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Semaine télé du 30 mars au 5 avril 2019
Salut les câblés !
publié le samedi 30 mars 2019

Jeune Cinéma en ligne directe


 

Agnès Varda, Les Veuves de Noirmoutier,
in L’Île et elle, à la Fondation Cartier, 2006.

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 30 mars 2019

 

20.50 : Pepi, Luci, Bom et les autres filles du quartier de Pedro Almodovar (1980), Club
Le premier titre du cinéaste (mais sorti ici près de dix ans plus tard). Pour les fans de Pedro, tout y est déjà, dans un état un peu énervé - c’était le début de la Movida. Pour les autres, ils y retrouveront tout ce qu’ils supportent mal dans la première période d’Almodovar, celle qui se termine avec Tout sur ma mère (1999). Il s’est calmé depuis, et après son fort beau Julieta (2016), on attend avec intérêt Douleur et gloire, qui ne tardera pas.

20.50 : La Faille de Peter Fleischmann (1975), Classic
Certes, ce n’est pas inédit, mais le film n’est passé qu’une fois, le 13 décembre 2014. Scènes de chasse en Bavière (1969) a occulté le reste de la filmo de Fleischmann, pourtant pas indifférente : par exemple, on aimerait bien revoir son premier, L’Automne des gammlers, vu au Festival de Tours en 1967 et jamais sorti, qui est sans doute le meilleur témoignage sur les beatniks européens de ces belles années. Ainsi que Les Cloches de Silésie (1971). Le film de ce soir souffre un peu de son cosmopolitisme - Michel Piccoli, Ugo Tognazzi, Mario Adorf -, mais l’aspect kafkaïen était réussi et ne devrait pas avoir disparu après quatre décennies.

22.45 : Nashville de Robert Altman (1975), Paramount Channel
On enfreint un peu plus la nouvelle règle de l’inédit à tout prix, mais Altman ! Et celui-ci, donc ! Un chef-d’œuvre, inépuisable ! De toutes façons, il n’y a rien à voir ailleurs…

 

Dimanche 31 mars 2019

 

20.50 : Jungle Fever de Spike Lee (1990), Club
Premier volet de l’hommage à Spike Lee de ce soir. À l’époque, il tournait beaucoup, au moins un film par an, et, après le succès de Nola Darling n’en fait qu’à sa tête (1986), tous sortaient dès que terminés. Jungle Fever n’est pas un de ceux qui ont le mieux marché, on ne sait trop pourquoi, car les thèmes et la manière spikiens sont présents. Annabella Sciorra (fausse Italienne puisque née aux USA) fait là une de ses meilleures apparitions au cinéma ; on la reverra ensuite dans quelques films de Ferrara, mais surtout dans des (bonnes) séries TV, Sopranos, Urgences, etc.

20.50 : La Main gauche du Seigneur d’Edward Dmytryk (1955), Classic
C’est vraiment parce qu’il s’agit d’un inédit, et d’un des rares films avec Humphrey Bogart jamais repris, car cette main gauche est pas mal lourde - comme presque tous les films de Dmytryk de cette période. Mais voir notre cher Humphrey sous la soutane (usurpée mais tout de même), faisant le bien des villageois chinois d’avant Mao est un spectacle amusant. Tout comme celui de Lee J. Cobb maquillé en seigneur de la guerre. Et puis il y a Gene Tierney, dans ses derniers beaux feux (on ne la reverra que sept ans plus tard dans Tempête à Washington).

22.55 : Do the Right Thing de Spike Lee (1989), Club
Second volet de la mini-rétro des premières années du cinéaste. Non plus comédie libérée comme Nola Darling, mais description à vif des causes d’une émeute urbaine à Brooklyn, un soir d’été. Le prétexte était pourtant banal : le meurtre d’un Noir par des agents du NYPD, pas de quoi s’étonner. Lee balance une poubelle à travers la vitrine d’une pizzeria, ce qu’il estime être "the right thing to do". Le film est dédié aux victimes des brutalités policières - ni les premières, ni les dernières.

22.55 : Robin Williams, Come Inside My Mind de Marina Zenovich (2018), OCS City
Doc inconnu (après la programmation de Fisher King de Terry Gilliam (1991), plusieurs fois passé). Le film est annoncé comme durant 120 mn, on peut donc penser qu’il fait le tour d’un acteur aussi important - cinq ans déjà qu’il a choisi sa sortie définitive.

