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Semaine télé du 11 au 17 janvier 2020
Salut les câblés !
publié le samedi 11 janvier 2020

Jeune Cinéma en ligne directe

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Grève générale ? Coup du Chaos Computer Club ? Intrusion des Anonymous ?

Humeurs de Lucien Logette


 

Samedi 11 janvier 2020

 

20.50 : Le Miraculé de Jean-Pierre Mocky (1987), Club
Cf. note du 18 mars 2017.

20.50 : Le Dernier Saut d’Édouard Luntz (1969), Classic
Sauf erreur, le premier film de Luntz à passer sur le câble. Le cinéaste avait commencé fort, avec Les Cœurs verts (1965), remarquable plongée parmi les jeunes d’une banlieue qui se transformait, bien continué avec Le Grabuge (1968), assassiné par son producteur (D.F. Zanuck himself) et clôt bien trop prématurément sa carrière avec deux titres tirés d’Antoine Blondin, celui-ci et L’Humeur vagabonde (1971). Trajectoire avortée, imméritée : si aucun de ses films suivants n’a l’éclat, proche de Vigo, des Cœurs verts, chacun manifeste des qualités d’invention et de direction d’acteurs évidentes. On le voit ici dans l’affrontement sur les pointes entre Maurice Ronet et Michel Bouquet et dans L’Humeur, où Jeanne Moreau tient brillamment tête à Bouquet-Frégoli (une vingtaine de personnages). On souhaiterait un coffret rassemblant les quatre films (et ses courts, comme Les Enfants des courants d’air, prix Jean-Vigo 1960).

22.10 : La Parallèle Mocky d’Hugues Baudoin (2018), Club
Doc pas vu, mais comme il semble s’agir d’une longue interview du cinéaste et que c’est toujours un régal de voir en action notre mythomégalomane préféré…

22.25 : La Maison de la mort de James Whale (1932), Classic
Longtemps cité dans les Histoires du cinéma fantastique sous le titre Une soirée étrange, Old Dark House a bénéficié d’une ressortie récente, qui a permis de vérifier que Jean Boullet exagérait (comme souvent) en y voyant un chef-d’œuvre absolu, mais c’est une très réussie comédie noire, avec un générique superbe (Charles Laughton, Boris Karloff, Melvyn Douglas, Raymond Massey).

22.35 : Le Monde selon Garp de George Roy Hill (1982), TCM
Dernier passage : 25 octobre 2015. Ou comment réussir un film à partir d’un roman inadaptable.

22.45 : Maudie d’Aisling Walsh (2016), OCS Max
Film inconnu (comme les trois autres longs de cette réalisatrice irlandaise), uniquement sorti en DVD il y a deux ans. Mais découvrir Sally Hawkins en peintre autodidacte et Ethan Hawke en poissonnier est tentant.

23.55 : Ce sentiment de l’été de Mikhaël Hers (2015), OCS City
Pour ceux qui l’auraient raté lors de son dernier passage sur Arte le 19 novembre 2018.

 

Dimanche 12 janvier 2020

 

20.40 : Smoke de Wayne Wang (1995), OCS City
Inédit. Difficile de séparer le film de son frère jumeau, Brooklyn Boogie, tourné dans la foulée par la même équipe, Wayne Wang et Paul Auster, au même endroit, le Brooklyn Cigar Company, bistrot tenu par Auggie Wren (Harvey Keitel). Le petit monde des habitués est ici composé de William Hurt, Forest Whitaker et Stockard Channing - dans le suivant, passent Lou Reed, Jim Jarmush, Madonna et Lily Tomlin. Une clientèle de quartier qu’on aimerait fréquenter.

20.40 : Sabrina de Billy Wilder (1954), OCS Géants
Cf. note du 18 septembre 2016.

20.50 : L’Empereur et l’assassin de Chen Kaige (1999), Club
Passé plusieurs fois durant l’année 2016 sur diverses chaînes, puis oublié. On continue à le préférer à L’Assassin de Hou Hsiao-hsien, pour des raisons, à splendeur visuelle égale, de lisibilité narrative. Et Gong Li reste Gong Li.

