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Jayalalithaa Jayaram (1948-2016)
Brève
publié le jeudi 16 octobre 2014

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Ma’ Joad (jeudi 16 octobre 2014).


 


Jeudi 16 octobre 2014

 

Daniel Sauvaget, sentinelle en état de veille permanente, signale le cas de Jayalalithaa Jayaram, plus connue sous le simple nom de Jayalalithaa.)

C’est une ancienne vedette des studios de Madras, aujourd’hui Chennai (capitale de l’état indien du Tamil Nadu).
Une actrice célèbre et reconnue, née en 1948, avec, au compteur, 140 films en langues tamoul ou telougou, et un certain nombre de triomphes populaires.
Et même quelques médailles attribuées par la critique indienne.
Et même un film pré-sélectionné pour les Oscars.
À l’époque, elle est fraiche, coquine même.

En 1982 - elle n’a que 34 ans -, elle abandonne l’écran pour rejoindre un parti centriste, fondé par un autre acteur, un collègue doté d’une popularité extraordinaire, Ramchandran (1907-1987).

Reconvertie dans la politique, elle confirme son évident talent : une langue bien pendue (elle parle six langues locales plus l’anglais), et un grand appétit pour "la gloire".
Elle devient, en 1991, la première femme "ministre en chef" du Tamil Nadu, autrement dit, chef du gouvernement de l’État tamoul.

Et cela, par trois fois : 1991-1996 ; 2001-2006 ; 2011-2014.

En effet, dans cette carrière menée de main de maitresse, elle connaît pourtant quelques revers et quelques déboires.

Par exemple, en 2001, elle est condamnée pour détournement des biens d’une agence gouvernementale. Et puis, elle a quelques défaites électorales.

Mais elle retombe toujours sur ses pattes et retourne au charbon vaillamment, là où est le vrai pouvoir, là où on l’appelle "Puratchi Thalaivi" ("leader révolutionnaire").

Forcément, elle a changé, du moins physiquement. Moins fraiche.
Toujours aussi coquine ?


 

En fait, c’est une pipole, comme on dirait dans nos régions, une habituée des talk show indiens, comme par exemple le très célèbre "Koffee with Karan" sur la chaîne Star World India.

Bref, fin septembre 2014, après dix-huit ans de procédures et de poursuites successives pour corruption et fraude fiscale, Jayalalithaa est, finalement, condamnée, à 4 ans de prison ferme.

Depuis Ronald Reagan, on sait que les métiers d’acteurs et de politiciens sont très proches, requérant de plus en plus souvent les mêmes qualités.
Cela s’est confirmé avec le spectacle permanent du sarkoberlusconisme pour la version contemporaine et européenne. (1)

Avec Jayalalithaa, nous avons la preuve qu’il existe de jolies passerelles entre ces deux métiers, où que ce soit dans le monde : bateleurs comme au tarot, ou joueur de bonneteau comme dans la vraie vie.

La morale (et le droit) gagnent de temps en temps. Temporairement.

On reparlera sûrement de Jayalalithaa dans quatre ans.
On parie ? (2)

Jeune Cinéma en ligne directe
Journal de Ma’ Joad (Jeudi 16 octobre 2014).

Post Scriptum :

1. Cela s’est confirmé aux Présidentielles 2017.
2. Jayalalithaa est morte le 5 décembre 2016.



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