01.15 : Proposition indécente d’Adrian Lyne (1993), Paramount Channel
Les films avec Robert Redford se multiplient sur le câble - serait-ce à cause de sa retraite annoncée ? Profitons-en, car des titres un peu oubliés remontent à la surface, comme celui-ci. Redford, la soixantaine triomphante, est archétypal : beau (encore), riche (très), cynique (mais capable de sentiment), calculateur (mais généreux), il emporte le morceau face à un Woody Harrelson, dans un de ses premiers vrais rôles, et charme Demi Moore, après un marché sordide. Mais la morale hollywoodienne rétablira les choses. Prière de tendre l’oreille, car la bande son est chargée en bons titres, de Bowie à Roy Orbison.

 

Lundi 1er avril 2019

 

20.50 : Moonlight de Barry Jenkins (2016), Club
Le deuxième film de Jenkins - son premier, Medicine for Melancholy (2008) ne nous est pas parvenu. Et trois Oscars - film, scénario, second rôle pour Mahershala Ali, qui n’a pas cessé depuis de nous surprendre. Tous les poncifs étaient là, drogue, homosexualité, racisme. Que le film atteigne une telle réussite prouve que le réalisateur, dont on a vu depuis Si Beale Street pouvait parler, est une valeur montante.

22.05 : Les Derniers Parisiens de Hamé & Ekoué (2016), OCS City
Premier (et unique) film de deux des rappeurs du groupe La Rumeur. Le point de vue sur le milieu du quartier Pigalle est bien documenté, même si ce sont des acteurs (et de qualité : Reda Kateb et Mélanie Laurent) qui le transmettent. Seul film français notable du jour.

22.20 : Man in an Orange Shirt de Michael Samuels (2017), Sundance TV
Mini-série en deux parties de 60 mn. Dans une famille, deux histoires d’amour entre deux hommes, dans les années 30 et de nos jours, en sautant une génération. Le tout sous le regard de Vanessa Redgrave. Les productions BBC sont toujours soignées. Reprise mercredi 3 avril 2019 à 20.35.

22.35 : L’Œil du témoin de Peter Yates (1981), Arte
On reconnaît désormais à Yates la place qu’il mérite, et pas seulement à cause de Bullitt (1968), mais des Copains d’Eddie Coyle (1973) ou de La Bande des quatre (1979). Sur un bon scénario (pléonasme) de Steve Tesich, avec William Hurt, Sigourney Weaver (quasiment leur premier film) et James Woods.

23.45 : Michel Strogoff de Carmine Gallone (1956), Famiz
"Regarde de tous tes yeux, regarde !" "Tous à Nijni-Novgorod !". Sacré Jules Verne ! Combien de versions des aventures du fidèle capitaine du tsar ? Sept ? Huit ? On aime bien la muette (1926) tournée par Victor Tourjansky, même si Ivan Mosjoukine n’avait pas tout à fait la stature du rôle - ce que Curd Jurgens ce soir a parfaitement. Et Gallone était un vieux routier, qui s’en sort bien.

00.05 : La Charge de la brigade légère de Michael Curtiz (1936), France 5
Dans sa série "Histoire de l’Angleterre", Brion nous offre ce soir un Curtiz de derrière les fagots. La transposition en Inde de l’épisode de la guerre de Crimée qui vit la brigade de lord Cardigan se prendre une sacrée veste donne lieu à un de ces films dans lesquels le cinéaste excellait, qui lui permettaient de mettre en espace plusieurs centaines de participants sans se préoccuper des dégâts (cf. L’Arche de Noé, 1928, avec ses noyés pendant le tournage). Pas si simple - on l’a bien vu avec le remake de Tony Richardson (1968), loin d’atteindre l’efficacité de la première version. Errol Flynn et Olivia de Havilland sont là, comme dans tous les grands titres de Curtiz du moment.

00.15 : Le Procès de Sergei Loznitsa (2017), Arte
Doc inconnu - mais Loznitsa…

 

Mardi 2 avril 2019

 

20.40 : The Duelist d’Alexei Mizguirev (2016), OCS Choc
Aucun des trois films réalisés par Mizguirev n’ayant été distribué (mais tous sont passés par des festivals de bon aloi, Mannheim, Cottbus, Locarno), on ne demande qu’à découvrir ce cinéaste - comme on aimerait en découvrir d’autres de la génération post-soviétique.