20.50 : Meurtre à l’italienne de Gianni Puccini (1965), Classic
Inédit sur le câble. C’était l’époque où tout était "à l’italienne", divorce, mariage, etc. C’était aussi l’époque des films à sketches, français ou italiens. Celui-ci en compte six, c’est beaucoup, car, évidemment, tous ne sont pas du même niveau - celui avec Franco (Franchi) et Ciccio (Ingrassi) est aussi peu supportable que les autres films de ces deux comiques ras de plancher. Mais Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant (et Eleanora Rossi Drago et Tomas Milian) rattrapent le coup.

23.00 : L’Homme à l’affût d’Edward Dmytryk (1952), Classic
Le film (le plus intéressant de son auteur) est passé derrière notre dos, la semaine dernière, à une heure encore meilleure. On s’en voudrait de ne pas le signaler, même si les connaisseurs ne nous ont pas attendu pour admirer la traque du sniper Arthur Franz par l’inspecteur Adolphe Menjou. Dmytryk n’a jamais fait plus efficace ensuite.

 

Lundi 13 janvier 2020

 

20.40 : Le Diable au corps de Claude Autant-Lara (1947), OCS Géants
À force de le considérer comme un classique, on oublie de le revoir régulièrement. Le schéma a vieilli (une femme adultère dont le mari est au front, ça ne choque plus personne), la forme un peu également, mais la passion qui parcourt les deux amants demeure puissamment sensible. Micheline Presle (aujourd’hui sur le chemin du centenaire) est parfaite, le jeu de Gérard Philipe passe moins bien que dans des films contemporains (Une si jolie petite plage) ou postérieurs (Monsieur Ripois), mais il est si beau…

20.50 : Love & Friendship de Whit Stillman (2016), Émotion
Cf. note du 8 mai 2017.

20.50 : Bombardier B-52 de Gordon Douglas (1957), Classic
Douglas a tourné une centaine de films, quelques-uns magnifiques, d’autres remarquables, certains corrects et plusieurs très mauvais (on pense I Was a Communist for the FBI, 1951). Ici, on est plutôt à mi-chemin entre la troisième et la quatrième catégorie. Le genre guerrier n’était pas vraiment son fort, bien moins que les westerns et les polars. Please, programmateurs, sortez de leurs boîtes Le Fauve en liberté (1950) avec James Cagney ou Le Trésor des sept collines (1961) avec Clint Walker.

20.55 : Tarzan trouve un fils de Richard Thorpe (1939), Arte
Titre-charnière dans la filmographie de Tarzan : Johnny Weissmuller et Maureen O’Sullivan ne pouvant plus se contenter de la seule Cheeta, les scénaristes leur ont trouvé un héritier. Pas question évidemment de maternité physique, qui aurait pu signifier qu’il y avait un lien sexuel entre les deux protagonistes, Boy est le fruit d’une conception aussi immaculée que la précédente. Thorpe était capable de s’adapter à n’importe quel genre ; la preuve : les quatre épisodes du roi de la jungle qu’il a tournés, les meilleurs étant celui-ci et Tarzan à New York (1942).

22.15 : Tarzan, le seul, le vrai de Florin Iepan (2004)
Doc inconnu sur Johnny Weissmuller, qui ne fut pas seulement Tarzan, mais un nageur de classe olympique (trois médailles en 1924) et le premier à boucler le 100 m. en moins d’une minute (ce qui fait sourire aujourd’hui).

 

Mardi 14 janvier 2020

 

20.40 : Impact gros calibre de Sidney J. Furie (1995), Paramount Channel
Il y a bien longtemps que l’on n’attend plus rien du réalisateur de Ipcress File (1965) et de Little Fauss and Big Halsey (1970), tôt enlisé dans des productions sans intérêt. Si on signale ce titre, c’est parce qu’il n’apparaît nulle part dans les diverses filmographies du cinéaste ou des acteurs indiqués, Samuel L. Jackson et Donald Sutherland, même sous forme de téléfilm. Alors, œuvre fantôme ? À vérifier.

20.40 : Exfiltrés d’Emmanuel Hamon (2019), OCS Choc
Un premier long, sorti en mars dernier et qui est intéressant pour deux raisons : c’est, à notre connaissance, la première fiction sur le sujet, actuel au point d’être brûlant, du rapatriement des converties à Daech (même s’il y a là-dessous un parfum quelque peu ambigu). Ensuite, le film réunit Swann Arlaud et Finnegan Oldfield, c’est-à-dire deux des acteurs de la jeune génération les plus assurés d’un avenir (avec Charles Berling en prime).

