurs sympathiques, Paul Crauchet, Bernard Le Coq, Miou-Miou, Catherine Allégret. On est dans la qualité française, et c’est bien comme ça.

20.45 : Selma d’Ava Duvernay (2014), Émotion
Ce n’est pas le prénom de l’héroïne, mais la ville de l’Alabama d’où est partie la marche pour les droits civiques, emmenée par Martin Luther King en 1965, en direction de Montgomery. Pas une, d’ailleurs, mais trois, les deux premières ayant été bloquées. Belle histoire, contée sans pathos, avec un David Oyelowo crédible en MLK et un Tim Roth qui s’éclate dans le rôle du gouverneur Wallace, vieille fripouille raciste.

20.45 : Juliette ou la clef des songes de Marcel Carné (1950), Classic
Début de la carrière mal aimée de Carné. L’époque Prévert était terminée, d’autres scénaristes et dialoguistes arrivent, ici Jacques Viot, ce qui était un bon choix, et Georges Neveux, déjà auteur de la pièce originelle. Résultat ? Le film vaut mieux que sa réputation mitigée, même si la poésie qui s’en dégage semble moins naturelle que celle de Prévert. Carné était-il doué pour le fantastique ? Pas sûr. Moins que Serge de Poligny ou Maurice Tourneur. Il n’empêche que Juliette vaut la visite ; pour Gérard Philipe, évidemment, pour Suzanne Cloutier (qui allait être immédiatement la Desdémone d’Orson Welles) et surtout pour Jean-Roger Caussimon, épatant en tyran barbu.

22.15 : John Dies at the End de Don Coscarelli (2012), Ciné FX
Une VO sur Ciné FX, ça ne se refuse pas, même si on n’a jamais vu le film. Mais son auteur a signé un jour Bubba Ho-tep, une "folie" située dans une maison de retraite où Elvis Presley et John Kennedy affrontaient une momie égyptienne buveuse d’âmes. Pour avoir osé adapter la nouvelle de Joe R. Lansdale, Coscarelli mérite toute notre attention.

22.40 : Le Roi du racket de Maxwell Shane (1955), TCM
On ne connaît pas ce film - mais pas beaucoup non plus son réalisateur, à l’exception de The Glass Wall, intéressant film noir avec Gassman et Gloria Grahame. Une découverte, donc, avec Farley Granger, ce qui ne vaudrait pas le déplacement s’il n’y avait également Anthony Quinn et Anne Bancroft.

23.35 : La Ville abandonnée de William A. Wellman (1943), Classic
Presque un an que nous n’avons pas revu Yellow Sky ! Note du 20 mars 2016 : "Magnifique western, un des plus beaux de son auteur (avec L’Étrange Incident et Track of the Cat). Richard Widmark et Gregory Peck (+ Anne Baxter, ce qui n’est pas rien), échoués à Yellow Sky, ville-fantôme du Nevada, filmée dans un noir & blanc d’anthologie."

00.05 : L’Impossible Monsieur Bébé de Howard Hawks (1938), TCM
Début de l’hommage à Katharine Hepburn, dont on craint de ne voir que les plus célèbres de sa cinquantaine de films. Mais, ça commence bien avec l’inusable screwball comedy de HH. En attendant, souhaitons-le, Sylvia Scarlett ou Christopher Strong. Mais quoiqu’il en soit, tous les films de Katharine peuvent être revus sans fatigue.

Vendredi 3 février 2017

20.40 : L’Auberge rouge de Claude Autant-Lara (1951), OCS Géants
Toujours le film préféré de ceux qui pensent mal ; "anticléricalisme = dépassé", comme aurait pu écrire Flaubert dans son Dictionnaire des idées reçues. Eh non ! Le duo Fernandel-Françoise Rosay est de premier ordre. Autant-Lara a mal choisi ses dernières fréquentations politiques, mais la virulence de ses positions morales dans les années 40 et 50 n’a rien perdu de son charme". (note du 17 octobre 2016)

20.45 : 10e Chambre, instants d’audience de Raymond Depardon (2003), Club
La justice comme on ne l’avait encore jamais vue - filmer un procès était interdit sans autorisation. Depardon pose un regard à la fois neutre et complice sur ses personnages, gibier régulier de correctionnelle ou débutant dans le petit délit. Mais c’est surtout de la présidente qu’on se souvient, dix fois plus juste que le meilleur comédien. Le filmeur n’obtiendra pas toujours ensuite cet état de grâce - cf. ses récents Habitants, caricaturaux.

20.45 : Snobs de Jean-Pierre Mocky (1961), Classic
Du Mocky antédiluvien, son troisième film - il en a tourné une centaine, longs et courts, depuis. Du Mocky que l’on adorait alors, grinçant, décapant, exagéré, animant un jeu de massacre saignant. Que raconte Snobs ? Pas d’importance, seul compte le défilé, dîner de têtes à la Prévert, de silhouettes grotesques : Pierre Dac, Francis Blanche, Lonsdale (pas encore Michael), Dufilho, Tissier, Roquevert, un régal. À force de se prendre pour un génie traqué, Mocky a viré aigre. Mais ça n’enlève rien à son œuvre.

20.45 : Fargo de Joel & Ethan Coen (1995), TCM
Deux chefs-d’œuvre de suite sur TCM en soirée, mais l’hommage aux frères Coen a commencé dès 13.45 (Barton Fink), suivi à 15.40 par O’Brother, puis par A Serious Man (17.25), Blood Simple (19.10). Sans oublier Inside Llewyn Davis (22.20). Que manque-t-il ? Miller’s Crossing et The Big Lebowski, évidemment, mais on ne peut pas rester tout le temps à de telles altitudes, on ne respirerait plus.

22.25 : Casimir de Richard Pottier (1950), OCS Géants
Un film rare, même si on peut, en cherchant bien, le trouver en DVD. Fernandel a beaucoup de films à se faire pardonner, mais pas ceux signés Pottier (voir Meurtres, à la même époque). Celui-ci, réalisateur méprisé (il a filmé les opérettes de Luis Mariano), mériterait une visite plus détaillée : ses titres avec Prévert des années 30 (Un oiseau rare, Si j’étais le patron) tiennent la distance et ses Maigret des années 40 ne sont pas ridicules.

23.55 : Prima della rivoluzione de Bernardo Bertolucci (1964), Classic
On n’a plus conscience aujourd’hui de l’impact du deuxième film de BB (le premier ne nous parviendra que bien plus tard) : la phrase de Talleyrand utilisée pour le titre ("Qui na pas connu la veille de la révolution…") devint un mot de passe et le grand écart du jeune bourgeois entre romantisme et marxisme inspira bien des analyses. Et la beauté de Parme, en noir & blanc…

00.00 : Sylvia Scarlett de George Cukor (1935), TCM
Eh bien, il suffisait d’y penser fortement et TCM l’offre. Premier film dans lequel KH impose un style dérangeant - Marlene s’était déjà habillée en garçon, mais elle était cataloguée mauvais genre. Hepburn, jeune et fraîche, cheveux courts et costume anglais, il y avait là de quoi choquer le spectateur américain (il faudra cinquante ans pour que Sylvia Scarlet devienne une icône gay). Le film fut un échec cinglant et il faudra bien des comédies pour effacer la transgression.

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