20.50 : Orpheline d’Arnaud des Pallières (2016), Club
Avec ce réalisateur, on n’est jamais dans la facilité. Parc (2009) était à la limite (parfois franchie) de l’obscurité. Michael Kohlhaas (2013) était une tentative (réussie) de transposer le roman de Kleist. Ici, le portrait éclaté (en quatre âges) d’un personnage féminin souffre d’un dispositif difficilement tenable : trouver quatre interprètes suffisamment proches physiquement pour être crédible à plusieurs années d’écart. Ce qui n’est pas toujours le cas : lorsque Adèle Haenel succède à Adèle Exarchopoulos, on se trouve devant deux personnages différents. À force de théoriser sa fonction, AdP tombe dans le piège qu’il s’est fabriqué. Mais ça demeure intéressant.

03.00 : La Nuit du réveillon de Serge Meynard (2011), OCS City
Pour les insomniaques. Meynard, malgré son César du premier film pour L’Œil au beu(re) noir (1988), n’a travaillé depuis qu’à la télévision - une quinzaine de titres en trente ans, souvent fort plaisants, dans la catégorie policière, et un François Villon (2011) pas mal. Celui-ci est l’adaptation d’un polar de Serge Quadruppani, bon label. Et on y retrouve nombre de comédiens habitués des téléfilms de qualité - Jean-Pierre Lorit, Thierry Godard, Christine Citti, Thomas Jouannet.

 

Mercredi 3 avril 2019

 

20.40 : Et les mistrals gagnants d’Anne-Dauphine Julliand (2016), OCS City
Félicitons les programmateurs d’avoir osé inscrire un documentaire aussi éprouvant en ouverture de soirée. Éprouvant mais tonique, car les enfants filmés, tous atteints de maladies handicapantes et mortelles à court ou moyen terme, font preuve d’une maturité et d’une volonté de vivre étonnantes. Simple description, sans commentaires, de leur quotidien, entre soins et, tout de même, jeux. Passionnant - et les spectateurs ont suivi : 230 000 entrées.

20.50 : Rodin de Jacques Doillon (2017), Émotion
Après une série de films de faible ampleur, jouant, depuis le début du siècle et même avant, ses partitions dans un registre similaire - micro problèmes d’un, deux ou trois personnages -, Doillon passe brutalement au biopic, et pas n’importe lequel, celui d’un monument national. Et curieusement, il s’en tire bien (mieux que Gauguin vu par Édouard Deluc), grâce à Vincent Lindon, qu’on n’attendait pas dans ce rôle, mais qui parvient à étonner.

20.55 : Le Lieu du crime d’André Téchiné (1986), Arte
Trente-trois ans déjà… Le scénario était signé par Téchiné et par deux critiques des Cahiers, qui allaient eux aussi devenir réalisateurs, Pascal Bonitzer et Olivier Assayas. Faute d’avoir revu le film, on garde l’impression d’un certain manque d’imprévu dans les relations entre Catherine Deneuve et Wadeck Stanzack, mais c’est notre inappétence pour le cinéma d’AT qui en est sans doute la cause. Vérification ce soir.

22.00 : Gimme Danger de Jim Jarmusch (2016), OCS City
Depuis qu’il fait place dans ses films à Iggy Pop, de Dead Man (1995) à The Dead Don’t Die (2019), il était temps que Jarmusch tresse à son complice une couronne, non sur ses performances d’acteur, mais sur l’importance du groupe qu’il créa en 1967 avec ses potes, The Stooges, un des meilleurs représentants, avec MC5, du "Detroit sound". Que l’Iguane, après tant d’excès et d’ingestion de substances plus toxiques les unes que les autres, ait atteint 72 ans et continue à se produire sur scène, c’est ce que le doc de JJ nous raconte.

22.30 : André Téchiné, cinéaste insoumis de Thierry Klifa (2018), Arte
Joindre Téchiné et insoumission, voilà une chose que nous n’aurions jamais osé envisager, sauf pour cultiver les oxymores. Mais on ne demande qu’à être convaincu de ses cinquante années de révolte active.

 

Jeudi 4 avril 2019

 

19.10 : Le Cheval venu de la mer de Mike Newell (1992), Famiz
Drôle de filmo que celle de Newell, débutant par La Malédiction de la vallée des Rois (1980, tout est dans le titre), continuant par l’adaptation du roman d’Elizabeth von Arnim, Avril enchanté (1992), signant un succès mondial (4 mariages et un enterrement, 1994), un épisode de Harry Potter (2005) et une nouvelle adaptation de Dickens, Des grandes espérances (2012). Parmi ces grosses machines, un petit bijou, cette aventure (scénarisée par Jim Sheridan), entremêlée de légendes irlandaises mâtinées de mythes westerniens. Un landscape-movie (traversée de l’Irlande de deux gamins sur un cheval blanc) superbe, d’une rare émotion (la scène finale). Gabriel Byrne est magnifique, comme dans Miller’s Crossing deux ans plus tôt, et Ellen Barkin tout autant.