20.50 : Woman at War de Benedikt Erlingsson (2017), Club
Bon choix de la Semaine de la Critique 2018. Un second film islandais, qui montre comment, lorsque l’on est cheffe de la chorale du village et bonne mère adoptive, lutter contre les industriels qui, à coups de pylônes électrique et d’usines d’aluminium, défigurent le paysage. Et que ça saute ! Rafraîchissant et stimulant. Halldora Geirhardsdottir, actrice inconnue, donne bien envie de lui donner un coup de main.

20.50 : New Mexico de Sam Peckinpah (1961), Classic
Cf. note du 2 décembre 2015.

20.50 : Jugé coupable de Clint Eastwood (1999), TCM
Quand on s’aperçoit que Eastwood a signé près de vingt films depuis celui-ci, il y a tout juste vingt ans, on se félicité d’une telle longévité. Mais de cette vingtaine, combien a-t-on envie de revoir ? Une grosse moitié, ce qui est déjà beaucoup. Et parmi eux, celui-ci, car la dénonciation de la justice expéditive en défaveur des Noirs semble sincère - manifestation de l’Eastwood bifrons, unissant valeurs traditionnelles indéracinables et soutien à Trump et à la NRA.

22.25 : Meltem de Basile Doganis (2019), Club
Premier film très sympathique, dans le registre suspendu : les aventures presque immobiles d’un trio un peu marginal, venu de France pour aboutir à Lesbos, où la fille veut revendre la maison de sa mère. Des petits riens, des rencontres un peu étranges, la police qui ramasse tout ce qui ressemble à un émigré. L’auteur joue brillamment sur les temps morts et Daphné Patakia est aussi bonne que dans Djam de Gatlif.

 

Mercredi 15 janvier 2020

 

20.50 : Passion de Ryusuke Hamaguchi (2008), Club
La chaîne paraît avoir acheté les droits de tous les films de Hamaguchi, puisque, après les 5h17 de Senses (2015), passé la semaine dernière, c’est aujourd’hui le tour de Passion, bien plus ancien mais seulement présenté au public français dans le courant de l’année dernière. On ne sait trop que penser de cette nouvelle coqueluche de la critique, son Asako I & II, en compétition à Cannes 2019, nous laissant dubitatifs.

20.50 : Violette et François de Jacques Rouffio (1977), Classic
On se souvient du titre de tournage : Violette et François ne se marrent pas tous les jours. Si la phrase a été amputée, la démonstration est restée. Il s’agit d’un des films les plus sombres d’un cinéaste pas vraiment tourné vers la gaudriole et qui, signant une comédie (Le Sucre, 1978) la faisait la plus grinçante possible. Est-ce dû à Jean-Loup Dabadie, scénariste ? En tout cas, cette dérive d’un couple d’amants bohèmes, à la mode des années 70, dégage une tristesse rare. Fin d’une époque.

20.50 : El Dorado de Howard Hawks (1967), TCM
Cf. note du 16 janvier 2017.

22.15 : Buena Vista Social Club de Wim Wenders (1999), OCS City
Inédit sur le câble, curieusement. En vingt ans, Wenders est donc passé des cabarets cubains à un doc sur le pape François, on n’a guère de raisons de se réjouir. Et quand on songe qu’il a pu passer de Au fil de temps et des Ailes du désir aux Beaux Jours d’Aranjuez (8000 spectateurs en 2016), non plus. Au moins reste-t-il ce témoignage bouillonnant sur les papys campesinos et leur musique éternellement vivace.

22.35 : Conan le destructeur de Richard Fleischer (1984), Paramount Channel
La suite de Conan le Barbare, deux ans après le film de John Milius. Malgré notre dilection pour Fleischer, reconnaissons qu’animer Schwarzenegger était une performance quasi infaisable. Conseillons plutôt aux amateurs de (re)lire les aventures originales de Conan le Cimmérien, dues à Robert E. Howard, créateur de l’heroic-fantasy. À défaut des incunables jadis édités par le Club du Livre d’Anticipation, on trouve, aux éditions Bragelonne, d’excellentes versions définitives.

 

Jeudi 16 janvier 2020

 

20.40 : Des nouvelles de la planète Mars de Dominik Moll (2016), OCS City
Mars n’est pas une planète, mais le nom de l’ingénieur héros du film (François Damiens). C’est du Moll, modèle Harry ou Lemming : un héros sans qualité dont le quotidien va peu à peu basculer dans le dérangeant puis l’insupportable. Ça démarre fort, mais, comme dans les précédents, la rigueur commence à s’amenuiser et ça se termine moins haut qu’attendu. Vincent Macaigne, avec ses comportements repris d’un film à l’autre, devenait alors un handicap - et ce n’est pas tout à fait fini, la preuve, son numéro dans Fête de famille de Cédric Kahn (2019).

20.40 : La Femme qui rétrécit de Joel Schumacher (1981), OCS Géants
Premier film de l’auteur (si on peut considérer JS comme tel), version féminine du roman de Richard Matheson. On ne connaît rien de cette Incredible Shrinking Woman, mais si le film atteint ne serait-ce que la moitié de la force angoissante de celui de Jack Arnold (1957), on serait satisfait. Schumacher avait réuni du beau monde, Lily Tomlin, Charles Grodin, Ned Beatty et Henry Gibson, presque tous appartenant à la troupe de Robert Altman.

20.50 : Asako I & II de Tyusuke Hamaguchi (2019), Club
Notre remarque sur l’achat de l’œuvre complète d’Hamaguchi est confirmée. Asako I contient quelques scènes éblouissantes : la rencontre des protagonistes devant un tableau et le dialogue qu’ils entretiennent. Et le personnage de Baku (Masahiro Higashide) est étonnant, jusqu’à sa disparition brutale. Mais Asako II ressemble trop à un dispositif à la Hong Sang-soo première manière, type Le Pouvoir de la province de Kangwon (1998). On a compris le mécanisme. Mais c’est un exercice surprenant, et Erika Karata est une actrice à revoir.

20.50 : Un été 42 de Robert Mulligan (1971), Classic
Inédit, ce qui est comique, tant la carrière de Mulligan est identifiée à deux titres, Du silence et des ombres et celui-ci. Aucune surprise : un adolescent, une belle femme esseulée (c’est la guerre), la Nouvelle-Angleterre sous le soleil, les premiers émois, les intermittences du cœur, la première désillusion, on a l’impression de connaître tout ça sur le bout des doigts. Et pourtant, la Mulligan’s touch fonctionne à plein : on est, à chaque nouvelle vision, sur les rails, embarqué dans cette histoire inéluctable. Gary Grimes, après ce premier film, n’a guère tourné. Jennifer O’Neill a connu une vraie carrière, même s’il y a fort longtemps que ses films ne nous parviennent plus.

00.10 : Yardie d’Idris Elba (2018), Frisson
Film inconnu. C’est seulement parce que Elba est un acteur exceptionnel et que les films (surtout les premiers) réalisés par un acteur sont a priori intéressants. On en saura plus après visionnement.

 

Vendredi 17 janvier 2020

 

20.40 : Sparring de Samuel Jouy (2017), OCS Choc
Premier film. Au départ, on se méfiait : un boxeur has been qui, pour payer un piano à sa fille, accepte d’être le sparring-partner d’un futur champion. Tous les clichés du film de boxe, sous-genre pas facile à renouveler, sont au rendez-vous. Et pourtant, ça marche, et bien. Sans doute grâce à Mathieu Kassovitz, qu’on imaginait plus dans son bureau des légendes que sur un ring. Surtout par la sincérité avec laquelle le réalisateur aborde son sujet. Un nom de plus à noter dans les réalisateurs à suivre.

20.40 : La Perle noire de Richard Thorpe (1953), OCS Géants
C’est la fête : plus de titres de Thorpe en quelques semaines qu’en cinq années de "câblés". Comme dans le Tarzan du début de la semaine, on est ici dans le cinoche d’aventures, avec tous les ingrédients. Entre Robert Taylor et Stewart Granger, notre choix est vite fait, mais sera-ce le même qu’Ann Blyth ?

20.50 : Alexandrie… New York de Youssef Chahine (2003), Club
Le nom de Chahine est trop rare sur le câble pour qu’on en profite pas. Mais, honnêtement, ce n’est pas son meilleur titre. On est même loin de Alexandrie pourquoi ? (1978) et même de Alexandrie encore et toujours (1990). Dans son avant-dernier film, le réalisateur trace un autoportrait pas mal enjolivé et, surtout, pas mal satisfait de lui-même. Nobody’s perfect.

22.15 : Suspiria de Dario Argento (1977), OCS Choc
Cf. note du 10 décembre 2017.



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