20.40 : Les Rivaux du rail de Byron Haskin (1952), Paramount Channel
Western intéressant, comme la plupart des films de Haskin, sur la lutte entre deux compagnies de chemin de fer pour la jonction entre Nord et Sud, comme le précise le titre original, Denver & Rio Grande, à travers le Colorado. Construction et sabotage, classiquement, comme dans Lucky Luke. Avec Edmond O’Brien et Sterling Hayden, une caution.

22.50 : Seoul Station de Yeon Sang-ho (2016), OCS Choc
Film d’animation inconnu. Le film d’horreur (ici, des zombies dans les sous-sols de la capitale de la Corée du Sud) est rarement pratiqué par les cinéastes d’animation.

02.15 : Mains armées de Pierre Jolivet (2012), Frisson
Roschdy Zem et Marilyn Canto, parents de Leila Behkti, comme le temps passe… Petit polar marseillais (ce qui permet à Gérard Meylan de faire une panouille, hors de chez Guédiguian pour une fois) tout à fait bien mené, pour meubler les mauvaises heures de la nuit.

03.05 : Vacances d’été de Peter Yates (1963), TCM
Peter Yates derechef, mais à une heure peu raisonnable. Et c’est bien dommage, car il s’agit de son premier film, Summer Holiday, jamais vu, malgré la date de sortie indiquée par IMDB (11 novembre 1964). Comment avoir raté un film avec Cliff Richard et The Shadows, idoles avant que les Beatles n’apparaissent ? C’était l’époque où l’on bâtissait des films autour des groups pop - ainsi Richard Lester, avec It’s Trad, Dad (avec Helen Shapiro) et Hard Day’s Night ou Boorman avec Catch Us If You Can (avec le Dave Clark Five). Souhaitons que TCM propose un rattrapage matinal.

 

Vendredi 5 avril 2019

 

20.50 : Secret d’État de Michael Cuesta (2014), Premier
Film de journalisme d’investigation qui respecte les règles du sous-genre - un reporter découvre un trafic de stupéfiants organisé par la CIA (sous Reagan) et les "contras" du Nicaragua -, donc vous tient forcément en haleine durant les 100 minutes requises.

20.50 : L’Ami de la famille de Paolo Sorrentino (2007), Club
La soirée Sorrentino s’ouvre avec cet inédit sur le câble, un des rares titres de l’auteur sans Toni Servillo. Le film est un de ses moins aisés : le point de vue n’est pas politique, seulement social, la description d’un cas extrême d’usure pathologique. Univers clos, sans personnages sympathiques, il y avait peu de chance pour que les spectateurs suivent. Cette vision noire mérite une relecture.

La soirée se prolonge avec deux titres plus connus, Il divo (2008) et This Must Be the Place (2011). Mais à quand L’uomo in piu, son premier, découvert par Jeune Cinéma au début du siècle (les anciens se souviennent de la projection au Denfert, sous-titrée en espagnol…) ?

00.30 : Trois milliards d’un coup de Peter Yates (1967), TCM
Puisque la chaîne a décidé d’honorer Yates, suivons-la pleinement. Robbery n’a pas, dans nos souvenirs été repris depuis sa sortie en 1968. Petit film de casse, en partie scénarisé par George Markstein, bon écrivain de la Série Noire, interprété et coproduit par l’excellent Stanley Baker, Joanna Pettet (découverte dans Le Groupe de Lumet, 1966) et Frank Finlay, pilier du cinéma britannique des années 60 et 70. Du beau monde.

00.35 : Bite con merde de Côme Levin (2019), OCS City
Court métrage inconnu, mais dont le titre interpelle.

04.00 : Suicide ou crime ? de John H. Auer (1941), Paramount Channel
La chaîne semble s’être fait une spécialité de déterrer les John Wayne oubliés, comme c’est le cas de celui-ci, A Man Betrayed, dans lequel il abandonne le Colt pour les dossiers d’avocat, pour défendre la mémoire d’un ami. C’est une production Republic Pictures, pas question donc d’en attendre des merveilles.



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